ARFID et autres troubles alimentaires : pica, mérycisme, orthorexie
Manger très peu sans vouloir maigrir, ne supporter que quelques aliments, avaler ce qui ne se mange pas, faire remonter ses repas, se sentir prisonnier d'une alimentation « parfaite » : les troubles alimentaires ne se résument pas à l'anorexie et à la boulimie. L'ARFID, le pica, le mérycisme et les formes dites atypiques sont moins connus du grand public, et pourtant ils font souffrir enfants, adolescents et adultes. Cette page vous donne des repères clairs pour les reconnaître, comprendre ce qui les distingue et savoir à qui s'adresser.
Au-delà de l'anorexie et de la boulimie : une famille de troubles alimentaires
Quand on parle de troubles du comportement alimentaire, trois noms viennent spontanément : l'anorexie mentale, la boulimie et, depuis quelques années, l'hyperphagie boulimique. Les deux grandes classifications utilisées par les soignants, le DSM-5 de l'Association américaine de psychiatrie et la CIM-11 de l'Organisation mondiale de la santé, en décrivent pourtant davantage. Elles réunissent dans un même chapitre les troubles de l'alimentation et ceux de l'ingestion des aliments, ce qui permet d'y faire entrer des difficultés qui touchent souvent les enfants, comme l'ARFID, le pica ou le mérycisme.
Ce regroupement a une portée très concrète : il rappelle qu'un trouble alimentaire n'est pas toujours une affaire de poids ou d'apparence. Certaines personnes restreignent leur alimentation par dégoût ou par peur, d'autres mangent ce qui ne se mange pas, d'autres encore souffrent d'un tableau qui ressemble à l'anorexie sans en avoir tous les signes. Toutes ont droit à une écoute sérieuse.
Huit portes d'entrée, une même question : qu'est-ce qui, dans la relation à la nourriture, est devenu source de souffrance ou de danger ? Les trois premiers troubles ont chacun leur dossier sur ce site. Cette page s'attarde sur les cinq autres, et sur deux mots très présents dans les médias, l'orthorexie et la bigorexie, qui n'ont pas le même statut.
Sources : DSM-5 (APA, 2013), CIM-11 (OMS, bloc 6B80 à 6B8Z).
L'ARFID, trouble de restriction ou d'évitement de l'ingestion d'aliments
Le sigle vient de l'anglais Avoidant/Restrictive Food Intake Disorder. En français, on lit selon les auteurs « trouble de restriction ou d'évitement de l'ingestion d'aliments » ou « trouble de l'alimentation sélective et d'évitement ». Le diagnostic a été créé en 2013 avec le DSM-5 : il reprend et élargit une ancienne catégorie réservée à la petite enfance. La CIM-11 l'a intégré à son tour, sous le code 6B83.
Son principe tient en une phrase : la personne mange trop peu, ou de façon trop étroite, pour couvrir ses besoins, et cette restriction ne vient ni d'un désir de perdre du poids ni d'une crainte de prendre des kilos. Pour parler d'ARFID, il faut que cette alimentation ait un retentissement concret, au moins l'un des suivants :
- une perte de poids nette ou, chez l'enfant, une courbe de poids ou de croissance qui fléchit ;
- une carence nutritionnelle importante ;
- le recours à des compléments nutritionnels oraux ou à une alimentation par sonde ;
- une vie sociale, scolaire ou familiale nettement entravée par la difficulté à manger.
Le diagnostic suppose aussi d'avoir écarté un manque de nourriture, une pratique culturelle, une maladie somatique qui expliquerait tout le tableau, ou un autre trouble psychique. C'est pourquoi il se pose toujours au cours d'une évaluation, souvent à plusieurs professionnels.
Les trois visages de l'ARFID
La sensibilité sensorielle
Une texture, une odeur, une couleur, une température deviennent insupportables. Le répertoire se rétrécit à quelques aliments « sûrs », souvent toujours de la même marque ou préparés de la même façon.
La peur d'une conséquence
Avaler fait peur : peur de s'étouffer, de vomir, d'avoir mal au ventre. Pour se protéger, on évite certains aliments, puis certains repas, parfois presque tout ce qui demande à être mâché.
