Widlöcher : co-pensée, dépression et nouvelles cartes de la psychanalyse
Un psychiatre à la tête d’un grand service hospitalier, un psychanalyste à la tête de l’Association psychanalytique internationale : Daniel Widlöcher a passé sa vie à relier ce que d’autres séparaient. À la Pitié-Salpêtrière, il a étudié la dépression et le ralentissement qu’elle impose au corps comme à la pensée. Autour de la séance, il a décrit ce qui se joue entre le patient et l’analyste, deux esprits qui associent côte à côte, et il l’a appelé la co-pensée. Portrait d’un clinicien curieux, qui a fait du dialogue une méthode.
Pourquoi on le lit
Parce qu’il a su rester entre deux chaises, et s’y tenir avec élégance. D’un côté, le professeur de psychiatrie d’un grand hôpital parisien, la Pitié-Salpêtrière, qui côtoie la maladie sous ses formes les plus lourdes. De l’autre, le psychanalyste de l’Association psychanalytique de France, attentif à ce qui se dit et à ce qui ne se dit pas dans une séance. Là où d’autres choisissaient leur camp, Widlöcher a fait de la conversation entre les deux sa manière de travailler.
On le lit aussi pour sa clarté. Ses livres, de Les Logiques de la dépression aux Nouvelles Cartes de la psychanalyse, ne demandent pas qu’on partage d’abord un jargon : ils invitent à regarder ce qui se passe réellement dans une séance, deux personnes qui pensent, l’une à voix haute, l’autre en écho. Les hommages qui ont suivi sa mort ont salué sa culture pluridisciplinaire, sa rigueur intellectuelle et son exigence éthique, avec une pointe d’humour.
On le lit enfin pour sa liberté d’esprit. Il a présidé l’Association psychanalytique internationale tout en soutenant que la psychanalyse gagne à se laisser interroger par les autres sciences de l’esprit, sans se dissoudre en elles. Un de ses livres porte pour titre une question qui pourrait servir d’épigraphe à toute cette page.
Une vie en douze dates
Un enfant de Paris, devenu professeur de psychiatrie, puis une voix écoutée bien au-delà de la France : un parcours d’une cohérence rare, où chaque livre répond au précédent.
- 1929Naissance le 8 juin à Paris.
- Années 1950Études de médecine. Il se forme à la psychiatrie de l’enfant à l’hôpital Ambroise-Paré, dans le service de Jenny Aubry, puis à la neurologie et à la psychiatrie à la Salpêtrière. Il obtient un doctorat de médecine et un doctorat de psychologie.
- 1964Au terme d’une crise qui divise la Société française de psychanalyse, il compte parmi les membres fondateurs de l’Association psychanalytique de France (APF), avec notamment Daniel Lagache, Jean Laplanche et Jean-Bertrand Pontalis.
- 1970Freud et le problème du changement : la question du changement en psychanalyse, qui traversera toute son œuvre.
- 1972Il devient professeur de psychiatrie de l’adulte à la Pitié-Salpêtrière, où il dirigera le service de psychiatrie.
- 1983Les Logiques de la dépression, chez Fayard, réédité en 1995 : le premier de ses grands livres sur un sujet qu’il n’a plus quitté.
- 1986Métapsychologie du sens (PUF) : comment la psychanalyse peut penser le sens de l’activité psychique. Il codirige ensuite avec Pierre Fédida la Revue internationale de psychopathologie, de 1990 à 1995.
- 1996Les Nouvelles Cartes de la psychanalyse (Odile Jacob) : la psychanalyse face aux sciences de l’esprit, et la co-pensée au centre. Deux ans plus tôt, il avait dirigé le Traité de psychopathologie (PUF, 1994).
- 1998Il reçoit le Sigourney Award, l’un des grands prix internationaux de psychanalyse.
- 2001Début de sa présidence de l’Association psychanalytique internationale, jusqu’en 2005. La même année paraît Sexualité infantile et attachement, qu’il dirige (PUF).
- 2010Comment on devient psychanalyste… et comment on le reste (Odile Jacob), un autoportrait qui passe par Daniel Lagache et par l’histoire de la psychanalyse française.
- 2021Mort le 14 décembre. En 2024, l’École de Psychologues Praticiens, qu’il avait présidée, donne son nom à un centre de consultation et de formation.

