Alexithymie : quand on ne sent pas ses émotions, ou qu’on n’a pas les mots
« Comment vous sentez-vous ? » « Je ne sais pas. Normal. » Pour certaines personnes, cette réponse n’est pas une esquive : c’est la vérité. À la place de l’émotion, il y a un brouillard, un mal de ventre, une fatigue, ou rien. L’alexithymie, littéralement « pas de mots pour les émotions », concerne environ une personne sur dix. Elle n’est ni de la froideur ni de l’indifférence, et elle se travaille.
Mis à jour le 22 octobre 2026 · Lecture : 12 minutes
10 %environ de la population générale concernée, selon une large étude finlandaise
1973année où le psychiatre Peter Sifneos forge le mot alexithymie
3facettes mesurées par l’échelle de référence, la TAS-20
2 foisplus fréquente chez les hommes dans cette même étude (13 % contre 8 %)
Qu’est-ce que l’alexithymie ?
Le mot vient du grec : a (absence), lexis (mot), thymos (émotion). Le psychiatre américain Peter Sifneos l’a proposé en 1973 pour décrire des patients atteints de maladies dites psychosomatiques qui, interrogés sur ce qu’ils ressentaient, répondaient par des descriptions de faits, de douleurs ou de silences. Ils n’étaient pas sans émotions : leur corps en montrait tous les signes. Ils étaient sans accès à ces émotions.
L’alexithymie n’est pas une maladie, ni un diagnostic au sens des classifications. C’est un trait, présent à des degrés variables dans toute la population, un peu comme l’oreille musicale. Certaines personnes identifient en une seconde qu’elles sont « déçues mais soulagées » ; d’autres savent seulement qu’elles sont « mal », ou qu’elles ont « un poids sur l’estomac ». Au bout du spectre, une petite proportion ne perçoit presque rien du tout et découvre ses émotions par leurs conséquences : une migraine, une dispute, une démission.
Il faut insister sur un point, parce qu’il change tout dans les familles et les couples : une personne alexithymique ressent. Les mesures physiologiques le montrent sans ambiguïté, son cœur s’accélère, ses mains transpirent, son sommeil se dérègle. Ce qui manque, c’est la traduction consciente. Le message est envoyé, mais il arrive dans une langue que la personne n’a jamais apprise à lire.
À retenir
Alexithymie signifie difficulté à identifier et à décrire ses émotions, pas absence d’émotions.
C’est un trait continu, de léger à sévère, et non une case dans laquelle on est ou pas.
Elle se repère, se mesure, et surtout se travaille : le vocabulaire émotionnel et la perception du corps s’apprennent.
L’indifférence est une absence d’intérêt : la chose ne me touche pas. La froideur est un style de contact : je garde mes distances. L’alexithymie est un défaut de lecture : je suis touché, mon corps le sait, mais je ne parviens pas à en prendre conscience ni à le dire. Une personne alexithymique peut être très attachée à ses proches, très investie dans son travail, très affectée par un deuil, et donner pourtant l’impression de ne rien ressentir. C’est l’une des sources de malentendus les plus douloureuses en famille.
Est-ce la même chose que l’anesthésie émotionnelle de la dépression ?
Non, même si les deux se ressemblent de l’extérieur. L’anesthésie émotionnelle de la dépression est un état : la personne se souvient d’avoir ressenti avant, souffre de ne plus rien sentir, et retrouve ses émotions quand la dépression guérit. L’alexithymie est un trait, souvent présent depuis toujours, que la personne ne vit pas forcément comme un manque. Les deux peuvent coexister, et l’alexithymie rend la dépression plus difficile à repérer, parce que la personne consulte pour la fatigue ou l’insomnie, pas pour la tristesse.
Les trois facettes de l’alexithymie
L’outil de référence pour la mesurer est la Toronto Alexithymia Scale à 20 items, la TAS-20, mise au point par Graeme Taylor, Michael Bagby et James Parker au début des années 1990. Elle décrit trois dimensions, qui ne vont pas toujours ensemble.
Facette 1
Difficulté à identifier
Sentir que quelque chose se passe, sans savoir quoi. Confondre une émotion avec une sensation physique : « j’ai mal au ventre » là où un autre dirait « j’ai peur ». C’est la facette la plus liée aux plaintes corporelles et à l’anxiété.
