Qu’est-ce qu’une crise d’épilepsie ? Le cerveau expliqué simplement
Le mot vient d’un verbe grec, epilambanein, qui veut dire saisir, attaquer par surprise. Les anciens Français disaient le « haut mal », ou le « mal caduc », de cadere, tomber. Tous ces noms décrivent ce que voit le témoin : quelqu’un qui est pris, puis qui tombe. Aucun ne dit ce qui se passe à l’intérieur. C’est ce que nous expliquons ici, avec les mots que nous employons en consultation quand un patient ou un parent nous demande : « Mais qu’est-ce qui se passe, exactement, dans sa tête ? »
Un orchestre qui se met soudain à jouer la même note
Au XIXe siècle, le neurologue londonien John Hughlings Jackson a proposé une définition qui n’a presque pas vieilli : une épilepsie, écrivait-il, est faite de décharges occasionnelles, soudaines, excessives, rapides et locales de la substance grise. Chacun de ces mots compte encore. Occasionnelles, parce que le cerveau fonctionne normalement l’immense majorité du temps. Soudaines et rapides, parce que la crise surgit en quelques secondes. Excessives et locales, parce qu’elle naît d’un groupe de neurones qui s’emballent, quelque part.
Pour s’en faire une image, nous parlons souvent d’un orchestre. Les neurones communiquent par de petites impulsions électriques et chimiques. À tout instant, certains s’excitent, d’autres freinent ; le glutamate pousse à transmettre, le GABA retient. De cet équilibre naît une musique faite de voix différentes, qui jouent chacune leur partie. Une crise, c’est le moment où un pupitre se met à jouer très fort, tous ensemble, la même note, et entraîne ses voisins. Les neurologues parlent d’hypersynchronie : trop de neurones qui déchargent au même rythme.
Ce que vit la personne dépend de l’endroit où commence cette note et de la distance qu’elle parcourt. Si la décharge reste dans la zone qui commande la main, la main se met à secouer. Si elle naît dans la région temporale, qui travaille avec la mémoire et les émotions, surgissent un déjà-vu, une peur sans objet, une odeur étrange. Si elle gagne les deux hémisphères, la conscience s’éteint. Voilà pourquoi il existe tant de crises différentes : la page sur les formes d’épilepsie les passe en revue.
Puis l’orchestre se tait. Les freins du cerveau reprennent la main, et c’est d’ailleurs leur intervention qui met fin à la crise. Ce silence n’est pas immédiatement un retour à la musique ordinaire : les neurones épuisés récupèrent, et c’est cette récupération que la personne vit comme la confusion et la fatigue de l’après-crise.
Le seuil : pourquoi tout cerveau peut, un jour, faire une crise
Une idée surprend beaucoup de nos patients : n’importe quel cerveau peut faire une crise, si les conditions sont réunies. Une forte fièvre chez le jeune enfant, une chute brutale du sucre dans le sang, un sevrage d’alcool après des années de consommation, un traumatisme crânien, certaines intoxications : dans ces situations, un cerveau sans épilepsie peut faire une crise. On parle alors de crise provoquée, ou symptomatique aiguë.
Chacun de nous a donc un seuil, une marge avant la crise. Dans l’épilepsie, ce seuil est durablement plus bas, à cause d’une cicatrice, d’une malformation, d’une particularité génétique ou d’une cause qui reste inconnue. Et ce seuil n’est pas fixe : il monte et descend au fil des jours. C’est l’un des messages les plus utiles que nous puissions transmettre, parce qu’il redonne une prise. On ne choisit pas d’avoir une épilepsie ; on peut, en revanche, agir sur une partie de ce qui fait varier le seuil.
Essayez : cochez ce qui ressemble à la semaine que vous venez de vivre, ou à celle d’un proche. La balance montre de quel côté penche le seuil. C’est un outil pour apprendre, pas une mesure du risque de crise, que seul le neurologue peut apprécier.
Ce qui abaisse le seuil
Ce qui le protège
Les déclencheurs varient d’une personne à l’autre, et la manière de les apprivoiser sans transformer sa vie en règlement fait l’objet de la page vivre avec une épilepsie.
