Après une amputation ou une chirurgie lourde : retrouver un corps à soi
« Je ne reconnais plus mon corps. » La phrase revient souvent après une amputation, une stomie, une chirurgie du visage, une greffe ou une opération qui a laissé le ventre ou la poitrine profondément changés. Le chirurgien parle de réussite ; vous, vous évitez le miroir, vous ne touchez pas la cicatrice, vous sentez encore la jambe qui n’est plus là. Ce décalage est normal : le corps change en quelques heures, l’image que l’on en a met des mois à suivre. Cette page explique pourquoi, et comment refaire de ce corps transformé un corps habitable.
Pourquoi ne reconnaît-on plus son corps après une chirurgie lourde ?
Parce que l’image du corps n’est pas une photographie : c’est une construction lente, faite de sensations, de gestes, de souvenirs et de regards, qui s’est formée depuis l’enfance. Le corps réel, lui, peut changer en une matinée au bloc opératoire. Pendant des semaines, parfois des mois, la personne vit avec deux corps : celui qu’elle a, et celui qu’elle continue d’avoir dans la tête. Le décalage entre les deux produit cette impression d’étrangeté que l’on décrit avec des mots très forts : « Ce n’est pas moi », « J’ai l’impression d’habiter le corps de quelqu’un d’autre », « Je me fais peur ».
L’infirmier et chercheur britannique Bob Price a proposé dès 1990 un modèle simple, encore utilisé dans les services de soins. L’image du corps tient selon lui à l’équilibre de trois éléments : la réalité du corps (ce qu’il est concrètement), l’idéal du corps (ce que l’on aimerait qu’il soit, ce que l’on attend de lui) et la présentation du corps (ce que l’on montre aux autres, la façon dont on s’habille, se déplace, se tient). Une chirurgie lourde bouleverse d’un coup la réalité ; l’idéal, lui, n’a pas bougé, et la présentation doit tout réinventer. Tant que les trois ne se sont pas réajustés, on se sent en déséquilibre.
Ce réajustement ne se fait pas par la volonté. Il passe par le temps, par la rééducation, par des gestes répétés, mais aussi par la possibilité de dire ce que l’on a perdu. Beaucoup de patients se sentent coupables de ne pas être simplement soulagés : l’opération leur a parfois sauvé la vie, ou soulagé une douleur qui durait depuis des années. Ce soulagement est réel. Il n’empêche pas la peine. Et tant que la peine n’a pas sa place, elle se loge souvent dans le rapport au corps : on ne le regarde plus, on ne le touche plus, on ne le montre plus.
Si ce décalage persiste et vous empêche de vivre, il ne s’agit pas d’une faiblesse de caractère. C’est une réaction fréquente, bien décrite, qui se travaille. Notre page sur l’image corporelle explique plus largement comment se construit le rapport au corps.
Amputation, stomie, greffe, chirurgie du visage : des réalités différentes
Toutes les chirurgies lourdes ne transforment pas le corps de la même manière, et la difficulté psychique dépend de ce qui a changé, de la façon dont l’opération s’est décidée, et de ce que cette partie du corps représentait pour vous.
Amputation
Un membre en moins
Après un accident, une infection, une maladie vasculaire ou une complication du diabète, la perte d’un membre change l’apparence, la marche, l’équilibre, l’autonomie. La prothèse, quand elle est possible, demande un long apprentissage. La personne doit à la fois retrouver des gestes et accepter une silhouette nouvelle.
Stomie
Une poche sur le ventre
Une stomie digestive ou urinaire touche à des fonctions intimes et à la crainte des odeurs, des bruits, des fuites. Elle se cache bien sous les vêtements, mais elle est très présente dans l’intimité et dans la façon dont on se représente son ventre. La honte y est souvent plus forte que le chagrin esthétique.
Visage, cou
Le visage modifié
Une chirurgie de la mâchoire, de la langue, du larynx ou de la face change l’expression, parfois la voix. Or le visage est ce par quoi l’on est reconnu. Retrouver sa place dans les conversations, au téléphone, devant un miroir demande souvent un vrai travail.
Greffe
Un organe venu d’un autre
La greffe ne se voit pas toujours, mais elle bouleverse le sentiment d’intégrité : vivre avec l’organe d’une autre personne, les traitements quotidiens, la peur du rejet. Le philosophe Jean-Luc Nancy, greffé du cœur, en a tiré un court livre intitulé L’Intrus (2000), où il décrit ce sentiment d’étrangeté au plus intime de soi.
