EMDR reconnue : ce que disent vraiment l'OMS, la HAS, l'Inserm et les recommandations internationales
« L'EMDR est reconnue par l'OMS » revient partout, mais que recouvre cette phrase ? Cette page reprend une à une les reconnaissances de l'EMDR, de la Haute Autorité de santé à l'Organisation mondiale de la santé, avec leurs dates, ce que chaque texte affirme et ce qu'il n'affirme pas. Une frise animée, un tableau clair et un quiz pour vérifier vos repères.
Page rédigée à partir des textes officiels et des sources de l'IFEMDR, d'EMDR France et de la bibliothèque Francine Shapiro. Les points encore discutés sont signalés comme tels.
EMDR reconnue : que veut dire ce mot, exactement ?
Dire qu'une psychothérapie est « reconnue » peut vouloir dire des choses très différentes. Un communiqué de presse, une expertise scientifique, un guide destiné aux médecins et une recommandation de bonne pratique n'ont ni le même poids, ni la même méthode. Pour l'EMDR, la confusion est fréquente : des listes d'organismes circulent sans dates, sans population visée et sans niveau de recommandation. Le résultat paraît flatteur, mais il devient difficile de savoir ce qui est réellement établi.
Les organismes qui évaluent les soins procèdent en général de la même façon. Ils rassemblent les essais publiés, jugent leur qualité, puis formulent une recommandation dont la force varie. Une recommandation forte signifie que les bénéfices attendus dépassent nettement les inconvénients pour la plupart des personnes. Une recommandation conditionnelle laisse plus de place au contexte, aux préférences du patient et à l'expérience du clinicien. Beaucoup d'organismes utilisent pour cela une grille internationale appelée GRADE, qui sépare la force de la recommandation et le degré de certitude des preuves.
Une dernière précision change tout : presque toutes les reconnaissances de l'EMDR portent sur le trouble de stress post-traumatique (TSPT, appelé aussi état de stress post-traumatique). C'est l'indication où la recherche est la plus abondante. Pour l'anxiété, la dépression, les phobies ou la douleur, il existe des études prometteuses, mais pas de recommandation officielle comparable. Ces autres usages sont présentés sur la page indications et limites de l'EMDR.
- Une reconnaissance se lit toujours avec trois informations : l'année, la population (adultes, enfants) et la force de la recommandation.
- Les recommandations solides concernent le TSPT. Elles ne s'étendent pas automatiquement aux autres troubles.
- Être recommandée ne veut pas dire être supérieure aux autres approches : l'EMDR est le plus souvent placée aux côtés des thérapies cognitives et comportementales centrées sur le trauma.
La frise des reconnaissances de l'EMDR, de 1987 à aujourd'hui
Chaque jalon s'ouvre d'un clic ou avec la touche Entrée. Pour chacun, deux colonnes : ce que le texte dit, et ce qu'il ne permet pas d'affirmer. Les points bleus sont des repères historiques, les points dorés des prises de position officielles, le cercle en pointillés une recommandation encore attendue.
1987 Premières observations de Francine Shapiro repère
La psychologue américaine Francine Shapiro remarque que certains mouvements des yeux semblent atténuer la charge d'un souvenir pénible. La méthode se structure ensuite en protocole, avant de devenir l'EMDR en huit phases que l'on connaît. Son histoire est détaillée sur la page EMD, EMDr, EMDR.
Ce que c'estLe point de départ clinique de la méthode.Ce que ce n'est pasUne reconnaissance : à cette date, rien n'est encore évalué.1999 Naissance d'EMDR Europe, puis d'EMDR France en 2002 repère
L'association européenne naît en juin 1999. L'association française suit en septembre 2002. Ces structures fixent des standards de formation et délivrent l'accréditation de praticien EMDR Europe, décrite plus bas.
