L’efficience intellectuelle
Une échelle de Wechsler (WPPSI, WISC, WAIS) situe le raisonnement, la compréhension verbale, la mémoire de travail et la vitesse de traitement. Elle repère un haut potentiel, une fragilité ou un profil très hétérogène.
Cette page n'est pas encore publique. Entrez le mot de passe pour la consulter.
Au bloc opératoire, on n’éclaire jamais avec une seule lampe : le scialytique en combine plusieurs, pour que l’ombre de l’une soit effacée par la lumière de l’autre. Le TDAH mérite le même éclairage. Une neuropsychologue mesure l’attention, la mémoire de travail, les fonctions exécutives et les ressources intellectuelles ; un psychothérapeute formé aux TCC, à l’EMDR et à l’approche psychanalytique explore les émotions, l’histoire, les traumatismes et les liens. Chez l’enfant comme chez l’adulte, croiser ces deux faisceaux change souvent tout : le diagnostic, le traitement et la façon dont la personne se comprend.
L’inattention est un symptôme très bavard : elle parle de beaucoup de choses à la fois. Un enfant qui regarde par la fenêtre peut avoir un TDAH, mais aussi s’ennuyer parce qu’il a deux ans d’avance, ne pas comprendre la consigne à cause d’une dyslexie, guetter l’arrivée de son père à la sortie de l’école parce qu’il a peur, ou avoir dormi cinq heures. Un adulte qui ne termine rien peut avoir un TDAH, une dépression qui éteint l’élan, une anxiété qui sature la mémoire de travail, ou les trois.
Chaque métier a ses lunettes. La neuropsychologie excelle à mesurer : elle compare les performances à celles des personnes du même âge, repère des profils, objective ce qui coûte. La psychothérapie excelle à comprendre : elle entend ce que la personne vit, ce qu’elle redoute, ce qui s’est passé, et comment elle s’est construite autour de ses difficultés. Seule, chacune risque de manquer quelque chose : un score peut être normal chez quelqu’un qui souffre, et une histoire bouleversante peut masquer un vrai TDAH. Ensemble, elles se corrigent.
Le double regard ne consiste pas à multiplier les rendez-vous, mais à ce que deux spécialistes, qui ne voient pas les mêmes choses, regardent la même personne et en parlent ensemble.
Une échelle de Wechsler (WPPSI, WISC, WAIS) situe le raisonnement, la compréhension verbale, la mémoire de travail et la vitesse de traitement. Elle repère un haut potentiel, une fragilité ou un profil très hétérogène.
Soutenue, sélective, partagée : des épreuves étalonnées montrent quand et comment l’attention lâche, et si elle lâche plus que chez les autres.
Inhiber, planifier, passer d’une tâche à l’autre, garder une consigne en tête : le cœur du TDAH, à mesurer finement.
Dyslexie, dyscalculie, dyspraxie, troubles du langage : fréquents avec le TDAH, ils changent les aménagements.
Le bilan ne décrit pas que des déficits : il met en lumière les points d’appui sur lesquels construire.
Après le bilan, des séances ciblées, avec métacognition et jeux de société, entraînent ce qui peut l’être.
Deuils, séparations, violences, harcèlement, accidents, hospitalisations : recherchés avec tact, car ils peuvent imiter ou aggraver un TDAH.
La dysrégulation émotionnelle accompagne souvent le TDAH ; l’anxiété et la dépression peuvent aussi en être la cause cachée.
Des années de reproches laissent une honte tenace, que les scores ne montrent pas et qui pèse lourd.
Organisation, procrastination, gestion de la colère, exposition à ce qui fait peur : des stratégies écrites et vérifiées.
Traumatismes, mais aussi humiliations répétées : l’EMDR aide le cerveau à les ranger. Voir TDAH et EMDR.
Comprendre ce que le TDAH a fait à l’histoire et aux liens, et ce que l’histoire fait au TDAH. Voir TDAH et psychanalyse.
Allumez un faisceau, puis l’autre, puis les deux. Regardez ce que chacun laisse dans l’ombre, et ce qui n’apparaît que lorsqu’ils se croisent.
