Affirmation 1
« Le bébé va bien, je n’ai donc aucune raison d’aller mal. »
Faux. Que le bébé aille bien n’efface pas la peur que vous avez vécue. On peut être profondément soulagé et garder une trace traumatique : les deux coexistent.
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« L’essentiel, c’est que vous alliez bien tous les deux. » C’est ce que tout le monde vous répète, et c’est vrai. Mais vous, vous revoyez la salle, les visages derrière les masques, la course dans le couloir, le silence avant le premier cri. Vous sursautez quand une alarme sonne, vous ne regardez pas les photos de ce jour-là, et vous n’osez pas vous plaindre puisque tout s’est « bien terminé ». Un accouchement peut laisser une trace durable, même quand l’équipe a fait exactement ce qu’il fallait et que le bébé va bien. Ce n’est ni de la faiblesse ni de l’ingratitude : c’est la façon dont le psychisme réagit à une peur intense, à un moment où l’on était totalement vulnérable. Il n’est pas besoin de chercher un coupable pour que ce que vous avez vécu soit pris au sérieux. Cette page aide à comprendre ces traces et explique comment elles se soignent, notamment en EMDR.
Oui, et c’est bien plus fréquent qu’on ne le dit. En 2022, une équipe internationale a rassemblé cent cinquante-quatre études portant sur près de cinquante-cinq mille parents. Environ une mère sur vingt présentait un véritable stress post-traumatique lié à l’accouchement, et plus d’une sur dix des symptômes post-traumatiques marqués. Les pères et coparents étaient moins nombreux, un peu plus d’un sur cent, mais ils étaient là aussi. Derrière ces chiffres, il y a des milliers de parents qui revivent chaque jour une scène que leur entourage croit oubliée.
Il est normal qu’une naissance difficile occupe les pensées pendant quelques jours ou quelques semaines : on y repense, on la raconte, on rêve parfois de la salle. Le plus souvent, ces souvenirs s’apaisent peu à peu et finissent par prendre leur place dans l’histoire de la famille. On parle de trace traumatique quand, au-delà d’un mois, la scène continue de revenir sans prévenir, que l’on évite tout ce qui la rappelle, que le corps reste en alerte, et que la vie quotidienne en est affectée. Ce n’est pas une question de force de caractère : c’est une mémoire qui ne s’est pas rangée.
On pourrait croire que tout dépend de la gravité médicale. Ce n’est pas le cas. En 2016, la psychologue britannique Susan Ayers et ses collègues ont réuni cinquante études, menées dans quinze pays auprès de plus de vingt et un mille femmes, pour comprendre ce qui conduit à un stress post-traumatique après la naissance. Parmi ce qui se joue pendant la naissance, le facteur le plus fortement associé n’était pas un événement médical, mais le vécu subjectif de l’accouchement : la peur intense, le sentiment de perdre tout contrôle, de ne pas être soutenue. Venaient ensuite l’accouchement opératoire, césarienne ou extraction par instruments, le manque de soutien pendant la naissance, et la dissociation, cette impression d’être sortie de son corps. Avant la naissance, une dépression pendant la grossesse, une peur importante de l’accouchement ou des traumatismes antérieurs rendaient plus vulnérable.
Autrement dit, deux femmes peuvent vivre la même césarienne en urgence : l’une s’en souviendra comme d’un moment difficile mais traversé, l’autre comme du jour où elle a cru mourir. Aucune des deux n’a « mieux » réagi : elles ne portaient pas la même histoire, n’étaient pas dans le même état, n’ont pas vécu les mêmes secondes. Certaines situations reviennent pourtant souvent dans les récits que nous entendons. Choisissez un onglet.
La césarienne en urgence. Tout bascule en quelques minutes : le monitoring qui s’affole, la sage-femme qui appelle, les gens qui entrent, le brancard, le bloc. Il n’y a pas le temps d’expliquer : l’équipe va vite, justement parce qu’il faut aller vite. Ce qui reste, c’est la sensation d’avoir été emportée, la peur pour le bébé, et parfois le sentiment d’avoir « raté » la naissance qu’on avait imaginée. Le deuil de cet accouchement rêvé fait partie de ce qu’il faut traverser.
