Boulimie : comprendre les crises et sortir du cycle boulimique
La boulimie se vit le plus souvent en silence. Des crises où l'on mange sans pouvoir s'arrêter, puis l'urgence d'effacer ce qui vient de se passer en se faisant vomir, en jeûnant ou en s'épuisant au sport. Ensuite viennent la honte, les promesses de « faire mieux demain », et souvent une nouvelle crise. Ce cercle n'a rien d'une faiblesse de caractère. Il a une logique, et cette logique peut se comprendre puis se défaire avec de l'aide.
Qu'est-ce que la boulimie ?
La boulimie, que les classifications médicales appellent boulimie nerveuse ou boulimie mentale, est un trouble du comportement alimentaire. Elle associe des crises de suralimentation à des conduites destinées à en « annuler » les effets sur le poids. Le tout s'accompagne d'un regard sur soi très dépendant de la silhouette. Elle se distingue d'un excès ponctuel lors d'un repas de fête : ce qui la définit, c'est la répétition, la perte de contrôle et la souffrance qui l'entoure.
Des crises répétées
En un temps limité, la personne mange une quantité bien supérieure à ce que mangeraient la majorité des personnes dans les mêmes circonstances, et elle a l'impression de perdre la main sur ce qu'elle avale et sur le moment où cela s'arrêtera.
Des comportements compensatoires
Pour éviter de prendre du poids, la personne se fait vomir, prend des laxatifs, des diurétiques ou d'autres médicaments, jeûne ou fait du sport à l'excès. Ces conduites reviennent régulièrement.
Une valeur de soi suspendue au corps
Le poids et la silhouette prennent une place démesurée dans la façon dont la personne s'estime. Une « mauvaise » journée sur la balance peut suffire à ternir tout le reste.
Les repères cliniques utilisés par les professionnels
Les deux grandes classifications internationales décrivent un tableau très proche. Le DSM-5 de l'Association américaine de psychiatrie, dont la version révisée (DSM-5-TR) reprend les mêmes critères, parle de boulimie lorsque crises et compensations surviennent en moyenne au moins une fois par semaine depuis trois mois, et que l'estime de soi dépend fortement du poids et de la forme du corps. La CIM-11 de l'Organisation mondiale de la santé retient la même fréquence hebdomadaire sur une durée plus courte, d'au moins un mois, et insiste sur la détresse ou la gêne dans la vie quotidienne. Ces seuils servent à poser un diagnostic. Ils ne mesurent pas la souffrance : une personne qui fait des crises moins souvent peut aller très mal et mérite tout autant d'être aidée.
Pourquoi le mot « boulimie » prête-t-il à confusion ?
Dans la langue courante, on dit volontiers « une boulimie de lecture » ou « j'ai fait une crise de boulimie hier soir » pour parler d'un simple excès. Le trouble dont il est question ici est autre chose : une perte de contrôle qui revient, des conduites pour rattraper, et une détresse réelle. À l'inverse, certaines personnes très touchées n'osent pas employer le mot, de peur d'exagérer. Le bon repère reste la souffrance et la place que ces conduites prennent dans la vie.
Il existe aussi des tableaux voisins qui ne remplissent pas tous les critères : crises plus espacées, compensations sans véritables crises (on parle alors de trouble purgatif). Ils sont décrits sur la page ARFID, pica, orthorexie et autres troubles alimentaires.
La boulimie, ce sont des crises avec perte de contrôle, des conduites pour compenser et un regard sur soi dominé par le poids. Ce n'est ni de la gourmandise ni un manque de volonté.
Le cycle boulimique : comment il s'installe et se referme
Les cliniciens décrivent la boulimie comme une boucle qui s'auto-entretient. Le psychiatre britannique Christopher Fairburn, dont les travaux ont inspiré la thérapie cognitivo-comportementale des troubles alimentaires, a décrit comment chaque étape prépare la suivante. Le schéma ci-dessous s'inspire de ce modèle. Comprendre cette mécanique soulage souvent : ce que l'on vivait comme un défaut personnel devient un engrenage que l'on peut desserrer.
- Des règles alimentaires strictesSauter des repas, s'interdire certains aliments, fixer des quantités maximales. Ce contrôle rassure sur le moment.
- La tension monteLa faim physique s'accumule, s'ajoutent une contrariété, de la fatigue, de la solitude. La règle finit par céder.
