Quand l’enfant harcelé devient lui-même harceleur : comprendre ce retournement
Il arrive qu’en reconstituant l’histoire d’un enfant qui a fait subir moqueries, messages cruels ou mises à l’écart, on découvre qu’il a été, deux ans plus tôt, la cible d’une autre classe. À l’époque, personne ne l’avait vraiment écouté, personne ne l’avait soigné. Cette page raconte comment une blessure laissée ouverte peut finir par se retourner, comment le repérer, comment l’éviter, et comment accompagner un enfant qui est à la fois quelqu’un qui a souffert et quelqu’un qui fait souffrir.
Dans les récits que l’on fait du harcèlement, chacun a sa place : d’un côté celui qui reçoit, de l’autre celui qui frappe. Les chercheurs qui ont observé des cours d’école de près ont vu que la frontière est moins nette. Dan Olweus, le psychologue norvégien à l’origine des études modernes sur le sujet, distingue dans Bullying at School (1993) deux sortes de victimes : la grande majorité, passive, qui se replie sans riposter, et un petit groupe de victimes dites « provocatrices », à la fois anxieuses et irritables, qui s’énervent vite, répondent, et finissent parfois par agresser à leur tour. Les chercheurs de langue anglaise ont appelé bully-victims ceux qui cumulent les deux rôles ; nous dirons ici : les enfants à la fois harcelés et harceleurs.
En 2013, William Copeland, Dieter Wolke, Adrian Angold et Jane Costello ont publié dans JAMA Psychiatry une étude qui a fait date : des enfants avaient été suivis depuis l’enfance jusqu’à l’âge adulte, et les auteurs comparaient ce que devenaient ceux qui avaient été harcelés, ceux qui avaient harcelé, et ceux qui avaient été les deux. Ce sont ces derniers dont le devenir psychique était le plus à risque. Ce résultat n’a rien d’une condamnation : il dit surtout où le soin est le plus attendu.
Trois choses doivent être posées avant d’aller plus loin.
C’est un risque, pas une fatalité. La plupart des enfants harcelés ne feront jamais subir à personne ce qu’ils ont subi. Beaucoup en gardent même une attention très fine à ce que vit l’autre, et défendront, des années plus tard, le camarade que l’on bouscule dans un couloir.
Comprendre n’est pas excuser. La responsabilité de ce que l’enfant fait vivre aux autres lui appartient, et il faut la lui rendre avec un cadre clair. Cela fait même partie du respect qu’on lui doit : on le tient pour quelqu’un qui peut répondre de ses actes.
Personne, dans la famille, n’est à blâmer. Ni l’enfant qui a été victime, ni ses parents. Ceux-ci ont fait ce qu’ils pouvaient avec ce qu’ils savaient, et on ne leur a presque jamais dit qu’il fallait, au-delà de protéger l’enfant, le soigner.
Huit chemins du retournement
Il n’y a pas une seule route entre « être harcelé » et « harceler », mais plusieurs, qui se croisent. Chez un même enfant, deux ou trois jouent souvent ensemble. Touchez les cartes pour les lire, puis, plus bas, nous regardons trois d’entre elles de plus près.
Dans Shame and Guilt (2002), June Tangney et Ronda Dearing séparent deux émotions que l’on confond souvent. Quand on se sent coupable, on pense « j’ai mal agi » et l’on veut réparer ; quand on a honte, on pense « je suis mauvais » et l’on se cache, ou l’on contre-attaque. Leurs travaux relient la honte qui n’a jamais pu se dire à la colère et à la tendance à rejeter la faute sur autrui.
Songez à un garçon de dix ans dont toute la classe a un jour relevé l’odeur. Des mois plus tard, quand un autre élève devient le centre des regards, c’est lui qui rit le plus fort. Il n’éprouve pas de cruauté : il éprouve un soulagement, pour une fois ce n’est pas lui. Tout cela se joue à son insu, d’où son mutisme quand on demande « pourquoi as-tu fait ça ? ». Voir aussi la honte de soi.
Anna Freud a donné son nom à l’identification à l’agresseur (Le moi et les mécanismes de défense, publié en 1936) : devant ce qui l’effraie, l’enfant emprunte les traits de celui qui l’effraie, pour ne plus se sentir sans défense, puis les tourne vers d’autres. Sándor Ferenczi l’avait décrite avant elle dans sa célèbre Confusion de langue, communication de 1932 : l’enfant maltraité intériorise l’agresseur, jusqu’à sa culpabilité.