Le peu d'intérêt
La faim se fait discrète, le plaisir de manger aussi. Les repas sont oubliés, abrégés, vécus comme une corvée. On mange par obligation, rarement par envie.
Ces trois façons d'être ne s'excluent pas : les cliniciens les décrivent plutôt comme des dimensions qui peuvent se combiner chez une même personne, à des degrés variables.
Ce qui distingue l'ARFID de l'anorexie mentale
Les deux troubles peuvent conduire à une perte de poids importante et à une dénutrition. La différence se situe dans la raison de la restriction. Dans l'anorexie mentale, la peur de grossir et la place du corps dans l'estime de soi sont au cœur du tableau. Dans l'ARFID, elles sont absentes : la personne voudrait souvent manger davantage, mais n'y parvient pas.
| Repère | ARFID | Anorexie mentale |
|---|---|---|
| Moteur de la restriction | Dégoût sensoriel, peur d'une conséquence, désintérêt | Peur de grossir, volonté de contrôler le poids |
| Image du corps | Pas de perturbation | Perception du corps perturbée, estime de soi liée au poids |
| Âge de début | Souvent dans l'enfance, possible à tout âge | Souvent à l'adolescence ou au début de l'âge adulte |
| Point commun | Une restriction qui peut mettre la santé en danger et qui demande un suivi médical | |
ARFID ou enfant difficile à table ?
Beaucoup d'enfants traversent une période où ils boudent les légumes, refusent ce qui est nouveau ou trient tout ce qui est vert. C'est fréquent et cela passe le plus souvent. Ce qui doit alerter, c'est le retentissement : un poids ou une taille qui décrochent sur le carnet de santé, une fatigue inhabituelle, des repas qui tournent au conflit permanent, un enfant qui ne peut plus aller à la cantine, chez un ami ou en sortie scolaire à cause de la nourriture. Dans ce cas, le pédiatre ou le médecin traitant est le premier interlocuteur ; il pourra proposer un bilan et orienter.
Et chez l'adulte ? L'ARFID ne disparaît pas toujours avec l'enfance
Le trouble a d'abord été décrit chez les jeunes enfants, mais il est rapporté à tous les âges, chez les hommes comme chez les femmes. Certains adultes découvrent tardivement qu'un nom existe pour une difficulté qu'ils connaissent depuis toujours et qu'ils ont appris à cacher : déjeuners professionnels évités, invitations déclinées, honte de commander au restaurant. Les recherches chez l'adulte restent moins nombreuses que chez l'enfant.
Ce qui accompagne souvent l'ARFID
Les publications cliniques signalent des liens fréquents avec les troubles anxieux, en particulier dans la forme marquée par la peur, et avec les troubles du spectre de l'autisme, plutôt dans la forme sensorielle. Des difficultés digestives ou des allergies sont aussi souvent retrouvées chez les enfants concernés, ce qui rend indispensable un regard médical. Ces associations aident à comprendre le tableau ; elles ne signifient pas qu'un enfant sélectif est forcément anxieux ou autiste.
Comment l'ARFID est pris en charge
La prise en charge associe le plus souvent plusieurs professionnels : médecin ou pédiatre, diététicien, professionnel de la santé mentale, et les parents lorsqu'il s'agit d'un enfant. Une thérapie cognitivo-comportementale spécialement adaptée à l'ARFID a été décrite, pour les personnes à partir de 10 ans environ, en 20 à 30 séances, avec une exposition très progressive aux aliments évités. Des approches familiales, inspirées de celles utilisées dans l'anorexie, sont aussi étudiées.
Où en est la recherche ? Le diagnostic est récent, et les essais rigoureux restent rares. Aucun traitement psychologique n'a encore fait la preuve de son efficacité pour toutes les formes d'ARFID. Cela n'empêche pas d'aider, mais cela invite à adapter le soin à chaque personne et à avancer pas à pas.
- Une alimentation vraiment restreinte, alors que le poids et l'apparence ne sont pas en jeu.
- Trois ressorts possibles : le sensoriel, la peur, le désintérêt.
- On en parle quand la santé, la croissance ou la vie sociale sont touchées, pas pour une simple préférence.
- Un bilan médical fait toujours partie de l'évaluation.
