Cinq grandes dimensions
Les trous de mémoire, la dépersonnalisation, la déréalisation, la confusion d’identité (« qui suis-je ? ») et l’altération d’identité (« quelque chose agit à ma place »), sans oublier les symptômes du corps.
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La dissociation demande un cadre prudent, des cliniciens formés et du temps. Au Cabinet Bouche & Chmura, nous associons l’EMDR adaptée à la dissociation, l’écoute analytique, les outils des TCC en complément, le bilan dissociatif et le regard de la neuropsychologue. Voici ce que nous cherchons à comprendre, ce que chaque approche peut apporter, ce que dit la science, et comment ces regards se complètent, sans jamais rien forcer.
Personne ne vient au cabinet en disant « je dissocie ». On vient pour des angoisses, des trous de mémoire, une impression de vivre derrière une vitre, des relations qui se coupent, une fatigue immense, une dépression qui ne passe pas, parfois parce qu’un proche a remarqué des « absences ». Notre premier travail est d’écouter, et de comprendre ce qui se passe, sans plaquer d’étiquette trop vite.
Les premières séances explorent plusieurs questions, à votre rythme :
Spécialisé dans le traumatisme, il pratique l’EMDR chez l’adulte et l’enfant, l’écoute analytique, les outils des thérapies cognitives et comportementales, ainsi que la thérapie de couple et familiale. Il réalise les bilans psychologiques, psycho-traumatiques et dissociatifs. Sa pratique est nourrie de supervisions régulières, en EMDR comme en psychanalyse.
Elle réalise les bilans neuropsychologiques et psychologiques de l’enfant, de l’adolescent et de l’adulte : mémoire, attention, fonctions exécutives, efficience intellectuelle, diagnostics différentiels (TDAH, haut potentiel, autisme). Elle conduit aussi la remédiation cognitive.
La dissociation fait partie des domaines où la formation continue compte le plus. Ces derniers mois, le psychothérapeute a suivi plusieurs formations de plusieurs jours consacrées spécifiquement aux troubles dissociatifs :
À Colombes, aux Pavillons-sous-Bois, en Ardèche et en téléconsultation. Les séances de travail sur les souvenirs se font en séances longues. Pour une dissociation importante, le choix entre cabinet et téléconsultation se discute au cas par cas : la sécurité et la qualité de présence passent en premier. Voir le cabinet.
Quand la dissociation semble importante, ancienne ou complexe, nous proposons un bilan dissociatif. Les troubles dissociatifs sont souvent peu repérés : les personnes cachent leurs symptômes, ne les reconnaissent pas, ou ne trouvent pas les mots. Le bilan sert à les repérer, à préciser de quel type de dissociation il s’agit, et à comprendre la place qu’ils tiennent dans l’histoire de la personne.
Les trous de mémoire, la dépersonnalisation, la déréalisation, la confusion d’identité (« qui suis-je ? ») et l’altération d’identité (« quelque chose agit à ma place »), sans oublier les symptômes du corps.
Une longue consultation clinique, puis plusieurs évaluations psychométriques : questionnaires de dépistage et entretiens structurés de référence, comme le DDIS ou la SCID-D.
Une analyse, une restitution orale et un rapport écrit, qui orientent concrètement la suite : rythme de la thérapie, place de l’EMDR, besoins de stabilisation.
Le bilan dissociatif s’adresse aux adolescents à partir de 12 ans et aux adultes. Il est particulièrement utile avant une thérapie EMDR quand des signes dissociatifs sont présents, quand un diagnostic de trouble dissociatif a été évoqué (par soi-même, un proche ou un autre professionnel) et qu’il faut le confirmer ou l’écarter, ou quand plusieurs diagnostics se sont succédé sans éclairer la situation. Les modalités pratiques sont présentées dans l’onglet Bilans, et la page quand consulter détaille dans quelles situations il est pertinent.
Parce que les questionnaires de dépistage se trompent dans les deux sens : ils signalent parfois une dissociation absente (chez une personne très anxieuse, par exemple) et en manquent parfois une réelle (chez une personne qui minimise ou ne se souvient pas). Un score élevé ne dit pas non plus si l’on peut retraiter des souvenirs sans danger. Seul un entretien clinique approfondi, avec des outils structurés, permet de conclure.
L’EMDR est l’un des deux axes principaux de notre psychothérapie. Elle aide le cerveau à retraiter des expériences restées « bloquées », à l’aide de stimulations bilatérales alternées (mouvements des yeux, sons ou tapotements), pendant que la personne garde un pied dans le présent. Elle ne se limite pas au souvenir d’un traumatisme identifié : elle travaille aussi les expériences de vie qui pèsent encore, les émotions qui débordent ou s’éteignent, les représentations de soi (« je ne suis pas là », « je suis en danger », « je n’ai pas le droit d’exister », « je suis nul »), les déclencheurs actuels de la coupure, et les situations à venir, grâce au scénario du futur.