Freud ajoute le retournement du passif en actif (Au-delà du principe de plaisir, 1920) : l’enfant rejoue ce qu’il a subi, en changeant de place, souvent sur un camarade de jeu. Au jeu, ce n’est que du jeu. Dans la cour d’un collège, cela blesse pour de bon. Voir la page consacrée à Freud.
En 1994, Nicki Crick et Kenneth Dodge ont décrit comment un enfant traite l’information sociale : il perçoit des indices, les interprète, se fixe un but, imagine des réponses, puis agit. Chez beaucoup d’enfants agressifs, l’interprétation penche vers l’hostilité : devant un coup d’épaule dans la file ou une blague d’intention floue, ils concluent à la provocation.
Un enfant harcelé a de très bonnes raisons d’avoir appris cette lecture : elle l’a protégé. Mais la vigilance reste allumée quand le danger est parti. Dans la nouvelle école, une plaisanterie bienveillante ressemble à la première moquerie de l’ancienne, et il frappe le premier. Ses camarades ne voient qu’un enfant agressif sans raison. Les outils des TCC aident ici : ralentir, envisager d’autres explications, vérifier.
Un glissement qui prend des mois : la frise
On ne devient pas harceleur un matin. Ce que nous voyons en consultation, c’est plutôt une pente, faite d’étapes dont chacune, prise seule, paraît presque raisonnable.
D’abord, le harcèlementLes moqueries, les mises à l’écart, les messages. Parfois pendant des mois. L’enfant tient comme il peut.À ce stade, il est uniquement cible.
Le silenceIl n’en parle pas, ou pas jusqu’au bout : par honte, par peur des représailles, parce qu’une première confidence a été balayée d’un « ne fais pas attention ».
Une blessure sans soinMême si le harcèlement s’arrête, personne ne s’occupe de ce qu’il a laissé : la honte, la méfiance, les colères avalées. L’enfant est protégé, il n’est pas soigné.Mettre à l’abri et soigner sont deux gestes distincts.
Un nouveau décorIl change de classe, d’école ou de groupe. La page est censée être blanche, mais il arrive armé : il guette, il anticipe l’attaque.
Ne plus être la cibleIl a retenu la règle de la cour : on est dessus ou dessous. Il repère qui est faible, s’approche des plus forts, rit le premier.
Les premiers gestes « de défense »Une pique en réponse à une pique, une humiliation lancée « pour rire », un montage envoyé dans un groupe. Le groupe rit, et pour la première fois depuis longtemps, c’est avec lui.Ce rire est un puissant renforçateur.
L’étiquetteLes adultes remarquent, et le mot « harceleur » tombe. Peu pensent à l’enfant qui, deux ans plus tôt, était la cible. S’il n’est entendu que pour son geste, il peut s’y installer.L’étiquette est le dernier verrou.
Exemple fictif : Lina, de la cible à la meneuse
Exemple fictif : en CM2, Lina a été la cible d’un petit groupe de filles qui l’imitaient dans la cour, se pinçaient le nez à son passage, et lui avaient donné un surnom qu’elle entend encore. Elle en a parlé une fois à sa maîtresse, qui a répondu que « les enfants sont parfois méchants à cet âge ». Elle n’en a plus reparlé à personne. À l’entrée en sixième, ses parents, soulagés, l’inscrivent dans un autre collège.
Les premières semaines, Lina est silencieuse et très attentive à tout. Puis elle se rapproche d’un groupe de filles populaires. Un soir, dans la conversation du groupe, quelqu’un se moque de la coiffure d’une élève, Salomé. Lina envoie un montage, drôle, précis, impitoyable. Les rires tombent. Pour la première fois depuis la CM2, elle est du côté de ceux qui rient. On lui réclame d’autres montages. Salomé ne vient plus à la cantine. La principale convoque les parents de Lina.
Situation
Exemple fictif : la mère de Lina rentre du rendez-vous. Elle n’en revient pas : sa fille, qu’elle a vue pleurer chaque dimanche soir en CM2, serait celle qui fait pleurer une autre. Lina est dans sa chambre, la porte fermée, le téléphone retourné sur le bureau.