L’hémorragie. Le bébé est né, la joie commence, puis quelque chose change dans les visages. Une agitation, des mots techniques, une sensation de froid, de faiblesse, parfois la certitude de mourir. Beaucoup de femmes racontent la peur de ne pas voir grandir leur enfant. Après coup, l’entourage parle surtout du bébé, et elles se retrouvent seules avec cette proximité de la mort que personne n’a nommée.
Le bébé emmené en réanimation. Un bébé qui ne crie pas, qu’on emporte aussitôt, une porte qui se ferme. Puis l’attente, les couloirs, les machines, la peur de le perdre. Les parents vivent souvent ces heures dans une sorte d’anesthésie émotionnelle qui les protège sur le moment, et les images reviennent plus tard, parfois au moment où tout va mieux. La page quand le lien tarde à venir évoque aussi ce que cette séparation peut faire au lien.
L’anesthésie générale. On s’endort enceinte et l’on se réveille mère, sans avoir vu naître son enfant. D’autres l’ont tenu avant soi, l’ont vu en premier. Ce trou dans le récit est souvent plus douloureux qu’on ne l’imagine : certaines femmes ont l’impression qu’on leur a remis un bébé, et doutent même, au début, que ce soit bien le leur.
Le travail interminable. Des heures, parfois des jours, d’efforts et de douleur, l’épuisement, l’impression que cela ne finira jamais, les relèves d’équipe, les décisions qui s’enchaînent. Même quand l’issue est simple, le sentiment d’impuissance et de perte de contrôle peut laisser une marque profonde.
Les instruments. Forceps ou ventouse sont parfois décidés très vite, pour aider un bébé qui doit naître rapidement. Leur souvenir reste souvent associé à une douleur, à une position, à une sensation d’effraction, et à la peur pour l’enfant. Le corps garde parfois cette mémoire au moment de la reprise de l’intimité ou d’un examen.
Beaucoup de parents se heurtent à un paradoxe : l’équipe leur a peut-être sauvé la vie, ou celle de leur enfant, et ils sont reconnaissants. Pourtant, ils font des cauchemars de cette même nuit. Ils se sentent alors ingrats, ou bien ils cherchent une faute pour expliquer leur souffrance. Les deux choses peuvent être vraies en même temps : l’équipe a fait ce qu’il fallait, et vous avez eu peur de mourir. Dans l’urgence, les soignants agissent vite, et il n’y a pas toujours le temps d’expliquer : ce qui sauve n’empêche pas ce qui effraie. Reconnaître que vous ne vous êtes pas sentie entendue, ou que vous avez été emportée sans comprendre, ne revient pas à accuser qui que ce soit. C’est décrire ce que vous avez vécu.
Il y a aussi la culpabilité que l’on retourne contre soi. « Mon corps n’a pas su accoucher. » « J’aurais dû pousser plus fort. » « Si je n’avais pas demandé la péridurale… » Ces phrases reviennent très souvent en séance, et elles sont presque toujours injustes : un accouchement ne se réussit ni ne se rate, il arrive. Ce que l’on se reproche, c’est souvent ce sur quoi l’on n’avait aucune prise.
Il arrive enfin qu’un accouchement ait comporté des gestes ou des paroles vécus comme une violence : un geste sans explication ni accord, une douleur ignorée, une phrase humiliante. Ce vécu a sa propre page, violences gynécologiques et obstétricales, qui en parle avec précision.
Les traces d’une naissance traumatique ressemblent à celles de tout psychotraumatisme, avec des couleurs propres. La scène revient sans prévenir, en images, en sensations, en cauchemars, déclenchée par un détail : le bip d’un appareil, l’odeur du désinfectant, une sirène, une émission de télévision, la vue d’un ventre rond. On évite ce qui la rappelle : les photos de ce jour-là, le récit, la maternité, le rendez-vous de contrôle, parfois sa propre cicatrice. Le corps reste en alerte : on sursaute, on dort mal bien au-delà de ce que les nuits du bébé expliquent, on surveille l’enfant avec une angoisse permanente. Et les pensées s’assombrissent : culpabilité, honte, colère, sentiment d’être détachée de tout. Le dossier psychotraumatisme décrit ces mécanismes plus largement.
La jauge ci-dessous vous aide à faire le point sur ce que la naissance a laissé en vous, aujourd’hui. Pour chaque ligne, placez le curseur selon l’intensité, de 0 (pas du tout) à 10 (énormément).