- Dates
- 1929-2021
- Métiers
- psychiatre, professeur de psychiatrie, psychanalyste de l’Association psychanalytique de France, président de l’Association psychanalytique internationale (2001-2005)
- Œuvres clés
- Freud et le problème du changement (1970), Les Logiques de la dépression (1983), Métapsychologie du sens (1986), Traité de psychopathologie (1994), Les Nouvelles Cartes de la psychanalyse (1996), Sexualité infantile et attachement (2001), Comment on devient psychanalyste… et comment on le reste (2010)
- Concepts
- co-pensée, sens, insight, empathie, ralentissement dépressif, dialogue de la psychanalyse avec les sciences de l’esprit
- Pourquoi on le lit
- il fait de la séance un lieu où l’on pense à deux, et de la psychanalyse une discipline qui accepte le dialogue
Entre l’hôpital et le divan
La Salpêtrière n’est pas un hôpital comme les autres pour un psychanalyste : c’est là que Charcot a étudié l’hystérie, et que Freud est venu l’écouter, en 1885-1886. Widlöcher y a passé l’essentiel de sa carrière hospitalière, et il y a été plusieurs hommes à la fois, qui se sont rarement gênés. Chacun apporte un angle à sa pensée.
À la Pitié-Salpêtrière
Professeur de psychiatrie, il dirige le service de psychiatrie de l’un des plus grands hôpitaux de Paris. À l’hôpital, la psychiatrie est confrontée chaque jour à la maladie dans ses formes les plus graves : cela donne à sa pensée un ancrage concret, loin des discussions de salon.
Inserm, CNRS, revues
Il dirige une unité de l’Inserm consacrée à la psychopathologie et à la pharmacologie des comportements, siège dans des instances du CNRS, et codirige avec Pierre Fédida la Revue internationale de psychopathologie, vingt numéros entre 1990 et 1995. Il publie aussi le Traité de psychopathologie (PUF, 1994), qu’il dirige. Dans toutes ces fonctions, il tient la psychanalyse pour une discipline qui peut se mettre en dialogue avec la recherche.
Dans l’Association psychanalytique de France
Il découvre la psychanalyse dans le milieu de Jacques Lacan et de la Société française de psychanalyse, puis prend part à la fondation de l’APF en 1964. Il y est analyste et enseignant, président à deux reprises. Daniel Lagache reste pour lui une référence : en 1974, il publie un article intitulé « L’Unité de la psychologie et Daniel Lagache ».
Transmettre aux psychologues
Il préside pendant près de quinze ans l’École de Psychologues Praticiens, qui forme des psychologues. Sa conviction : psychologie et psychanalyse envisagent le même objet sous des angles différents et complémentaires. En 2024, l’école a inauguré un centre de consultation et de formation qui porte son nom.
On lui doit aussi un engagement qui surprend chez un psychanalyste : en 1979-1980, il préside l’association française de thérapie comportementale (aujourd’hui de thérapie comportementale et cognitive). La page Psychanalyse et TCC du guide revient sur cette rencontre des courants, qu’il a abordée par le dialogue.
La dépression vue de la Salpêtrière
La dépression est l’un des sujets cliniques auxquels son nom reste attaché. Il lui consacre Les Logiques de la dépression (Fayard, 1983, réédité en 1995), puis, avec Marie-Christine Hardy, La dépression, une maladie (Hermann, 1989). Une courte interview télévisée de 1979, conservée par l’Institut national de l’audiovisuel, le montre expliquant que la dépression ne se confond pas avec le cafard d’un jour : elle s’accompagne d’une immobilisation, dans les gestes comme dans la pensée.
Son équipe de la Salpêtrière a fait de ce ralentissement un objet d’observation. Elle a mis au point une échelle d’évaluation du ralentissement dépressif, que l’on appelle parfois l’échelle de la Salpêtrière, et que l’on retrouve citée dans des travaux internationaux : un article de 1998, signé avec Nicolas Dantchev, en fait le point dans une revue de psychiatrie. Ce qui frappe, dans cette démarche, c’est l’attention aux signes concrets : la lenteur d’un geste, le temps qu’une phrase met à venir, le silence qui s’allonge.
- Observer le ralentissement, c’est reconnaître que la dépression ne se réduit pas à une tristesse : le corps, la parole et la pensée y ont leur part.
- Ces observations ne s’opposent pas à l’écoute analytique : elles apprennent le rythme de l’autre.
- La quatrième de couverture des Nouvelles Cartes de la psychanalyse le dit nettement : dans l’angoisse comme dans la dépression, la psychothérapie et le traitement médicamenteux ont à se compléter.