Une crise n’est pas encore une épilepsie
La distinction paraît subtile ; elle change beaucoup de choses, pour le traitement comme pour la façon dont on se pense soi-même. La Ligue internationale contre l’épilepsie, qui fixe les définitions utilisées par les neurologues du monde entier, appelle épilepsie une maladie du cerveau caractérisée par une prédisposition durable à produire des crises (Fisher et al., 2005). Dans la pratique, le neurologue parle d’épilepsie dans l’une de ces trois situations (Fisher et al., 2014) :
- au moins deux crises non provoquées, survenues à plus de vingt-quatre heures d’intervalle ;
- une seule crise non provoquée, quand les examens montrent que le risque d’en refaire est élevé (une lésion visible à l’imagerie, certaines anomalies à l’électroencéphalogramme) ;
- un syndrome épileptique reconnu, c’est-à-dire un ensemble caractéristique de crises, d’âge de début et de tracé.
La même définition a introduit une idée que nous aimons transmettre : une épilepsie peut être dite résolue. C’est le cas d’un syndrome lié à l’âge chez quelqu’un qui a dépassé cet âge, ou d’une personne restée sans crise pendant dix ans, dont les cinq dernières sans traitement. Le vocabulaire a son importance : on ne dit pas « guérie », parce que la prédisposition n’a pas forcément disparu, mais on cesse d’être épileptique au présent. Pour certains patients, entendre que ce mot-là existe change le regard porté sur l’avenir.
À l’inverse, une première crise ne fait pas de quelqu’un un épileptique. Nous recevons parfois des personnes qui se sont pensées malades pour la vie après une crise unique, provoquée par une nuit blanche et un excès d’alcool, et qui vivent depuis dans l’attente. Le neurologue est le seul à pouvoir dire où l’on se situe ; ce que nous pouvons faire, c’est aider à vivre avec l’incertitude pendant le temps où elle demeure.
Cinq situations à démêler
Tout ce qui fait tomber et trembler n’est pas une épilepsie. Associez chaque situation fictive au nom qui lui correspond le mieux. C’est un jeu d’apprentissage : dans la réalité, seul l’examen médical permet de trancher.
La dernière situation est celle des crises non épileptiques psychogènes, que l’on appelle aussi crises fonctionnelles. Elles sont involontaires, elles sont réelles, et elles relèvent d’un soin psychique que nous connaissons bien. La page qui leur est consacrée, quand ce n’est pas l’épilepsie, les explique en détail.
Une crise au ralenti
Voici le déroulé d’une crise qui commence dans un lobe temporal puis s’étend aux deux côtés du cerveau, l’une des situations les plus fréquentes chez l’adulte. Toutes les crises ne passent pas par toutes ces étapes, loin de là. Ce découpage aide surtout à comprendre une chose : la personne et le témoin ne vivent pas la même crise. L’une garde un début et une fin, avec un trou au milieu ; l’autre a tout vu, et ne sait rien de ce qui a été ressenti.
- Des heures avant, parfoisCertaines personnes, ou leurs proches, repèrent des signes avant-coureurs : une irritabilité inhabituelle, un mal de tête, une humeur changée, un sommeil agité. Les neurologues parlent de prodromes. Ils ne sont pas des crises, et tout le monde n’en a pas.Le carnet de crises aide à les reconnaître.
- Quelques secondes : l’auraUne sensation qui monte du creux de l’estomac, un déjà-vu intense, une peur venue de nulle part, une odeur étrange. Longtemps considérée comme un avertissement, l’aura est en fait le début de la crise elle-même : une crise focale pendant laquelle la conscience est préservée.C’est souvent le seul moment dont la personne se souvient.
- La conscience se troubleLa décharge s’étend dans le lobe temporal. Le regard devient fixe, la personne ne répond plus, ses lèvres mâchonnent, ses mains tripotent un vêtement. Vu de l’extérieur, elle semble absente ou ailleurs.Ici commence le trou dans le souvenir.
- La généralisation, chez certainsLa décharge gagne les deux hémisphères. Le corps se raidit (phase tonique), parfois avec un cri, une chute, puis se met à secouer de façon rythmée (phase clonique). La respiration se bloque un moment, le visage peut bleuir.Cette phase dure le plus souvent une à deux minutes, interminables pour le témoin.