Si la tristesse domine, avec perte de plaisir et épuisement qui ne cède pas, une dépression peut accompagner ou remplacer ces traces : la page dépression périnatale aide à faire la différence, d’autant que les deux sont souvent associées.
Beaucoup de parents ne parviennent pas à raconter leur accouchement d’un trait. Il y a des moments très nets, presque trop, et des trous complets. Une anesthésie générale, une grande perte de sang, une douleur extrême, une peur intense produisent souvent cette mémoire en fragments. Certaines femmes décrivent avoir regardé la scène « depuis le plafond », comme si elles n’étaient plus dans leur corps : c’est la dissociation, une protection du psychisme face à l’insupportable, qui complique ensuite le souvenir.
Ces trous font souffrir. Ils laissent l’imagination combler les vides, souvent avec le pire, et donnent l’impression d’avoir été dépossédée de sa propre histoire. Une partie du travail consiste à reconstituer le fil : il nous arrive de demander de raconter la scène minute par minute, ce que l’on voyait, entendait, sentait, ce que l’on pensait. Certaines patientes ont pu revoir avec l’équipe qui les a suivies le déroulé médical de ces heures ; quand elles nous apportent ces éléments, ils aident à remettre les morceaux dans l’ordre. Peu à peu, le récit redevient celui d’un événement passé, avec un début, un milieu et une fin, au lieu d’un présent qui se rejoue.
En attendant, quand la scène revient brutalement, il est utile d’avoir un geste simple pour revenir dans le moment présent. Voici une respiration lente, à faire les pieds bien posés au sol, en regardant autour de vous.
Cet exercice aide à traverser le moment. Le travail sur la scène elle-même, pour qu’elle cesse de revenir, se fait en séance, et notamment en EMDR.
Après une naissance traumatique, certains parents s’attachent immédiatement à leur enfant, comme pour conjurer la peur. D’autres ont du mal à le regarder sans revoir la scène, ou se sentent étrangers à lui, surtout quand ils ont été séparés juste après la naissance ou endormis au moment où il est né. Ce n’est pas le bébé que l’on rejette : c’est la scène, à laquelle il reste associé tant qu’elle n’est pas apaisée. Il arrive aussi que l’angoisse se porte entièrement sur lui, avec une surveillance de chaque instant.
Ces difficultés ne compromettent pas l’avenir de la relation. Elles s’atténuent souvent quand la mémoire de la naissance se range. La page « je ne ressens rien pour mon bébé » explique comment le lien se tisse, parfois plus tard que prévu.
Le père ou la mère qui assistait à la naissance a vu ce que la personne qui accouchait n’a parfois pas vu : le sang, le visage livide, le bébé qui ne respirait pas, l’équipe qui s’affairait. On lui a peut-être demandé de sortir, de patienter seul dans un couloir sans nouvelles, de choisir qui suivre, entre la mère au bloc et le bébé en réanimation. Il en sort avec ses propres images, une culpabilité d’avoir été impuissant, et souvent aucun espace pour le dire : ce n’est pas lui qui a accouché, on lui demande comment vont les autres.
Ce vécu de témoin pèse aussi sur le couple. L’un évite d’en parler pour ne pas raviver la douleur de l’autre, l’autre interprète ce silence comme de l’indifférence. Le désir d’un autre enfant peut se heurter à une peur que l’on n’ose pas avouer. Le coparent est reçu au cabinet pour lui-même, et la page devenir père parle de cette place souvent oubliée.
Parmi les traces les plus durables, il y a la peur d’une nouvelle grossesse. Certaines femmes renoncent sans le dire à un deuxième enfant qu’elles désiraient. D’autres l’envisagent, mais la panique monte dès qu’elles y pensent. D’autres encore se retrouvent enceintes et revivent, de semaine en semaine, l’approche d’une date redoutée. Les psychiatres Kristina Hofberg et Ian Brockington ont décrit en 2000, parmi les formes de peur intense de l’accouchement, celle qui suit un premier accouchement traumatique : une tocophobie secondaire, chez des femmes qui désirent pourtant un enfant.
