Trouble bipolaire : douze idées reçues à déconstruire
Le mot « bipolaire » est entré dans le langage courant, souvent pour désigner une humeur changeante ou une personne imprévisible. Ces raccourcis blessent les personnes concernées et retardent parfois les consultations. Retournez les cartes pour démêler le vrai du faux.
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Pourquoi ces idées reçues font du tort
Les clichés ne sont pas anodins. Utiliser « bipolaire » pour parler de quelqu’un de lunatique banalise une maladie qui peut être grave. À l’inverse, l’image d’une personne dangereuse ou incapable fait peur et pousse à cacher ses difficultés.
- Ils retardent le diagnostic: une phase haute prise pour de la bonne forme, une dépression vécue comme une faiblesse, et des années passent. L’Assurance maladie estime encore à une dizaine d’années le délai moyen avant un traitement adapté.
- Ils pèsent sur le traitement: croire qu’on peut arrêter dès que l’on va mieux est l’une des causes de rechute.
- Ils peuvent isoler: la honte empêche parfois d’en parler à ses proches, à son employeur, parfois même à son médecin.
Le mot « bipolaire » est-il trop utilisé ?
Plusieurs auteurs le pensent. Dans un cours de l’EPhEP, alerte sur une inflation des diagnostics, et le psychanalyste distingue les formes sévères de la maladie des variations de l’humeur parfois rangées sous le même mot. Ce débat n’enlève rien à la réalité de la maladie : il invite à poser le diagnostic avec rigueur, ni trop vite, ni trop tard.
Quiz : vrai ou faux ?
Questions fréquentes
Peut-on dire de quelqu’un de lunatique qu’il est bipolaire ?
Non. Le trouble bipolaire est une maladie définie par des épisodes qui durent des jours ou des semaines, avec plusieurs signes associés. Une humeur changeante au fil de la journée n’en fait pas partie.
Les personnes bipolaires sont-elles plus créatives ?
Certaines font preuve d’une grande créativité, et Psycom cite plusieurs personnalités historiques. Mais la maladie ne rend pas créatif en soi, et les épisodes sévères perturbent la capacité à mener ses projets.
Une personne bipolaire peut-elle avoir une vie normale ?
Oui, beaucoup de personnes mènent une vie professionnelle, affective et familiale épanouie, avec un traitement suivi, une bonne connaissance de leurs signes d’alerte et un mode de vie protecteur.
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Une psychothérapie ne répond pas à l’urgence. Si vous êtes en danger, si vous pensez au suicide ou si un proche vous inquiète gravement, appelez sans attendre :
- 3114Numéro national de prévention du suicide, gratuit, joignable 24 h sur 24 et 7 jours sur 7, pour vous ou pour un proche.
- 15SAMU, pour toute urgence médicale, y compris une crise maniaque avec mise en danger.
- 112Numéro d’urgence européen, joignable depuis tout téléphone.
- 119Allô Enfance en danger, gratuit et confidentiel, 24 h sur 24, si un enfant est en danger.
Toutes les ressources utiles sont réunies dans la page urgences et numéros utiles.
En parler avec un professionnel
Un premier rendez-vous permet de faire le point, d’entendre ce que vous vivez et de réfléchir ensemble à l’accompagnement le plus adapté, en lien avec le psychiatre ou le médecin qui vous suit. Les adolescents, les adultes, les couples et les familles sont reçus, au cabinet ou en téléconsultation.