- Le retourLes secousses s’espacent et s’arrêtent. La respiration reprend, profonde et bruyante. La personne reste inconsciente, puis émerge lentement, confuse, sans savoir où elle est ni ce qui s’est passé.Le moment où il faut la tourner sur le côté et lui parler doucement.
- Les heures suivantesFatigue écrasante, envie de dormir, mal de tête, courbatures, parfois une morsure sur le côté de la langue ou une perte d’urine. Plus rarement, une faiblesse passagère d’un bras ou d’une jambe, qui disparaît en quelques heures.Les neurologues parlent de phase postcritique.
- Les jours d’aprèsLe corps récupère vite, souvent. L’esprit, pas toujours : le souvenir du réveil, la honte d’avoir été vu, la peur que cela recommence. C’est sur ce temps-là, qui n’apparaît dans aucun électroencéphalogramme, que nous travaillons le plus.Voir la page sur l’anxiété et l’humeur.
- Une crise naît d’un groupe de neurones qui déchargent ensemble, trop fort ; elle s’arrête quand les freins du cerveau reprennent le dessus.
- Tout cerveau a un seuil. Dans l’épilepsie, il est durablement plus bas, mais il varie, et l’on peut agir sur une partie de ce qui le fait varier.
- L’aura n’est pas un signe annonciateur : c’est déjà la crise, dans sa forme la plus locale.
- Le patient et le témoin ont chacun la moitié de l’histoire. Les réunir aide le neurologue, et aide aussi la personne à se réapproprier ce qui lui est arrivé.
D’où vient une épilepsie ? Six familles de causes
« Pourquoi moi ? » La question arrive presque toujours, et elle ne porte pas seulement sur la biologie. La classification de la Ligue internationale (Scheffer et al., 2017) range les causes en six familles. Elles peuvent se combiner, et dans bien des cas aucune n’est trouvée.
Une lésion visible. Une cicatrice laissée par un accident vasculaire cérébral, un traumatisme crânien ou une tumeur, une malformation du cortex présente depuis la naissance, une sclérose de l’hippocampe (une petite structure du lobe temporal, essentielle à la mémoire). L’IRM permet souvent de la voir. Chez la personne âgée, les causes vasculaires sont parmi les plus fréquentes.
Une particularité génétique. Elle peut être connue (une mutation identifiée) ou supposée, comme dans les épilepsies généralisées qui débutent dans l’enfance ou l’adolescence. Génétique ne veut pas forcément dire héréditaire : la particularité peut être apparue chez l’enfant sans venir d’aucun des deux parents. Nous voyons souvent des parents soulagés de l’apprendre, et d’autres qui se reprochent à tort d’avoir « transmis ».
Une infection du cerveau, passée ou en cours. Méningites, encéphalites, et, dans certaines régions du monde, des infections parasitaires qui comptent parmi les causes d’épilepsie les plus courantes et les plus évitables. On parle d’épilepsie infectieuse quand les crises se poursuivent au-delà de l’infection elle-même.
Une anomalie du métabolisme. Plus rares, souvent repérées dans l’enfance, ces maladies touchent la façon dont les cellules produisent ou utilisent l’énergie. Certaines se traitent de façon spécifique, ce qui explique que les neurologues les recherchent chez le jeune enfant.
Une inflammation d’origine immunitaire. Le système de défense de l’organisme s’en prend par erreur au cerveau : c’est le cas des encéphalites auto-immunes. Ces formes, mieux connues depuis peu, s’accompagnent souvent de troubles du comportement, de la mémoire ou de l’humeur au premier plan, qui peuvent faire croire d’abord à une maladie psychiatrique.
Aucune cause trouvée. C’est fréquent, et c’est difficile à entendre. L’esprit humain supporte mal l’absence d’explication, et il en fabrique : une colère, une chute dans l’enfance, une faute. En séance, nous voyons ces explications privées circuler, souvent chargées de culpabilité, et nous prenons le temps de les entendre avant de les mettre de côté. Elles en disent long sur la personne, même quand elles ne disent rien de la maladie.
Comment le neurologue pose le diagnostic
Le diagnostic d’épilepsie repose d’abord sur un récit. C’est souvent ce qui étonne : on imagine un examen décisif, et l’on découvre que l’essentiel tient à ce que la personne a ressenti et à ce que les témoins ont vu. Une vidéo prise au téléphone par un proche, si elle est possible sans mettre personne en danger, peut apporter au neurologue plus qu’une heure d’explications.