- La criseUne fois la règle « cassée », la pensée en tout ou rien prend le relais : « tant pis, autant aller jusqu'au bout ».
- La compensationVomir, jeûner, se dépenser à outrance. Le soulagement est réel mais bref, et il rend la crise suivante plus « possible ».
- Honte et culpabilitéOn se promet de se reprendre en main… en serrant encore les règles. La boucle repart.
Pourquoi la restriction prépare-t-elle la crise suivante ?
C'est l'un des points les plus contre-intuitifs. Après une crise, l'idée de « rattraper » en mangeant moins le lendemain semble logique. Pourtant, priver son corps augmente la faim, l'envie des aliments interdits et la tension intérieure. On parle de restriction cognitive quand ce sont des règles, et non plus la faim et la satiété, qui décident de ce que l'on mange. Plus ces règles sont rigides, plus la moindre entorse est vécue comme un échec total, et plus le basculement dans la crise devient probable.
C'est pourquoi l'un des premiers objectifs du soin consiste souvent à retrouver des repas réguliers, sans sauter de prise alimentaire, plutôt qu'à « faire attention » davantage. La page TCC et troubles alimentaires détaille comment ce travail se mène pas à pas.
Et quand ce ne sont pas les règles qui déclenchent la crise ?
Chez beaucoup de personnes, la crise survient aussi après une émotion difficile à supporter : colère rentrée, sentiment de vide, angoisse du soir, souvenir qui remonte. La nourriture sert alors d'anesthésiant ou de remplissage. Le cycle reste le même, mais la porte d'entrée change. Repérer ce qui se passait juste avant chaque crise, sans se juger, est souvent un premier pas pour comprendre sa propre boucle.
Crise de boulimie : ce qui se passe pendant et après
Vue de l'extérieur, une crise de boulimie ressemble à un excès alimentaire. Vécue de l'intérieur, elle a peu à voir avec le plaisir de manger. Beaucoup de personnes décrivent un état de « pilote automatique », des aliments choisis pour leur disponibilité plus que pour leur goût, une vitesse qui empêche de savourer, et une coupure avec les sensations du corps jusqu'à l'inconfort.
Le secret, compagnon fréquent de la boulimie
La crise a souvent lieu à l'abri des regards, le soir ou dans un moment sans témoin. Les achats sont parfois répartis entre plusieurs magasins, les emballages dissimulés, les absences après les repas justifiées par mille prétextes. La Haute Autorité de santé qualifie d'ailleurs la boulimie et l'hyperphagie boulimique de troubles silencieux, qu'il faut aller chercher. Ce secret protège de la honte, mais il isole et retarde la demande d'aide.
Après la crise
Le soulagement apporté par la compensation laisse vite place à l'épuisement, au dégoût de soi, parfois à une forme d'engourdissement. Le lendemain, la tentation de se priver pour « réparer » est forte. C'est précisément là que le cycle se referme. Savoir que cette réaction est attendue aide à ne pas l'interpréter comme une preuve de faiblesse.
Après une crise, mieux vaut reprendre le rythme normal des repas que de sauter le suivant. C'est contre-intuitif, et c'est l'un des premiers points travaillés en TCC pour desserrer la boucle.
Boulimie, hyperphagie boulimique, anorexie : quelles différences ?
Ces trois troubles partagent des points communs, et une même personne peut passer de l'un à l'autre au fil des années. Ce qui les sépare tient surtout à la présence ou non de compensations et au poids.
| Repère | Boulimie | Hyperphagie boulimique | Anorexie avec crises et purges |
|---|---|---|---|
| Crises avec perte de contrôle | Oui, répétées | Oui, répétées | Possibles |
| Compensations régulières | Oui | Non | Possibles (vomissements, laxatifs…) |
| Poids | Le plus souvent dans la norme | Souvent surpoids ou obésité | Nettement trop bas |
| Place du poids dans l'estime de soi | Centrale | Fréquente, sans être exigée pour le diagnostic | Centrale, avec peur intense de grossir |
Pour approfondir, consultez nos pages consacrées à l'hyperphagie boulimique et aux compulsions alimentaires et à l'anorexie mentale. Une vue d'ensemble de tous les troubles se trouve sur la page troubles du comportement alimentaire.
Les signes de la boulimie à repérer
Parce que le poids reste souvent stable, la boulimie passe facilement inaperçue, y compris auprès des médecins. Certains signes doivent pourtant faire penser à un trouble alimentaire, surtout lorsqu'ils s'additionnent.