Avec la dissociation, tout l’enjeu est le dosage. L’EMDR demande de rester présent tout en revisitant le passé : chez une personne qui se coupe facilement, un retraitement trop rapide pourrait accentuer la coupure au lieu de l’apaiser. Utiliser le protocole standard sans avoir repéré un trouble dissociatif expose à un vrai risque de déstabilisation. C’est pourquoi nous adaptons l’EMDR, en plusieurs temps. Choisissez un onglet.
Comprendre et évaluer. Expliquer la dissociation, la fenêtre de tolérance, le fonctionnement de l’EMDR. Repérer les signes de coupure en séance (regard qui se fige, voix qui s’éloigne) et convenir d’un signal pour dire « stop ». Évaluer la dissociation, si besoin avec un bilan dissociatif, pour choisir la bonne « vitesse » de travail. Construire l’alliance : sans confiance, rien ne bouge.
Installer des ressources. L’ancrage dans le présent par les sens, le lieu sûr, l’image du contenant où déposer ce qui déborde, des ressources d’attachement (une personne, un souvenir, une figure protectrice), des exercices pour réguler les émotions. Les stimulations bilatérales, lentes et courtes, peuvent servir à renforcer ces ressources. Chez les personnes qui ressentent des « parties » d’elles-mêmes, on travaille aussi la coopération intérieure et les peurs qui séparent : peur des souvenirs, des émotions, de certaines parties de soi. La page lieu sûr, contenant et ressources décrit ces outils.
Retraiter par petites touches. Quand le sol tient, on s’approche des souvenirs, des émotions et des croyances qui alimentent la coupure, souvent en commençant par les déclencheurs actuels ou des souvenirs moins lourds. On fractionne : séries de stimulations plus courtes, retours fréquents au présent, possibilité de mettre de côté ce qui déborde. Le praticien vérifie en continu la double attention, entre hier et maintenant. Le matériel (barre lumineuse, casque, vibreurs) permet d’ajuster finement vitesse et intensité.
Intégrer et se préparer. Relier ce qui était séparé, retrouver une continuité de soi, réinvestir le corps, les relations, l’intimité. Le scénario du futur prépare les situations redoutées : un repas de famille, un rendez-vous médical, une dispute, une reprise du travail. On y vérifie que les nouvelles ressources tiennent dans les situations réelles.
Pas forcément, et le sujet fait débat. Des études récentes sur le stress post-traumatique lié à des violences répétées dans l’enfance suggèrent qu’une longue préparation systématique n’est pas nécessaire pour tout le monde. Mais ces études ne portaient pas sur les troubles dissociatifs eux-mêmes. Nous dosons donc la préparation au cas par cas : brève quand la personne s’y prête, plus étendue quand la dissociation ou une grande instabilité l’exigent. La page EMDR et dissociation présente ce débat en détail.
L’EMDR peut quand même aider. On peut travailler à partir de ce qui est présent : une sensation, une émotion, une image, une croyance sur soi, un déclencheur actuel. Il n’est pas nécessaire de reconstituer une histoire complète, et nous ne cherchons jamais à « faire remonter » des souvenirs.
L’écoute analytique est l’autre axe principal de notre pratique. Elle s’intéresse à la personne dans sa singularité : son histoire, sa parole, ses relations, ce qui se répète dans sa vie. Avec la dissociation, elle pose une question essentielle : qu’est-ce que la coupure protège ? Se retirer de soi ou du monde a souvent été, à un moment de l’histoire, la seule manière de ne pas ressentir ce qui était trop, ou de continuer à aimer quelqu’un qui faisait peur.
Concrètement, l’écoute analytique offre un espace où la personne peut parler librement, à son rythme, sans que le thérapeute oriente ou interprète trop vite. Elle permet de repérer ce qui se répète : les situations où l’on « s’absente », les relations où l’on se coupe, les moments où l’on ne se reconnaît plus. Elle s’intéresse aussi à ce qui se passe dans la relation thérapeutique elle-même : une absence en séance, un oubli, une distance soudaine sont des occasions précieuses de comprendre, à condition d’être accueillis avec tact.
Les psychanalystes parlent de clivage : une partie de l’expérience est tenue à l’écart, non pas oubliée, mais séparée du reste. Le travail par la parole et la relation aide ces parties à se rejoindre peu à peu, et à s’inscrire dans une histoire qui fait sens. C’est souvent là que l’EMDR et l’écoute analytique se répondent : l’une apaise la charge des souvenirs, l’autre donne une place et un sens à ce qui a été vécu. Voir la psychanalyse et EMDR et psychanalyse.