Les deux faisceaux. Au croisement apparaissent les liens : une attention qui s’effondre seulement quand un souvenir revient, une mémoire de travail saturée par l’anxiété, un TDAH réel aggravé par des années d’humiliations. C’est souvent là que se trouve la clé.
La spécialisation du psychothérapeute dans le traumatisme n’est pas un détail. Le TDAH et le trauma entretiennent des relations étroites, que les recherches décrivent de mieux en mieux, et que l’on retrouve chaque semaine en consultation.
Le trauma peut imiter un TDAH. Hypervigilance, agitation, sursauts, difficultés de concentration, sommeil perturbé, colères : un enfant ou un adulte traumatisé peut cocher presque toutes les cases d’un questionnaire de TDAH. Mais l’attention n’est pas déficitaire en elle-même : elle est réquisitionnée par la surveillance du danger. Les indices : un début lié à des événements, des symptômes qui varient beaucoup selon les lieux et les personnes, des cauchemars, des réactions fortes à certains rappels.
Le TDAH expose à des événements difficiles. L’impulsivité multiplie les accidents, les conflits et les prises de risque ; la différence attire parfois le harcèlement ; les punitions et les humiliations répétées laissent des traces. Ces blessures, petites et grandes, peuvent devenir de véritables souvenirs traumatiques, qui entretiennent l’anxiété et la colère.
TDAH et trauma peuvent coexister et s’aggraver l’un l’autre : un TDAH rend plus difficile la régulation des émotions après un choc, et un trauma alourdit encore les difficultés d’attention. Soigner l’un sans voir l’autre donne des résultats incomplets. C’est là que le double regard prend tout son sens.
Oui, avec des aménagements : séances préparées, séquences plus courtes, pauses de mouvement, supports visuels, et parfois une barre lumineuse dont le mouvement capte l’attention. Les enfants peuvent en bénéficier, avec une préparation adaptée à leur âge. Voir EMDR, hyperfocus et barre lumineuse et la page EMDR du cabinet.
Souvent, au moins en partie, quand le trauma était la cause principale des difficultés. C’est d’ailleurs l’un des arguments qui orientent le diagnostic : si l’attention s’améliore nettement une fois les souvenirs apaisés, le TDAH devient moins probable. Si des difficultés persistent dans tous les contextes depuis l’enfance, un TDAH associé reste à envisager. Voir TDAH et trauma et TDAH ou traumatisme.
Ces situations sont inventées pour le guide, à partir de configurations fréquentes. Elles montrent ce que chaque faisceau aurait vu seul, et ce que leur croisement a permis.
Noé, 7 ans
« Il ne tient pas en place »
Seule, la neuropsychologie aurait noté une attention fluctuante. Seule, la psychothérapie aurait entendu une séparation très conflictuelle. Ensemble, on remarque que l’attention est bonne en séance calme et s’effondre les jours de passage chez l’autre parent. Ce n’est pas un TDAH : une thérapie de l’enfant, avec l’EMDR adaptée à son âge, et un travail avec les parents apaisent la situation.
Lina, 10 ans
Un TDAH posé depuis deux ans
Le traitement aide peu. L’évaluation intellectuelle révèle un haut potentiel verbal et une dyslexie compensée qui la fatigue énormément. En séance, Lina dit se sentir « nulle et bizarre ». Les aménagements changent, la remédiation vise la lecture, et la psychothérapie travaille l’estime d’elle-même.
Tom, 16 ans
Colères et exclusions
Le bilan confirme un TDAH réel, ancien, jamais accompagné. La psychothérapie découvre une collection d’humiliations : « le boulet de la classe », les punitions publiques. Les TCC travaillent la colère et l’organisation, l’EMDR apaise les souvenirs qui le font exploser au moindre reproche.
Claire, 41 ans
Épuisée, « en retard sur tout »
Elle compense depuis toujours, au prix de soirées entières de rattrapage. Le bilan objective un TDAH masqué par d’excellentes capacités. En psychothérapie, le masquage apparaît comme la source d’une anxiété ancienne. Elle apprend à aménager plutôt qu’à forcer, et se pardonne enfin.