Pica et mérycisme : deux troubles alimentaires méconnus
Le pica
Le pica consiste à avaler régulièrement, depuis un mois ou plus, des produits qui ne se mangent pas : terre, craie, papier, savon, cheveux, par exemple. On ne parle de trouble que si ce comportement ne correspond pas à l'âge (le jeune enfant qui porte tout à la bouche n'est pas concerné) et ne relève pas d'un usage culturel reconnu.
Selon ce qui est avalé, le pica peut avoir des conséquences pour la santé. Il appelle donc d'abord un avis médical, qui recherche notamment une éventuelle carence.
Le mérycisme, ou rumination
Des aliments déjà avalés reviennent dans la bouche, encore et encore, depuis un mois au moins. La personne les mâche à nouveau, les avale une seconde fois ou les rejette. Cette remontée se fait sans nausée, et aucune maladie digestive ne suffit à l'expliquer. On le décrit souvent chez le nourrisson et le jeune enfant, mais il peut apparaître à tout âge, adolescence et âge adulte compris.
Il peut entraîner une perte de poids, des carences et une gêne sociale importante, car il se vit souvent dans le secret.
Pourquoi ces troubles intéressent aussi la psychothérapie
Le pica et le mérycisme sont souvent abordés d'abord par le pédiatre ou le gastro-entérologue, et c'est indispensable. Mais lorsque le comportement s'installe dans un contexte de tension, d'ennui, de solitude ou d'anxiété, comprendre ce qu'il apaise ou ce qu'il exprime fait partie du soin. Le travail psychothérapeutique vient alors en complément du suivi médical, jamais à sa place.
TCA atypiques : les autres troubles spécifiés et non spécifiés
Que se passe-t-il quand une personne souffre visiblement de son alimentation, mais ne coche pas toutes les cases d'un diagnostic précis ? Avant 2013, on la rangeait dans une catégorie fourre-tout appelée en anglais EDNOS. Le DSM-5 l'a remplacée par deux catégories plus précises : les « autres troubles spécifiés », quand on peut dire ce qui manque, et les troubles « non spécifiés », quand on ne le peut pas ou pas encore. La CIM-11 prévoit les mêmes cases. Dans la vie courante, on parle souvent de « TCA atypique ».
Les cinq exemples décrits par le DSM-5
L'anorexie atypique
Le tableau est celui de l'anorexie, amaigrissement marqué compris, alors que le poids se situe encore dans la zone habituelle, voire plus haut. Le danger pour la santé peut être réel. Voir notre dossier sur l'anorexie mentale.
La boulimie de faible fréquence ou de durée limitée
Les crises et les comportements compensatoires existent, mais moins d'une fois par semaine en moyenne, ou depuis moins de trois mois.
L'hyperphagie de faible fréquence ou de durée limitée
Mêmes crises avec perte de contrôle que dans l'hyperphagie boulimique, en dessous du seuil de fréquence ou de durée.
Le trouble purgatif
Vomissements provoqués, laxatifs, diurétiques ou autres médicaments pour agir sur le poids ou la silhouette, sans crises de suralimentation. Ces conduites justifient un suivi médical.
Le syndrome d'alimentation nocturne
Des prises alimentaires répétées la nuit, au réveil ou en grande quantité après le dîner, dont la personne se souvient, avec une gêne ou une détresse nette. Il en est aussi question dans notre page sur l'hyperphagie.
Et le trouble non spécifié ?
Il sert lorsque la souffrance est évidente mais que l'information manque pour préciser, par exemple lors d'une première consultation ou d'une situation d'urgence.
Le seuil des trois mois, visualisé
Pour la boulimie et l'hyperphagie, les critères complets demandent des crises au moins une fois par semaine pendant trois mois. Chaque case ci-dessous représente une semaine. En dessous de ce seuil, on parle d'autre trouble spécifié, alors que la souffrance peut être bien présente avant.
« Atypique » ne veut pas dire « moins grave ». Ne pas entrer dans une case n'empêche ni la souffrance ni les complications, et ne dispense pas d'aide. Un poids dans la norme peut cacher un trouble alimentaire sérieux.
Orthorexie et bigorexie : des mots utiles, pas des diagnostics officiels
Ces deux termes circulent beaucoup dans les magazines et sur les réseaux sociaux. Ils décrivent des réalités que les soignants rencontrent, mais leur statut est différent de celui des troubles présentés plus haut. Mieux vaut le savoir pour ne pas s'y perdre.
