Des messagers déréglés
Le manuel MSD évoque un dérèglement possible de la sérotonine, de la noradrénaline et de la dopamine, sans qu’un mécanisme unique ait été établi.
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Personne ne choisit d’être bipolaire, et aucun parent n’en est « responsable ». La recherche décrit plutôt une vulnérabilité, en grande partie héréditaire, sur laquelle des événements de vie, le stress, le manque de sommeil ou les substances viennent agir. Comprendre ce mécanisme aide à agir sur ce qui peut l’être.
L’OMS indique que les causes exactes du trouble bipolaire restent inconnues et qu’elles associent des facteurs biologiques, dont la génétique, psychologiques, sociaux et structurels. L’Assurance maladie précise que l’origine n’est pas entièrement comprise, mais que des anomalies du fonctionnement des cellules cérébrales et des facteurs génétiques sont en cause, et que la maladie est plus fréquente dans certaines familles.
Chez une personne prédisposée, divers événements peuvent ensuite déclencher un épisode. Mais le trouble peut aussi apparaître sans facteur déclenchant identifiable. Il n’y a donc pas lieu de chercher un coupable : ni soi, ni sa famille.
Le manuel MSD estime l’héritabilité du trouble bipolaire entre 70 et 90 %. L’Assurance maladie précise que plusieurs gènes ont été identifiés. La Fondation FondaMental rapporte que certains variants génétiques sont associés aux formes précoces et familiales, et partagent un socle de vulnérabilité avec la schizophrénie.
L’héritabilité mesure la part des différences entre personnes qui s’explique par les gènes dans une population. Elle ne dit pas qu’un enfant de parent bipolaire sera malade. Les antécédents familiaux augmentent le risque, et c’est une information utile à donner au médecin, notamment devant une première dépression.
Non. La HAS rappelle que le diagnostic est clinique et qu’aucun examen biologique ou d’imagerie ne permet de le poser. Les antécédents familiaux restent une information précieuse pour le médecin.
Le manuel MSD évoque un dérèglement possible de la sérotonine, de la noradrénaline et de la dopamine, sans qu’un mécanisme unique ait été établi.
Selon FondaMental, même en dehors des épisodes, les personnes bipolaires ont un sommeil plus fragmenté et des rythmes plus irréguliers et plus tardifs. Certains gènes de l’horloge biologique seraient impliqués.
Des anomalies du système immunitaire ont été identifiées chez 40 à 70 % des patients dans les travaux rapportés par FondaMental, avec des interactions possibles avec certaines infections et les traumatismes de l’enfance.
Une méta-analyse de l’université de Manchester, publiée en 2016 dans le British Journal of Psychiatry par Palmier-Claus et collègues, a réuni 19 études. Les personnes atteintes de trouble bipolaire avaient 2,63 fois plus souvent connu une adversité dans l’enfance que la population générale.
Les travaux présentés par l’Institut français d’EMDR associent aussi les traumatismes de l’enfance à un début plus précoce, davantage d’épisodes, plus de tentatives de suicide et plus de troubles liés aux substances. D’où l’intérêt de les repérer et, le moment venu, de les soigner. Voir bipolarité et EMDR.
Divorce, deuil, licenciement, déménagement, violence, rupture : l’Assurance maladie et l’OMS citent ces événements parmi les déclencheurs possibles.
Nuits écourtées, décalages horaires, voyages de nuit. Le sommeil est l’un des premiers facteurs à protéger.
Alcool, tabac, cannabis et autres drogues peuvent déclencher ou aggraver les épisodes. Addictions associées
Une hyperthyroïdie, plus rarement des corticoïdes, des traitements de la maladie de Parkinson, l’interféron, certains anti-inflammatoires ou antidépresseurs.
Psycom ajoute des facteurs qui augmentent le risque de développer la maladie : des antécédents familiaux, un épisode dépressif après un accouchement, ou une hypomanie provoquée par un médicament. Elle cite aussi des éléments qui peuvent faire évoluer une dépression récurrente vers un trouble bipolaire, comme une dépression sévère avec caractéristiques psychotiques ou mélancoliques, des épisodes répétés, ou une dépression avec hypersomnie et ralentissement.
Une représentation pédagogique du modèle vulnérabilité et stress. Cochez des éléments de chaque côté et regardez la balance pencher. Les poids sont symboliques : ils ne mesurent aucun risque réel.
Il n’existe pas de cause unique connue. La maladie résulte d’une vulnérabilité en grande partie héréditaire, sur laquelle agissent des facteurs de vie comme le stress, le manque de sommeil, les substances ou certaines maladies.
Les gènes jouent un rôle majeur : l’héritabilité est estimée entre 70 et 90 % selon le manuel MSD, et la maladie est plus fréquente dans certaines familles. Mais avoir un parent bipolaire ne signifie pas que l’on développera la maladie.
Les études montrent une association entre adversité dans l’enfance et trouble bipolaire, sans prouver de lien de cause. Les traumatismes semblent surtout peser sur l’évolution de la maladie, avec un début plus précoce et davantage d’épisodes.
Les sources citent le cannabis et les autres drogues parmi les facteurs qui peuvent déclencher ou aggraver des épisodes chez les personnes prédisposées. Une exaltation peut aussi être provoquée directement par une substance, ce que le médecin recherche.
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La « loi de l’instrument », formulée par en 1964 puis reprise par dans The Psychology of Science: A Reconnaissance (1966), rappelle qu’« il est tentant, si le seul outil dont on dispose est un marteau, de traiter tout comme si c’était un clou ».
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