Facette 2
Difficulté à décrire
Savoir à peu près ce qu’on ressent, mais ne pas trouver les mots pour le dire aux autres. « Je ne sais pas comment expliquer. » Cette facette pèse surtout sur les relations : le partenaire, l’ami, le thérapeute restent devant une porte fermée.
Facette 3
Pensée tournée vers l’extérieur
Préférer parler des faits, des horaires, des solutions plutôt que de ce qui se passe à l’intérieur. Peu de rêveries, peu d’imaginaire. Les psychanalystes français Pierre Marty et Michel de M’Uzan ont décrit ce fonctionnement sous le nom de « pensée opératoire » dès 1963.
Ces facettes expliquent pourquoi deux personnes alexithymiques peuvent sembler très différentes. L’une pleure sans savoir pourquoi (facette 1 marquée), l’autre sait qu’elle est triste mais n’arrive pas à le formuler (facette 2), la troisième ne se pose jamais la question et règle tout par l’action (facette 3). La mesure fine, avec un questionnaire validé passé dans un cadre professionnel, permet de savoir par où commencer le travail.
Du vide au ressenti : le spectre de l’accès aux émotions
Faites glisser le curseur. Les cinq états décrits vont de l’absence quasi totale d’accès conscient à une lecture fine. La plupart des gens se situent au milieu, et beaucoup se déplacent selon le moment : la fatigue, le stress ou un choc font reculer tout le monde vers la gauche.
rien ne remonteun brouillardune lecture fine
D’où vient l’alexithymie ? Primaire, secondaire, et entre les deux
On distingue classiquement deux formes, en sachant que la frontière est poreuse.
L’alexithymie primaire est présente depuis l’enfance et semble en partie liée à la façon dont le cerveau est câblé. Elle est nettement plus fréquente dans l’autisme : selon les travaux de Geoffrey Bird et Richard Cook, environ la moitié des personnes autistes présenteraient une alexithymie marquée, contre une sur dix dans la population générale. Ces chercheurs défendent une idée importante : beaucoup de difficultés émotionnelles attribuées à l’autisme seraient en réalité dues à l’alexithymie qui l’accompagne souvent, et non à l’autisme lui-même. Une personne autiste sans alexithymie reconnaît ses émotions comme tout le monde.
L’alexithymie secondaire apparaît après coup, comme une protection. Quand une émotion a été trop forte pour être supportée, un deuil brutal, une violence, une enfance dans la peur, le psychisme peut couper l’accès. C’est une forme de dissociation : le corps continue de réagir, mais la conscience ne reçoit plus le signal. Elle est fréquente après un traumatisme, et elle est souvent réversible quand le traumatisme est traité, par exemple en EMDR. On la rencontre aussi dans la dépression et dans certaines maladies chroniques.
L’alexithymie apprise n’est pas une catégorie officielle, mais elle décrit une réalité fréquente : grandir dans une famille où les émotions n’étaient jamais nommées, où « ça va » était la seule réponse admise, où pleurer déclenchait des moqueries. L’enfant n’a pas eu de modèle pour apprendre à lire son monde intérieur. Les études sur l’éducation émotionnelle montrent que les enfants dont les parents nomment les émotions développent un vocabulaire plus riche et une meilleure régulation. L’inverse est vrai aussi, et touche particulièrement les garçons : la page émotions des hommes décrit cette « alexithymie normative masculine ».
Que se passe-t-il dans le cerveau ?
Les études d’imagerie suggèrent que l’alexithymie est liée à une moindre activation ou une moindre connectivité de régions qui lisent les signaux du corps, en particulier l’insula et le cortex cingulaire antérieur. C’est cohérent avec ce que décrivent les patients : le problème n’est pas de produire l’émotion, mais d’en percevoir les signaux internes, ce que les chercheurs appellent l’intéroception. D’où l’intérêt des approches qui partent du corps.
Avec quoi l’alexithymie voyage
Rarement seule. Parce qu’une émotion non lue ne disparaît pas, elle cherche d’autres sorties. Voici les compagnons de route les plus fréquents.
Ce qui accompagne souvent l’alexithymie
Pourquoi
Ce que cela change
Plaintes corporelles sans cause trouvée
L’émotion non identifiée est vécue comme une sensation physique : tension, douleur, troubles digestifs.
Des examens répétés et normaux. Il est utile qu’un médecin et un psychothérapeute travaillent ensemble.