L'orthorexie, quand manger sain devient une prison
Le mot a été forgé en 1997 par le médecin américain Steven Bratman, à partir du grec orthos (droit, correct) et orexis (appétit). Il désigne une fixation sur le fait de manger « parfaitement » : listes d'aliments interdits qui s'allongent, préparation des repas qui envahit les journées, culpabilité intense au moindre écart, repas partagés évités, parfois carences et amaigrissement.
À ce jour, l'orthorexie ne figure ni dans le DSM-5-TR ni dans la CIM-11. Les chercheurs débattent encore pour savoir s'il s'agit d'un trouble à part, d'une forme d'un autre trouble alimentaire ou d'une expression d'un fonctionnement obsessionnel. En 2022, un groupe de 47 experts de 14 pays a proposé une définition et des critères, en les présentant comme provisoires et destinés d'abord à la recherche.
Manger sainement ou orthorexie : où passe la frontière ?
S'intéresser à ce que l'on mange n'a rien d'inquiétant. Quelques questions peuvent aider à réfléchir, sans valeur de diagnostic :
- Mes règles alimentaires me laissent-elles encore partager un repas sans angoisse ?
- Un écart me rend-il anxieux ou honteux pendant des heures ?
- Le temps consacré à choisir et préparer mes repas déborde-t-il sur le reste de ma vie ?
- Mon entourage s'inquiète-t-il de ma perte de poids ou de mon isolement ?
Si plusieurs réponses vous parlent, cela vaut la peine d'en discuter avec un professionnel. Une restriction qui s'étend peut aussi glisser vers d'autres troubles, comme l'anorexie mentale.
La bigorexie, ou dysmorphie musculaire
La bigorexie décrit la conviction de ne jamais être assez musclé, même quand la musculature est déjà importante : séances d'entraînement qui envahissent l'emploi du temps, repas calculés au gramme près, impression tenace d'être trop chétif. Dans le DSM-5, la dysmorphie musculaire n'est pas classée parmi les troubles alimentaires : elle apparaît comme une précision du trouble dysmorphique corporel, rangé avec les troubles apparentés au trouble obsessionnel compulsif. Elle peut toutefois s'accompagner de conduites alimentaires très rigides, qui méritent d'être prises au sérieux.
Un mot non officiel n'est pas une souffrance imaginaire. Ce qui compte en consultation, ce n'est pas l'étiquette, mais ce que la personne vit, ce que cela lui coûte et ce qui entretient la difficulté.
Grignotage, restriction cognitive, alimentation émotionnelle : les comportements à la limite
Entre une relation apaisée à la nourriture et un trouble caractérisé, il existe toute une zone grise. Les spécialistes y décrivent des conduites qui restent en deçà d'un diagnostic mais qui peuvent peser sur le quotidien, sur le poids ou sur le moral. Les nommer aide souvent à les repérer.
La restriction cognitive
Manger selon des règles plutôt que selon la faim et la satiété : pas de féculents le soir, des quantités fixées à l'avance, des aliments « interdits ». Fréquente après des régimes répétés, elle peut paradoxalement favoriser les envies irrépressibles et les excès, ce qui relance les règles. Ce cercle est décrit en détail dans notre page sur la TCC et les troubles alimentaires.
L'alimentation émotionnelle
Manger pour calmer une émotion (stress, tristesse, ennui, colère) plutôt que par faim. Cela arrive à tout le monde de temps en temps. Elle devient un problème lorsqu'elle se fait automatique, qu'elle est la seule façon de s'apaiser, ou qu'elle laisse de la honte derrière elle. Les liens entre émotions, histoire personnelle et alimentation sont développés dans notre page sur les causes des TCA.
Le grignotage et la tachyphagie
Le grignotage, c'est picorer souvent entre les repas, presque sans y penser. La tachyphagie consiste à manger à toute allure, en avalant les bouchées sans prendre le temps de les sentir. Ni l'un ni l'autre ne sont des diagnostics, mais ils peuvent signaler une coupure avec les sensations du corps ou une tension qui cherche une issue.