Cette double formation nourrit une façon d’écouter. Avec une personne dont la pensée est ralentie, la séance n’a pas le tempo d’une conversation ordinaire : les phrases arrivent tard, les silences sont longs. Penser avec elle, c’est accepter son rythme sans le forcer, et sans prendre ce rythme pour de l’absence.
En cas de danger immédiat, faites le 15 (SAMU). Prenez un rendez-vous au cabinet en téléconsultation le plus rapidement possible. Si Doctolib ne permet pas un rendez-vous immédiat, envoyez des textos WhatsApp ou/et SMS aux cliniciens du cabinet.
Les nouvelles cartes de la psychanalyse
En 1996, Widlöcher publie chez Odile Jacob un livre au titre de géographe : Les Nouvelles Cartes de la psychanalyse. Son point de départ est une question qu’il pose à son propre milieu : un siècle après sa fondation, la psychanalyse peut-elle rester à l’écart d’une vraie confrontation avec les sciences de l’esprit ? Les progrès de la neurobiologie et des sciences cognitives ont éclairé sous un jour nouveau la façon dont se produisent les opérations mentales. Pour lui, la psychanalyse risquerait l’isolement si elle refusait de s’en laisser interroger, mais elle garde une spécificité : sa forme originale de communication entre l’analysant et l’analyste, entre le conscient et l’inconscient.
Un compte rendu de Serge Lebovici, paru l’année suivante, en retient quelques lignes de force. L’interdisciplinarité y apparaît comme un moyen de redonner sa valeur à la psychanalyse dans le champ de la psychiatrie. Widlöcher y distingue trois grandes familles de psychothérapies : celles qui passent par l’expression directe, celles qui passent par l’interprétation, et les approches comportementales et cognitives. Il invite à reprendre la notion de pulsion à la lumière de la théorie de l’action et des sciences cognitives. Il refuse, enfin, que l’être humain soit entièrement dominé par son cerveau. Au centre du livre, un concept : la co-pensée, dont il sera question plus bas.
Dix ans plus tôt : Métapsychologie du sens
Le programme remonte à 1986, avec Métapsychologie du sens (PUF). Le titre dit l’essentiel : une métapsychologie, c’est-à-dire une théorie générale de la vie psychique, qui prend le sens pour centre. Un hommage universitaire rendu après sa mort y voit un ouvrage d’une profondeur théorique remarquable, qui reprend une question que l’on ne posait plus faute de réponse et contribue au rapprochement de la psychanalyse et de la psychologie de la mémoire. On y trouve déjà ce qui fera la marque de l’auteur : l’envie d’expliquer la psychanalyse dans la langue des autres disciplines, sans en trahir la spécificité.
Sexualité infantile et attachement : un débat plutôt qu’une querelle
En 2001 paraît, aux PUF, Sexualité infantile et attachement, volume qu’il dirige. Il réunit notamment Jean Laplanche et Peter Fonagy, et fait écho à un débat tenu en 2000 entre eux et lui. La question est ancienne : l’enfant aime-t-il d’abord l’autre, au sens de l’attachement, ou cherche-t-il d’abord son propre plaisir, au sens de la sexualité infantile décrite par Freud ? Plutôt que de trancher par décret, le livre invite les deux traditions à se parler. On y retrouve un trait de caractère de l’auteur : la conviction que la connaissance avance par l’échange.
La même conviction anime un ouvrage collectif de 2009, Vers une neuropsychanalyse ?, qu’il cosigne avec Lisa Ouss, Bernard Golse et Nicolas Georgieff : une vingtaine de chercheurs y examinent les liens entre psychanalyse et neurosciences. La page Psychanalyse et neurosciences du guide en développe les enjeux.
Trois affirmations à tester, en retournant les cartes.
La co-pensée, au curseur
C’est l’idée par laquelle on le connaît le mieux, et la plus facile à saisir à partir de l’expérience ordinaire. Dans une séance, le patient dit ce qui lui vient, sans trier : c’est l’association libre. Widlöcher fait remarquer que l’analyste, de son côté, pense pendant ce temps : le discours du patient fait naître en lui des associations d’idées. Entre les deux activités de pensée s’installe un développement réciproque. L’activité de l’esprit de l’analyste est très proche de celle du patient, et c’est ce qui fonde l’empathie, avec ses limites. Vue du côté de l’analyste, cette empathie, Widlöcher l’appelle co-pensée.