Anxiété et crises de panique
Les sensations du corps, non reliées à une émotion, sont interprétées comme un danger médical.
Apprendre à relier sensation et émotion fait souvent baisser les crises. Voir angoisse et anxiété.
Dépression
Double sens : l’alexithymie rend la dépression plus silencieuse, et la dépression augmente l’alexithymie.
La personne consulte pour la fatigue ou l’insomnie. Le thérapeute doit penser à chercher la tristesse derrière.
Addictions
L’alcool, le cannabis, les écrans ou la nourriture régulent un malaise que la personne ne sait pas nommer.
Traiter l’addiction sans travailler l’accès aux émotions expose à la rechute ou au déplacement.
Troubles des conduites alimentaires
Confusion entre faim, satiété et émotion : on mange ce qu’on ne peut pas sentir, ou on contrôle ce qu’on ne peut pas réguler.
Le travail sur l’intéroception fait partie des approches reconnues.
Traumatisme et dissociation
La coupure émotionnelle a protégé d’un vécu insupportable.
L’accès aux émotions revient souvent avec le traitement du trauma, ce qui peut d’abord surprendre, voire inquiéter.
Autisme
Alexithymie présente chez environ une personne autiste sur deux.
Distinguer ce qui relève de l’autisme et ce qui relève de l’alexithymie oriente l’accompagnement. Voir autisme et émotions.
La minute Émo
Émo a un cousin, Léo, qui répond « ça va » à tout. Mariage : ça va. Licenciement : ça va. Finale perdue aux tirs au but : ça va. Un jour, Léo a eu une gastro carabinée la veille d’un entretien d’embauche, puis une autre la veille de son déménagement, puis une troisième la veille de rencontrer les parents de sa compagne. Son médecin, perplexe, lui a demandé s’il était stressé. Léo a répondu : « Non, ça va. Mais j’ai mal au ventre. » Son ventre, lui, avait tout compris depuis le début.
Le « partenaire mur » : l’alexithymie dans le couple
C’est souvent le conjoint qui pousse la porte du cabinet. « Il ne parle jamais de ce qu’il ressent. » « Quand je pleure, elle me demande ce qu’on mange ce soir. » « J’ai l’impression de vivre avec un mur. » De l’autre côté du mur, la version est différente : « Elle veut toujours qu’on parle, mais parler de quoi ? » « Je fais tout ce qu’il faut, je ne comprends pas ce qui manque. »
Le malentendu est presque mécanique. Le partenaire non alexithymique lit l’absence de mots comme une absence de sentiment, donc comme un désintérêt, donc comme un rejet. Il insiste, s’énerve, se décourage. Le partenaire alexithymique, lui, se sent attaqué pour un crime qu’il ne comprend pas, et se replie davantage, ce qui confirme la lecture du premier. Les thérapeutes de couple connaissent bien ce cycle poursuite-retrait, décrit notamment par Sue Johnson. L’alexithymie en est l’un des moteurs les plus fréquents et les moins identifiés.
Ce qui aide : nommer le mécanisme à deux, ce qui soulage immédiatement les deux partenaires ; donner au partenaire alexithymique des outils concrets (une liste de mots, une échelle de 0 à 10, la question « où ça se passe dans ton corps ? » plutôt que « qu’est-ce que tu ressens ? ») ; et apprendre au partenaire demandeur à repérer les signes non verbaux qui existent bel et bien. La page émotions et couple développe ces pistes.
Comment l’alexithymie se repère en séance
Un psychothérapeute attentif la repère souvent dès les premiers entretiens, à quelques signes qui reviennent.
Le récit factuelLa personne raconte sa semaine comme un procès-verbal : ce qui s’est passé, qui a dit quoi, à quelle heure. Quand on lui demande ce que cela lui a fait, il y a un silence, puis un fait de plus.
Le corps à la place de l’émotion« J’étais fatigué », « j’avais la tête lourde », « mon estomac était noué ». Les sensations sont décrites avec précision, les émotions jamais.
Le vocabulaire en quatre motsBien, pas bien, énervé, stressé. Proposer un mot plus précis, « déçu ? », « humilié ? », provoque parfois une reconnaissance soudaine, comme si on tendait une clé.
La recherche de solution immédiateAvant même que le problème soit compris, la question arrive : « qu’est-ce que je dois faire ? » L’action remplace l’élaboration.
