Le corps, le poids, le regard
Depuis quand le complexe ou le poids pèse-t-il ? Quelles remarques, quelles périodes, quels régimes, quelles blessures ? L’histoire éclaire la décision.
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Vous cachez une partie de votre corps, vous évitez les photos, la piscine, l’intimité, ou vous passez des heures à vous scruter ? Au cabinet, nous ne commençons pas par une méthode : nous commençons par vous écouter parler de votre corps, avec vos mots. Ensuite, nous associons trois façons de travailler. Une écoute analytique pour comprendre ce que le complexe porte, l’EMDR pour apaiser les souvenirs de moqueries et de regards blessants, les outils de la TCC pour desserrer les vérifications et les évitements. Notre psychothérapeute réalise aussi des bilans psychologiques, notamment avant une chirurgie de l’obésité ou une chirurgie esthétique.
Les premières phrases arrivent souvent très vite, comme si elles attendaient depuis longtemps : « Je me trouve moche. » « Je ne supporte plus de me voir. » « Mon compagnon ne m’a jamais vue sans t-shirt. » « Depuis la grossesse, je ne me reconnais plus. » D’autres fois, elles mettent plusieurs séances à venir, parce que parler de son apparence à quelqu’un qui vous regarde est en soi une épreuve. Nous en tenons compte : on peut commencer en téléconsultation, venir accompagné au premier rendez-vous, et ce premier rendez-vous n’engage à rien.
Ce qui nous intéresse d’abord, ce sont vos mots, plus que la zone elle-même. « Mon ventre » ne dit pas la même chose que « ce ventre ». « Je suis grosse » n’est pas « je suis énorme ». Nous demandons aussi depuis quand, à quel moment le malaise a commencé, s’il y a eu une remarque, un surnom, une période de harcèlement, une maladie, une transformation du corps. Il arrive que nous demandions de raconter une scène précise, minute par minute : un essayage en cabine, un dîner, un premier rendez-vous amoureux. Les détails disent beaucoup de ce qui fait mal.
Nous ne partons pas du principe que votre souffrance viendrait d’une perception faussée. Les moqueries, les remarques familiales, la grossophobie, les discriminations liées à l’apparence existent, et elles laissent des traces. Notre travail peut commencer par cette réalité, avant toute autre chose. Voir moqueries et harcèlement sur le physique et les discriminations liées à l’apparence.
Enfin, nous faisons la part entre un complexe ordinaire devenu envahissant, une dysmorphophobie, un trouble alimentaire, une anxiété sociale, une dépression : ces souffrances se ressemblent, se mêlent parfois, et n’appellent pas tout à fait la même aide. Voir complexe, dysmorphophobie, TCA : quelles différences.
Un complexe a souvent plusieurs racines : une histoire, des souvenirs, des habitudes qui l’entretiennent. C’est pourquoi nous associons plusieurs façons de travailler, dosées selon chaque personne et ajustées au fil du temps.
Comprendre ce que le complexe porte. Notre écoute analytique est nourrie de plusieurs grands repères de la psychanalyse. Elle part de l’idée que l’image du corps se construit dans les regards et les paroles des autres, et qu’une partie du corps peut devenir le lieu d’une honte, d’une rivalité, d’une ressemblance encombrante, d’un deuil. En parlant, on découvre souvent que le complexe raconte autre chose que de l’esthétique, et ce déplacement soulage. Voir le corps dans la psychanalyse.
Apaiser les souvenirs qui ont fixé l’image. Une moquerie au collège, un surnom, la remarque d’un parent, un regard dégoûté, une scène d’humiliation dans un vestiaire : ces souvenirs restent parfois « à vif » et continuent de commander le regard que l’on porte sur soi. L’EMDR permet de les retraiter, ainsi que les croyances qui s’y sont attachées. Les séances d’EMDR durent 80 minutes. Voir l’EMDR.
Desserrer ce qui entretient le malaise. Vérifier dans le miroir, demander à être rassuré, se camoufler, éviter la plage, les photos, la lumière : ces gestes soulagent sur le moment et entretiennent le complexe. Les outils de la TCC aident à les réduire pas à pas, à s’exposer progressivement aux situations évitées et à décrire son corps sans le condamner. Voir les TCC au cabinet.