Thorax, abdomen
Les grandes cicatrices
Chirurgie cardiaque, du poumon, de l’abdomen, du rachis : la cicatrice est longue, le corps a été ouvert, la convalescence est lente. Beaucoup de personnes décrivent une perte de confiance dans leur corps, au-delà de l’apparence : « Je n’ose plus lui demander d’effort. »
Chirurgie de l’obésité
Un corps qui change vite
Après une chirurgie bariatrique, le corps se transforme en quelques mois, avec parfois un excès de peau. L’image intérieure suit rarement à la même vitesse. Ce sujet a sa propre page : après une chirurgie de l’obésité.
Les cancers, qui conduisent souvent à des chirurgies de ce type (mastectomie, stomie, chirurgie de la sphère ORL), ont aussi leur page dans ce dossier : cancer et image du corps. Et lorsque la marque laissée est surtout cutanée, la page sur les cicatrices et les brûlures complète celle-ci.
Le membre fantôme : quand le corps se souvient de ce qui n’est plus là
Après une amputation, la grande majorité des personnes continuent de sentir le membre absent, parfois pendant des années : des fourmillements dans un pied qui n’existe plus, une main qui se serre, une jambe qui semble pliée dans une position inconfortable, parfois des douleurs. Le chirurgien Ambroise Paré décrivait déjà ces plaintes au XVIe siècle, et le médecin américain Silas Weir Mitchell a popularisé l’expression « membre fantôme » en soignant des blessés de la guerre de Sécession. Ces sensations ne sont ni imaginaires, ni le signe d’un trouble psychique : elles disent quelque chose de profond sur la façon dont notre cerveau représente le corps. Touchez les cartes.
Ce que ces repères apprennent à tout le monde, et pas seulement aux personnes amputées : notre corps vécu ne coïncide jamais tout à fait avec notre corps réel. Après une chirurgie, on n’a pas seulement à cicatriser ; on a à mettre à jour la carte intérieure, et cette mise à jour passe autant par le regard et le toucher que par le temps. Pour une présentation plus détaillée de l’idée de schéma et d’image du corps en psychanalyse, voir le corps dans la psychanalyse.
Les signes que ce corps n’est pas encore redevenu le vôtre
L’appropriation d’un corps transformé se lit dans de petits gestes quotidiens. Cochez ce qui vous ressemble aujourd’hui : le thermomètre ne pose aucun diagnostic, il montre où vous en êtes dans ce chemin, qui prend du temps chez tout le monde.
Les quatre familles de signes ne bougent pas au même rythme. Il est fréquent de recommencer à toucher bien avant de pouvoir montrer, ou de retrouver une vie sociale active tout en continuant à éviter le miroir. Ce n’est pas une contradiction : chaque geste a son propre chemin.
Le deuil d’une partie de soi : un chagrin qui a le droit d’exister
On parle peu du deuil d’un membre, d’un sein, d’une fonction, d’un visage. Pourtant, ce qui se passe ressemble beaucoup à un deuil : le choc, l’incrédulité, la colère, la tristesse, la nostalgie, puis peu à peu une réorganisation de la vie autour de l’absence. Ces étapes ne suivent pas un ordre fixe et reviennent par vagues, à l’anniversaire de l’opération, devant une photo ancienne, quand on retrouve une chaussure dont on ne portera plus que l’une des deux.
Ce deuil est souvent mal accompagné, parce que l’entourage veut voir le bon côté : « Le principal, c’est que tu sois en vie. » C’est vrai, et c’est précisément ce qui empêche de pleurer. Au cabinet, nous laissons à cette peine le temps d’être dite, sans la presser. Le dossier deuil et la page sur les autres pertes décrivent ce travail plus largement.
Où en êtes-vous ? Déplacez le curseur pour voir à quoi ressemble chaque moment de ce chemin.
corps étrangercorps en chantiercorps à soi
Quand l’opération elle-même a été un choc
Certaines chirurgies se préparent pendant des mois ; d’autres arrivent dans l’urgence, après un accident ou une complication brutale. On se réveille sans jambe, avec une poche, en réanimation, sans avoir pu dire au revoir à son corps d’avant. Le réveil, les premiers pansements, le premier regard sur la zone opérée, les douleurs, les bruits du service peuvent laisser des traces vives : images qui reviennent la nuit, sursauts, angoisse à l’approche d’une consultation, évitement des hôpitaux.
