Procrastination : notre façon d’accompagner au cabinet, entre ce que le report protège et la première marche à franchir
Rassurez-vous : nous ne vous remettrons pas un énième planning. Vous en avez sans doute déjà un, quelque part, rempli avec soin un dimanche soir et abandonné le mercredi. Ce qui nous intéresse, c’est ce qui se passe dans la seconde où vous détournez les yeux de la tâche, et ce que cette seconde raconte de vous. Vous trouverez ici notre manière de faire, de la première rencontre aux points d’étape : l’écoute analytique, l’EMDR, ce que nous empruntons aux TCC et à la TCD, l’apport de la neuropsychologue, et la façon dont tout cela s’ajuste à une personne, jamais l’inverse.
Ce qui vous amène compte plus que le mot « procrastination »
Le mot arrive souvent en premier, un peu gêné, presque comme une plaisanterie : « je suis un grand procrastinateur ». Derrière, il y a presque toujours des conséquences qui ne font plus rire : des nuits trop courtes avant chaque échéance, un poste fragilisé, des pénalités qui s’accumulent, un couple qui s’use à force de relances, une santé qu’on néglige parce que le rendez-vous chez le dentiste attend depuis trois ans. Et, plus discrètement, une image de soi qui s’abîme : on finit par se croire incapable, alors qu’on est souvent très capable, ailleurs, autrement.
C’est de tout cela que nous parlons, et pas seulement de la tâche en retard. La procrastination est un point d’entrée : elle mène tantôt vers une anxiété, tantôt vers un perfectionnisme, tantôt vers une histoire avec l’autorité, un deuil, un fonctionnement attentionnel, une fatigue profonde. Il n’est pas nécessaire de savoir d’avance laquelle de ces portes est la vôtre. C’est même l’objet du travail.
Le Cabinet Bouche & Chmura ouvre sa porte à chacun : adolescents, étudiants, adultes de tous âges, et l’entourage aussi, quand c’est lui qui s’inquiète. Le cabinet a trois adresses, dont une en Ardèche, les deux autres à Colombes et à Pavillons-sous-Bois, et il consulte aussi à distance : voilà au moins une excuse de moins pour remettre le premier rendez-vous.
En pratique
Une première rencontre sans engagement. Thérapie et bilan psychologique se font aussi bien en ligne ; le bilan neuropsychologique, lui, a lieu dans nos locaux. La cadence des séances suit vos contraintes, et des points d’étape réguliers permettent d’ajuster.
Quatre questions que nous aimons poser
Il n’y a pas de questionnaire obligatoire, pas d’ordre imposé. Mais certaines questions reviennent souvent, parce qu’elles ouvrent des portes inattendues. Retournez les cartes pour voir pourquoi.
Le premier rendez-vous : partir d’une tâche bien réelle
Le premier rendez-vous est sans engagement. Vous pouvez le faire sur place ou depuis chez vous. Vous y dites, à votre manière, ce qui vous pèse, et nous vous aidons à déplier la situation. Nous aimons partir d’un exemple concret, la tâche qui vous pèse cette semaine, plutôt que de la procrastination en général : c’est dans le détail que les choses se montrent. À quel moment exactement on se lève, ce qu’on fait à la place, ce qu’on se dit le soir.
Ce premier temps sert à repérer ce qui domine et à choisir ensemble par où commencer : une psychothérapie, un bilan pour éclairer une question précise, ou les deux. La décision vous revient, et toutes les questions sur notre manière de travailler sont bienvenues.
Avant de pousser la porte
Venir une fois ne vous oblige pas à revenir, et l’écran peut remplacer le fauteuil.
Inutile d’arriver avec un diagnostic ou une explication : une tâche qui vous pèse suffit pour commencer.
Un bilan n’est jamais lancé sans rendez-vous préliminaire.
La fréquence des séances se discute, et nous regardons de temps à autre, ensemble, ce qui a changé.
Trois fils que nous tissons ensemble
Nous travaillons avec plusieurs approches, que nous dosons selon chacun. Pour la procrastination, chacune tient un fil différent. Ouvrez les onglets.