Faire le point, quand c’est utile. Notre psychothérapeute réalise des bilans psychologiques : pour comprendre une préoccupation qui envahit la vie, pour préparer un travail en EMDR (un bilan psycho-traumatique, voire dissociatif, est alors utile), ou avant une chirurgie de l’obésité ou une chirurgie esthétique. Aucun bilan ne se fait sans rendez-vous préliminaire, et chacun donne lieu à un compte rendu écrit. Voir les bilans.
Il n’y a pas d’ordre imposé. Certaines personnes ont besoin de reprendre un peu de prise avant de parler de leur histoire ; d’autres ne peuvent rien changer à leurs habitudes tant qu’un souvenir n’a pas été apaisé. Nous construisons le dosage avec vous, et nous faisons régulièrement le point sur l’avancée du travail.
Beaucoup de personnes complexées se souviennent avec une précision étonnante du jour où « tout a commencé ». Un oncle qui rit en voyant le maillot de bain. Une prof de sport qui fait remarquer, devant la classe, que « certaines devraient faire plus attention ». Un garçon qui recule pendant un slow. Un médecin qui commente le poids d’un enfant de dix ans en sa présence, comme s’il n’était pas là. Ces scènes ont parfois des décennies, et pourtant, quand on les évoque, la honte revient intacte, avec la chaleur au visage et la gorge serrée.
En EMDR, nous travaillons sur trois temps. Le passé : ces souvenirs-sources, et les croyances qu’ils ont laissées (« je suis repoussant », « on va se moquer de moi », « mon corps est un problème »). Le présent : les situations qui réveillent la même honte aujourd’hui, la cabine d’essayage, le vestiaire, la photo de groupe, le regard d’un partenaire. Le futur : les situations que vous voulez retrouver, la piscine avec les enfants, une soirée sans gilet, un premier rendez-vous, que l’on prépare avec le scénario du futur.
L’EMDR ne change pas le corps, et elle ne vise pas à vous faire trouver « beau » ce que vous détestez. Elle aide à ce que le souvenir redevienne un souvenir, et non une alarme permanente. Souvent, quand la charge émotionnelle s’apaise, le regard sur la zone concernée se détend aussi, et les évitements perdent de leur nécessité. Quand l’histoire comporte des violences, du harcèlement ou des traumatismes plus lourds, notre psychothérapeute, formé au trauma et à la dissociation, peut proposer un bilan psycho-traumatique avant de commencer. Voir EMDR, estime et confiance en soi.
Les complexes s’entretiennent par des gestes très ordinaires, répétés des dizaines de fois par jour. Nous les repérons ensemble, sans jugement : ils ont tous été, à un moment, une façon de se protéger. Puis nous les desserrons, un par un, à un rythme supportable.
Ces outils sont concrets et se pratiquent entre les séances. Ils donnent souvent rapidement un peu d’air, ce qui permet ensuite d’aborder plus sereinement l’histoire et les souvenirs.
Notre psychothérapeute réalise des bilans psychologiques avant une chirurgie de l’obésité (chirurgie bariatrique) et avant une chirurgie esthétique. Pour la chirurgie de l’obésité, la Haute Autorité de santé recommande, dans sa recommandation de bonne pratique de janvier 2009, une évaluation psychologique ou psychiatrique pour toutes les personnes candidates à l’intervention, dans le cadre d’une préparation de plusieurs mois. Elle souligne aussi que la perte de poids peut entraîner des changements psychologiques et qu’une période d’adaptation est souvent nécessaire, pour soi comme pour l’entourage.
Ce bilan n’est ni un examen de passage ni un interrogatoire. C’est un temps pour faire le point, ensemble, sur ce qui compte avant une décision importante :
Depuis quand le complexe ou le poids pèse-t-il ? Quelles remarques, quelles périodes, quels régimes, quelles blessures ? L’histoire éclaire la décision.
Que changera l’intervention, et que ne changera-t-elle pas ? Le travail, la vie amoureuse, la confiance : parler de ses attentes aide à les rendre réalistes et à préparer l’après.
Grignotages, crises, restrictions, alimentation émotionnelle : les repérer avant l’intervention permet de les accompagner. Voir le dossier troubles alimentaires.