Ce que c'estUn cadre professionnel commun pour la formation et l'éthique.Ce que ce n'est pasUne autorité de santé : ce sont des associations de praticiens.2004 Inserm, expertise collective sur trois psychothérapies repère
En février 2004, l'Inserm publie une expertise qui compare trois familles de psychothérapies : psychodynamique, cognitivo-comportementale, familiale et de couple. Pour le stress post-traumatique, le communiqué officiel conclut à l'efficacité des TCC.
Ce que le texte ditIl marque le début, en France, d'une évaluation scientifique des psychothérapies.Ce qu'il ne dit pasLe communiqué de l'Inserm ne nomme pas l'EMDR. Plusieurs sites la présentent comme une reconnaissance de l'EMDR : la prudence s'impose.2007 HAS, guide « Troubles anxieux graves » adulte
En juin 2007, la Haute Autorité de santé publie le guide médecin de l'affection de longue durée n° 23. Pour le TSPT de l'adulte, il place la psychothérapie structurée en première ligne et cite comme traitement de choix la TCC centrée sur le traumatisme ou l'EMDR.
Ce que le texte ditEMDR et TCC centrée sur le trauma sont deux options de choix chez l'adulte, en général sur 15 à 20 séances individuelles.Ce qu'il ne dit pasIl ne cite pas l'EMDR chez l'enfant, ni pour les autres troubles anxieux. Il la déconseille en cas de trouble psychotique.2013 OMS, lignes directrices sur les troubles liés au stress tous âges
Publiées le 17 mars 2013, puis présentées au public en août avec un protocole pratique coédité par le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, ces lignes directrices de l'Organisation mondiale de la santé citent la TCC centrée sur le trauma et l'EMDR pour le TSPT des adultes, des adolescents et des enfants.
Ce que le texte ditL'EMDR fait partie des psychothérapies à proposer dans le TSPT, à tous les âges. Le même texte déconseille les benzodiazépines dans le premier mois après un événement.Ce qu'il ne dit pasIl ne fait pas de l'EMDR un traitement unique ni supérieur : elle figure aux côtés de la TCC centrée sur le trauma.2015 Inserm, rapport d'évaluation demandé par la Direction générale de la santé avis
En juin 2015, une unité de l'Inserm (U1178) rend un rapport sur l'hypnose et l'EMDR. En s'appuyant sur deux revues Cochrane, il conclut que l'EMDR est efficace dans le TSPT de l'adulte et que les études de sécurité sont rassurantes.
Ce que le texte ditEfficacité chez l'adulte, sécurité rassurante, intérêt d'un encadrement des pratiques.Ce qu'il ne dit pasLes données de l'époque ne permettaient pas de conclure chez l'enfant et l'adolescent.2017 APA, guide pour le TSPT de l'adulte conditionnelle
L'Association américaine de psychologie adopte en 2017 un guide de pratique clinique pour le TSPT de l'adulte, résumé en 2019 dans sa revue American Psychologist. L'EMDR y reçoit une recommandation conditionnelle, comme la thérapie par exposition narrative et la thérapie éclectique brève.
Ce que le texte ditL'EMDR est une option recommandée chez l'adulte, à un niveau inférieur à quatre approches cognitives et d'exposition.Ce qu'il ne dit pasIl ne concerne pas l'enfant. Le comité indiquait que de nouvelles études pourraient faire évoluer ce niveau.2018 NICE au Royaume-Uni et ISTSS au niveau international adulte enfant au NICE
En décembre 2018, l'institut britannique NICE publie sa recommandation sur le TSPT. Chez l'adulte, l'EMDR est proposée pour un TSPT lié à un événement non militaire, plus de trois mois après les faits, en général sur 8 à 12 séances. Chez l'enfant de 7 à 17 ans, elle n'est envisagée qu'en seconde intention. La même année, la Société internationale pour l'étude du stress traumatique (ISTSS) finalise ses recommandations : forte pour l'EMDR chez l'adulte comme chez l'enfant et l'adolescent.