Mehdi, 29 ans
« Je ne fais plus rien »
Il se demande s’il a un TDAH. Le bilan montre une attention correcte mais une vitesse ralentie ; l’entretien met en évidence une dépression installée depuis un deuil. Ce n’est pas un TDAH : la dépression est soignée en priorité, avec son médecin, et l’élan revient.
La famille R.
Un enfant, puis un parent
Pendant la restitution du bilan de son fils, le père se reconnaît trait pour trait. Le TDAH est très héréditaire : il fait à son tour un bilan. Les consultations familiales deviennent moins accusatrices, chacun comprenant enfin l’autre. Voir TDAH et hérédité.
Pour chaque situation, quelle démarche vous semble la plus utile ? Il n’y a pas de piège, seulement des nuances.
Situation A
Jade, 9 ans, a commencé à avoir du mal à se concentrer après un accident de voiture dont elle est sortie indemne. Elle fait des cauchemars et refuse de monter en voiture.
Par où commencer ?
Situation B
Hugo, 34 ans, a toujours été « dans la lune ». Ses bulletins de primaire disaient déjà « rêveur, peut mieux faire ». Il change de poste tous les deux ans et oublie tout, partout.
Par où commencer ?
Situation C
Sacha, 12 ans, a un TDAH diagnostiqué et traité. Ses notes vont mieux, mais il pleure tous les soirs, se dit « débile » et refuse d’aller à l’école le lundi.
Qu’est-ce qui manque ?
Le double regard du cabinet complète celui du médecin, qui pose le diagnostic médical et décide d’un éventuel traitement. Avec votre accord, les comptes rendus lui sont transmis et les échanges permettent de coordonner les soins. Voir les médicaments du TDAH et l’approche croisée.
Ce questionnaire, rédigé pour le guide, ne pose aucun diagnostic. Il indique quel regard semble le plus utile pour commencer, sachant que les deux finissent presque toujours par se croiser. Pensez aux six derniers mois.
Parce que l’inattention peut venir d’un TDAH, mais aussi d’une anxiété, d’un traumatisme, d’une dépression ou d’un trouble des apprentissages. Le neuropsychologue mesure le fonctionnement cognitif, le psychothérapeute explore les émotions et l’histoire : ensemble, ils évitent les erreurs et construisent un accompagnement complet.
Oui. L’hypervigilance, l’agitation, les troubles du sommeil et les difficultés de concentration d’un enfant ou d’un adulte traumatisé ressemblent beaucoup à un TDAH. Les deux peuvent aussi coexister. Une évaluation qui explore l’histoire de vie permet de faire la différence.
Non. Le plus souvent, chacun reçoit la personne pour ce qui relève de son métier, et ils se concertent avec votre accord. Certaines séances, notamment familiales, peuvent réunir les deux.
Oui. Chez l’adulte, le TDAH est souvent masqué par des compensations, et s’accompagne d’anxiété, de dépression ou d’épuisement. Le bilan objective le fonctionnement, la psychothérapie travaille ce que des années de compensation ont laissé.
Non, l’EMDR ne soigne pas le TDAH lui-même. Elle soigne les souvenirs traumatiques et les blessures qui peuvent imiter un TDAH, l’aggraver ou entretenir l’anxiété et la colère. Chez une personne qui a un TDAH, elle s’utilise avec des aménagements.
Enfant, adolescent ou adulte, avec ou sans diagnostic : un premier rendez-vous permet de décider ensemble par quel faisceau commencer. Au cabinet ou en téléconsultation, 365 jours par an.
Cliquer sur la photo ou utiliser + et − pour zoomer. Échap pour fermer.
Chargement de l'article…
La « loi de l’instrument », formulée par Abraham Kaplan en 1964 puis reprise par Abraham Maslow dans The Psychology of Science: A Reconnaissance (1966), rappelle qu’« il est tentant, si le seul outil dont on dispose est un marteau, de traiter tout comme si c’était un clou ».
En psychologie, une méthode ne peut pas répondre à toutes les situations. Forts de plusieurs décennies de pratique et de formations complémentaires, nous mobilisons de nombreux outils, choisis avec discernement, afin d’identifier rapidement les leviers les plus efficaces. Nous proposons ainsi un accompagnement aussi bref qu’efficace, tout en sachant accompagner aussi bien les suivis prolongés que le besoin d’un espace de parole régulier.