Les envies impérieuses de manger
On les appelle parfois craving : l'envie intense et ciblée d'un aliment en particulier, que l'on garde pourtant sous contrôle. Les combattre de façon trop rigide risque de les renforcer. Lorsqu'elles débouchent sur des crises avec perte de contrôle, il faut penser à la boulimie ou à l'hyperphagie boulimique.
Ces conduites ne justifient pas forcément une psychothérapie. Elles méritent en revanche qu'on s'y arrête quand elles durent, qu'elles s'intensifient ou qu'elles prennent beaucoup de place dans les pensées. Nos auto-tests peuvent servir de point de départ pour y réfléchir.
Glossaire visuel des troubles alimentaires
Les étiquettes Diagnostic et Notion descriptive indiquent si le terme figure dans les classifications officielles ou s'il s'agit d'un mot de description, utile mais non reconnu comme diagnostic.
- ARFID Diagnostic
- Restriction ou évitement alimentaire qui compromet la santé ou la vie sociale, sans peur de grossir.
- Pica Diagnostic
- Consommer de façon répétée, depuis un mois ou plus, ce qui ne se mange pas, d'une manière qui ne correspond ni à l'âge ni à une tradition.
- Mérycisme Diagnostic
- Retour répété d'aliments dans la bouche, mâchés à nouveau, avalés ou rejetés, sur une durée d'un mois au moins.
- Anorexie atypique Diagnostic
- Tableau complet d'anorexie avec un poids resté dans la norme, malgré une perte importante. Rangée parmi les autres troubles spécifiés.
- Trouble purgatif Diagnostic
- Vomissements provoqués ou prise de laxatifs ou de diurétiques pour agir sur le poids, sans crises de suralimentation.
- Syndrome d'alimentation nocturne Diagnostic
- Prises alimentaires répétées la nuit ou en excès après le dîner, dont la personne se souvient, avec détresse ou gêne.
- Orthorexie Notion descriptive
- Fixation envahissante sur une alimentation jugée parfaite. Terme de 1997, absent du DSM-5-TR et de la CIM-11.
- Bigorexie Notion descriptive
- Nom courant de la dysmorphie musculaire, que le DSM-5 rattache au trouble dysmorphique corporel et non aux TCA.
- Restriction cognitive Notion descriptive
- Manger selon des règles mentales rigides plutôt que selon la faim et la satiété.
- Alimentation émotionnelle Notion descriptive
- Manger pour apaiser une émotion plutôt que pour répondre à la faim.
- Grignotage Notion descriptive
- Picorer souvent entre les repas, presque par automatisme.
- Trouble non spécifié Diagnostic
- Souffrance alimentaire nette, sans que l'on puisse encore préciser de quel trouble il s'agit.
Le jeu des cartes : associez chaque terme à sa définition
Douze cartes sont retournées face cachée. Six portent un terme, six une définition. Retournez-en deux à la fois : si le terme et sa définition vont ensemble, ils restent visibles. Le but est de reconstituer les six paires en un minimum d'essais. Tout se passe dans votre navigateur : aucune réponse n'est enregistrée ni envoyée.
Ce jeu teste des connaissances générales. Il ne dit rien de votre situation personnelle et ne remplace pas une évaluation par un professionnel. Pour réfléchir à votre propre rapport à l'alimentation, rendez-vous sur nos auto-tests.
Consulter pour un ARFID ou un autre trouble alimentaire
Quand demander un avis
Il n'est pas nécessaire d'être certain du diagnostic pour consulter. Quelques situations doivent pousser à demander un avis sans attendre : une perte de poids que l'on ne s'explique pas, une courbe de croissance qui décroche chez un enfant, des aliments qui disparaissent un à un du répertoire, des repas qui deviennent source d'angoisse, de conflit ou d'isolement, des vomissements provoqués ou la prise de laxatifs.
Le corps d'abord. Malaises, grande fatigue, vertiges, perte de poids rapide ou refus de boire nécessitent un avis médical sans tarder : médecin traitant, pédiatre, ou le 15 en cas d'urgence. La psychothérapie prend sa place à côté de ce suivi, pas à sa place.
Notre façon de travailler au cabinet
Au cabinet, nous recevons enfants, adolescents, adultes et familles. Pour les troubles alimentaires, nous croisons plusieurs approches, choisies selon la personne et le moment du suivi, et nous travaillons en lien avec le médecin traitant, le pédiatre ou le diététicien lorsque c'est nécessaire.