Ce que les textes disentDeux références majeures retiennent l'EMDR chez l'adulte. L'ISTSS la recommande aussi fortement chez le jeune.Ce qu'ils ne disent pasLe NICE garde la TCC centrée sur le trauma en première intention chez l'enfant et ne recommande pas l'EMDR avant 7 ans.2023 OMS, VA/DoD et Inserm actualisent leurs positions enfants OMS adultes OMS
La mise à jour du programme mhGAP de l'OMS recommande fortement des interventions psychologiques pour le TSPT de l'enfant et de l'adolescent, dont l'EMDR, avec une certitude jugée modérée. Chez l'adulte, la recommandation est conditionnelle pour l'ensemble des psychothérapies listées, EMDR comprise. Aux États-Unis, le guide des ministères des Anciens combattants et de la Défense (VA/DoD, version 4.0) recommande trois psychothérapies centrées sur le trauma, dont l'EMDR. En France, la fiche Canal Détox de l'Inserm (janvier 2023) juge les résultats de l'EMDR dans le TSPT comparables à ceux des TCC.
Ce que les textes disentL'EMDR reste dans le groupe des psychothérapies du trauma les mieux étayées.Ce qu'ils ne disent pasL'Inserm rappelle que ce n'est pas une méthode miracle, que les résultats sont mitigés hors TSPT et que le rôle des mouvements oculaires reste à éclaircir.2025 APA, mise à jour discutée débat
La mise à jour 2025 du guide de l'APA place l'EMDR au deuxième rang, parmi les approches « suggérées » avec la thérapie cognitive et la thérapie par exposition narrative, derrière la TCC, la thérapie des processus cognitifs et l'exposition prolongée. Une critique publiée en 2026 par des chercheurs du champ EMDR juge cette position isolée par rapport aux autres lignes directrices récentes.
Ce que le texte ditL'EMDR reste une option pour le TSPT de l'adulte aux États-Unis.Ce qu'il ne dit pasIl ne retire pas l'EMDR : il la classe un cran en dessous, ce qui fait débat entre experts.À venir HAS, recommandation sur les syndromes psychotraumatiques attendue
La HAS a lancé un travail de recommandation sur l'évaluation et la prise en charge des syndromes psychotraumatiques, chez l'enfant et l'adulte (note de cadrage de novembre 2020). À la date de rédaction de cette page, aucune version publiée n'a été trouvée. La référence française reste donc le guide de 2007.
Ce que l'on saitLe sujet est inscrit au programme de travail de la HAS.Ce que l'on ignoreLa place qui sera donnée à l'EMDR, notamment chez l'enfant.
EMDR reconnue en France : la HAS et l'Inserm
La Haute Autorité de santé, 2007 : la référence française pour l'adulte
Le texte français le plus clair reste le guide médecin « Troubles anxieux graves » publié par la HAS en juin 2007, dans le cadre des affections de longue durée. Il s'adresse aux médecins qui accompagnent des patients au long cours. Pour le TSPT de l'adulte, il pose deux idées simples : la psychothérapie structurée vient en premier, et les deux traitements de choix sont la TCC centrée sur le traumatisme et l'EMDR. Il donne un ordre de grandeur de 15 à 20 séances individuelles, à raison d'une ou deux par semaine.
Le même guide contient deux réserves qu'il faut connaître. Chez l'enfant, il oriente vers une TCC adaptée à l'âge et ne cite pas l'EMDR. Et il indique une contre-indication en cas de trouble psychotique. Ce dernier point a été discuté depuis par la recherche, mais il fait toujours partie du texte de référence, et il justifie une évaluation soigneuse avant tout retraitement. La page indications et limites revient sur ces précautions.