Anxiété, tristesse, épuisement, souvenirs traumatiques, préoccupation obsédante pour un défaut : autant de choses qu’il vaut mieux connaître et soutenir.
Qui sera là pendant la convalescence ? Comment le couple, la famille vivront-ils le changement ? Le corps nouveau demande aussi un temps d’apprivoisement.
Le bilan s’appuie sur des entretiens et, si c’est utile, sur des questionnaires validés que les cliniciens utilisent en bilan. Il donne lieu à un compte rendu écrit ; pour qu’il vous soit expliqué, il suffit de prendre une séance. Le bilan psychologique peut se faire en téléconsultation. Après l’intervention, nous pouvons accompagner la transformation : un corps qui change vite ne se reconnaît pas tout de suite. Voir après une chirurgie de l’obésité, chirurgie et médecine esthétiques et les bilans psychologiques.
Avant de savoir par où commencer, il est utile de mesurer ce que le complexe prend dans votre vie. Déplacez chaque curseur : 0, pas du tout ; 10, énormément. Rien n’est enregistré ni envoyé.
Idées de mort, envie de vous faire du mal, restriction alimentaire sévère, impossibilité de sortir de chez vous : en cas de danger immédiat, faites le 15 (SAMU). Prenez un rendez-vous au cabinet en téléconsultation le plus rapidement possible. Si Doctolib ne permet pas un rendez-vous immédiat, envoyez des textos WhatsApp ou/et SMS aux cliniciens du cabinet.
Ce quiz pédagogique ne pose pas de diagnostic. Il vous aide à repérer, parmi nos façons de travailler, celle qui semble la plus proche de ce que vous vivez aujourd’hui. Le premier rendez-vous permettra d’affiner.
Chaque parcours est différent, mais on retrouve souvent les mêmes étapes, qui se chevauchent plus qu’elles ne se suivent.
Notre psychothérapeute, également pédopsychothérapeute, reçoit l’adolescent seul, et ses parents à d’autres moments, pour que chacun ait sa place. Avec les plus jeunes, le jeu, le dessin et les histoires aident à dire ce qui ne se dit pas. Un enfant peut être reçu avec ses parents, seul, ou les deux ; quand il refuse de venir, les parents peuvent être reçus seuls. Une première séance en téléconsultation est possible pour un adolescent qui ne sort plus. Voir adolescence et puberté et quand un enfant se trouve laid.
Quand un complexe pèse sur l’intimité, le désir ou la vie à deux, des séances de couple de 80 minutes permettent d’en parler à deux, dans un cadre neutre. Une EMDR individuelle peut se mener en parallèle pour l’un des partenaires. Voir ne pas oser se déshabiller, le dossier couple et la sexologie.
Les proches aussi peuvent consulter : un parent qui ne sait plus quoi répondre à son enfant, un partenaire démuni face à la détresse de l’autre. Voir aider un proche complexé et mon partenaire a des complexes. Quand se pose la question d’un fonctionnement particulier, un TDAH, un autisme ou un haut potentiel, le regard de notre neuropsychologue peut compléter le travail.
Le cabinet reçoit tout le monde, à Colombes, à Pavillons-sous-Bois et en Ardèche, ainsi qu’en téléconsultation, où tout peut se faire, séances de couple comprises. Les consultations sont possibles 365 jours par an. Voir le cabinet.
Une situation inventée pour cette page, à partir de ce que nous entendons souvent.
Situation
Malik porte un t-shirt même à la piscine, même la nuit. Il a perdu trente kilos il y a deux ans et la peau de son ventre est restée distendue. Il évite la plage avec ses enfants, refuse les gestes tendres de sa compagne sur son ventre. Adolescent, on l’appelait « le gros » au vestiaire du club de foot. Il se demande s’il doit faire une chirurgie réparatrice, et dit : « De toute façon, même avant, je ne me supportais pas. »
Par où pourrions-nous commencer ?
Affirmation 1
Faux. Quand un complexe fait renoncer à la plage, à l’intimité, aux photos, aux sorties, il mérite d’être pris au sérieux. Il n’y a pas de seuil minimal de souffrance pour consulter.