L'écoute analytique
Elle s'intéresse à ce que la restriction ou le rituel alimentaire veut dire pour la personne, à son histoire et à ses liens. Une façon de manger est rarement un simple caprice : elle protège souvent de quelque chose. En savoir plus
Les outils de la TCC
Exposition très progressive aux aliments évités, travail sur les peurs et les règles rigides, carnet pour repérer les déclencheurs. Une version de la TCC a été conçue spécifiquement pour l'ARFID. En savoir plus
L'EMDR, avec prudence
L'EMDR est surtout validé pour le psychotraumatisme. Dans l'ARFID, seules quelques observations isolées décrivent son association avec la TCC, ce qui ne permet pas de conclure. On peut l'envisager en complément quand la peur de manger s'est installée après un épisode vécu comme traumatique, un étouffement par exemple. En savoir plus
Pourquoi croiser ces approches ? Parce qu'un trouble alimentaire touche à la fois le corps, les habitudes, les émotions et l'histoire de chacun. Le détail de cette articulation est présenté dans notre page sur l'approche intégrative des TCA. Si vous accompagnez un enfant ou un proche, notre page aider un proche rassemble des conseils concrets.
Questions fréquentes sur l'ARFID et les autres troubles alimentaires
Qu'est-ce que l'ARFID ?
L'ARFID, ou trouble de restriction ou d'évitement de l'ingestion d'aliments, est un trouble alimentaire entré dans le DSM-5 en 2013. La personne mange trop peu ou de façon trop restreinte, par désintérêt pour la nourriture, par rejet de certaines textures, odeurs ou couleurs, ou par peur d'une conséquence comme s'étouffer ou vomir. Cette restriction a des effets concrets : perte de poids, croissance freinée chez l'enfant, carences, recours à des compléments ou vie sociale entravée. La peur de grossir n'y joue aucun rôle.
ARFID ou enfant difficile à table : comment faire la différence ?
Beaucoup d'enfants traversent une période où ils refusent les légumes ou les aliments nouveaux, et cela passe le plus souvent. On pense à un ARFID quand la sélectivité a des conséquences : la courbe de poids ou de taille fléchit, des carences apparaissent, des compléments deviennent nécessaires, ou la nourriture empêche l'enfant de vivre normalement (cantine, sorties, invitations). En cas de doute, le pédiatre ou le médecin traitant est le premier interlocuteur.
L'ARFID concerne-t-il aussi les adultes ?
Oui. Décrit d'abord chez le jeune enfant, l'ARFID se rencontre en réalité à tout âge et dans les deux sexes. Il arrive qu'un adulte mette enfin un nom sur une difficulté présente depuis l'enfance. Les études menées auprès des adultes sont toutefois moins nombreuses.
Qu'est-ce que le pica et le mérycisme ?
Le pica consiste à manger de façon répétée, pendant au moins un mois, des choses qui ne sont pas des aliments (terre, craie, papier, par exemple), d'une manière qui ne correspond ni à l'âge ni à un usage culturel. Le mérycisme, ou rumination, désigne le retour répété dans la bouche d'aliments déjà avalés, qui sont mâchés de nouveau, avalés ou rejetés, depuis un mois au moins, sans maladie digestive qui l'explique. Dans les deux cas, un avis médical vient en premier.
L'orthorexie est-elle un trouble alimentaire reconnu ?
Pas à ce jour. Le mot a été forgé en 1997 par le médecin américain Steven Bratman pour désigner une fixation sur le fait de manger « parfaitement ». L'orthorexie ne figure ni dans le DSM-5-TR ni dans la CIM-11. En 2022, un groupe de 47 experts a proposé des critères, présentés comme provisoires. Le mot n'est pas officiel, mais la souffrance qu'il décrit peut être bien réelle et mérite d'être écoutée.
Qu'appelle-t-on un TCA atypique ?
C'est une expression courante pour parler des troubles qui ne remplissent pas tous les critères d'un diagnostic précis. Les classifications les rangent parmi les « autres troubles spécifiés » ou les troubles « non spécifiés ». On y trouve par exemple l'anorexie atypique, où le poids reste dans la norme malgré une perte importante, ou une boulimie aux crises moins fréquentes qu'une fois par semaine. Ces formes peuvent être aussi sérieuses que les formes complètes.
