Les séparations
Déménagement, changement d’école, séparation des parents, départ d’un grand frère, décès d’un animal. Pour un enfant, perdre son repère est une vraie perte.
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Depuis le déménagement, il fait des colères qu’on ne lui connaissait pas. Depuis l’hospitalisation, elle ne veut plus dormir seule. Depuis « l’histoire » à l’école, il ne parle plus. Les enfants n’ont pas toujours les mots pour dire qu’un souvenir les encombre : ils le montrent, par les émotions et le corps. L’EMDR, adaptée à leur âge, les aide à finir de digérer ce qui reste coincé, sans avoir à tout raconter.
Un enfant digère les événements comme un adulte, mais avec un équipement en cours de construction. Les régions du cerveau qui permettent de prendre du recul, de se raisonner et de se calmer seul ne finissent de mûrir qu’à l’âge adulte. Pour terminer la digestion d’un moment difficile, un enfant a donc besoin d’un adulte qui l’aide à le traverser : c’est la co-régulation, décrite dans la page émotions du bébé et qui reste valable bien après.
Quand l’événement dépasse ce que l’enfant et son entourage peuvent absorber sur le moment, le souvenir reste stocké brut, exactement comme chez l’adulte. Et comme l’enfant n’a pas les mots, le souvenir s’exprime autrement : par le corps (ventre, sommeil, pipi au lit qui revient), par les émotions (colères, peurs, pleurs) ou par le comportement (opposition, repli, régression).
Les événements en cause ne sont pas toujours « graves » vus de l’extérieur :
Déménagement, changement d’école, séparation des parents, départ d’un grand frère, décès d’un animal. Pour un enfant, perdre son repère est une vraie perte.
Hospitalisation, opération, accident de vélo, chute, morsure de chien, soins douloureux. Même bien expliqués, ils peuvent laisser une peur qui s’étend à tout.
Harcèlement, moquerie devant la classe, punition injuste, cri d’un adulte. Ce sont souvent les souvenirs les plus actifs, et les moins racontés.
Le mot important est depuis. Un enfant qui a toujours eu peur du noir n’est pas dans la même situation qu’un enfant qui en a peur depuis l’hospitalisation. Voici les signes qui, lorsqu’ils apparaissent ou s’aggravent après un événement, méritent l’attention.
Si l’enfant parle de mourir, se fait du mal, ne mange plus, ne dort plus, ou si un danger persiste dans son environnement, consultez sans délai votre médecin. L’EMDR vient ensuite, une fois la sécurité assurée.
En EMDR, on demande à l’adulte un chiffre de 0 à 10. Avec un enfant, on dessine un thermomètre, on utilise des mains plus ou moins écartées, ou des visages. Voici une version à essayer avec lui : « Montre-moi à quel point c’est gros, là, dedans. » Elle sert en séance, mais aussi à la maison, pour dire sans expliquer.
Un enfant de cinq ans à qui l’on demande « qu’est-ce que tu ressens ? » répond en général « je sais pas » ou « j’ai faim ». Le même enfant à qui l’on demande « c’est gros comment, ta colère, là ? » écarte les bras au maximum et renverse le verre de jus. C’est une réponse parfaitement précise. Le thermomètre, c’est juste des bras écartés avec des chiffres.
Le protocole reste celui de l’adulte, dans son esprit. Mais tout y passe par le jeu et le concret, et les durées sont raccourcies. Les mouvements des yeux sont souvent remplacés par d’autres formes de stimulation alternée, plus faciles à suivre pour un petit.
Les ressources (lieu sûr dessiné, figure protectrice, « boîte à embêtements ») sont installées avant tout retraitement, comme chez l’adulte. La page stabilisation, lieu sûr et ressources en détaille la version enfant.
Avec un jeune enfant, le parent est presque toujours présent, au moins au début. Il est la ressource principale : sa présence calme, son récit donne la trame, et sa façon de réagir pendant la séance montre à l’enfant que l’on peut regarder ce souvenir sans danger. Avec les plus grands, le temps seul avec le thérapeute augmente, et l’on décide ensemble de ce qui est partagé.
