Le bibliothécaire distrait
Une intelligence qui compense longtemps une attention fragile, jusqu’au jour où l’organisation demandée dépasse ce que l’intuition peut couvrir. La page TDAH et HPI détaille cette rencontre très fréquente.
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Le haut potentiel n’est pas un trouble à soigner. Ce que nous accompagnons, ce sont des personnes : un enfant qui s’ennuie et se croit nul, une adolescente qui s’efface, un adulte qui se sent imposteur, une famille qui ne sait plus comment faire. Au cabinet, la neuropsychologue décrit le profil et recherche ce qui pourrait s’y ajouter ; le psychothérapeute écoute l’histoire et ce qui se répète ; l’EMDR aide à apaiser les souvenirs qui pèsent encore. Voici comment ces regards se croisent, et ce que la recherche permet d’en dire.
Le haut potentiel intellectuel n’est ni une maladie ni un trouble : il ne figure ni dans le DSM-5-TR ni dans la CIM-11, et la plupart des personnes à haut potentiel vont bien. Nous ne proposons donc pas de « prise en charge du HPI ». Nous recevons des enfants, des adolescents, des adultes et des familles qui vivent une difficulté, et pour qui la question du haut potentiel se pose, ou a été posée.
Lors des premiers rendez-vous, nous cherchons à comprendre plusieurs choses, qui n’ont rien à voir avec un chiffre :
Selon ce qui ressort, la suite peut être un bilan, quelques entretiens, une psychothérapie, des séances d’EMDR, un accompagnement des parents, ou parfois rien de plus qu’un éclairage. Les deux cliniciens du cabinet se concertent tout au long du parcours. Cette façon de travailler est la même que pour le TDAH : voir le double regard neuropsychologue et psychothérapeute.
Pour le haut potentiel, le bilan tient une place centrale, parce qu’il est le seul moyen de décrire l’efficience intellectuelle et surtout de repérer ce qui pourrait s’y ajouter. Au cabinet, c’est la neuropsychologue qui le réalise. Son objectif n’est pas de délivrer un chiffre, mais de construire une compréhension du fonctionnement de la personne, utilisable dans la vie de tous les jours.
La double exceptionnalité est au cœur de la vigilance de la neuropsychologue. Un haut potentiel peut masquer un trouble pendant des années, et un trouble peut masquer un haut potentiel. Les situations les plus fréquentes sont :
Une intelligence qui compense longtemps une attention fragile, jusqu’au jour où l’organisation demandée dépasse ce que l’intuition peut couvrir. La page TDAH et HPI détaille cette rencontre très fréquente.
Une dyslexie, une dysorthographie ou une dysgraphie compensées par un raisonnement solide, souvent repérées tard. Voir le guide des troubles dys.
Des difficultés avec les codes sociaux, des intérêts très restreints, des particularités sensorielles, parfois masquées par de bonnes capacités. Voir le dossier autisme.
Quand la question le justifie, oui. L’évaluation cognitive dit comment une personne raisonne ; elle ne dit pas comment elle vit ses émotions, ses relations ou ses conflits intérieurs. Des épreuves dites projectives, ou des questionnaires, peuvent alors compléter le bilan. La différence entre ces deux approches est expliquée dans la vidéo évaluation cognitive et évaluation projective, et les différents bilans du cabinet sont présentés dans l’onglet Bilans.
Elle n’a pas de sens pour un haut potentiel seul, qui n’est pas un déficit. Elle peut en revanche être utile quand un trouble associé fragilise une fonction précise (attention, mémoire de travail, planification), à condition d’être ciblée et transposée dans la vie réelle : les entraînements isolés, sans lien avec le quotidien, ont peu d’effets durables. Voir la remédiation cognitive au cabinet.
L’écoute analytique est l’un des deux grands axes de la psychothérapie au cabinet. Elle part d’une idée simple : derrière une plainte, il y a une personne singulière, une histoire, une parole, des liens, et des choses qui se répètent sans qu’on sache pourquoi. Pour le haut potentiel, cette écoute est précieuse, parce qu’un même score recouvre des vies très différentes, et que le mot « HPI » lui-même prend un sens particulier pour chacun. Parcourez les thèmes que nous rencontrons souvent.