Pourquoi un guide de 2007 compte encore aujourd'hui
Un guide ancien n'est pas pour autant caduc. Tant qu'aucun texte plus récent ne le remplace, il reste la position publiée de l'autorité française. La HAS a engagé en 2020 un travail sur les syndromes psychotraumatiques de l'enfant et de l'adulte. Quand il sera publié, il deviendra la nouvelle référence, et cette page sera mise à jour. D'ici là, il est honnête de présenter le guide de 2007 comme ce qu'il est : solide pour l'adulte, muet pour l'enfant.
L'Inserm 2004 : une étape souvent mal citée
L'expertise collective de l'Inserm publiée en février 2004, « Psychothérapie, trois approches évaluées », a eu un grand retentissement. Elle comparait les approches psychodynamiques, cognitivo-comportementales et familiales. Pour le stress post-traumatique, son communiqué retient l'efficacité des TCC, et une efficacité possible des thérapies psychodynamiques brèves. L'EMDR n'y est pas nommée. Certaines associations y voient pourtant une reconnaissance de l'EMDR, en se fondant sur le rapport complet. Faute d'avoir pu lire ce rapport intégral, cette page la présente comme un jalon historique de l'évaluation des psychothérapies en France, et non comme une recommandation de l'EMDR.
L'Inserm 2015 : un rapport d'évaluation favorable chez l'adulte
En juin 2015, à la demande de la Direction générale de la santé, une unité de l'Inserm évalue l'hypnose et l'EMDR. Pour l'EMDR, le rapport s'appuie sur deux revues Cochrane et conclut à une efficacité dans le TSPT de l'adulte. Il juge les études de sécurité rassurantes et souhaite un meilleur encadrement des pratiques, notamment face aux dérives possibles des techniques de suggestion. Chez l'enfant et l'adolescent, il estimait les données insuffisantes pour conclure.
L'Inserm 2023 : la fiche Canal Détox
En janvier 2023, l'Inserm consacre une fiche de sa série Canal Détox à l'EMDR, reprise sur le portail public sante.fr. Le ton est nuancé. Plusieurs essais randomisés et méta-analyses soutiennent l'efficacité de l'EMDR dans le TSPT, avec des améliorations comparables à celles des TCC. Pour les autres troubles, les résultats sont plus mitigés, souvent à cause de limites méthodologiques. L'efficacité chez l'enfant y figure parmi les questions encore ouvertes, et le mécanisme d'action des mouvements oculaires n'est pas établi. La fiche rappelle aussi la mise en garde de la Miviludes (2010) contre des formations non contrôlées.
L'EMDR est reconnue en France pour le TSPT de l'adulte (HAS 2007, Inserm 2015 et 2023). Pour l'enfant, aucun texte français publié ne la recommande à ce jour. Une recommandation HAS sur le psychotraumatisme est en préparation.
L'EMDR dans les recommandations internationales
L'Organisation mondiale de la santé : 2013, puis 2023
L'OMS est l'organisme le plus cité, et à juste titre. En 2013, ses lignes directrices sur les affections liées au stress, pensées pour les soignants de première ligne dans le monde entier, retiennent la TCC centrée sur le trauma et l'EMDR pour le TSPT des adultes, des adolescents et des enfants. La mise à jour de 2023 apporte une nuance utile. Chez l'enfant et l'adolescent, la recommandation de proposer une intervention psychologique (TCC centrée sur le trauma, en individuel ou en groupe, ou EMDR) est forte. Chez l'adulte, elle est conditionnelle, et ce niveau s'applique à toutes les psychothérapies citées, pas seulement à l'EMDR.
Pourquoi la recommandation adulte de l'OMS est-elle « conditionnelle » ?
Une recommandation conditionnelle n'est pas un désaveu. Elle signale que le bénéfice dépend davantage du contexte : ressources disponibles, préférence de la personne, formation des soignants. L'OMS raisonne à l'échelle mondiale, y compris pour des pays où les psychothérapeutes formés sont rares, et elle place sur le même plan plusieurs options (TCC individuelle, en groupe ou numérique, EMDR, gestion du stress). Ce qui compte pour un patient, c'est que l'EMDR figure dans cette courte liste.