Le parent a aussi un rôle avant et après. Avant : raconter l’histoire de l’enfant, ce qui a changé et depuis quand. Après : observer la semaine, noter ce qui bouge (sommeil, colères, jeux), et faire le papillon à la maison si on le lui a montré. Souvent, le parent découvre en séance que l’événement l’a touché lui aussi, et il arrive que l’on propose quelques séances pour le parent. Un parent apaisé est le meilleur outil de régulation d’un enfant. La page parents débordés en parle sans culpabiliser.
C’est fréquent et ce n’est pas bloquant. L’EMDR enfant n’exige pas de récit. On peut travailler à partir d’un dessin, d’une sensation (« là où ça serre »), d’un mot, ou de l’histoire racontée par le parent pendant que l’enfant écoute. Le refus de parler est souvent la façon de l’enfant de se protéger : on commence par respecter cela et par installer des ressources.
Pour un enfant mineur, l’accord des titulaires de l’autorité parentale est demandé, comme pour tout suivi psychologique. En cas de séparation conflictuelle, le cabinet en parle dès le premier contact : un enfant pris entre deux parents en désaccord sur sa thérapie n’est pas dans les conditions pour qu’elle l’aide. Le cabinet reçoit aussi les familles, voir pédopsy et EMDR et thérapie familiale.
Le clinicien est formé à l’EMDR adultes et enfants. Les enfants et les adolescents sont reçus à Colombes ou en téléconsultation, avec leurs parents selon l’âge. Quand les émotions de l’enfant posent question au-delà de l’événement (attention, apprentissages, développement), le cabinet propose des bilans psychologiques et neuropsychologiques qui explorent notamment les émotions. La page EMDR du site recommande par ailleurs un ouvrage collectif récent consacré à l’EMDR chez l’enfant et l’adolescent.
Une première rencontre réunit le ou les parents et l’enfant : on écoute l’histoire, on observe, on explique à l’enfant avec des mots de son âge ce que l’on va faire (« aider ta tête à ranger un souvenir qui prend trop de place »). Ensuite, une ou plusieurs séances servent à installer les ressources, à essayer le matériel et à jouer. Le retraitement vient quand l’enfant est prêt et sait comment dire stop.
Pendant le retraitement, les séries sont courtes, entrecoupées de jeu, de dessin, de pauses. Le thérapeute suit ce que l’enfant montre plus que ce qu’il dit : un visage qui se détend, un corps qui s’agite, un dessin qui change. La séance se termine toujours par un retour au lieu sûr et souvent par un moment de jeu libre. Les séances d’EMDR durent 80 minutes au cabinet, mais le temps de travail effectif avec un petit est plus court et le reste est consacré aux parents et au jeu.
Le nombre de séances varie : pour un événement unique chez un enfant bien entouré, quelques séances suffisent souvent. Quand les événements se sont répétés ou quand l’environnement reste difficile, le travail est plus long et s’articule avec un accompagnement des parents. La page le déroulement d’une séance décrit la version adulte, et la page EMDR, enfants et adolescents complète celle-ci.
Les parents décrivent souvent les mêmes choses, dans le désordre : les colères redeviennent « normales », celles de l’âge et pas celles d’un volcan ; le sommeil se répare ; l’enfant repasse devant le lieu évité sans y penser ; il recommence à jouer à autre chose qu’à la scène ; l’école reprend. Parfois, un enfant qui ne parlait pas de l’événement en parle spontanément, comme d’une chose passée. C’est le signe que le souvenir a rejoint les autres.
Il arrive aussi que le retraitement révèle autre chose : une difficulté d’attention, une anxiété qui préexistait, un contexte familial qui pèse. L’EMDR n’est alors qu’une partie de la réponse, et c’est l’intérêt d’un cabinet où plusieurs approches et des bilans sont disponibles. Voir émotions de l’enfant pour les repères de développement et TDAH et émotions quand l’impulsivité ne date pas d’un événement.
Souvent, oui. La plupart des enfants digèrent les événements difficiles avec le temps, le jeu et le soutien de leurs proches. Les réactions des premières semaines après un événement sont normales et ne nécessitent pas de thérapie. Ce qui doit alerter, c’est la durée (au-delà d’un mois, les signes ne diminuent pas), l’extension (la peur gagne de nouveaux domaines), l’intensité (la vie quotidienne est entravée) et le silence (l’enfant refuse tout ce qui rappelle l’événement).