Il en parle dès Les Nouvelles Cartes de la psychanalyse, où le chapitre consacré au silence et à l’insight en constitue le cœur, puis il y revient dans ses textes ultérieurs, dont un texte de 2013 intitulé « Empathie et co-pensée ». L’enjeu qu’il y voit : l’émergence du sens.
Faites glisser le curseur pour passer de la pensée solitaire à la co-pensée.
Le mot de co-pensée a des airs de slogan de séminaire d’entreprise. Rassurons-nous : l’idée est plus ancienne et plus exigeante qu’un remue-méninges. Penser à plusieurs sans que personne ne parle à la place de l’autre est l’une des choses les plus difficiles qui soient, comme en témoigne toute réunion de copropriétaires.
Un homme évoque un deuil récent, d’une voix égale. Pendant qu’il parle, l’analyste voit surgir une image qui n’a, en apparence, aucun rapport : un quai de gare, un train qui s’éloigne. Il ne la dit pas. Il la garde, et il écoute. Quelques minutes plus tard, le patient parle d’un départ qui n’a jamais été dit. L’image de l’analyste n’était pas une devinette : deux pensées, chacune de son côté, se sont rencontrées, et c’est de cette rencontre que le sens est venu.
Le silence et l’insight
Le silence, dans cette perspective, n’est pas un blanc dans la conversation. Au cœur des Nouvelles Cartes de la psychanalyse, le chapitre qui lui est consacré, d’après le compte rendu de Serge Lebovici, distingue deux silences qui se répondent : celui de l’analyste, qui évite de répondre à une communication faite de récit ou d’échange, et celui du patient, dont l’activité mentale induit une forme obligée de silence. Le silence est alors un état mental dégagé du plan du discours.
L’insight vient de là. Widlöcher le décrit comme le moment où une idée, que l’on pourra ensuite dire avec des mots, est extraite d’un état mental marqué par l’activation complexe et chaotique d’un ensemble de pensées. Du côté de l’analyste, ce travail d’écoute permet de parler d’une empathie que Widlöcher appelle co-pensée ; c’est l’écoute de cet insight qui définit pour lui à la fois la nécessité de l’empathie et ses limites.
À la tête de l’Association psychanalytique internationale
L’Association psychanalytique internationale, fondée en 1910, réunit des sociétés de psychanalyse du monde entier. Elle est dirigée par un président élu pour quelques années. Widlöcher exerce cette fonction de 2001 à 2005, après Otto Kernberg et avant Cláudio Eizirik. Il avait auparavant présidé l’APF, et il la présidera de nouveau en 2007-2008.
Le fil de ses années à l’Association internationale, c’est la diversité. Il plaide pour que plusieurs façons de former des analystes puissent coexister, plutôt que d’imposer un modèle unique. L’hommage que lui a rendu la Fédération européenne de psychanalyse rattache à cette idée la reconnaissance, au congrès de Berlin en 2007, des « trois modèles » de formation. Il s’y montre le même qu’à l’hôpital : curieux des différences, et peu enclin au dogme.
La psychanalyse sait aussi se parler à elle-même. Dans Les psychanalystes savent-ils débattre ?, il revient sur de grands débats de son histoire, parmi lesquels la discussion de 1943 entre Anna Freud et Melanie Klein sur la psychanalyse des enfants. L’idée du livre est que la psychanalyse n’a jamais été un dogme figé et qu’elle avance par le débat.
Ce que cela change dans l’écoute
La co-pensée n’est pas une technique à appliquer, plutôt une manière de se représenter ce qui se passe quand deux personnes parlent. Voici, en termes généraux, ce qu’elle déplace.
- Laisser sa propre pensée associerÉcouter, c’est aussi laisser venir ses propres images, ses propres mots, sans les chasser. Ils sont une partie du travail et non du bruit.
- Remarquer les échosCe qui vient à l’esprit résonne avec ce que dit l’autre, parfois de très près, parfois par un détour. C’est une information, pas un bruit.
- Attendre ce qui émergeLaisser aux silences leur durée. Quand un sens apparaît, il vaut mieux qu’il vienne du travail commun que d’une explication posée d’en haut.
- Dire peu, et au bon momentUne remarque, une question, une image qui prolonge la pensée partagée plutôt qu’elle ne la clôt. La personne reste l’auteure de ses idées.
Pour l’analyste, la tâche est exigeante : se laisser associer sans se laisser submerger, garder la distance qui permet de revenir à l’autre. Le titre du livre de 2010, Comment on devient psychanalyste… et comment on le reste, rappelle qu’il s’agit d’un devenir, et d’un effort pour y rester.