Que pourrait lui dire sa mère ?
Les signes à regarder de près, chez un enfant qui a été harcelé
Pris un à un, ces signes n’établissent rien, et cette liste n’a rien d’un diagnostic : elle aide seulement à poser les bonnes questions au bon moment. Cochez ce que vous observez, du côté de ce qui inquiète comme de ce qui soutient : la balance bouge.
Ce qui inquiète
Ce qui soutient
Si l’enfant parle de mourir ou de disparaître
En cas de danger immédiat, faites le 15 (SAMU). Prenez un rendez-vous au cabinet en téléconsultation le plus rapidement possible. Si Doctolib ne permet pas un rendez-vous immédiat, envoyez des textos WhatsApp ou/et SMS aux cliniciens du cabinet.
Un détail que nous retrouvons souvent : sous l’arrogance se cache fréquemment de la culpabilité. Un enfant qui ricane devant une convocation peut, une heure plus tard, être incapable de dormir. La bravade est une façade, et elle fait partie du tableau.
Vrai ou faux : cinq idées sur l’enfant qui était victime et qui harcèle
Affirmation 1
« Un enfant harcelé qui harcèle à son tour l’a bien cherché. »
Faux. Aucun enfant ne mérite d’être harcelé, même s’il agace ou s’il se met à riposter, et avoir riposté ne justifie pas non plus qu’un autre soit visé à son tour. Deux choses sont vraies à la fois : il a été blessé, et il blesse.
Affirmation 2
« Il fait ça pour se venger. »
Parfois, mais pas seulement. La revanche existe, surtout quand elle vise ceux qui l’ont harcelé. Plus souvent, l’enfant s’en prend à quelqu’un d’autre, sans lien avec eux : il cherche à se protéger, à se faire une place, à se défaire de sa honte.
Faux. Beaucoup d’enfants concernés sont d’abord très sensibles, anxieux, peu à l’aise dans la bagarre. Leur agressivité est souvent verbale ou relationnelle (exclure, répandre une rumeur, ridiculiser), ou passe par un écran.
Affirmation 4
« Si l’enfant a été victime, on ne peut rien lui reprocher. »
On peut, et on doit, lui poser une limite claire, en reprochant l’acte sans réduire l’enfant à cet acte, et en s’occupant de ce qu’il a vécu. Ne rien lui reprocher, ce serait laisser entendre que son geste ne pèse rien, et laisser l’autre enfant seul.
Affirmation 5
« Soigner l’enfant harcelé protège aussi les autres enfants. »
Vrai. Une blessure entendue et travaillée trouve moins souvent le chemin d’un autre élève. Accompagner la victime d’aujourd’hui est aussi une façon d’éviter la prochaine.
Ce qui empêche le retournement
Bonne nouvelle : tout ce qui protège est connu, et la plupart des familles et des établissements peuvent le mettre en place. Rien n’est spectaculaire. C’est la constance qui compte.
Dès le début
Être cru la première fois
« Je te crois, merci de me l’avoir dit » vaut davantage que dix conseils, avant même qu’une solution existe.
L’école
Que les adultes agissent
Quand rien ne se passe, l’enfant conclut que seule la force compte, et finit par s’y ranger. Une réaction rapide et claire change la leçon.
Le soin
Être soigné, pas seulement protégé
Éloigner l’enfant de ceux qui le harcèlent est nécessaire, mais la honte, les cauchemars, la méfiance restent. Les scènes qui reviennent se travaillent, en EMDR comme en parole.
La durée
Un adulte qui reste
Pas forcément un parent : un oncle, une enseignante, un entraîneur, quelqu’un qui prend des nouvelles trois mois après, quand tout le monde est passé à autre chose.
L’appartenance
Retrouver un groupe où l’on compte
Un club, une bande de copains, une équipe, une troupe de théâtre. Quand on est quelqu’un quelque part, on a moins besoin d’être craint ailleurs.
La honte
Pouvoir la dire
La honte se retourne en colère surtout quand elle reste muette. La dire, avec des mots ou un dessin, enlève du poids. Voir le dossier estime de soi.