Situation fictive
Exemple fictif : Marc, 41 ans, « décroche » à chaque fois que sa compagne hausse le ton : il ne l’entend plus, se sent loin, puis ne se souvient plus bien de la dispute. En séance, il raconte qu’enfant, il faisait la même chose pendant les colères de son père. Il commence pourtant toujours par s’excuser de « ne pas être assez présent ».
Quelle lecture semble la plus utile pour avancer ?
Les thérapies cognitives et comportementales apportent des outils concrets, que nous utilisons en complément de l’EMDR et de l’écoute analytique, surtout dans la phase de stabilisation et pour la vie quotidienne.
Expliquer les mécanismes de la dissociation, la fenêtre de tolérance, le cercle de la peur dans la déréalisation. Comprendre diminue déjà l’angoisse.
Noter quand la coupure survient, ce qui la précède, ce qui la suit. Peu à peu, on repère les premiers signaux, et on peut agir plus tôt.
Exercices sensoriels, orientation dans le présent, respiration, compétences de tolérance à la détresse. Voir les compétences TCD.
Dans la déréalisation, réduire la surveillance des sensations et réinvestir les activités évitées, progressivement.
Prévoir quoi faire en cas de crise, d’envie de se faire du mal, de coupure en public : qui appeler, quelles ancres utiliser.
Un sommeil régulier et la réduction des excitants et des produits diminuent la fréquence des épisodes chez beaucoup de personnes.
Pour la dépersonnalisation-déréalisation, les approches cognitives et comportementales sont les plus étudiées, même si les études restent de petite taille. Pour le stress post-traumatique, les TCC centrées sur le trauma font partie, avec l’EMDR, des traitements recommandés. Voir les TCC au cabinet.
La dissociation touche directement la mémoire et l’attention. Le regard de la neuropsychologue est donc précieux, en particulier quand la plainte porte sur des oublis, des « absences » ou une concentration effondrée. Elle mesure, avec des tests étalonnés, ce qui fonctionne et ce qui est en difficulté.
Ce regard évite deux erreurs : attribuer à la dissociation des troubles qui relèvent d’une autre cause (une épilepsie, un TDAH, un trouble du sommeil, un effet de médicament), ou à l’inverse chercher sans fin une cause neurologique à des absences qui sont dissociatives. Il éclaire aussi les aménagements utiles à l’école ou au travail. La neuropsychologue ne pose pas de diagnostic d’épilepsie : elle repère des indices et oriente vers le médecin. Voir le bilan neuropsychologique et, pour la confusion fréquente avec le TDAH, TDAH ou trauma.
Chaque approche éclaire une facette. Aucune n’est obligatoire, et l’ordre se décide avec vous. À chaque période, une approche mène le travail, les autres restent en appui.
| Question | Ce qui éclaire le plus |
|---|---|
| De quelle dissociation s’agit-il ? | Le bilan dissociatif, et l’entretien clinique |
| Mes oublis sont-ils dissociatifs, attentionnels ou autres ? | Le bilan neuropsychologique, croisé avec l’histoire |
| Comment revenir quand je décroche ? | Les outils de stabilisation (EMDR, TCC) |
| Comment apaiser les souvenirs et les déclencheurs ? | L’EMDR adaptée |
| Pourquoi ma vie se répète-t-elle ainsi ? | L’écoute analytique |
| Comment préserver mon couple, ma famille ? | Consultations de couple ou familiales |
Les deux cliniciens se concertent, avec votre accord, quand un bilan et une psychothérapie se suivent ou se croisent. Cette concertation évite les messages contradictoires et permet d’ajuster le rythme. Quand un avis médical est nécessaire (médecin traitant, psychiatre, neurologue), nous travaillons avec lui.
La dissociation ne concerne pas que la personne qui la vit. Un adolescent qui « s’absente » inquiète ses parents ; un conjoint ne comprend pas pourquoi sa compagne ne se souvient pas de la dispute de la veille ; des enfants sentent qu’un parent est parfois « ailleurs ». Parce que le psychothérapeute est aussi formé à la thérapie de couple et familiale, nous pouvons, quand c’est utile et avec l’accord de chacun, proposer des séances à deux ou en famille.
Des entretiens avec l’adolescent seul, et des temps avec les parents pour comprendre et ajuster le quotidien. Le bilan dissociatif est possible à partir de 12 ans. Voir l’enfant et l’adolescent.
Expliquer au conjoint ce qui se passe, convenir de signaux et de pauses pendant les conflits, aborder l’intimité avec délicatesse. Voir proches et couple.