Quand ces réactions persistent, il peut s’agir d’un traumatisme, et le travail sur l’image du corps passe par là. Notre psychothérapeute, formé au trauma, peut proposer un bilan psycho-traumatique, puis l’EMDR en séances de 80 minutes pour retraiter les scènes les plus chargées : l’accident, l’annonce, le réveil, le premier miroir. Il est frappant de voir combien le regard sur le corps opéré s’adoucit souvent quand ces souvenirs perdent leur intensité. Le dossier trauma décrit ces mécanismes.
La décision d’une amputation peut aussi avoir été longue, discutée, parfois choisie pour en finir avec des années de douleur ou d’infections. Elle porte alors d’autres questions : « Ai-je bien fait ? », « Aurais-je pu l’éviter ? ». Ces questions méritent d’être entendues, sans être tranchées à la place de la personne.
Exercice : revisiter son corps en douceur, jusqu’à la zone opérée
Cet exercice ne demande ni de regarder ni de toucher ce qui vous gêne. Il propose simplement de promener votre attention dans votre corps, en terminant par la zone opérée, puis de revenir à un endroit agréable. Asseyez-vous ou allongez-vous. Si une douleur ou une émotion trop forte survient, arrêtez-vous : vous recommencerez un autre jour, en vous arrêtant plus tôt. Pour d’autres séances guidées, voir aussi notre page relaxation.
Répété régulièrement, ce balayage prépare des étapes suivantes, que nous construisons avec les patients selon les outils de la TCC : regarder la zone quelques secondes, puis quelques minutes ; la toucher à travers un tissu, puis directement ; faire soi-même un soin qu’un proche faisait ; montrer la prothèse à une personne de confiance. Chaque marche est choisie par vous, et l’on ne passe à la suivante que lorsque la précédente est devenue supportable.
Prothèse, poche, fauteuil : apprivoiser ce qui s’ajoute au corps
Après certaines opérations, il ne s’agit pas seulement d’accepter ce qui manque, mais aussi ce qui s’ajoute : une prothèse, une orthèse, une poche, une canule, des cannes, un fauteuil. Ces objets rendent la vie possible et, en même temps, ils se voient, ils font du bruit, ils demandent des soins. Ils peuvent être vécus comme des prolongements de soi ou comme des corps étrangers.
Les spécialistes de la rééducation observent que, avec le temps et l’usage, une prothèse peut finir par être intégrée au schéma corporel, au point que l’on « sent » le sol à travers elle. Ce processus est plus difficile quand l’objet est chargé de honte. Une patiente imaginaire, Agnès, 61 ans, amputée d’une jambe, nous dirait par exemple : « Je marche bien avec ma prothèse, mais je ne supporte pas qu’on la voie. » Le travail porte alors moins sur la marche que sur le regard, celui des autres et le sien.
Montrer ou cacher l’appareillage reste un choix. Certaines personnes portent une prothèse habillée d’une peau imitant la jambe, d’autres une prothèse apparente, décorée, assumée. Il n’y a pas de bonne réponse. La question à se poser est la même que pour une cicatrice : est-ce vous qui choisissez, ou la peur ? Et lorsque le regard des autres devient blessant ou discriminant, la page différence visible et handicap prolonge cette réflexion, comme le dossier handicap.
Intimité, couple, regard des proches
C’est souvent dans l’intimité que la transformation se fait le plus sentir. Se déshabiller devant son partenaire, laisser voir la poche, le moignon, la cicatrice du thorax, accepter d’être touché à cet endroit : beaucoup de personnes repoussent ce moment indéfiniment. Le partenaire, de son côté, n’ose pas faire le premier pas, de peur de faire mal ou d’avoir l’air insistant. Chacun attend l’autre, et la distance s’installe sans que personne ne l’ait voulue.