Les outils
Se défendre sans blesser
Dire non, répondre sans insulter, demander de l’aide, s’éloigner avec dignité : cela s’apprend et s’entraîne. Qui sait se défendre n’a pas besoin d’attaquer le premier.
Quand c’est arrivé : poser la limite sans écraser l’enfant
Votre enfant, harcelé hier, a fait vivre à un autre ce qu’il a vécu : vous êtes sans doute partagé entre la colère, la culpabilité et un immense désarroi. Les trois sont normaux. Voici un chemin qui permet de tenir ensemble ce qui est dû à l’autre enfant et ce qui est dû au vôtre.
Faire cesser, sans négocierPlus de messages, plus de moqueries, retrait des contenus publiés, dès aujourd’hui. C’est la première protection de l’enfant visé, et le premier repère pour le vôtre.
Nommer les faits, pas l’enfant« Ce que tu as fait à cette camarade s’appelle du harcèlement » est une phrase qui tient. « Tu es un harceleur » enferme. L’acte est condamnable ; l’enfant, lui, peut en sortir.
Réparer envers la personne harceléeDes excuses qui sont les siennes, un geste choisi avec l’établissement, pensé pour l’autre plutôt que pour punir. Une réparation extorquée, récitée sans conviction, apprend surtout à faire semblant.
Entendre ce qu’il a vécu« Et toi, qu’est-ce qui t’est arrivé, avant ? » La question n’est pas une circonstance atténuante : c’est la porte vers ce qui doit être soigné. Il faudra parfois la poser plusieurs fois.
Ne pas le réduire à son gesteGarder à la maison ce qui va bien : un repas partagé, un sport, un rire. Un enfant qui n’a plus que son étiquette n’a plus de raison d’en changer.
Suivre dans la duréeUn point avec l’école quelques semaines plus tard, un regard sur les écrans, une conversation qui revient sur le sujet. Et un accompagnement pour la blessure qui a été oubliée.
Dans quelle situation
Ce qui aide
Ce qui aggrave
Quand vous apprenez les faits
Écouter les deux versions, demander des faits précis, garder une voix posée.
Crier, nier d’emblée, comparer avec un frère ou une sœur.
La sanction
Une conséquence liée à l’acte (supprimer le contenu, écrire à la personne visée, se retirer du groupe de messages), annoncée à l’avance et tenue.
Une humiliation devant la famille, un « tu me fais honte », une punition sans rapport avec ce qui s’est passé.
Les mots sur son passé
« Je sais ce que tu as vécu. Cela n’excuse pas ça, et je ne te lâche pas. »
« Toi qui sais ce que c’est ! », qui sonne comme un retournement de ses confidences contre lui.
Un enfant qui a été harcelé et qui n’a été ni entendu ni soigné peut faire subir à d’autres ce qu’il a subi. C’est un risque, que la plupart des enfants concernés ne rencontrent jamais.
Ce que l’enfant fait vivre à d’autres lui appartient, et mérite une limite claire ; ce qu’il a lui-même vécu mérite d’être soigné. Les deux ensemble.
Ce qui protège le plus : être cru, voir les adultes agir, être soigné et pas seulement mis à l’abri, garder un adulte à ses côtés.
Soigner l’enfant, cadrer le geste : ce que nous faisons en séance
Au cabinet
L’enfant vient avec ses parents, seul, ou selon les deux formules tour à tour ; si l’enfant refuse, les parents viennent sans lui ; l’adolescent dispose d’un temps à part. Tout peut se faire en téléconsultation, et l’on peut venir accompagné au premier rendez-vous, sans engagement.
Face à un enfant à la fois blessé et blessant, nous tenons les deux bouts. Le geste est nommé, une réparation s’envisage ; mais s’en tenir là laisserait l’histoire se rejouer ailleurs, avec d’autres enfants.
L’EMDR prend en charge les humiliations et les scènes qui reviennent : le surnom entendu dans la cour, le groupe qui rit, le message reçu à minuit. Ces souvenirs entretiennent la vigilance, la honte et la colère. Chaque séance dure 80 minutes ; un bilan psycho-traumatique peut la précéder utilement.