Pour la personne qui consulte, l’idée a quelque chose d’apaisant : on ne lui demande pas de produire un matériel que l’autre déchiffrerait, on lui propose de penser avec quelqu’un. Elle n’a pas à être brillante ni à ordonner ses idées avant de parler. Ce qui lui vient en tête, même si cela semble hors sujet, fait partie de la conversation. Elle n’est pas non plus seule à chercher.
Nous écoutons chaque personne dans son histoire. Le premier rendez-vous se prend sans engagement, au cabinet ou en téléconsultation. L’écoute analytique s’associe, selon la personne, à l’EMDR et aux outils de la TCC. Pourquoi un cabinet intégratif
Penser avec quelqu’un : un questionnaire
La co-pensée est née dans le cabinet de l’analyste, mais chacun connaît l’expérience : parler avec quelqu’un d’attentif fait venir des idées qu’on n’aurait pas eues seul. Huit questions pour y réfléchir. Répondez en pensant aux conversations de ces derniers mois.
Maîtres, voisins, héritiers
Pour situer Widlöcher, il faut le regarder entouré. Freud d’abord : Freud et le problème du changement (1970) interroge la place du changement dans la théorie et la pratique freudiennes, et la question ne le quittera plus. Il entre dans la psychanalyse par l’entourage de Lacan et de la Société française de psychanalyse, puis prend avec l’APF son propre chemin, auprès de maîtres comme Daniel Lagache.
Melanie Klein apparaît dans son livre sur les débats de la psychanalyse, à propos de la querelle de 1943 avec Anna Freud. Le voisinage avec Bion est de pensée : la rêverie de l’un et la co-pensée de l’autre font de la vie psychique de l’analyste en séance un instrument, par des chemins différents. Quant aux héritiers, ses deux élèves et amis Antoine Périer et Nicolas Georgieff ont recueilli sa pensée dans Conversations psychanalytiques avec Daniel Widlöcher (Odile Jacob, 2017).
Le guide se poursuit avec la page consacrée à Landman.
Quiz : connaissez-vous Widlöcher ?
Sept questions, une réponse expliquée à chaque fois. Rien n’est enregistré ni envoyé.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que la co-pensée, en deux phrases ?
Pendant que le patient associe librement, l’analyste associe aussi, de son côté. Entre les deux pensées se crée une résonance, qui fonde l’empathie et laisse émerger du sens.
Widlöcher était-il favorable aux neurosciences ?
Il défendait le dialogue entre la psychanalyse et les sciences de l’esprit, dont les neurosciences, comme le montrent Les Nouvelles Cartes de la psychanalyse (1996) et Vers une neuropsychanalyse ? (2009). Il refusait en revanche que l’on réduise l’esprit au cerveau.
Que disait-il de la dépression ?
Son équipe a fait du ralentissement, dans les gestes comme dans la pensée, un objet d’observation, et lui a consacré une échelle d’évaluation. Il consacre à la dépression Les Logiques de la dépression (1983) et, avec Marie-Christine Hardy, La dépression, une maladie (1989). Pour lui, la psychothérapie et le traitement médicamenteux ont à se compléter.
Par quel livre commencer ?
Comment on devient psychanalyste… et comment on le reste (2010) est un autoportrait qui se lit comme un récit : on y rencontre Daniel Lagache, l’histoire de la psychanalyse française, la présidence de l’Association internationale. Les Nouvelles Cartes de la psychanalyse (1996) donne ensuite l’armature de sa pensée.
Quel est son lien avec Lacan ?
Il est entré dans la psychanalyse par le milieu de Jacques Lacan et de la Société française de psychanalyse, puis a participé en 1964 à la fondation de l’Association psychanalytique de France. Sa pensée s’est ensuite développée de façon autonome, avec la co-pensée au centre.
A-t-il écrit pour le grand public ?
Oui, en partie. Choisir sa psychothérapie, qu’il a codirigé avec Bertrand Hanin et Alain Braconnier (2006), s’adresse à ceux qui cherchent une orientation, et La psychanalyse en dialogue, écrit avec Nicole Delattre (2003), vise à montrer ce qu’il y a de sérieux et de productif dans la psychanalyse.
Pour continuer la lecture
Envie d’en parler ?
Une dépression qui ralentit tout, une pensée qui tourne en rond, l’envie de parler avec quelqu’un qui écoute vraiment : un premier rendez-vous, sans engagement, permet de poser la question à votre rythme. Nous recevons au cabinet, ou en téléconsultation.