Le NICE au Royaume-Uni : précis et plus réservé chez l'enfant
Le National Institute for Health and Care Excellence publie en décembre 2018 sa recommandation sur le TSPT (référence NG116). Chez l'adulte, l'EMDR est proposée pour un TSPT sans lien avec le combat, au-delà de trois mois après l'événement, avec 8 à 12 séances en général et davantage si nécessaire. Entre un et trois mois, elle peut être envisagée si la personne la préfère. Chez l'enfant de 7 à 17 ans, le NICE la réserve aux situations où la TCC centrée sur le trauma n'a pas apporté d'amélioration ou n'a pas pu être suivie. Avant 7 ans, il ne la recommande pas.
L'ISTSS : une recommandation forte, adultes et jeunes
La Société internationale pour l'étude du stress traumatique (International Society for Traumatic Stress Studies) finalise ses recommandations en 2018. L'EMDR y reçoit une recommandation forte, chez l'adulte comme chez l'enfant et l'adolescent, aux côtés de la TCC centrée sur le trauma pour les plus jeunes. Le texte signale aussi des données émergentes sur une séance d'EMDR proposée dans les trois mois suivant un événement, à titre préventif, ce qui reste à confirmer.
Les États-Unis : APA et VA/DoD
Deux textes américains sont souvent cités. Le guide de l'Association américaine de psychologie (APA, 2017) accorde à l'EMDR une recommandation conditionnelle chez l'adulte, et sa mise à jour de 2025 la classe au rang des approches « suggérées », ce qui est contesté par plusieurs chercheurs. Le guide 2023 des ministères des Anciens combattants et de la Défense (VA/DoD) est plus net : il recommande au niveau le plus élevé trois psychothérapies individuelles centrées sur le trauma, la thérapie des processus cognitifs, l'exposition prolongée et l'EMDR, en les préférant aux médicaments. Ce guide vise d'abord les militaires et anciens combattants.
D'autres organismes sont parfois listés (agences néerlandaise, suédoise, australienne, californienne). Leurs textes n'ont pas tous pu être relus à la source : ils ne figurent pas dans la frise.
Le tableau récapitulatif : adultes, enfants et adolescents
Ce tableau résume la position de chaque organisme pour le TSPT. Il se lit en faisant défiler horizontalement sur téléphone.
| Organisme | Année | Adultes | Enfants et adolescents | Nature du texte |
|---|---|---|---|---|
| HAS (France) | 2007 | traitement de choix | Non citée | Guide médecin ALD |
| Inserm (France) | 2015, 2023 | Efficacité jugée établie | Question encore ouverte | Rapport, fiche d'information |
| OMS | 2013, 2023 | conditionnelle (2023) | forte (2023) | Lignes directrices mondiales |
| NICE (Royaume-Uni) | 2018 | à proposer | seconde intention de 7 à 17 ans | Recommandation nationale |
| ISTSS | 2018 | forte | forte | Société savante internationale |
| APA (États-Unis) | 2017, 2025 | conditionnelle, puis « suggérée » | Hors champ | Guide de pratique clinique |
| VA/DoD (États-Unis) | 2023 | recommandée | Hors champ | Guide militaire et vétérans |
Ce que les recommandations sur l'EMDR ne disent pas
Une page sérieuse sur la reconnaissance de l'EMDR doit aussi montrer les limites. C'est même ce qui permet de faire confiance au reste. Voici six affirmations fréquentes que les textes officiels ne soutiennent pas.
« L'EMDR est meilleure que les TCC »
Aucun grand texte ne l'affirme. Dans le TSPT, l'Inserm juge les résultats comparables. Le NICE et l'APA placent même certaines TCC un peu devant, dans des situations précises. Pour comprendre leurs différences, voir EMDR et TCC.
