Stress : notre approche au cabinet, TCC, EMDR, écoute analytique, bilan
Comment accompagnons-nous le stress au Cabinet Bouche & Chmura ? Par une psychothérapie qui associe trois approches de poids égal, la TCC en premier outil, l’EMDR et l’écoute analytique, et qui s’appuie quand il le faut sur un bilan psychologique ou neuropsychologique. Cette page décrit le premier rendez-vous, ce que nous cherchons à comprendre, ce que chaque approche travaille concrètement, le déroulé d’un accompagnement et la place de la téléconsultation. Un quiz vous indique par quelle porte vous entreriez, et une jauge mesure sur combien de fronts la pression s’exerce chez vous.
Le premier rendez-vous : faire le point, sans engagement
Les personnes qui viennent pour un stress arrivent rarement en disant « je viens pour du stress ». Elles disent qu’elles ne dorment plus, qu’elles s’énervent contre leurs enfants, qu’elles ont des douleurs que le médecin n’explique pas, qu’elles font des erreurs au travail, qu’elles ont pleuré dans leur voiture sur un parking sans savoir pourquoi. Le premier rendez-vous sert à accueillir cela tel que c’est dit, puis à reconstruire ensemble le tableau d’ensemble. Nous demandons à quoi ressemble une semaine ordinaire, du réveil au coucher, et nous nous arrêtons sur une ou deux journées pour en suivre le fil presque minute par minute. C’est souvent là que la personne entend elle-même ce qu’elle n’avait pas vu : qu’il n’y a plus un seul moment où rien ne lui est demandé.
Ce premier entretien n’engage à rien. Il peut avoir lieu au cabinet, à Colombes, aux Pavillons-sous-Bois ou en Ardèche, ou en téléconsultation, et vous pouvez venir accompagné si cela vous rassure. Nous y posons trois questions simples : depuis quand, à quel point, avec quelles conséquences sur le sommeil, le travail, les liens et le plaisir. Nous demandons aussi ce qui a déjà été essayé, parce que le sport abandonné, l’application de méditation ouverte deux fois, le verre du soir et les vacances qui n’ont pas suffi nous renseignent autant que les symptômes. À la fin, nous disons ce que nous avons compris et ce que nous proposons : quelques séances ciblées, un accompagnement plus long, un bilan au préalable, ou parfois simplement de reprendre rendez-vous dans un mois pour voir comment la situation évolue. La décision vous appartient.
Comprendre d’où vient la pression : demande, ressources, histoire
Nous ne commençons jamais par une technique. Nous commençons par une carte. Le stress étant l’écart entre une demande et des ressources, il faut d’abord savoir de quoi la demande est faite et où en sont les ressources, puis comprendre pourquoi cet écart, chez cette personne, à ce moment de sa vie, produit cette souffrance-là. Trois couches se superposent presque toujours.
Couche 1
La demande
Ce qui est exigé, par qui, à quel rythme, avec quelle marge de manœuvre : la charge de travail, mais aussi la charge mentale de la maison, les proches dont on s’occupe, les échéances, les interruptions, l’argent, la santé. Nous la décrivons précisément, parce qu’une demande nommée est déjà moins écrasante qu’un brouillard.
Couche 2
Les ressources
Le sommeil, le soutien de l’entourage, le temps de récupération réel, le mouvement, la capacité à dire non, les compétences, la santé physique. Beaucoup de personnes stressées ont des ressources considérables qu’elles ne s’autorisent plus à utiliser : elles ont des amis qu’elles ne voient plus, un corps qu’elles ne font plus bouger.
Couche 3
L’histoire
Pourquoi cette pression-là touche si fort : une scène ancienne où l’on a été débordé ou humilié, une place dans la famille (l’aînée qui gère, le fils qui ne doit pas décevoir), une exigence héritée, un « je dois » dont on ne connaît plus l’auteur. C’est cette couche qui explique pourquoi deux personnes dans la même situation ne vivent pas le même stress.
À retenir
Le premier rendez-vous construit une carte de la pression : la demande, les ressources, l’histoire. La méthode vient après.
Trois approches ont chez nous le même poids : la TCC, premier outil pour le stress, l’EMDR et l’écoute analytique. Leur association amplifie les résultats.
Un bilan psychologique par notre psychothérapeute, ou neuropsychologique par notre neuropsychologue, précise la situation quand c’est utile ; aucun bilan sans rendez-vous préliminaire, et toujours un compte rendu écrit.