Cette peur se travaille, et c’est l’un des accompagnements les plus utiles que nous proposons. Les choix médicaux pour une naissance à venir se discutent avec l’équipe qui suivra la grossesse. Ce que nous préparons avec vous, c’est ce qui se passe en vous : apaiser la première naissance pour qu’elle cesse de dicter la suivante, puis préparer la prochaine avec le scénario du futur de l’EMDR. Une naissance vécue dans de meilleures conditions répare parfois une part de ce que la précédente avait laissé.
Affirmation 1
Faux. Que le bébé aille bien n’efface pas la peur que vous avez vécue. On peut être profondément soulagé et garder une trace traumatique : les deux coexistent.
Affirmation 2
Vrai. Le vécu subjectif, peur, perte de contrôle, manque de soutien, est le facteur le plus fortement associé au stress post-traumatique après la naissance.
Affirmation 3
Faux. Un accouchement ne se réussit ni ne se rate : il arrive. Ce que l’on se reproche relève presque toujours de ce sur quoi l’on n’avait aucune prise.
Affirmation 4
Vrai. Témoin impuissant d’une scène de peur, il peut revivre des images, éviter certains lieux, redouter une autre grossesse.
Affirmation 5
C’est plus nuancé. Se forcer à raconter à tout le monde n’aide pas. Mais ne plus jamais en parler entretient l’évitement. Ce qui aide, c’est un lieu où le récit peut se faire à son rythme.
Affirmation 6
Vrai. Il n’est pas nécessaire d’attendre des années. Le travail peut commencer quand vous le souhaitez, en téléconsultation si sortir avec un nourrisson est compliqué.
L’EMDR est une psychothérapie conçue pour les souvenirs traumatiques : elle permet de revisiter une scène sans être submergé, jusqu’à ce que sa charge émotionnelle baisse et qu’elle redevienne un souvenir du passé. Notre psychothérapeute, spécialisé dans le trauma, la pratique en séances longues de 80 minutes, au cabinet ou en téléconsultation, comme l’explique la page l’EMDR en téléconsultation.
La recherche sur l’EMDR après la naissance commence à se développer. En 2020, une équipe italienne a proposé, dans une maternité de Milan, une seule séance d’EMDR à des femmes qui présentaient des symptômes post-traumatiques après un accouchement difficile : six semaines après la naissance, les symptômes post-traumatiques avaient nettement plus souvent disparu chez celles qui avaient eu cette séance que chez celles qui avaient reçu la prise en charge habituelle, et elles avaient moins de reviviscences. Ce premier essai, mené auprès de trente-sept femmes, ouvre une piste encourageante, qui rejoint ce que nous observons en consultation.
Exemple fictif : Sacha, 34 ans, huit mois après la naissance de sa fille
Après une naissance rapide, Sacha a fait une hémorragie importante. On l’a endormie en urgence ; elle s’est réveillée des heures plus tard en soins intensifs, et c’est son compagnon qui a tenu leur fille le premier. Aujourd’hui, elle ne peut pas regarder les photos de ce jour-là, fait des cauchemars de froid et de lumières blanches, et a fait une crise de panique en accompagnant une amie à l’hôpital. Son compagnon commence à parler d’un deuxième enfant. Elle se tait : « J’ai eu de la chance, je suis vivante. Je n’ai pas le droit de me plaindre. »
Qu’est-ce qui semble le plus utile pour Sacha ?
Le premier rendez-vous ne demande pas de tout raconter. Il part de ce qui gêne aujourd’hui, les nuits, les images, l’évitement, la culpabilité, la distance avec le bébé, la peur d’une autre grossesse, et laisse la scène venir à votre rythme. Il est sans engagement, peut se faire en téléconsultation, ce qui compte avec un nourrisson, et vous pouvez venir accompagnée.
Au-delà de l’EMDR, l’écoute analytique, nourrie de plusieurs grands repères de la psychanalyse, accueille ce que la naissance a réveillé : un rapport ancien à son corps, à la douleur, à la peur de mourir, à sa propre mère, l’image de la mère que l’on voulait être. Les outils de la TCC aident, tout au long du travail, à retrouver le sommeil, à reprendre pas à pas ce que l’on évite et à desserrer les ruminations de culpabilité. Quand le couple est touché, des séances à deux, de 80 minutes, permettent à chacun de dire ce qu’il a vu et ce qu’il a craint ; l’EMDR peut se faire pour l’un des deux en parallèle de ce travail de couple.