Dans le quotidien
- Disparitions régulières juste après les repas
- Grandes quantités de nourriture qui s'évaporent, emballages cachés
- Régimes à répétition, préoccupation constante pour le poids
- Usage de laxatifs, diurétiques ou produits dits « détox »
- Sport pratiqué de façon compulsive, même malade ou blessé
- Variations de poids rapides sans explication médicale
Dans le corps
- Érosion de l'émail dentaire, dents sensibles au chaud, au froid ou à l'acide
- Joues gonflées sous les oreilles (glandes parotides augmentées de volume)
- Petites lésions sur le dos de la main liées aux vomissements provoqués
- Brûlures d'estomac, reflux, troubles du transit
- Règles irrégulières
- Un taux de potassium bas découvert lors d'une prise de sang
Les niveaux de gravité : une jauge parmi d'autres
Les classifications graduent la boulimie selon le nombre moyen de comportements compensatoires par semaine. Ce repère aide les soignants à ajuster la prise en charge. Il ne dit pas tout : l'état physique, la détresse et le retentissement sur la vie comptent autant.
Repères issus des critères du DSM-5, présentés dans le document de travail de l'IFEMDR sur les critères diagnostiques des TCA.
Qui est particulièrement exposé ?
La HAS invite à penser à la boulimie chez les adolescentes et les jeunes femmes, mais pas seulement. Sont aussi plus exposées les personnes qui pratiquent un sport ou une activité où le poids est contrôlé (danse, gymnastique, sports à catégories de poids, mannequinat), celles qui ont déjà connu une anorexie ou dont un proche a souffert d'un trouble alimentaire, et les personnes vivant avec un diabète de type 1. Un trouble anxieux ou dépressif, une addiction, des automutilations, une tentative de suicide ou un psychotraumatisme figurent également parmi les situations où il est utile de poser la question.
Boulimie et vomissements : les risques pour la santé
La boulimie n'est pas seulement une souffrance psychique. Les vomissements répétés et l'usage de laxatifs ou de diurétiques ont des effets sur tout l'organisme. Les connaître permet de comprendre pourquoi un suivi médical accompagne toujours la psychothérapie.
Les sels minéraux et le cœur
Les pertes répétées font chuter le potassium dans le sang (hypokaliémie), parfois de façon importante. Ce déséquilibre peut toucher le cœur et les reins. D'autres perturbations, comme la déshydratation ou une baisse du sodium, sont possibles. C'est pourquoi le médecin contrôle régulièrement une prise de sang, appelée ionogramme.
Les dents et la bouche
L'acidité des vomissements use l'émail, favorise les caries et rend les dents sensibles. Les gencives peuvent se rétracter. Lorsque des vomissements existent, la HAS recommande des bilans dentaires réguliers chez un chirurgien-dentiste informé du trouble.
Le tube digestif
Reflux, inflammation de l'œsophage ou de l'estomac, douleurs, constipation ou au contraire diarrhée sont fréquents. Des complications graves, comme une déchirure de l'œsophage, restent exceptionnelles mais existent. Toute douleur intense ou tout vomissement de sang impose de consulter en urgence.
Les os, les hormones, la fertilité
Des carences en vitamines, une fragilité osseuse (surtout en cas d'antécédent d'anorexie ou d'absence de règles prolongée) et des répercussions sur la fertilité ou la grossesse peuvent survenir. Chez les personnes diabétiques, le trouble peut aussi déséquilibrer la glycémie, notamment lorsque l'insuline est détournée pour contrôler le poids.
Quand consulter sans attendre ? Si les crises s'enchaînent au point d'empêcher toute vie habituelle, en cas de malaise, de palpitations, de grande faiblesse, de vomissement de sang, ou si des idées suicidaires apparaissent. Ces situations relèvent d'une évaluation médicale urgente. Les numéros utiles figurent en bas de cette page.
Pourquoi fait-on des crises de boulimie ?
Il n'existe pas une cause unique. Les troubles alimentaires naissent de la rencontre entre une histoire personnelle, une sensibilité biologique et génétique, un climat familial et un contexte social. Pour la boulimie, plusieurs fils reviennent souvent dans le travail clinique. Ils sont détaillés sur la page causes des troubles alimentaires.