Le fil du sens. C’est le premier de nos deux grands axes, une écoute nourrie de Jung autant que de Freud et de Lacan. Elle part de l’idée que la remise à plus tard a souvent une raison, même quand elle semble absurde : un refus impossible à dire, un juge intérieur impitoyable, un désir partagé, une réussite qui inquiète, une existence mise entre parenthèses. Vous parlez librement ; le psychothérapeute écoute ce qui se répète et ce qui surprend, et vous aide à l’entendre. Ce travail allège la honte et rend leur efficacité aux outils concrets. La page consacrée au sens de la procrastination développe ces pistes.
Le fil de la mémoire. L’EMDR est notre second axe principal. Le trauma est l’un des domaines de spécialité du psychothérapeute. Dans la procrastination, l’EMDR est précieuse quand une tâche reste attachée à des souvenirs précis : une humiliation devant la classe, un parent qui criait autour des devoirs, un échec vécu comme une honte, un licenciement. Retraiter ces souvenirs allège l’émotion que la tâche réveille aujourd’hui. Le scénario du futur permet aussi de se préparer à une situation redoutée, comme s’asseoir devant le dossier lundi matin. Avant de s’y engager, on prépare le terrain par un bilan psycho-traumatique, que vient parfois prolonger un bilan dissociatif. Chaque séance d’EMDR dure 80 minutes.
Le fil du geste. En renfort, nous puisons dans les thérapies cognitives et comportementales. L’analyse fonctionnelle décompose une scène de procrastination (situation, pensée, émotion, fuite, conséquence) ; le découpage trouve une première marche franchissable ; les intentions de mise en œuvre (« si… alors… ») relient l’action à un moment précis ; l’exposition apprend à rester quelques minutes dans l’inconfort au lieu de le fuir ; la restructuration interroge les pensées perfectionnistes. La thérapie comportementale dialectique (TCD) apporte l’action opposée : quand une émotion pousse à fuir, faire délibérément le geste inverse, à petite dose. Le cabinet offre la TCD au grand complet : travail individuel, groupes, et appui entre deux rendez-vous. Voir les TCC et la TCD.
Ces trois fils ne se succèdent pas forcément : ils avancent souvent ensemble. On peut, dans la même séance, comprendre pourquoi une lettre de l’administration réveille une colère ancienne et décider ensemble du moment où on l’ouvrira. C’est ce va-et-vient entre le sens et le geste qui, selon nous, donne le plus de prise sur la procrastination.
Deux bilans, deux cliniciens, quand une question reste ouverte
Un bilan n’est jamais proposé d’emblée, ni de façon systématique. On y vient quand une question précise attend une réponse qui modifierait la manière de vous aider. Au cabinet, deux bilans différents, menés par deux cliniciens, peuvent y répondre.
Le bilan psychologique
C’est le psychothérapeute qui le mène, au besoin à distance. Il y regarde de près l’humeur, le niveau d’anxiété, le poids de l’histoire personnelle, et les ressources sur lesquelles s’appuyer. Pour une procrastination qui s’accompagne d’anxiété, d’épuisement ou d’une humeur qui baisse, c’est lui qui vient en premier. Quand des souvenirs difficiles semblent en jeu, un bilan psycho-traumatique est utile avant l’EMDR.
Le bilan neuropsychologique
Il se passe sur place, avec la neuropsychologue, psychologue clinicienne de formation. Elle y mesure l’attention, la mémoire, les capacités d’organisation et l’efficience intellectuelle. Il est indiqué quand un TDAH est évoqué ; c’est elle qui réalise le bilan TDAH, le psychothérapeute pouvant recevoir avant pour orienter. Elle propose aussi des remédiations cognitives. Voir procrastination et TDAH.
Au bout de chacun, vous recevez un compte rendu écrit, que nous vous commentons de vive voix lors d’une séance si vous le souhaitez. Avec votre feu vert, nous échangeons aussi avec les autres soignants ou intervenants qui vous suivent. Enfin, quand deux regards valent mieux qu’un au même moment, le psychothérapeute invite parfois la neuropsychologue à rejoindre le travail. Voir les bilans du cabinet.
Jeu : quelle piste explorer en premier ?