Tout peut se faire au cabinet ou en téléconsultation, et nous travaillons en lien avec votre médecin si vous le souhaitez.
Cette carte n’est pas un préalable administratif : elle décide du dosage. Une pression récente, bien identifiée, chez une personne qui récupérait bien jusque-là, se travaille vite avec les outils de la TCC. Une pression qui réveille une histoire ancienne appelle l’EMDR ou l’écoute analytique. Des oublis et une concentration en miettes qui ne cèdent pas une fois le sommeil rétabli posent la question d’un bilan. Pour la description du stress lui-même, ses formes et ses signes, voir le dossier stress et la page symptômes du stress.
Trois approches de poids égal, et la TCC en premier
Pour le stress comme pour l’anxiété, la TCC est le premier outil que nous utilisons, à part égale avec l’EMDR et l’écoute analytique : elle donne rapidement de la prise sur le quotidien, et c’est l’association des trois qui amplifie les résultats. Chaque onglet décrit ce que l’approche travaille concrètement dans le cas du stress, avec des exemples de séance.
La TCC : reprendre la main sur la demande, les pensées et la récupération. Les thérapies cognitives et comportementales offrent, pour le stress, des outils d’une grande précision. Nous les utilisons en premier parce qu’ils soulagent vite et qu’ils rendent possible le travail de fond.
Les priorités et la planification : sortir les tâches de la tête, distinguer ce qui est urgent de ce qui est seulement bruyant, choisir trois choses par jour, protéger des plages sans sollicitation. On repart souvent de la première séance avec un geste à faire le soir même.
Les pensées qui amplifient : « si je ne réponds pas ce soir, tout va s’effondrer », « un bon parent ne délègue pas », « je dois être irréprochable ». Nous les mettons à l’épreuve des faits, et nous cherchons leur origine quand elles résistent.
L’exposition aux situations redoutées : dire non à un collègue, demander un délai, laisser une tâche inachevée, partir à l’heure. Pour beaucoup de personnes, ce sont des épreuves qu’il faut s’entraîner à traverser, par paliers.
Les limites et la communication : préparer la conversation avec le responsable ou le conjoint, choisir les mots, anticiper les réactions. La séance sert parfois de répétition générale.
La récupération et le corps : respiration à expiration longue, cohérence cardiaque, relâchement musculaire, hygiène du sommeil, mouvement. Ces outils sont aussi sur la page gérer le stress, pour s’entraîner entre les séances.
L’EMDR : désamorcer les scènes qui règlent encore l’alarme. Beaucoup de stress chroniques ont une date de naissance que la personne connaît sans l’avoir reliée à son état actuel : la réunion où elle a été humiliée devant toute l’équipe, l’erreur qui a eu des conséquences, la nuit aux urgences avec un enfant, le licenciement annoncé en cinq minutes, l’examen raté qui a changé la trajectoire. Ces scènes ne sont pas forcément des traumatismes au sens fort ; ce sont des moments où la pression a dépassé les ressources d’un coup, et dont l’empreinte continue de colorer toute situation semblable. Chaque réunion devient la réunion de l’humiliation, chaque message du chef devient l’annonce du licenciement.
L’EMDR, par la stimulation bilatérale alternée, permet au cerveau de reprendre le traitement de ces souvenirs restés en suspens, de sorte qu’ils deviennent des souvenirs ordinaires : on s’en souvient, on n’y réagit plus. Nous travaillons les scènes passées, puis les déclencheurs présents (le lundi matin, la boîte de réception, la voix d’une personne précise), puis les situations à venir qu’on redoute, avec le scénario du futur. Les séances d’EMDR durent 80 minutes, au cabinet ou en téléconsultation. Quand l’histoire comporte des événements lourds ou des signes de dissociation, notre psychothérapeute, formé au trauma et à la dissociation, propose d’abord un bilan psycho-traumatique, voire dissociatif, pour préparer le travail en sécurité. Voir l’EMDR et le déroulement d’une séance.