Si une dépression accompagne ces traces, nous l’accompagnons, en lien avec le médecin si un traitement est envisagé. Pour ce qui relève du corps, nous travaillons en lien avec les médecins et les sages-femmes qui vous suivent, avec votre accord. Et nous faisons régulièrement le point avec vous sur ce qui s’apaise. Le dossier psychotraumatisme présente plus largement notre façon de soigner les souvenirs traumatiques.
Oui. Une grande synthèse d’études estime qu’environ une mère sur vingt présente un stress post-traumatique lié à l’accouchement, et plus d’une sur dix des symptômes marqués. Ce n’est pas forcément lié à la gravité médicale : la peur intense, la perte de contrôle et le manque de soutien comptent davantage. Les images qui reviennent, l’évitement et le corps en alerte plus d’un mois après la naissance doivent faire penser à une trace traumatique, qui se soigne bien, notamment en EMDR.
Plusieurs signes, plus d’un mois après la naissance, doivent alerter : des images, des sensations ou des cauchemars de l’accouchement qui reviennent sans que vous le vouliez ; l’évitement de ce qui le rappelle, photos, récit, hôpital, rendez-vous ; un corps en alerte, avec sursauts et sommeil perturbé au-delà des nuits du bébé ; une culpabilité ou une honte persistantes. Seul un bilan permet de le confirmer : notre psychothérapeute réalise des bilans psycho-traumatiques, avec un compte rendu écrit.
Parce que ce qui rend une naissance traumatique, c’est d’abord la façon dont elle a été vécue : avoir eu peur pour sa vie ou celle du bébé, avoir perdu le contrôle, s’être sentie seule ou emportée sans comprendre. Les études montrent que ce vécu subjectif compte davantage que les événements médicaux eux-mêmes. Votre souffrance est donc légitime, même si le dossier médical ne mentionne aucune complication, et elle peut être soignée.
Oui. Le père ou la mère qui assistait à la naissance a pu voir des scènes très effrayantes, se sentir impuissant, attendre seul sans nouvelles. Les études retrouvent un stress post-traumatique chez un peu plus d’un coparent sur cent, et bien davantage gardent des images qui reviennent ou une peur d’une nouvelle grossesse. Ils en parlent rarement, pensant que ce n’est pas leur place. Ils sont reçus au cabinet, seuls ou en couple, et peuvent bénéficier de l’EMDR.
En apaisant d’abord la première naissance, pour qu’elle cesse de dicter la suivante. La peur intense d’accoucher après un premier accouchement traumatique est fréquente et se travaille. L’EMDR permet de retraiter les souvenirs de la première naissance, puis de préparer la suivante avec le scénario du futur. Les choix médicaux se discutent avec l’équipe qui suivra la grossesse. Une naissance vécue dans de meilleures conditions peut aussi réparer une part de la précédente.
L’EMDR est une psychothérapie conçue pour les souvenirs traumatiques, et un accouchement vécu comme une menace en fait partie. Un premier essai mené dans une maternité italienne a montré qu’une seule séance d’EMDR, peu après la naissance, réduisait nettement les symptômes post-traumatiques six semaines plus tard. Au cabinet, l’EMDR est précédé d’un bilan psycho-traumatique et se pratique en séances de 80 minutes, au cabinet ou en téléconsultation. Le nombre de séances varie selon chacun.
Les travaux et ouvrages cités sur cette page.
Ce que vous avez vécu peut cesser de se rejouer chaque nuit. Un premier rendez-vous, au cabinet ou en téléconsultation, seule, seul ou à deux, permet de faire le point et de choisir ensemble le chemin, bilan, EMDR, écoute, pour que la naissance de votre enfant redevienne un souvenir.
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La « loi de l’instrument », formulée par Abraham Kaplan en 1964 puis reprise par Abraham Maslow dans The Psychology of Science: A Reconnaissance (1966), rappelle qu’« il est tentant, si le seul outil dont on dispose est un marteau, de traiter tout comme si c’était un clou ».
En psychologie, une méthode ne peut pas répondre à toutes les situations. Forts de plusieurs décennies de pratique et de formations complémentaires, nous mobilisons de nombreux outils, choisis avec discernement, afin d’identifier rapidement les leviers les plus efficaces. Nous proposons ainsi un accompagnement aussi bref qu’efficace, tout en sachant accompagner aussi bien les suivis prolongés que le besoin d’un espace de parole régulier.