Les régimes et les règles
Les régimes répétés sont souvent décrits comme un terrain favorable. La restriction installe la faim, la frustration et la pensée en tout ou rien qui nourrissent ensuite les crises.
Les émotions difficiles
La crise peut devenir une manière d'apaiser une tension, de remplir un vide ou de ne plus penser. Elle soulage vite, ce qui explique sa force, puis laisse la personne plus seule avec ce qu'elle ressent.
L'histoire et les blessures
Estime de soi fragile, perfectionnisme, relations compliquées, événements de vie douloureux : autant de terrains possibles, à explorer sans chercher de coupable.
Boulimie et traumatisme : que sait-on ?
Plusieurs travaux, rassemblés notamment par l'Institut Francophone EMDR, observent une association fréquente entre stress post-traumatique et troubles alimentaires. Certaines études rapportent un lien particulier entre les violences sexuelles subies dans l'enfance et les troubles avec crises, comme la boulimie et l'hyperphagie boulimique. La HAS cite d'ailleurs les psychotraumatismes parmi les situations où il faut penser à rechercher un trouble alimentaire.
Il s'agit d'associations, pas d'une règle. Beaucoup de personnes souffrant de boulimie n'ont pas vécu de traumatisme, et une histoire traumatique ne mène pas forcément à un trouble alimentaire. Quand ce lien existe, il compte dans le choix des approches, comme l'explique la page EMDR et troubles alimentaires.
Qui est concerné par la boulimie ?
La boulimie touche majoritairement des femmes, avec un début fréquent à la fin de l'adolescence ou chez la jeune adulte. Les hommes sont aussi concernés, et il est utile d'y penser chez eux comme chez elles.
Chiffres de fréquence repris du dossier de la Fondation pour la recherche médicale, qui cite la HAS et l'Assurance maladie. Les données françaises restent peu nombreuses et à interpréter avec prudence.
Traitement de la boulimie : ce qui aide à sortir du cycle
La boulimie se soigne, et l'on dispose de repères solides. Les recommandations publiées par la HAS en 2019 dessinent un cadre clair : un suivi le plus souvent ambulatoire, plusieurs professionnels qui se coordonnent autour d'un référent clairement identifié, et une psychothérapie structurée au centre du soin. L'objectif n'est pas de perdre du poids. Il s'agit de retrouver une alimentation régulière, de réduire puis d'arrêter crises et compensations, de mieux vivre ses émotions et de prévenir les rechutes.
La TCC, première approche recommandée dans la boulimie
La HAS place en première intention les thérapies cognitivo-comportementales adaptées aux troubles alimentaires, éventuellement précédées ou accompagnées au début d'un programme d'autosupport guidé par un professionnel de santé. Concrètement, on y travaille avec un journal alimentaire et émotionnel, on rétablit des repas réguliers, on repère les pensées en tout ou rien et les déclencheurs de crise, puis on construit d'autres réponses. Le Manuel MSD indique qu'une TCC menée en général sur 16 à 20 séances fait cesser crises et purges chez environ un tiers à la moitié des patients. C'est beaucoup, mais pas tout le monde, d'où l'intérêt de disposer d'autres leviers. La page TCC et troubles alimentaires décrit la démarche en détail.
L'approche analytique : donner un sens à la crise
La HAS mentionne aussi les thérapies psychanalytiques, interpersonnelles et familiales (ces dernières pour les adolescents et les jeunes adultes), lorsque la TCC n'est pas possible ou que la personne n'en veut pas. L'écoute analytique s'intéresse à ce que la crise vient dire : ce qu'elle remplit, ce qu'elle tait, ce qu'elle protège. Elle prend le temps de l'histoire, des liens et du rapport au corps. Mettre des mots là où il n'y avait que des actes peut modifier le rapport au symptôme. Voir la page psychanalyse et troubles alimentaires.
L'EMDR : une place à préciser, avec honnêteté
L'EMDR est une psychothérapie surtout reconnue pour le traitement du psychotraumatisme. Dans la boulimie, les données restent limitées : une revue systématique de 2017 jugeait l'approche prometteuse mais les études trop rares pour conclure, et les essais plus récents portent surtout sur l'hyperphagie boulimique. Elle peut néanmoins trouver sa place, au sein d'une prise en charge plus large, lorsque des souvenirs douloureux, des images intrusives ou une image du corps blessée alimentent les crises. Tout est expliqué sur la page EMDR et troubles alimentaires.