L’écoute analytique : entendre ce que la pression rejoue. Il y a des personnes pour qui la pression n’est pas seulement subie : elle est cherchée, entretenue, parfois organisée sans qu’elles le veuillent. Celles qui prennent toujours le dossier que personne ne veut. Celles qui ne peuvent pas rentrer chez elles avant que tout soit terminé. Celles qui se sentent coupables dès qu’elles s’assoient. Pour elles, alléger la demande ne suffit pas, parce qu’une nouvelle demande vient aussitôt remplir le vide. L’écoute analytique, nourrie de plusieurs grands repères de la psychanalyse, s’intéresse à ce que cette pression vient dire : une exigence héritée d’un parent qu’il fallait satisfaire, une loyauté envers une famille où l’on ne se plaignait pas, une place d’aîné ou de sauveur qu’on n’a jamais quittée, une façon d’exister seulement par ce qu’on produit.
Ce travail se fait par la parole, en face à face le plus souvent, à un rythme qui peut s’espacer avec le temps. Il arrive qu’une phrase dite en séance (« chez nous, celui qui s’arrêtait était un fainéant ») éclaire d’un coup des années de surmenage. L’écoute analytique est aussi ce qui permet de ne pas se contenter de faire baisser la pression pour la voir revenir sous une autre forme. Voir la psychanalyse au cabinet et l’écoute analytique dans nos pratiques.
Dans la réalité d’un accompagnement, ces trois approches ne se succèdent pas en blocs séparés. Une séance peut commencer par un outil concret pour la semaine, passer par une scène ancienne qui vient d’affleurer et se terminer par une parole sur ce que cette scène dit de la place qu’on occupe. C’est ce que nous appelons l’approche intégrative, décrite sur la page EMDR, TCC et écoute analytique : l’approche intégrative.
Quand les émotions débordent : la TCD complète
Chez certaines personnes, le stress ne se traduit pas seulement par de la tension et de la fatigue, mais par des émotions qui déferlent : des colères qu’on regrette dans la minute, des larmes qu’on ne contrôle plus, des gestes impulsifs (envoyer le message qu’il ne fallait pas, claquer la porte, acheter, boire), une sensation d’être à vif en permanence. Pour elles, les outils habituels de gestion du stress ne tiennent pas, parce que l’émotion emporte tout avant qu’on ait pu respirer.
Le cabinet propose alors la thérapie comportementale dialectique complète, la TCD : un suivi individuel, des groupes d’apprentissage des compétences, et un soutien entre les séances pour les moments où la vague monte. Les compétences travaillées sont la pleine conscience (remarquer l’émotion avant qu’elle décide à notre place), la tolérance à la détresse (traverser un pic sans rien casser), la régulation émotionnelle (comprendre ce qui rend vulnérable : le manque de sommeil, la faim, l’isolement) et l’efficacité dans les relations (demander, refuser, poser une limite sans exploser ni se taire). Pour une personne dont le stress se transforme systématiquement en orage, c’est souvent la pièce qui manquait. Voir TCC et TCD au cabinet et la page les compétences de la TCD du guide des émotions.
Les bilans : psychologique, neuropsychologique, et la remédiation cognitive
Un accompagnement du stress se passe le plus souvent de bilan. Mais dans certaines situations, mesurer change la compréhension, et donc le travail. Deux bilans peuvent être proposés, toujours après un rendez-vous préliminaire et toujours suivis d’un compte rendu écrit, que l’on peut ensuite se faire expliquer en séance.
Le bilan psychologique, par notre psychothérapeute
Il mesure, avec des questionnaires validés et des entretiens, l’intensité du stress perçu, l’anxiété et l’humeur qui l’accompagnent souvent, et la présence éventuelle d’un épuisement ou d’une dissociation. Il est particulièrement utile quand le tableau est flou, quand on hésite entre stress, anxiété, burn-out et dépression, ou quand l’histoire comporte des événements lourds : le bilan psycho-traumatique, voire dissociatif, prépare alors l’EMDR. Il peut se faire en téléconsultation. Voir les bilans psychologiques.
Le bilan neuropsychologique, par notre neuropsychologue
Il est proposé quand les plaintes portent sur l’attention, la mémoire, l’organisation, et qu’elles persistent une fois le sommeil rétabli, ou qu’elles semblent antérieures au stress. Le stress chronique abîme réellement l’attention et la mémoire de travail ; mais il arrive aussi qu’un TDAH, un haut potentiel en décalage ou un autre fonctionnement cognitif explique pourquoi chaque journée coûte si cher à organiser. Le bilan, qui explore l’efficience intellectuelle, l’attention, la mémoire et les fonctions exécutives, fait la part des choses. Il se déroule au cabinet. Voir les bilans.