« Elle est reconnue pour tout »
Les recommandations visent le TSPT. Pour l'anxiété, les phobies ou la dépression, la recherche avance mais ne permet pas encore de recommandation officielle. Détails sur EMDR et anxiété.
« On sait comment elle agit »
Le rôle exact des mouvements oculaires reste discuté. Plusieurs hypothèses coexistent, dont celle de la mémoire de travail. Voir le modèle TAI et la page sur la stimulation bilatérale alternée.
« L'enfant, c'est pareil »
Les positions divergent : forte à l'OMS en 2023 et à l'ISTSS, seconde intention au NICE, non citée par la HAS. Voir l'EMDR chez l'enfant et l'adolescent.
« Quelques séances suffisent toujours »
Les fourchettes publiées (8 à 12 au NICE, 15 à 20 à la HAS) sont des repères pour un TSPT. Un trauma répété ou une dissociation importante demandent souvent plus de temps. Voir le déroulement d'une thérapie EMDR.
« Tout praticien EMDR se vaut »
Les textes supposent une méthode pratiquée par un professionnel formé. L'Inserm et la Miviludes alertent sur des formations non contrôlées. Repères plus bas et sur la page bien choisir son thérapeute.
Pourquoi les recommandations divergent, et ce que disent les critiques
Voir l'EMDR en recommandation forte ici et conditionnelle là peut surprendre. Une analyse publiée en 2019 dans le Journal of EMDR Practice and Research (Dominguez et Lee) explique ces écarts par des choix de méthode : la date à laquelle la littérature a été arrêtée, les études retenues ou écartées, les mesures choisies pour juger de l'efficacité. Deux comités sérieux peuvent ainsi lire la même recherche et aboutir à des niveaux différents.
La qualité des études : la critique de Cuijpers et collègues (2020)
Une méta-analyse indépendante portant sur 76 essais conclut que l'EMDR a un effet net face aux groupes contrôles, mais que peu d'études présentent un faible risque de biais et que des signes de biais de publication existent. Ses auteurs estiment les preuves insuffisantes pour conseiller l'EMDR en dehors du TSPT, et jugent que même pour le TSPT la qualité des études doit encore progresser. Cette lecture exigeante n'invalide pas les recommandations, elle rappelle qu'elles reposent sur une recherche perfectible, comme pour la plupart des psychothérapies.
Le débat sur les mouvements oculaires
Depuis les débuts, des chercheurs se demandent si l'EMDR agit grâce aux mouvements des yeux ou grâce à l'exposition au souvenir. Une méta-analyse de Lee et Cuijpers (2013) trouve un effet additionnel modéré des mouvements oculaires, plus marqué en laboratoire qu'en clinique. Ce résultat a lui-même été discuté. L'Inserm écrivait encore en 2023 que le mécanisme n'était pas établi. Pour aller plus loin : la stimulation bilatérale alternée.
Les effets indésirables, encore trop peu mesurés
En 2025, van Schie et van Veen ont repris 51 essais randomisés d'EMDR dans le TSPT : 9 seulement parlent des effets indésirables, et un seul les recherche de manière systématique. Les effets signalés restent le plus souvent légers et de courte durée : fatigue, rêves plus intenses, émotions qui remontent entre deux séances. Le profil de sécurité paraît rassurant, mais il reste insuffisamment étudié, en particulier chez les personnes aux difficultés multiples. C'est une raison de plus pour une préparation soignée et une évaluation préalable.
Les critiques portent surtout sur la qualité des études, le mécanisme et la mesure des effets indésirables. Elles ne remettent pas en cause la place de l'EMDR dans le TSPT, mais elles invitent à ne pas l'étendre sans preuve à tous les troubles.
Chiffres clés vérifiés sur l'EMDR reconnue
Seuls figurent ici des chiffres tirés des textes cités sur cette page.