Il arrive aussi que le partenaire soit devenu soignant : il refait les pansements, change la poche, aide à la toilette. Ce rôle, précieux dans les premières semaines, peut ensuite brouiller la relation amoureuse. Reprendre soi-même certains soins, quand c’est possible, aide souvent à retrouver une place de partenaire. Nous recevons les couples en séances de 80 minutes, au cabinet ou en téléconsultation, pour mettre des mots sur ce qui s’est figé. Voir aussi le dossier sexologie, la page couple et celle sur les complexes pendant les rapports.
Les enfants posent leurs propres questions, souvent avec une franchise qui déroute : « Elle va repousser, ta jambe ? » Leur répondre simplement, leur montrer la prothèse si vous le souhaitez, les laisser poser leurs questions, tout cela les rassure et, très souvent, vous rassure aussi.
Exemple fictif : Yannick, 52 ans, « je n’arrive pas à regarder ma jambe »
Une situation inventée pour cette page, à partir de ce que nous entendons souvent.
Situation
Yannick, chauffeur routier, a été amputé sous le genou il y a huit mois, après des complications de son diabète. La rééducation s’est bien passée et il marche avec une prothèse. Mais il ne regarde jamais son moignon, c’est sa femme qui fait les soins, il dort avec un pantalon et ne va plus voir les matchs de foot de son petit-fils « à cause des gradins ». Il dit : « Je devrais être content, j’aurais pu y laisser la vie. » Il dort mal et s’irrite pour un rien.
Quelle direction paraît la plus aidante ?
Autre visage du même chemin, imaginons Léa, 23 ans, étudiante, qui vit depuis un an avec une stomie après une poussée sévère de maladie de Crohn. Ce n’est pas la poche elle-même qui la fait souffrir, mais la peur qu’on l’entende ou qu’on la sente en cours. Son travail portera surtout sur cette honte et sur les situations sociales qu’elle évite, beaucoup moins sur l’apparence.
Comment accepter son corps après une opération : ce que nous proposons
Nous ne cherchons pas à vous faire « accepter » trop vite. Nous commençons par écouter ce qui s’est passé, ce que vous avez perdu, ce que vous évitez, et ce que cette partie du corps représentait pour vous : un métier, un sport, une féminité, une force, une manière d’être vu. Rien ne vous engage après une première rencontre, et un proche peut vous accompagner si vous le souhaitez. Tout peut se faire en téléconsultation, ce qui compte quand les déplacements sont encore difficiles.
L’écoute analytique, nourrie de plusieurs grands repères de la psychanalyse, pour entendre le deuil, la colère, la honte, et ce que la transformation du corps réveille de votre histoire.
L’EMDR, en séances de 80 minutes, après un bilan psycho-traumatique si besoin, pour les scènes de l’accident, de l’annonce, du réveil ou des soins.
Les outils de la TCC, pour reprendre progressivement les gestes évités : regarder, toucher, soigner, montrer, sortir.
Le travail en lien avec les équipes de chirurgie, de rééducation et de la douleur, et avec votre médecin, si vous le souhaitez et avec votre accord.
Le regard de notre neuropsychologue lorsque l’opération ou ce qui l’a précédée (réanimation, accident avec choc à la tête) laisse des plaintes de mémoire ou de concentration.
Les séances de couple ou de famille, longues de 80 minutes, aident quand la transformation a déplacé les rôles à la maison. L’ensemble de notre travail sur le rapport au corps est présenté dans notre approche de l’image du corps.
À retenir
Le corps change en quelques heures ; l’image intérieure met des mois à suivre. Ce décalage est attendu.
Le membre fantôme est un phénomène neurologique bien connu, pas un signe de folie.
Perdre une partie de soi est un deuil : la peine a le droit d’exister, même quand l’opération a sauvé la vie.
Regarder, toucher, soigner, montrer : ces gestes se reprennent pas à pas, et l’apaisement des souvenirs de l’opération y aide beaucoup.
Questions fréquentes après une amputation ou une chirurgie lourde
Est-ce normal de ne plus reconnaître son corps après une opération ?
Oui. L’image du corps s’est construite pendant des années ; elle ne se met pas à jour en une journée. Pendant des semaines ou des mois, on peut se sentir étranger à son propre corps, éviter le miroir, ne pas toucher la zone opérée. Cette étrangeté diminue en général avec le temps, la rééducation et la reprise progressive des gestes. Si elle persiste, s’accompagne de tristesse, d’évitements qui s’étendent ou de souvenirs envahissants, un accompagnement psychologique aide à remettre les choses en mouvement.