L’écoute analytique laisse de la place à ce qui se rejoue : l’identification à celui qui a fait peur, la honte, la colère. Les plus jeunes racontent en jouant, en dessinant, en inventant des histoires ; l’adolescent trouve dans la parole un espace à lui. Winnicott, dans La tendance antisociale (1956), voyait dans une conduite qui dérange un appel lancé à l’entourage : ce regard évite de s’arrêter au dérangement causé.
Les outils des TCC y ajoutent des gestes concrets : reprendre une scène pas à pas (qu’ai-je cru ? quelles autres explications ?), sentir la colère monter avant qu’elle déborde, s’entraîner à répondre autrement (voir l’affirmation de soi).
Les parents et l’école ont leur place : séances de famille de 80 minutes, participation possible du pédopsychothérapeute aux réunions avec l’école, échanges avec d’autres professionnels si la famille l’accepte. Quand l’attention ou l’impulsivité font question, un bilan peut être confié à la neuropsychologue, après un rendez-vous préliminaire, avec compte rendu écrit. Voir notre approche du harcèlement.
Quiz pédagogique : le retournement en six questions
Six questions pour vérifier les repères de cette page. Quiz pédagogique : ni test validé ni diagnostic, rien n’est enregistré.
Les questions qu’on nous pose
Un enfant harcelé peut-il devenir harceleur ?
Oui, cela arrive, même si c’est loin d’être la règle. Les chercheurs parlent d’enfants à la fois harcelés et harceleurs. Le risque augmente quand l’enfant n’a été ni cru, ni protégé, ni soigné : sa honte, sa méfiance et sa colère cherchent alors une issue. C’est un risque, que l’on peut désamorcer, jamais une fatalité.
Pourquoi un enfant qui a souffert fait-il souffrir à son tour ?
Plusieurs mécanismes se combinent : la honte qui se retourne en colère, l’identification à celui qui l’a fait souffrir, la lecture hostile des intentions d’autrui, le besoin de frapper avant d’être frappé, la recherche d’un statut dans le groupe, une blessure qui n’a jamais été réparée. Comprendre ces mécanismes n’excuse rien : cela aide à agir sur ce qui pousse l’enfant.
Comment savoir si mon enfant, qui a été harcelé, commence à harceler ?
Quelques signes doivent attirer l’attention : un humour cruel, du plaisir à voir un camarade en difficulté, des colères disproportionnées, un besoin de dominer, des mensonges, des convocations de l’école. Aucun ne prouve rien seul. Le mieux est d’en parler calmement avec lui, de demander à l’établissement ce qu’il observe, et de consulter si le doute persiste.
Mon enfant a été harcelé, puis il a harcelé : que faire ?
Faire cesser les faits tout de suite, nommer ce qu’il a fait sans le réduire à cet acte, organiser une réparation envers l’enfant visé, entendre ce que lui-même a vécu, le garder dans la famille avec ses repères, et suivre la situation dans la durée. Un accompagnement au cabinet permet de soigner la blessure ancienne en même temps que de travailler le comportement.
Comment éviter qu’un enfant harcelé ne devienne harceleur ?
En le croyant dès la première fois, en obtenant que l’école agisse, en le soignant et pas seulement en le protégeant, en gardant un adulte à ses côtés, en l’aidant à retrouver un groupe où il compte, en travaillant sa honte et son estime de lui, et en lui apprenant à se défendre sans blesser.
Votre enfant a été harcelé, et vous voyez aujourd’hui des signes qui vous inquiètent ? Ou il a déjà fait du mal à un autre, et vous cherchez comment l’aider sans renoncer à la fermeté ? Un premier rendez-vous, sans engagement, est l’occasion de regarder ce qui s’est passé et de choisir par où commencer.
La « loi de l’instrument », formulée par Abraham Kaplan en 1964 puis reprise par Abraham Maslow dans The Psychology of Science: A Reconnaissance (1966), rappelle qu’« il est tentant, si le seul outil dont on dispose est un marteau, de traiter tout comme si c’était un clou ».
En psychologie, une méthode ne peut pas répondre à toutes les situations. Forts de plusieurs décennies de pratique et de formations complémentaires, nous mobilisons de nombreux outils, choisis avec discernement, afin d’identifier rapidement les leviers les plus efficaces. Nous proposons ainsi un accompagnement aussi bref qu’efficace, tout en sachant accompagner aussi bien les suivis prolongés que le besoin d’un espace de parole régulier.