Formation et accréditation : reconnaître un praticien EMDR formé
Les recommandations officielles supposent toutes une méthode pratiquée dans les règles. En France, l'association EMDR France, affiliée à EMDR Europe, ne forme pas elle-même : elle accrédite. La formation est assurée par des organismes affiliés, parmi lesquels l'IFEMDR, CAMEA, EDEPHE, Synchronie et le diplôme universitaire de l'Université de Lorraine.
Le parcours décrit par EMDR France
- Un métier du soin psychique au départ. La formation est ouverte aux psychiatres, aux psychologues et aux psychothérapeutes inscrits auprès de l'ARS, ainsi qu'aux internes en psychiatrie à partir de la troisième année, avec des aménagements pour certains profils.
- Deux niveaux de formation. Un premier niveau d'environ quatre jours, puis un second d'environ trois jours et demi, séparés d'au moins huit semaines, chacun suivi de supervisions de groupe.
- De la pratique supervisée. Au moins 20 heures de supervision, au moins 50 séances d'EMDR auprès d'au moins 25 patients, et une séance réelle validée par un superviseur, avec l'accord écrit du patient.
- Une accréditation limitée dans le temps. Le titre de praticien accrédité EMDR Europe vaut cinq ans. Son renouvellement demande de la formation continue et de la supervision.
- Une spécialisation pour l'enfant. Le travail avec les enfants et les adolescents fait l'objet d'une formation et d'une validation complémentaires.
Cinq questions simples à poser avant de commencer
- Dans quel organisme et à quel niveau la formation EMDR a-t-elle été suivie ?
- Le praticien bénéficie-t-il d'une supervision ou d'une intervision régulière ?
- Comment se déroule la préparation avant de travailler sur les souvenirs ?
- Que faire si l'on se sent mal entre deux séances ?
- Quelle articulation est prévue avec un médecin ou un psychiatre si besoin ?
Ces questions sont légitimes et un professionnel sérieux y répond volontiers. L'annuaire en ligne d'EMDR France permet aussi de vérifier une accréditation EMDR Europe.
Au cabinet : une pratique intégrative
Au cabinet, l'EMDR s'inscrit dans un travail plus large, qui associe l'écoute analytique, des outils issus des TCC et, selon les situations, une évaluation psychométrique préalable. L'idée n'est pas d'empiler les techniques, mais de choisir pour chaque personne le bon moment pour retraiter un souvenir, et le cadre qui permettra de le faire en sécurité. Cette articulation est présentée sur la page l'approche intégrative, ainsi que sur EMDR et psychanalyse. Le matériel de stimulation utilisé (barre lumineuse, sons, vibreurs) est décrit sur la page barre lumineuse et buzzers.
L'EMDR est-elle remboursée ?
Être reconnue ne signifie pas être remboursée. En France, l'EMDR pratiquée en libéral n'a pas de prise en charge globale par l'Assurance maladie et les tarifs sont libres. Le dispositif public de séances remboursées chez un professionnel conventionné existe, mais l'association EMDR France observe que ses séances, souvent courtes, se prêtent rarement à un retraitement EMDR. Il convient de sélectionner séance de 80 minutes sur Doctolib pour pratiquer l’EMDR au cabinet. Certaines mutuelles participent selon le contrat. Après un accident, une agression ou un accident du travail, il peut être utile de se renseigner auprès de son assurance. En établissement public (centres médico-psychologiques, centres régionaux du psychotraumatisme), l'accès dépend de l'offre locale.
Quiz : qui recommande quoi sur l'EMDR ?
Douze questions, uniquement sur des faits vérifiés dans les textes présentés plus haut. La mini-frise s'allume à l'année concernée, et votre profil s'affiche à la fin avec trois jauges : repères français, repères internationaux, nuances et limites. Tout se passe dans votre navigateur, aucune réponse n'est enregistrée ni envoyée.
Ce quiz est un jeu de connaissances. Il ne remplace pas une évaluation par un professionnel et ne dit rien de l'indication de l'EMDR dans votre situation.