Quand la blessure vient du lien, la thérapie familiale et l’EMDR peuvent se répondre. Voir EMDR et thérapie familiale.
Il faut distinguer la place de chaque approche dans notre pratique, et l’état des connaissances scientifiques pour chaque indication. Le tableau suivant donne une lecture prudente.
| Approche et indication | État des connaissances |
|---|---|
| EMDR et TCC centrées sur le trauma, pour le stress post-traumatique | Recommandées par les grandes instances internationales (dont l’OMS en 2013) et la HAS |
| Soin par phases (stabilisation, retraitement, intégration) pour les troubles dissociatifs | Consensus d’experts et études d’observation ; peu d’essais contrôlés |
| EMDR pour les troubles dissociatifs eux-mêmes | Pratique clinique avec adaptations, sans recommandation officielle spécifique à ce jour |
| TCC pour la dépersonnalisation-déréalisation | Études encourageantes mais de petite taille |
| Psychothérapies psychodynamiques | Utilisées en pratique, citées par les manuels de référence ; données de recherche plus limitées |
| Médicaments, pour la dissociation elle-même | Aucun n’a clairement fait ses preuves ; utiles parfois pour l’anxiété ou la dépression associées |
Ce tableau ne dit pas qu’une approche « marche » et qu’une autre « ne marche pas » : il dit où en sont les preuves. Il explique pourquoi nous associons les approches, avec des objectifs clairs, en évaluant régulièrement avec vous ce qui aide. Nous ne promettons pas de résultat : nous parlons de bénéfices possibles, et nous ajustons. La page indications et limites de l’EMDR complète ce tableau.
Exemple fictif, construit pour illustrer : Claire, 34 ans, consulte pour des « trous » dans ses journées, une impression fréquente d’irréalité et des disputes de couple dont elle ne garde presque rien.
Chaque parcours est différent : certains sont beaucoup plus courts, d’autres plus longs. La régularité compte plus que la vitesse.
Quiz pédagogique, ce n’est ni un test validé ni un diagnostic : cinq questions pour savoir quelle page ou quelle démarche lire en premier.
Oui, à condition que la dissociation ait été repérée et que la thérapie soit adaptée : préparation, ressources, retraitement par petites touches, retours fréquents au présent. Appliquer le protocole standard sans avoir repéré un trouble dissociatif peut déstabiliser. C’est pourquoi l’évaluation vient d’abord.
Non. Pour une déréalisation passagère liée au stress ou à l’angoisse, quelques entretiens suffisent souvent. Le bilan est proposé quand la dissociation semble importante, ancienne, accompagnée de trous de mémoire ou d’un sentiment de parties de soi, ou quand un diagnostic de trouble dissociatif doit être confirmé ou écarté.
Cela dépend beaucoup de la situation. Une déréalisation liée à une période de stress peut s’apaiser en quelques semaines. Une dissociation installée depuis l’enfance demande souvent un accompagnement long, parfois plus d’un an, avec des améliorations sensibles bien avant la fin. Nous faisons régulièrement le point avec vous.
Parce que la dissociation touche la mémoire et l’attention, et que d’autres causes peuvent lui ressembler : épilepsie, TDAH, troubles du sommeil, effets de produits. La neuropsychologue mesure ce qui fonctionne et ce qui est en difficulté ; le psychothérapeute explore l’histoire, les émotions et la dissociation. Ensemble, ils évitent les erreurs dans les deux sens.
En grande partie, oui : entretiens, écoute analytique, outils de stabilisation et, dans certains cas, EMDR. Pour une dissociation importante, le choix se fait au cas par cas, en privilégiant la sécurité. Les bilans se font de préférence au cabinet.
Un premier rendez-vous permet de faire le point sur ce que vous vivez, de décider ensemble par où commencer et de construire un rythme qui vous respecte. Adolescents, adultes, couples et familles sont reçus au cabinet ou en téléconsultation.
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La « loi de l’instrument », formulée par Abraham Kaplan en 1964 puis reprise par Abraham Maslow dans The Psychology of Science: A Reconnaissance (1966), rappelle qu’« il est tentant, si le seul outil dont on dispose est un marteau, de traiter tout comme si c’était un clou ».
En psychologie, une méthode ne peut pas répondre à toutes les situations. Forts de plusieurs décennies de pratique et de formations complémentaires, nous mobilisons de nombreux outils, choisis avec discernement, afin d’identifier rapidement les leviers les plus efficaces. Nous proposons ainsi un accompagnement aussi bref qu’efficace, tout en sachant accompagner aussi bien les suivis prolongés que le besoin d’un espace de parole régulier.