Le décalage entre le dit et le montréLe visage se ferme, les mains se crispent, la voix change, et la personne affirme que tout va bien. Elle ne ment pas : elle ne reçoit pas l’information que son corps envoie.
Au cabinet
Au Cabinet Bouche & Chmura, l’alexithymie est l’une des dimensions regardées de près, parce qu’elle change la façon de conduire une thérapie : demander « que ressentez-vous ? » à une personne alexithymique revient à lui demander de lire une langue étrangère. Le cabinet dispose d’un outil d’envoi de questionnaires validés à ses patients, dont la TAS-20, l’échelle de référence de l’alexithymie, passée entre deux séances et reprise ensemble en consultation. Selon le profil, le travail s’appuie ensuite sur la psychoéducation et les outils des TCC, sur l’EMDR lorsqu’un traumatisme a coupé l’accès aux émotions, et sur l’écoute analytique, qui offre un espace où les mots peuvent venir sans être exigés. Les adolescents, les adultes et les couples sont reçus à Colombes ou en téléconsultation, 365 jours par an. La page pourquoi consulter au cabinet détaille cette approche intégrative.
Questionnaire de repérage : avez-vous du mal à lire vos émotions ?
Ces douze questions ont été rédigées pour ce guide. Elles s’inspirent des trois facettes décrites par la recherche mais ne reproduisent pas un test validé et ne posent aucun diagnostic. Elles servent à repérer une difficulté et à préparer une conversation avec un professionnel. Répondez en pensant aux six derniers mois.
Carte du corps : réapprendre à sentir par où l’émotion passe
Pour une personne alexithymique, la porte d’entrée n’est pas le mot, c’est la sensation. Choisissez une émotion : les zones où elle se manifeste le plus souvent s’allument. Puis touchez la silhouette là où vous la sentez, ou là où vous sentez « quelque chose » sans savoir quoi. C’est exactement l’exercice que l’on fait en séance.
Ce qui aide vraiment quand on est alexithymique
L’alexithymie se travaille, et les progrès sont souvent nets en quelques mois, à condition de ne pas commencer par le plus difficile. Voici les pistes dont l’efficacité est la mieux soutenue, et la façon dont elles s’articulent.
La psychoéducation
Comprendre ce qu’est une émotion, à quoi elle sert, comment elle se manifeste dans le corps. Pour beaucoup de personnes alexithymiques, c’est une révélation : elles n’avaient jamais eu le mode d’emploi. Les pages qu’est-ce qu’une émotion et cerveau et corps sont faites pour cela.
Le vocabulaire
Avoir une liste de mots sous les yeux change tout. On ne peut pas reconnaître ce qu’on ne sait pas nommer. La roue des émotions sert de dictionnaire ; certains patients la gardent sur leur téléphone pendant des mois.
L’attention au corps
Les approches qui entraînent l’intéroception, balayage corporel, pleine conscience centrée sur les sensations, relaxation, améliorent la perception des signaux internes, et donc l’accès aux émotions. Le cabinet propose une séance guidée de relaxation musculaire qui s’y prête bien.
Les TCC
Tenir un journal situation-sensation-émotion-pensée, graduer l’intensité de 0 à 10, repérer les déclencheurs. Les TCC offrent une structure rassurante pour quelqu’un qui préfère les faits aux impressions, et c’est souvent par là qu’on entre.
L’EMDR quand un trauma a fermé la porte
Dans l’alexithymie secondaire, l’accès aux émotions revient souvent quand le souvenir qui a provoqué la coupure est retraité. Cela demande une préparation soigneuse : la page stabilisation et ressources explique pourquoi on installe d’abord des outils de régulation.
L’écoute analytique
La psychanalyse travaille depuis longtemps avec ce qu’elle appelle la mentalisation : transformer ce qui est vécu dans le corps en représentations et en mots. Dans un cadre régulier, sans exigence de résultat, les mots finissent par venir. La page émotions et psychanalyse y revient.
Combien de temps faut-il pour progresser ?
Les premiers changements sont souvent rapides : en quelques semaines, une personne qui tient un journal des sensations commence à relier « mal au ventre » et « réunion avec le chef ». Le vocabulaire s’élargit en quelques mois. L’accès plus profond, celui qui permet de sentir une émotion au moment où elle se produit et de la dire à quelqu’un, prend plus de temps, surtout quand une histoire douloureuse est en jeu. Ce n’est pas une course : chaque mot gagné est utile tout de suite.