Affirmation 2
Faux. Nous ne jugeons pas votre apparence, ni dans un sens ni dans l’autre. Nous nous intéressons à ce que vous vivez, à votre histoire, et à ce qui entretient le malaise.
Affirmation 3
Vrai. Les séances individuelles, l’EMDR, les séances de couple et le bilan psychologique peuvent se faire à distance, ce qui aide beaucoup quand se montrer est difficile.
Affirmation 4
C’est plus nuancé. Une intervention peut beaucoup apporter, et le corps nouveau demande aussi du temps pour être reconnu comme le sien. Un accompagnement avant et après aide souvent.
Affirmation 5
Vrai. Certaines scènes restent à vif pendant des années. L’EMDR permet de les retraiter pour qu’elles cessent de commander le regard sur soi.
Un psychologue ou un psychothérapeute qui connaît les questions d’image du corps, et qui peut associer plusieurs approches selon ce que vous vivez. Au cabinet, notre psychothérapeute travaille avec une écoute analytique, l’EMDR et les outils de la TCC, et réalise des bilans psychologiques quand c’est utile. Le premier rendez-vous permet de faire connaissance et de voir ensemble comment avancer, sans engagement. Il peut se faire au cabinet ou en téléconsultation.
Il se déroule en entretiens, après un premier rendez-vous. Notre psychothérapeute explore avec vous l’histoire de votre poids et de votre rapport au corps, vos attentes vis-à-vis de l’intervention, votre rapport à l’alimentation, votre humeur et vos appuis. Des questionnaires validés peuvent compléter les entretiens. Le bilan donne lieu à un compte rendu écrit, qu’une séance permet de vous expliquer. Il peut se faire en téléconsultation.
Rien ne vous y oblige, mais c’est souvent précieux, surtout quand le complexe est ancien, qu’il occupe beaucoup vos pensées ou qu’il s’est déjà déplacé d’une zone à l’autre. Notre psychothérapeute réalise des bilans psychologiques avant une chirurgie esthétique : un temps pour clarifier vos attentes, comprendre l’histoire du complexe et préparer l’après. La décision reste la vôtre.
Il n’y a pas de nombre fixe. Certaines personnes retrouvent de l’air en quelques mois, d’autres ont besoin d’un travail plus long, surtout quand le complexe est ancien ou lié à des souvenirs douloureux. Nous adaptons le rythme des séances et faisons régulièrement le point avec vous sur ce qui a changé et ce qui reste à travailler. Aucun résultat ne peut être promis à l’avance.
Elle ne change pas le corps et ne cherche pas à vous le faire trouver beau. Elle aide quand des souvenirs restés à vif, comme des moqueries, des remarques ou des scènes d’humiliation, commandent encore le regard que vous portez sur vous. Quand ces souvenirs s’apaisent, la honte perd souvent de sa force et les évitements deviennent moins nécessaires. Les séances d’EMDR durent 80 minutes.
Vous pouvez venir seuls, en tant que parents. Ces séances aident à comprendre ce que vit votre enfant, à trouver les mots justes et à éviter ceux qui blessent sans le vouloir. Parfois, une première séance en téléconsultation est plus facile à accepter pour un adolescent. Quand il vient, notre pédopsychothérapeute le reçoit seul, et vous à d’autres moments.
Vous n’avez pas besoin de savoir déjà ce dont vous avez besoin. Le premier rendez-vous sert à cela : vous écouter, comprendre ensemble, et choisir une façon de travailler qui vous ressemble.
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La « loi de l’instrument », formulée par Abraham Kaplan en 1964 puis reprise par Abraham Maslow dans The Psychology of Science: A Reconnaissance (1966), rappelle qu’« il est tentant, si le seul outil dont on dispose est un marteau, de traiter tout comme si c’était un clou ».
En psychologie, une méthode ne peut pas répondre à toutes les situations. Forts de plusieurs décennies de pratique et de formations complémentaires, nous mobilisons de nombreux outils, choisis avec discernement, afin d’identifier rapidement les leviers les plus efficaces. Nous proposons ainsi un accompagnement aussi bref qu’efficace, tout en sachant accompagner aussi bien les suivis prolongés que le besoin d’un espace de parole régulier.