Au cabinet : une approche intégrative et coordonnée
Au cabinet, nous ne choisissons pas une méthode contre une autre. Nous articulons les outils de la TCC pour desserrer le cycle au quotidien, l'écoute analytique pour comprendre ce qu'il raconte, et l'EMDR lorsque des vécus traumatiques semblent l'entretenir. Ce travail s'inscrit toujours dans un suivi coordonné avec le médecin traitant. Découvrez comment s'organise ce parcours sur la page approche intégrative des troubles alimentaires.
- Un premier temps d'écoute et d'évaluationFaire le point sur les crises, les compensations, l'histoire et ce que vous attendez, sans jugement.
- Un lien avec le médecinVérifier l'état physique, notamment le potassium, et organiser la coordination des soins.
- Desserrer le cycleRepas réguliers, journal, repérage des déclencheurs, alternatives à la crise.
- Comprendre et élaborerExplorer ce que les crises viennent apaiser ou dire, à votre rythme.
- Traiter ce qui reste douloureuxSi des souvenirs ou des images entretiennent le trouble, envisager un travail en EMDR.
- ConsoliderAnticiper les périodes à risque et garder les appuis trouvés.
Ce parcours est indicatif : l'ordre et la durée s'ajustent à chaque personne.
Et les médicaments ?
Chez l'adulte, la HAS indique qu'un antidépresseur de la famille des ISRS peut être proposé en deuxième ligne, lorsqu'il n'est pas possible d'accéder à une psychothérapie structurée et en l'absence de contre-indication, et toujours en complément d'un accompagnement psychologique. Cette décision relève d'un médecin. Au cabinet, nous travaillons en lien avec les prescripteurs lorsque c'est utile.
Vrai ou faux : 8 idées reçues sur la boulimie
À chaque bonne réponse, un segment du cercle s'illumine. À la fin, vous verrez si vous avez réussi à « briser le cycle » des idées reçues. Ce jeu porte sur des connaissances générales : il ne dit rien de votre situation personnelle et ne remplace pas une évaluation. Aucune réponse n'est enregistrée ni envoyée.
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Envie de faire le point sur votre propre rapport à l'alimentation ? Rendez-vous sur la page test troubles alimentaires, un outil de réflexion qui ne remplace pas une évaluation.
Vous êtes proche d'une personne qui souffre de boulimie
Découvrir qu'un enfant, un conjoint ou une amie se fait vomir provoque souvent un mélange de peur, de colère et d'impuissance. La personne, elle, redoute avant tout d'être jugée. Choisir un moment calme, parler de ce que vous observez et de votre inquiétude plutôt que de la nourriture, éviter les reproches et les commentaires sur le corps : ces repères simples ouvrent davantage la porte qu'une confrontation. Vous pouvez aussi être aidé vous-même. La page aider un proche atteint d'un TCA rassemble des conseils concrets.
Questions fréquentes sur la boulimie
Qu'est-ce qu'une crise de boulimie ?
C'est un épisode où l'on mange, en un temps limité, une quantité nettement plus grande que la normale, avec le sentiment de ne plus pouvoir s'arrêter ni contrôler ce que l'on avale. Dans la boulimie, ces crises sont suivies de conduites destinées à éviter la prise de poids, comme les vomissements, le jeûne ou le sport excessif.
Pourquoi fait-on des crises de boulimie ?
Les crises naissent souvent d'un mélange de restriction alimentaire, qui accumule faim et frustration, et d'émotions difficiles que la nourriture apaise un temps. L'histoire personnelle, l'estime de soi, des facteurs biologiques et parfois des événements traumatiques jouent aussi. Il n'y a jamais une cause unique ni un coupable.
Quelle différence entre boulimie et hyperphagie boulimique ?
Les deux comportent des crises avec perte de contrôle. Dans la boulimie, la personne compense régulièrement (vomissements, laxatifs, jeûne, sport excessif). Dans l'hyperphagie boulimique, il n'y a pas de compensation régulière, et le trouble s'accompagne plus souvent d'un surpoids.
Quels sont les risques des vomissements répétés ?
Ils peuvent faire baisser le potassium dans le sang, avec un risque pour le cœur et les reins, abîmer l'émail des dents, faire gonfler les glandes salivaires et irriter l'œsophage. Des complications digestives graves sont rares mais possibles. Un suivi médical régulier, avec prise de sang et bilans dentaires, est donc recommandé.
La boulimie se voit-elle sur le poids ?