Les examens viennent ensuite préciser. L’électroencéphalogramme (EEG) enregistre l’activité électrique du cerveau grâce à des électrodes posées sur le cuir chevelu ; il comporte souvent une respiration rapide et profonde pendant quelques minutes, une stimulation par des éclairs lumineux, parfois un enregistrement après une nuit écourtée ou pendant le sommeil, qui font apparaître des anomalies cachées. Pour les situations difficiles, la vidéo-EEG prolongée, sur plusieurs jours, filme et enregistre en même temps les crises. L’IRM recherche une lésion. Des analyses de sang écartent une cause provoquée.
Un point mérite d’être retenu : un EEG normal entre deux crises n’exclut pas une épilepsie, et une petite anomalie isolée ne suffit pas à en affirmer une. C’est l’ensemble qui parle.
Exemple fictif
Mathilde, 41 ans, a fait une crise généralisée un samedi matin, après une semaine de nuits très courtes. Aux urgences, puis chez le neurologue, l’EEG et l’IRM sont normaux. Le neurologue lui propose d’attendre, sans traitement, en surveillant son sommeil. Mathilde sort soulagée, puis, dans les semaines suivantes, elle n’ose plus conduire ses enfants, dort mal, vérifie chaque soir que son téléphone est chargé « au cas où ». Elle nous dit : « Puisqu’ils n’ont rien trouvé, je ne sais pas contre quoi me battre. »
Qu’est-ce qui ferait le plus de bien à Mathilde ?
Les traitements, en quelques lignes
Les médicaments antiépileptiques ne réparent pas la cause d’une épilepsie : ils rendent les neurones moins prompts à s’emballer, en renforçant les freins ou en calmant l’excitation. Chez une majorité de personnes, ils permettent de ne plus faire de crises. Leur choix, leur dose et leurs éventuels changements relèvent du neurologue, qui tient compte de la forme d’épilepsie, de l’âge, d’un projet de grossesse, des autres traitements et des effets indésirables.
Quand deux médicaments bien choisis, bien tolérés et pris correctement n’ont pas permis de contrôler les crises, on parle d’épilepsie pharmacorésistante (Kwan et al., 2010). D’autres voies s’ouvrent alors, discutées dans des équipes spécialisées : la chirurgie, qui peut faire disparaître les crises quand elles naissent d’une zone précise que l’on peut retirer sans dommage ; la stimulation du nerf vague ou d’autres techniques de neurostimulation ; chez l’enfant surtout, le régime cétogène, très riche en graisses.
Deux faits médicaux reviennent souvent dans nos séances, parce qu’ils ont des conséquences psychiques. Arrêter brutalement son traitement expose à des crises, parfois graves : quand un patient nous dit qu’il a « envie de tout arrêter », nous l’entendons comme une parole importante, sur le ras-le-bol, la dépendance ou le déni, et nous travaillons avec lui pour qu’elle puisse se dire à son neurologue plutôt que se faire en silence. Et certains médicaments peuvent agir sur l’humeur, le sommeil ou la concentration : signaler ces effets fait partie du soin.
Ce que la crise laisse dans l’esprit
Comprendre ce qui se passe dans le cerveau ne suffit pas à rendre une crise anodine. Perdre conscience, c’est perdre un morceau de sa propre histoire ; se réveiller entouré d’inconnus, c’est découvrir après coup qu’on a été vu sans pouvoir rien contrôler. Beaucoup de patients nous disent que le pire, dans une crise, est ce qu’ils n’en savent pas.
Ces vécus ont leurs pages : l’anxiété et la dépression, quand la peur et l’humeur s’installent ; la mémoire et l’attention, quand la pensée elle-même semble atteinte ; l’EMDR, quand une crise s’est gravée comme un traumatisme ; la psychanalyse, pour ce que cette perte de soi touche de plus intime.
Ce que nous faisons de ce savoir
Nous ne posons pas de diagnostic d’épilepsie et ne touchons pas au traitement. Mais ce que nous venons d’expliquer, nous le réexpliquons souvent en séance, à la demande, avec un dessin sur une feuille s’il le faut, parce qu’une maladie que l’on comprend fait moins peur. Et parce que les explications données à l’hôpital, dans l’émotion d’un diagnostic, sont souvent oubliées dès la porte franchie.