Quand le bilan montre que l’attention ou la mémoire de travail sont fragilisées, notre neuropsychologue peut proposer une remédiation cognitive : des séances d’entraînement ciblé, avec des exercices et des stratégies à transposer dans la vie quotidienne, pour retrouver de l’efficacité et donc de la marge. Pour une personne dont le stress vient en partie d’un cerveau qui perd le fil, c’est un levier direct sur la demande : la même journée devient moins coûteuse. Il arrive que notre psychothérapeute demande à notre neuropsychologue de participer à l’accompagnement, en co-thérapie, quand les deux regards se complètent.
Le déroulé d’un accompagnement
Il n’y a pas de protocole uniforme, mais il y a une trame, que nous adaptons à chaque personne. La voici, telle qu’elle se passe le plus souvent pour un stress qui dure.
Le premier rendez-vousEntendre ce qui vous amène, suivre une semaine ordinaire, poser les trois questions (depuis quand, à quel point, avec quelles conséquences), faire l’inventaire de ce qui a été essayé. Dire ce que nous avons compris et ce que nous proposons.Sans engagement. Au cabinet ou en téléconsultation, accompagné si vous le souhaitez.
La carte de la pressionDeux ou trois séances pour détailler la demande, les ressources et l’histoire ; décider si un bilan psychologique ou neuropsychologique éclairerait la situation ; convenir du rythme et des premiers objectifs.C’est ici que se décide le dosage des trois approches.
Se dégager de l’urgenceAvec les outils de la TCC : rétablir le sommeil, poser une première limite, réorganiser les priorités, installer deux minutes de respiration par jour, préparer la conversation difficile qui attend depuis des mois.Beaucoup de personnes sentent une première détente en quelques semaines ; ce n’est pas la fin, c’est ce qui rend la suite possible.
Le travail de fondRetraiter en EMDR les scènes qui règlent encore l’alarme ; écouter ce que la pression rejoue de l’histoire ; s’exposer par paliers aux situations évitées (dire non, partir à l’heure, déléguer) ; si besoin, la TCD pour les émotions qui débordent ou la remédiation cognitive pour l’attention.Le rythme s’adapte : hebdomadaire au début, souvent espacé ensuite.
Le point d’étapeRégulièrement, nous faisons le point sur l’avancée du travail : ce qui a changé dans le sommeil, l’humeur, les liens, le plaisir ; ce qui résiste ; ce qu’il reste à faire. Les objectifs peuvent être revus.Vous pouvez demander ce point à tout moment.
L’espacement et la finQuand la pression redescend et que les outils tiennent seuls, les séances s’espacent. La fin se prépare, et la porte reste ouverte : une séance avant une échéance redoutée ou au moment d’un changement est toujours possible.Beaucoup reviennent pour une ou deux séances à des moments charnières, et c’est très bien ainsi.
Quiz : quelle porte d’entrée pour vous ?
Cinq questions pour deviner par quelle approche un accompagnement commencerait le plus naturellement dans votre cas. C’est un jeu de lecture, écrit pour vous aider à comprendre comment nous raisonnons, pas une décision clinique : celle-ci se prend au premier rendez-vous, avec vous. Et dans la pratique, les portes s’ouvrent souvent les unes sur les autres.
Sur combien de fronts la pression s’exerce-t-elle ?
Une question que nous posons souvent sous une autre forme au premier rendez-vous : la pression vient-elle d’un seul endroit, ou de partout à la fois ? La réponse oriente la durée et la forme de l’accompagnement. Réglez les cinq curseurs selon le poids de chaque front dans votre vie actuelle.
Vos réglages ne sont ni enregistrés ni transmis. Cette jauge mesure l’étendue de la pression ; pour son intensité, voir le test de stress en douze questions.
Une même scène, six regards
Pour montrer comment les approches se complètent, prenons une scène inventée : Thomas, 45 ans, chef de rayon dans un magasin, ne dort plus la nuit qui précède la réunion du mardi matin avec sa direction régionale. Il transpire dès le lundi soir, relit ses chiffres dix fois, et se montre cassant avec son équipe le mardi après-midi. Retournez les cartes pour voir ce que chaque regard observe dans cette même scène.