Le membre fantôme est-il dans la tête ?
Il est dans le cerveau, ce qui n’est pas la même chose qu’imaginaire. Après une amputation, la carte que le cerveau a du corps contient encore le membre absent, ce qui explique les sensations de présence, de position, de fourmillements, parfois de douleur. C’est un phénomène très fréquent, connu depuis des siècles. Les douleurs fantômes relèvent des médecins de la douleur ; le stress et les émotions peuvent les amplifier, et le travail psychologique aide à mieux les traverser.
Comment faire le deuil d’une partie de son corps ?
En lui laissant d’abord le droit d’exister : la tristesse, la colère, la nostalgie du corps d’avant sont légitimes, même quand l’opération a été nécessaire. Puis en reprenant peu à peu une relation avec le corps tel qu’il est, par le regard, le toucher, les soins, les sorties. Ce chemin ne suit pas un ordre fixe et revient par vagues. Le parler avec quelqu’un dont c’est le métier aide à ne pas rester bloqué dans l’évitement ou la culpabilité.
Comment vivre avec une stomie sans en avoir honte ?
La honte liée à une stomie porte souvent moins sur l’apparence que sur l’intime : la peur des bruits, des odeurs, des fuites, du regard du partenaire. Elle se travaille en nommant précisément ce que l’on redoute, en vérifiant peu à peu ce qui se passe réellement dans les situations évitées, et en reprenant la parole sur l’intimité, seul ou en couple. Les soignants spécialisés en stomathérapie apportent les solutions pratiques ; le travail psychologique s’occupe de la honte et de l’image de soi.
Peut-on faire de l’EMDR après une amputation ?
Oui, quand des souvenirs liés à l’accident, à l’annonce, au réveil ou aux soins restent vifs et entretiennent la détresse. Un bilan psycho-traumatique aide d’abord à repérer ce qui reste à vif et à préparer le travail. Les séances d’EMDR durent 80 minutes au cabinet. Il est fréquent que le regard sur le corps opéré s’apaise quand l’intensité de ces souvenirs diminue. L’EMDR se combine avec la parole et avec la reprise progressive des gestes évités.
Comment aider un proche qui ne supporte pas son corps après une opération ?
En évitant deux pièges : minimiser (« ce n’est rien, on ne voit presque pas ») et faire à sa place. Écoutez sa peine sans chercher à la corriger, proposez-lui de faire lui-même les soins quand c’est possible, et ne forcez pas le regard ou le toucher. Si vous êtes en couple, parlez de ce que chacun ressent face à la transformation : le silence protège rarement. Vous pouvez aussi être reçu pour vous-même, ou en couple, au cabinet ou en téléconsultation.
Références
Neurologie et psychologie du corpsLes sources des repères de cette page…
Les travaux évoqués dans cette page.
Henry Head et Gordon Holmes, « Sensory disturbances from cerebral lesions », Brain, 1911.
Paul Schilder, L’Image du corps, Gallimard, 1968 (édition originale 1935).
Bob Price, « A model for body-image care », Journal of Advanced Nursing, 1990, vol. 15, n° 5.
Vilayanur S. Ramachandran et Diane Rogers-Ramachandran, « Synaesthesia in phantom limbs induced with mirrors », Proceedings of the Royal Society B, 1996.
Il ne ressemblera pas à celui d’avant, mais il peut redevenir habitable, montrable, aimable. Un premier rendez-vous permet de faire le point sur ce que vous traversez et de choisir, avec vous, par où commencer. Au cabinet ou en téléconsultation.
La « loi de l’instrument », formulée par Abraham Kaplan en 1964 puis reprise par Abraham Maslow dans The Psychology of Science: A Reconnaissance (1966), rappelle qu’« il est tentant, si le seul outil dont on dispose est un marteau, de traiter tout comme si c’était un clou ».
En psychologie, une méthode ne peut pas répondre à toutes les situations. Forts de plusieurs décennies de pratique et de formations complémentaires, nous mobilisons de nombreux outils, choisis avec discernement, afin d’identifier rapidement les leviers les plus efficaces. Nous proposons ainsi un accompagnement aussi bref qu’efficace, tout en sachant accompagner aussi bien les suivis prolongés que le besoin d’un espace de parole régulier.