Cinq situations, cinq pistes que nous explorons souvent en premier. Associez-les, puis vérifiez. Dans la vraie vie, elles se mêlent, et le choix se fait lors de la première rencontre : ce jeu sert seulement à se représenter comment nous réfléchissons.
« Depuis l’école primaire, presque tout démarre mal, j’oublie tout, seule l’urgence me fait bouger. »
« Dès que je dois écrire, je revois la prof qui lisait mes copies à voix haute pour se moquer. »
« Je ne repousse que ce que mon chef me demande. Pour le reste, je suis efficace. Je ne comprends pas. »
« Je sais pourquoi je bloque, j’en ai beaucoup parlé ; il me manque une façon concrète de m’y mettre. »
« Depuis six mois, je n’arrive plus à rien, je dors mal, je suis triste et épuisé. »
Le chemin, tel qu’il se dessine souvent
Chaque accompagnement a son propre tracé. Voici pourtant les grandes étapes que l’on retrouve souvent, dans un ordre qui peut varier.
Le premier rendez-vousÉcouter ce qui vous amène, partir d’une tâche réelle, repérer ce qui domine, répondre à vos questions.Sans engagement, au cabinet ou en téléconsultation.
Une compréhension partagéeFormuler à deux ce qui paraît nourrir la procrastination : un rouage dominant, une émotion, une histoire, peut-être un fonctionnement attentionnel. Décider si un bilan est utile.Un bilan n’est jamais réalisé sans ce temps préalable.
Le choix des axesDécider, entre l’analyse de la parole, l’EMDR, les TCC, la TCD et le regard neuropsychologique, par où commencer et comment les associer.L’ordre se décide avec vous, selon ce qui pèse le plus.
Le travailDes séances à votre cadence, où l’on découvre ce que le report met à l’abri et où l’on s’essaie, entre deux rendez-vous, à démarrer autrement sur des tâches réelles.Les deux mouvements avancent souvent ensemble.
Les points réguliersFaire l’inventaire de ce qui bouge et de ce qui tient bon, puis ajuster les approches, la fréquence ou les objectifs.Le travail reste le vôtre : vous en êtes le premier juge.
Exemple fictif : Pauline, 48 ans, et ce qu’elle repoussait pour elle-même
Exemple fictif
Exemple fictif : Pauline, 48 ans, infirmière, ne procrastine jamais pour les autres. Ses patients, ses enfants, sa mère âgée : tout est fait, et bien fait. En revanche, ses propres rendez-vous médicaux attendent depuis des années, le dossier de sa retraite complémentaire dort dans un tiroir, et le projet d’atelier de céramique qu’elle caresse depuis ses vingt ans n’a jamais commencé. Elle consulte après une remarque de sa fille : « Maman, tu passes toujours en dernier. »
Selon vous, par quoi l’accompagnement pourrait-il commencer ?
L’histoire de Pauline rappelle une forme de procrastination dont on parle peu : celle qui épargne les devoirs envers autrui et frappe tout ce qu’on ferait pour soi. Elle touche particulièrement la santé. Quand un rendez-vous médical est repoussé depuis longtemps, le prendre sans attendre, avec quelqu’un à côté de soi, est parfois le geste le plus utile de la journée. Voir aussi papiers, courriers et rendez-vous.
Les adolescents, les étudiants et leurs parents
Un adolescent qui repousse tout met souvent la maison sous tension : rappels, négociations, portes qui claquent. Nous recevons les adolescents en leur réservant un temps seul, où ils peuvent parler sans être repris ; leurs parents ont leurs propres rendez-vous, où déposer à leur tour inquiétude et fatigue. Chez les étudiants, la procrastination des révisions, du mémoire ou de la thèse a ses propres ressorts, décrits dans la page procrastination dans les études. Si l’on se demande s’il y a un TDAH ou un haut potentiel, la neuropsychologue peut faire le bilan.
Pour un jeune qui ne sort presque plus de chez lui, la téléconsultation peut constituer une première étape, plus facile à franchir qu’un rendez-vous au cabinet.