Le rythme, la téléconsultation, le lien avec votre médecin
Le rythme. Au début d’un accompagnement du stress, les séances sont le plus souvent hebdomadaires, parce que le travail sur le sommeil, les limites et la récupération a besoin de continuité. Elles s’espacent ensuite, toutes les deux semaines puis tous les mois, à mesure que les outils tiennent seuls. Les séances d’EMDR, comme celles de couple et de famille, durent 80 minutes. Nous faisons régulièrement le point sur l’avancée du travail, et vous pouvez demander ce point quand vous le souhaitez. La durée totale varie beaucoup : quelques séances pour une pression récente et bien identifiée, plusieurs mois quand la pression réveille une histoire ancienne ou s’étend à tous les domaines de la vie.
La téléconsultation. Tout ce qui est décrit sur cette page peut se faire à distance : le premier rendez-vous, le suivi, l’EMDR, le bilan psychologique, les séances de couple et de famille. Pour beaucoup de personnes stressées, c’est même ce qui rend l’accompagnement possible : pas de trajet à ajouter à une semaine déjà pleine, une séance entre midi et deux depuis le bureau fermé à clé, ou le soir une fois les enfants couchés. Seul le bilan neuropsychologique se déroule au cabinet. Le cabinet consulte 365 jours par an, ce qui permet de trouver un créneau même quand la semaine déborde. Voir l’EMDR en téléconsultation.
Le lien avec votre médecin. Le stress chronique a des effets sur le corps, et certains de ses signes (palpitations, tension, douleurs, troubles digestifs, fatigue intense) peuvent aussi avoir une autre cause. Nous ne prescrivons pas : les examens et les médicaments relèvent du médecin. Avec votre accord, nous échangeons avec lui, comme avec les autres professionnels qui vous suivent, pour que les deux approches avancent ensemble et qu’aucun signe ne reste sans réponse. Vous n’avez pas besoin de passer par lui pour prendre rendez-vous au cabinet.
Le stress au travail. Quand la pression vient d’abord du poste, ce que nous faisons tient en trois mots : retrouver de la marge, préparer les conversations nécessaires avec la hiérarchie, et décider avec les idées claires de la suite que vous voulez donner, qu’il s’agisse de rester, de changer de poste ou de partir. Voir la page stress au travail.
Exemple fictif de parcours : Inès, 34 ans, infirmière de nuit
Inès est une figure composée pour cette page, à partir de parcours que nous connaissons bien. Aucun détail ne renvoie à une personne réelle.
Inès travaille de nuit dans un service de médecine depuis six ans. Elle a deux enfants de quatre et sept ans, un compagnon qui travaille en journée, et une mère qu’elle appelle tous les jours. Elle vient en téléconsultation un mercredi après-midi, entre deux nuits, parce qu’elle a oublié un traitement important la semaine précédente, sans conséquence, et que cela ne lui était jamais arrivé. Elle dort par tranches de deux heures, a des brûlures d’estomac, pleure facilement, et dit qu’elle n’a « pas le droit » d’être fatiguée puisqu’elle a choisi ce métier.
Au premier rendez-vous, la carte de la pression se dessine vite : la demande est sur tous les fronts (service en sous-effectif, deux enfants, une mère isolée), les ressources sont à sec (sommeil haché, plus de sport, plus d’amies vues depuis un an), et l’histoire affleure dès qu’on l’effleure : Inès est l’aînée d’une fratrie de quatre, et elle « gérait déjà la maison à douze ans ». Nous commençons par la TCC, parce que le sommeil est la priorité : protéger un bloc de cinq heures après chaque nuit, avec un accord explicite du compagnon pour les matins ; couper le téléphone pendant ce bloc, y compris pour sa mère, ce qui demande une conversation préparée en séance ; remettre une marche de vingt minutes à la lumière du jour avant de dormir. En trois semaines, les brûlures d’estomac diminuent et l’oubli ne se reproduit pas.
Puis vient ce que la fatigue recouvrait. Inès raconte une nuit, trois ans plus tôt, où un patient est mort pendant qu’elle était seule dans le service, et dont elle n’a jamais parlé. En EMDR, sur deux séances de 80 minutes, cette scène cesse d’être présente à chaque garde. En écoute analytique, elle met des mots sur la petite fille qui tenait la maison et sur l’interdiction de se plaindre qui venait avec. Après quatre mois, les séances s’espacent. Inès dort cinq heures et demie d’affilée, a repris la natation le vendredi, et a demandé à passer en poste de jour, une demande qu’elle croyait « interdite » quelques mois plus tôt. Elle reviendra une fois, avant le changement de service, pour préparer la transition.
Questions fréquentes sur notre approche du stress
Faut-il un bilan avant de commencer une thérapie pour le stress ?