Attendre a un coût quand le souvenir reste actif : les conclusions que l’enfant en tire sur lui-même (« je suis en danger », « c’est ma faute », « je suis nul ») se solidifient avec les années et pilotent ensuite les émotions de l’adolescent et de l’adulte. Beaucoup des « petits t » retrouvés chez l’adulte en séance datent de cet âge-là. Les traiter tôt est en général plus simple et plus rapide. Un avis ne coûte qu’un rendez-vous.
Pratiquée par un thérapeute formé, avec une préparation adaptée et les parents associés, l’EMDR est bien tolérée par les enfants. Les effets passagers (fatigue, rêves, émotion un peu plus présente le soir) sont les mêmes que chez l’adulte et sont annoncés. Ce qui ferait du mal, c’est de forcer un enfant à raconter ou à revivre sans ressources : c’est exactement ce que le protocole enfant évite.
Six petites scènes à faire avec votre enfant, à partir de 5 ou 6 ans. Il choisit le visage qui correspond. Il n’y a pas une seule bonne réponse : la même situation peut faire deux émotions à la fois, et c’est justement ce dont on peut parler ensuite. Ce jeu entraîne à reconnaître et nommer les émotions, première étape de la régulation.
Un deuxième jeu, pour les plus petits ou pour s’échauffer : quelle émotion montre ce visage ? Dix manches, trois niveaux. La page jeux et tests pour enfants en propose d’autres.
Huit questions avec l’explication à chaque fois. De quoi arriver au premier rendez-vous avec les bonnes attentes.
Des protocoles existent dès la petite enfance, avec le parent qui raconte l’histoire pendant que l’enfant reçoit des tapotements alternés. La forme change avec l’âge : dessin et jeu chez les petits, davantage de parole chez les grands. L’indication se décide au cas par cas lors d’un premier rendez-vous.
Oui. L’EMDR enfant n’exige pas de récit. On travaille à partir d’un dessin, d’une sensation dans le corps, d’un mot, ou de l’histoire racontée par le parent. Le refus de parler est respecté et l’on commence par installer des ressources.
Pour un événement unique chez un enfant bien entouré, quelques séances suffisent souvent. Quand les événements se sont répétés, ou quand le contexte reste difficile, le travail est plus long et s’articule avec un accompagnement des parents. Le premier rendez-vous permet une estimation honnête.
Un changement depuis l’événement : peurs nouvelles qui s’étendent, colères inhabituelles, troubles du sommeil, régression (pipi au lit, langage bébé), jeux qui rejouent la scène, évitement des lieux, repli ou chute scolaire. Si ces signes durent plus d’un mois ou entravent la vie quotidienne, un avis est utile.
Avec un jeune enfant, presque toujours : le parent est la ressource principale et son récit sert souvent de trame. Avec les plus grands, le temps seul avec le thérapeute augmente et l’on décide ensemble de ce qui est partagé.
Un premier rendez-vous avec vous et votre enfant permet de comprendre ce qui s’est passé, de repérer si un souvenir participe à ses émotions d’aujourd’hui et de décider ensemble de la suite : quelques séances d’EMDR adaptée, un accompagnement des parents, ou un bilan si d’autres questions se posent. Les enfants, les adolescents, les adultes, les couples et les familles sont reçus au cabinet, à Colombes, ou en téléconsultation.
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La « loi de l’instrument », formulée par en 1964 puis reprise par dans The Psychology of Science: A Reconnaissance (1966), rappelle qu’« il est tentant, si le seul outil dont on dispose est un marteau, de traiter tout comme si c’était un clou ».
En psychologie, une méthode ne peut pas répondre à toutes les situations. Forts de plusieurs décennies de pratique et de formations complémentaires, nous mobilisons de nombreux outils, choisis avec discernement, afin d’identifier rapidement les leviers les plus efficaces. Nous proposons ainsi un accompagnement aussi bref qu’efficace, tout en sachant accompagner aussi bien les suivis prolongés que le besoin d’un espace de parole régulier.