Le plus souvent, non. Grâce aux comportements compensatoires, le poids reste généralement dans la norme, ce qui explique que le trouble passe longtemps inaperçu. Un poids normal ne permet donc pas d'écarter une boulimie.
Comment sortir du cycle restriction et crise ?
Le premier pas consiste souvent à retrouver des repas réguliers, sans chercher à rattraper une crise en se privant. Repérer ce qui précède les crises, comprendre ce qu'elles apaisent et être accompagné par des professionnels formés permet ensuite de desserrer la boucle progressivement.
Quelle thérapie pour la boulimie ?
La HAS recommande en première intention une thérapie cognitivo-comportementale adaptée aux troubles alimentaires, dans un suivi coordonné avec le médecin. Lorsque la TCC n'est pas possible ou pas souhaitée, d'autres approches peuvent être proposées, dont les thérapies psychanalytiques, interpersonnelles ou familiales. Au cabinet, nous associons outils de la TCC, écoute analytique et, si des vécus traumatiques l'indiquent, EMDR.
Peut-on guérir de la boulimie ?
Beaucoup de personnes voient leurs crises diminuer nettement ou disparaître avec des soins adaptés, et les progrès obtenus tendent à se maintenir. Le chemin prend du temps, connaît parfois des rechutes, et personne ne peut garantir un résultat. Il n'est pas nécessaire d'attendre que tout aille très mal pour en parler à un professionnel.
Trouver de l'aide maintenant
Anorexie Boulimie Info Écoute, la ligne de la Fédération française anorexie boulimie (FFAB) :
09 69 325 900
Appel non surtaxé, de 16 h à 18 h les lundis, mardis, jeudis et vendredis, hors jours fériés.
Si vous avez des idées suicidaires ou si vous êtes inquiet pour un proche : 3114, numéro national de prévention du suicide, gratuit, joignable jour et nuit. En cas d'urgence vitale : le 15 (Samu) ou le 112.
Pour aller plus loin sur les troubles alimentaires
- Troubles du comportement alimentaireLa vue d'ensemble
- Hyperphagie boulimiqueCrises sans compensation
- Anorexie mentaleRestriction, peur de grossir, rapport au corps
- ARFID et autres troublesPica, mérycisme, trouble purgatif…
- Causes et facteursCe qui installe et entretient un TCA
- TCA et TCCJournal alimentaire, repas réguliers, pensées
- TCA et EMDRCe que l'on sait, et ses limites
- Approche analytiqueDonner un sens au symptôme
- Approche intégrativeNotre façon de travailler
- Auto-testsFaire le point, sans diagnostic
- Aider un procheConseils et questions fréquentes
Sources et références
Cette page a été rédigée par le cabinet à partir des documents suivants, sans reprise de leur texte. Ils permettent d'approfondir.
- Haute Autorité de santé, Boulimie et hyperphagie boulimique : repérage et éléments généraux de prise en charge, recommandation de bonne pratique, 2019 : recommandations, fiches repérage, prise en charge pluriprofessionnelle, complications somatiques et urgences
- Institut Francophone EMDR (IFEMDR), dossier « EMDR et TCA » : ifemdr.fr/dossier-emdr-et-tca, et revue systématique « EMDR et TCA » : ifemdr.fr
- IFEMDR, document de travail sur les critères diagnostiques des TCA (2021) : PDF
- Fondation pour la recherche médicale, dossier sur les troubles des conduites alimentaires : frm.org
- Manuel MSD, version pour professionnels de santé, « Boulimie nerveuse » : msdmanuals.com
- Takadoc, « Glossaire des TCA », « Comprendre les causes des troubles alimentaires » et « La TCC dans les troubles alimentaires » : glossaire, causes, TCC
- Haute Autorité de santé, communiqué « Boulimie et hyperphagie boulimique : des troubles silencieux qu’il faut repérer », 2019 : has-sante.fr
- Christopher G. Fairburn, Zafra Cooper et Roz Shafran, « Cognitive behaviour therapy for eating disorders: a ‘transdiagnostic’ theory and treatment », Behaviour Research and Therapy, 2003
- Fédération française anorexie boulimie (FFAB), ligne d'écoute : ffab.fr
- Numéro national de prévention du suicide (3114) : sante.fr
Les informations de cette page sont générales. Elles ne remplacent pas une consultation médicale ni une évaluation psychologique personnalisée.