Nous pouvons reprendre avec vous le récit d’une crise, minute par minute, en rassemblant ce que vous en savez et ce que les témoins vous en ont dit : c’est souvent là que se nichent la honte et la peur. Avec votre accord, nous échangeons avec votre neurologue. Si votre mémoire ou votre attention vous inquiètent, un bilan neuropsychologique peut être mené sur place par la neuropsychologue, qui vous en remet un compte rendu écrit. La première rencontre n’engage à rien, en Île-de-France, en Ardèche, ou en téléconsultation ; voir notre façon d’accompagner.
Questions sur le cerveau et les crises
Que fait le cerveau au moment d’une crise d’épilepsie ?
Un groupe de neurones se met à décharger de façon excessive et synchronisée, comme un pupitre d’orchestre qui jouerait très fort la même note et entraînerait ses voisins. Les signes de la crise dépendent de la zone où cette décharge commence et de la façon dont elle s’étend. La crise s’arrête quand les mécanismes de freinage du cerveau reprennent le dessus.
Une seule crise, est-ce une épilepsie ?
Pas forcément. Une crise peut être provoquée par une fièvre, un sevrage d’alcool, une baisse du sucre dans le sang ou un traumatisme crânien, chez quelqu’un qui n’a pas d’épilepsie. Le neurologue parle d’épilepsie après deux crises non provoquées espacées de plus de vingt-quatre heures, ou après une seule si les examens montrent un risque élevé de récidive, ou en cas de syndrome épileptique reconnu.
Qu’est-ce qu’une aura épileptique ?
C’est une sensation qui précède parfois une crise plus étendue : une montée au creux de l’estomac, un déjà-vu, une peur soudaine, une odeur étrange, des fourmillements. On sait aujourd’hui que l’aura est déjà une crise, une crise focale au cours de laquelle la personne reste consciente. Elle peut s’arrêter là, ou s’étendre.
Un électroencéphalogramme normal veut-il dire qu’il n’y a pas d’épilepsie ?
Non. Entre deux crises, l’EEG peut être tout à fait normal chez une personne épileptique. C’est pourquoi le neurologue s’appuie d’abord sur le récit des crises et des témoins, et peut demander des enregistrements plus longs, pendant le sommeil ou après une nuit écourtée. À l’inverse, une petite anomalie isolée ne suffit pas à poser le diagnostic.
Pourquoi est-on si fatigué après une crise ?
Parce que les neurones qui ont déchargé, puis les mécanismes qui les ont freinés, ont besoin de temps pour retrouver leur fonctionnement ordinaire. Cette phase postcritique peut s’accompagner de confusion, de maux de tête, de courbatures et d’une grande envie de dormir, pendant quelques heures, parfois davantage. La fatigue psychique, elle, peut durer plus longtemps, surtout quand la crise a été vécue comme un choc.
Les textes de référence
Les définitions de cette page sont celles de la Ligue internationale contre l’épilepsie, publiées dans sa revue Epilepsia.
- Fisher, R. S., van Emde Boas, W., Blume, W., et al. (2005). « Epileptic seizures and epilepsy: definitions proposed by the International League Against Epilepsy (ILAE) and the International Bureau for Epilepsy (IBE) ». Epilepsia, 46(4), 470–472.
- Fisher, R. S., Acevedo, C., Arzimanoglou, A., et al. (2014). « ILAE official report: a practical clinical definition of epilepsy ». Epilepsia, 55(4), 475–482.
- Scheffer, I. E., Berkovic, S., Capovilla, G., et al. (2017). « ILAE classification of the epilepsies: Position paper of the ILAE Commission for Classification and Terminology ». Epilepsia, 58(4), 512–521.
- Kwan, P., Arzimanoglou, A., Berg, A. T., et al. (2010). « Definition of drug resistant epilepsy: consensus proposal by the ad hoc Task Force of the ILAE Commission on Therapeutic Strategies ». Epilepsia, 51(6), 1069–1077.
Pour aller plus loin
Remplir les trous du récit
Une crise laisse souvent un blanc au milieu de la journée, et des questions autour. Nous pouvons les reprendre avec vous, une à une, au cabinet ou en téléconsultation.