Idées reçues sur le fait de consulter pour une procrastination
Idée 1
« Ce n’est pas assez grave pour consulter. »
La gravité ne se mesure pas au nom du problème, mais à ce qu’il vous coûte : sommeil, travail, argent, relations, estime de vous. Si la procrastination vous fait souffrir depuis longtemps et que vos efforts ne suffisent plus, c’est une raison suffisante.
Idée 2
« Il faudra tout raconter de mon enfance avant de pouvoir avancer. »
Non. Le passé entre en scène s’il éclaire quelque chose, et le choix de ce que vous confiez vous appartient. Nous partons volontiers d’une tâche d’aujourd’hui ; le passé vient s’il a quelque chose à dire, et souvent il vient de lui-même.
Idée 3
« On va me donner des devoirs à faire entre les séances. »
Parfois, oui, mais choisis ensemble et à votre mesure. Il serait étrange de soigner une procrastination en ajoutant des tâches qui écrasent. Les petits exercices proposés sont conçus pour être faisables, et ce qui ne s’est pas fait devient une information précieuse, jamais une faute.
Idée 4
« Il faut arriver avec un diagnostic, ou au moins savoir si c’est un TDAH. »
Pas du tout. Démêler ce qui se passe fait partie du travail. Si un TDAH est soupçonné, on en parle ensemble ; un bilan peut alors suivre le rendez-vous préliminaire.
Idée 5
« On peut commencer en téléconsultation. »
Oui, tout à fait : on peut démarrer depuis chez soi. Seul le bilan neuropsychologique demande de se déplacer jusqu’au cabinet.
Questions fréquentes sur l’accompagnement de la procrastination
Un psychothérapeute peut-il vraiment aider à arrêter de procrastiner ?
Oui. Les séances permettent de découvrir à quoi servent vos reports, d’apaiser les souvenirs qui alourdissent certaines tâches, et de vous entraîner, sur des tâches réelles, à vous lancer autrement. Écoute analytique, EMDR et outils des TCC s’y conjuguent, et la neuropsychologue s’en mêle si l’attention pose question.
Comment se passe le premier rendez-vous ?
Vous expliquez ce qui vous amène, et nous prenons volontiers pour point de départ une tâche qui vous pèse cette semaine. Il s’agit de repérer ce qui domine, puis de décider ensemble : psychothérapie, bilan, ou les deux. Rien ne vous engage, et la rencontre peut avoir lieu sur place ou à distance.
Faut-il faire un bilan TDAH quand on procrastine beaucoup ?
Pas forcément. On l’envisage quand le démarrage pose problème depuis l’enfance, à peu près partout, avec oublis et distraction en prime. La neuropsychologue le réalise dans nos locaux, après un rendez-vous préliminaire, et vous en remet un compte rendu écrit.
À quoi sert l’EMDR dans la procrastination ?
L’EMDR aide quand une tâche reste liée à des souvenirs chargés : une humiliation scolaire, des critiques répétées, un échec vécu comme une honte. Retraiter ces souvenirs allège l’émotion que la tâche réveille. Le scénario du futur permet aussi de se préparer à une situation redoutée. Un bilan psycho-traumatique prépare utilement ce travail.
Où et comment consulter au cabinet ?
Nous recevons toute personne qui le demande, que ce soit à Colombes, à Pavillons-sous-Bois, dans notre cabinet ardéchois ou en ligne. La première rencontre ne vous engage pas ; ensuite, la cadence des séances se cale sur votre vie, avec des points d’étape réguliers.
La « loi de l’instrument », formulée par Abraham Kaplan en 1964 puis reprise par Abraham Maslow dans The Psychology of Science: A Reconnaissance (1966), rappelle qu’« il est tentant, si le seul outil dont on dispose est un marteau, de traiter tout comme si c’était un clou ».
En psychologie, une méthode ne peut pas répondre à toutes les situations. Forts de plusieurs décennies de pratique et de formations complémentaires, nous mobilisons de nombreux outils, choisis avec discernement, afin d’identifier rapidement les leviers les plus efficaces. Nous proposons ainsi un accompagnement aussi bref qu’efficace, tout en sachant accompagner aussi bien les suivis prolongés que le besoin d’un espace de parole régulier.