Questions fréquentes sur l'EMDR reconnue
L'EMDR est-elle reconnue en France ?
Oui, pour le trouble de stress post-traumatique de l'adulte. Le guide de la HAS de juin 2007 sur les troubles anxieux graves cite la TCC centrée sur le trauma ou l'EMDR comme traitement de choix, et l'Inserm a confirmé son efficacité dans le TSPT de l'adulte en 2015 puis en 2023. Aucun texte français publié ne la recommande encore chez l'enfant. Une recommandation HAS sur le psychotraumatisme est en préparation.
L'OMS recommande-t-elle l'EMDR ?
Oui. Depuis ses lignes directrices de 2013 sur les troubles liés au stress, l'OMS cite l'EMDR avec la TCC centrée sur le trauma pour le TSPT, chez l'adulte comme chez l'enfant. Dans sa mise à jour de 2023, la recommandation est forte chez l'enfant et l'adolescent et conditionnelle chez l'adulte, niveau qui s'applique à toutes les psychothérapies citées.
Que dit l'Inserm sur l'EMDR ?
L'expertise de 2004 sur trois psychothérapies ne nomme pas l'EMDR dans son communiqué. Le rapport de 2015 conclut à son efficacité dans le TSPT de l'adulte, avec des données de sécurité rassurantes, sans pouvoir conclure chez l'enfant. La fiche Canal Détox de 2023 juge ses résultats comparables à ceux des TCC dans le TSPT et plus mitigés pour les autres troubles.
Pour quels troubles l'efficacité de l'EMDR est-elle la mieux démontrée ?
Le trouble de stress post-traumatique. C'est la seule indication pour laquelle les grandes autorités de santé la recommandent. Pour l'anxiété, les phobies, la dépression ou la douleur, des études encourageantes existent, mais elles sont moins nombreuses et de qualité inégale.
Quelles critiques sont adressées à l'EMDR ?
Elles portent sur la qualité de certaines études, sur le rôle exact des mouvements oculaires, encore débattu, et sur la mesure des effets indésirables, rarement évalués de façon systématique dans les essais. L'APA américaine la place un cran en dessous d'autres approches, position elle-même contestée par d'autres chercheurs.
L'EMDR est-elle plus efficace que les TCC ?
Ce n'est pas démontré. Dans le TSPT, l'Inserm juge les améliorations comparables. Chez l'enfant, le NICE préfère la TCC centrée sur le trauma en première intention. Le choix dépend surtout de la personne, de son histoire et de ses préférences, et les deux approches peuvent s'articuler.
L'EMDR est-elle remboursée ?
En libéral, il n'y a pas de prise en charge globale par l'Assurance maladie et les tarifs sont libres. Le dispositif public de séances remboursées se prête rarement à l'EMDR. Il convient de sélectionner séance de 80 minutes sur Doctolib pour pratiquer l’EMDR au cabinet. Certaines mutuelles participent selon le contrat.
Comment vérifier qu'un praticien est formé à l'EMDR ?
Demandez l'organisme de formation, les niveaux suivis et la supervision. L'association EMDR France tient un annuaire des praticiens accrédités EMDR Europe, une accréditation valable cinq ans et renouvelable avec de la formation continue.
Pour continuer la lecture
- Le guide complet de la thérapie EMDR
- Qu'est-ce que l'EMDR ?
- EMDR et TCC : différences et complémentarité
- Indications et limites de l'EMDR
- Les différents types de trauma
- EMDR et dissociation
- Le déroulement d'une séance
- Choisir son thérapeute EMDR
- La page EMDR du site
- Thérapies cognitives et comportementales
- Psychanalyse
- Bilans psychologiques
Besoin d'aide tout de suite ? En cas de pensées suicidaires, pour vous ou un proche, le 3114 est le numéro national de prévention du suicide, gratuit et joignable 24 h sur 24, 7 jours sur 7. En cas d'urgence vitale, appelez le 15 (SAMU) ou le 112.