Peut-on aider un proche alexithymique qui ne veut pas consulter ?
En partie. Ce qui marche le mieux, c’est de changer les questions. « Qu’est-ce que tu ressens ? » le met en échec ; « où ça se passe dans ton corps ? », « sur une échelle de 0 à 10, c’est à combien ? », « c’est plutôt chaud ou plutôt froid comme sensation ? » lui donnent une prise. Nommer vos propres émotions à voix haute, simplement, lui fournit aussi un modèle qu’il n’a peut-être jamais eu. Et renoncer à interpréter son silence comme de l’indifférence évite le cycle poursuite-retrait qui épuise tout le monde.
Deux exercices pour commencer aujourd’hui
Le détective des sensations
Trois fois par jour, pendant une semaine, arrêtez-vous trente secondes et remplissez cette fiche. Ne cherchez pas l’émotion : cherchez la sensation, le lieu, l’intensité. L’émotion viendra plus tard, toute seule, quand les indices seront assez nombreux.
Associer sensation et émotion
Un mémory pour entraîner le lien entre ce que le corps fait et ce que cela pourrait vouloir dire. Il n’y a pas de correspondance unique dans la vraie vie, un ventre noué peut être de la peur ou de l’excitation, mais ces associations fréquentes sont un bon point de départ.
Questions fréquentes
L’alexithymie est-elle une maladie ?
Non. C’est un trait de personnalité, présent à des degrés divers dans toute la population, qui décrit une difficulté à identifier et à décrire ses émotions. Elle n’apparaît pas comme diagnostic dans les classifications internationales, mais elle est mesurable et elle accompagne souvent d’autres difficultés, comme l’anxiété, la dépression ou les plaintes corporelles inexpliquées.
Une personne alexithymique ressent-elle des émotions ?
Oui. Son corps réagit comme celui de tout le monde : rythme cardiaque, transpiration, tension musculaire. Ce qui manque, c’est la perception consciente de ces signaux et la capacité de les nommer. L’alexithymie n’est ni de l’indifférence ni de la froideur.
Comment savoir si je suis alexithymique ?
Un questionnaire en ligne peut donner un premier repère, mais seule une évaluation par un professionnel, avec une échelle validée comme la TAS-20 et un entretien, permet de le dire et de comprendre ce qui l’accompagne. Des signes évocateurs : répondre « ça va » faute de mieux, découvrir ses émotions par le corps ou par les conséquences, préférer les faits aux ressentis.
L’alexithymie peut-elle se soigner ?
Elle se travaille, et les progrès sont réels. La psychoéducation, l’apprentissage du vocabulaire émotionnel, l’attention aux sensations du corps, les outils des TCC et, lorsqu’un traumatisme est en cause, l’EMDR permettent d’élargir l’accès aux émotions. L’écoute analytique offre un cadre où les mots peuvent venir sans être exigés.
Quel est le lien entre alexithymie et autisme ?
L’alexithymie est beaucoup plus fréquente chez les personnes autistes, environ une sur deux selon certains travaux. Des chercheurs comme Geoffrey Bird estiment que de nombreuses difficultés émotionnelles attribuées à l’autisme relèvent en fait de l’alexithymie associée. Une personne autiste sans alexithymie reconnaît ses émotions normalement.
Si vous vous êtes reconnu dans cette page, ou si vous y avez reconnu quelqu’un que vous aimez, un premier rendez-vous permet d’évaluer la situation avec des outils validés et de choisir par où commencer. Les adolescents, les adultes, les couples et les familles sont reçus au cabinet, à Colombes, ou en téléconsultation.
La « loi de l’instrument », formulée par en 1964 puis reprise par dans The Psychology of Science: A Reconnaissance (1966), rappelle qu’« il est tentant, si le seul outil dont on dispose est un marteau, de traiter tout comme si c’était un clou ».
En psychologie, une méthode ne peut pas répondre à toutes les situations. Forts de plusieurs décennies de pratique et de formations complémentaires, nous mobilisons de nombreux outils, choisis avec discernement, afin d’identifier rapidement les leviers les plus efficaces. Nous proposons ainsi un accompagnement aussi bref qu’efficace, tout en sachant accompagner aussi bien les suivis prolongés que le besoin d’un espace de parole régulier.