Qu'est-ce que le trouble purgatif ?
C'est le fait de recourir de façon répétée à des vomissements provoqués, à des laxatifs, à des diurétiques ou à d'autres médicaments pour agir sur son poids ou sa silhouette, sans avoir de crises de suralimentation. Le DSM-5 le classe parmi les autres troubles spécifiés. Ces conduites justifient un suivi médical en plus de l'accompagnement psychothérapeutique.
Comment se soigne l'ARFID ?
Le plus souvent à plusieurs : médecin ou pédiatre, diététicien, professionnel de la santé mentale, et parents lorsqu'il s'agit d'un enfant. Une thérapie cognitivo-comportementale adaptée à l'ARFID, fondée sur une exposition très progressive aux aliments évités, a été décrite, et des approches familiales sont étudiées. Le diagnostic étant récent, les essais rigoureux restent peu nombreux : le soin s'ajuste donc à chaque personne.
Trouver de l'aide maintenant
Anorexie Boulimie Info Écoute, ligne de la Fédération française anorexie boulimie (FFAB), non surtaxée :
09 69 325 900
Lundi, mardi, jeudi et vendredi, de 16 h à 18 h, hors jours fériés.
En cas d'urgence médicale : le 15 (ou le 112). Si vous avez des idées suicidaires ou si vous êtes inquiet pour quelqu'un : le 3114, numéro national de prévention du suicide, gratuit, jour et nuit.
Pour aller plus loin sur les troubles alimentaires
- Troubles du comportement alimentaireLa vue d'ensemble et tous nos dossiers
- Anorexie mentaleSignes, formes, anorexie atypique
- BoulimieComprendre les crises et le cycle boulimique
- Hyperphagie boulimiqueLes compulsions sans vomissements
- Causes des TCACe qui déclenche et entretient le trouble
- TCC et troubles alimentairesOutils concrets et déroulé du suivi
- EMDR et troubles alimentairesCe que l'on sait, et ses limites
- Psychanalyse et TCADonner un sens au symptôme
- Approche intégrativeComment nous croisons les outils au cabinet
- Auto-testsFaire le point, sans diagnostic
- Aider un procheConseils et questions des familles
Sources et références
Cette page a été rédigée par le cabinet à partir des documents suivants, sans reprise de leur texte. Ils permettent d'approfondir.
- Institut Francophone EMDR (IFEMDR), dossier « EMDR et TCA » : ifemdr.fr/dossier-emdr-et-tca
- IFEMDR, document de travail sur les critères diagnostiques des TCA (2021) : PDF
- American Psychiatric Association, DSM-5 (2013) et DSM-5-TR (2022), chapitre des troubles des conduites alimentaires et de l'ingestion d'aliments ; critères de l'ARFID en français présentés par La Revue du Praticien : larevuedupraticien.fr
- Organisation mondiale de la santé, CIM-11, troubles de l'alimentation (codes 6B80 à 6B8Z) : icd.who.int
- Micali N., Tombeur E., « ARFID : trouble de restriction/évitement de l'ingestion d'aliments, caractéristiques cliniques », Revue Médicale Suisse, 2019 : revmed.ch
- Thomas J.J., Wons O., Eddy K., « Cognitive-behavioral treatment of avoidant/restrictive food intake disorder », Current Opinion in Psychiatry, 2018 : pmc.ncbi.nlm.nih.gov
- Donini L.M. et coll., « A consensus document on definition and diagnostic criteria for orthorexia nervosa », Eating and Weight Disorders, 2022 : link.springer.com
- Sandgren S.S., Lavallee D., « Muscle dysmorphia research neglects DSM-5 diagnostic criteria », Journal of Loss and Trauma, 2018 : abertay.ac.uk
- Alimentarium, « L'orthorexie, symptômes et représentations » : alimentarium.org
- Takadoc, « Glossaire des TCA » : takadoc.eu
- Fédération française anorexie boulimie (FFAB), ligne d'écoute : ffab.fr
Les informations de cette page sont générales. Elles ne remplacent pas une consultation médicale ni une évaluation psychologique personnalisée.