Non, le plus souvent. Un accompagnement du stress commence par un premier rendez-vous et une carte de la pression, et la plupart des personnes n’ont pas besoin de bilan. Il devient utile dans deux situations : quand le tableau est flou et qu’on hésite entre stress, anxiété, burn-out et dépression, le bilan psychologique de notre psychothérapeute aide à y voir clair ; quand des oublis et une concentration en miettes persistent une fois le sommeil rétabli, le bilan neuropsychologique de notre neuropsychologue fait la part entre l’usure du stress et un fonctionnement attentionnel particulier. Aucun bilan sans rendez-vous préliminaire, et toujours un compte rendu écrit.
Combien de temps dure un accompagnement pour le stress ?
Cela varie beaucoup, et nous préférons le dire plutôt que promettre un nombre de séances. Une pression récente, bien identifiée, chez une personne qui récupérait bien jusque-là, se travaille souvent en quelques séances centrées sur les outils de la TCC. Une pression qui dure depuis des mois, qui s’étend à tous les domaines de la vie ou qui réveille une histoire ancienne demande plusieurs mois, avec un rythme qui s’espace à mesure que les outils tiennent. Nous faisons régulièrement le point avec vous, et la fin se prépare ensemble.
L’EMDR sert-il pour le stress, ou seulement pour les traumatismes ?
L’EMDR est connu pour le stress post-traumatique, mais son principe s’applique à toute scène restée en suspens dans la mémoire et qui continue de colorer le présent. Dans le stress chronique, ces scènes sont fréquentes : une humiliation en réunion, une erreur aux conséquences lourdes, un licenciement brutal, une nuit de garde difficile. Les retraiter permet que chaque situation semblable cesse de déclencher la même alarme. Nous l’associons à la TCC et à l’écoute analytique, ce qui amplifie les résultats. Les séances d’EMDR durent 80 minutes.
Peut-on faire tout le suivi en téléconsultation ?
Oui. Le premier rendez-vous, le suivi, l’EMDR, le bilan psychologique, les séances de couple et de famille peuvent tous se faire à distance, et c’est souvent ce qui rend l’accompagnement compatible avec une semaine déjà pleine. Seul le bilan neuropsychologique se déroule au cabinet. Le cabinet consulte toute l’année, 365 jours par an, ce qui aide à trouver un créneau. Certaines personnes alternent, à distance en semaine et sur place à des moments clés.
Le cabinet travaille-t-il avec mon médecin ?
Oui, si vous le souhaitez. Le stress chronique a des effets sur le corps, et certains signes peuvent avoir une autre cause : les examens et les médicaments relèvent du médecin, nous ne prescrivons pas. Avec votre accord, nous échangeons avec lui et avec les autres professionnels qui vous suivent, pour que la psychothérapie et le suivi médical avancent ensemble. Vous n’avez pas besoin de passer par lui pour prendre rendez-vous au cabinet.
Que se passe-t-il si mon stress cache un burn-out ou une dépression ?
C’est l’une des choses que le premier rendez-vous et la carte de la pression servent à repérer. Un stress qui dure peut glisser vers l’épuisement professionnel ou vers un tableau dépressif, et les frontières sont parfois floues. Si c’est le cas, nous le disons, et l’accompagnement s’ajuste : le rythme, les priorités, la place de la récupération et le lien avec le médecin changent. Le site a un dossier sur le burn-out et un autre sur la dépression, qui décrivent ces situations et notre façon de les accompagner.
Un premier rendez-vous suffit pour dessiner ensemble la carte de votre pression et décider de la suite : quelques séances d’outils, un travail plus profond, un bilan, ou simplement un second regard dans un mois. Au cabinet ou en téléconsultation, sans engagement.
La « loi de l’instrument », formulée par Abraham Kaplan en 1964 puis reprise par Abraham Maslow dans The Psychology of Science: A Reconnaissance (1966), rappelle qu’« il est tentant, si le seul outil dont on dispose est un marteau, de traiter tout comme si c’était un clou ».
En psychologie, une méthode ne peut pas répondre à toutes les situations. Forts de plusieurs décennies de pratique et de formations complémentaires, nous mobilisons de nombreux outils, choisis avec discernement, afin d’identifier rapidement les leviers les plus efficaces. Nous proposons ainsi un accompagnement aussi bref qu’efficace, tout en sachant accompagner aussi bien les suivis prolongés que le besoin d’un espace de parole régulier.