Que signifie ce mot pour moi ? Pour l’un, « HPI » est un soulagement ; pour un autre, une injonction à réussir ; pour un troisième, une identité qui protège d’une blessure. Certains se sont construits comme « l’enfant brillant » de la famille, et vivent chaque échec comme une menace pour ce qui les rend aimables. D’autres ont caché leurs capacités pour ne pas être rejetés. L’écoute analytique permet de questionner ces places, sans les juger : qu’est-ce que cette étiquette a permis, et qu’est-ce qu’elle empêche ?
D’où vient le sentiment d’être à part ? Le décalage avec les autres est une plainte fréquente. Il peut tenir à des centres d’intérêt différents, mais aussi à une histoire : un enfant qui a dû grandir vite, une famille où l’on parlait peu des émotions, une expérience précoce de rejet. Le travail consiste à démêler ce qui relève d’une réelle différence et ce qui relève d’une solitude plus ancienne, qui se rejoue dans chaque nouvelle relation.
Pour qui faut-il être parfait ? L’exigence écrasante que décrivent beaucoup de personnes à haut potentiel a souvent une histoire : des attentes familiales, explicites ou silencieuses, un idéal inatteignable, la peur de décevoir. La psychanalyse parle d’idéal du moi pour désigner cette image de ce que l’on devrait être. Mettre des mots sur ces attentes, sur ce qu’elles ont de vrai et d’imaginé, permet souvent de les assouplir.
Ce qui se répète dans les liens. Se retrouver toujours dans le rôle de celui qui sait, de celle qui porte tout, de celui qu’on admire de loin sans l’aimer de près ; choisir des partenaires ou des amis qui confirment une ancienne conviction (« personne ne peut me comprendre ») : ces répétitions apparaissent dans la parole, et parfois dans la relation avec le thérapeute lui-même, avec qui l’on peut débattre, se mesurer ou chercher à être le patient parfait.
Quand la pensée protège des émotions. Certaines personnes très à l’aise avec les idées parlent de leurs émotions avec une grande précision… sans les ressentir. La psychanalyse décrit ce mouvement sous le nom d’intellectualisation : une façon, souvent ancienne, de se protéger de ce qui fait peur en le transformant en objet de réflexion. Ce n’est pas un défaut, c’est une défense ; l’écoute analytique aide à la repérer et à laisser, peu à peu, une place aux émotions elles-mêmes. Voir HPI et émotions.
L’écoute analytique peut prendre la forme d’une psychothérapie en face à face, à un rythme régulier, ou s’intégrer à un accompagnement plus large. Pour mieux comprendre cette approche, voir la psychanalyse au cabinet et l’écoute analytique dans nos pratiques.
L’EMDR est l’autre grand axe de notre psychothérapie. Cette méthode, structurée en huit phases, utilise des stimulations bilatérales alternées (mouvements des yeux, sons ou tapotements) pendant que la personne se concentre sur un souvenir, une sensation, une croyance sur elle-même. Elle s’appuie sur le modèle du traitement adaptatif de l’information : certains souvenirs, mal « digérés », restent chargés des émotions et des sensations d’origine et continuent d’influencer le présent. Au cabinet, nous l’utilisons bien au-delà des traumatismes identifiés : pour les expériences de vie qui pèsent encore, les représentations négatives de soi, les déclencheurs actuels et les situations à venir. Voir l’EMDR au cabinet et le déroulement d’une séance.
Chez les personnes à haut potentiel que nous recevons, les cibles de l’EMDR reviennent souvent :
Pour les personnes qui ont tendance à tout analyser, l’EMDR présente un intérêt clinique particulier : il invite à suivre ce qui se passe dans le corps et dans les émotions, plutôt qu’à réfléchir. Certaines en sont d’abord déroutées, puis surprises de ce qui émerge. Chez l’enfant et l’adolescent, l’EMDR s’adapte à l’âge, avec des dessins, des histoires, des buzzers ou une barre lumineuse. Voir l’EMDR chez l’enfant et l’adolescent et EMDR et estime de soi.
Les thérapies cognitives et comportementales apportent des outils concrets, que nous intégrons quand ils sont utiles, en complément de l’EMDR et de l’écoute analytique. Pour le haut potentiel, ils servent surtout dans quatre domaines.
Repérer les exigences rigides (« moins de 18, c’est un échec »), tester leurs conséquences, s’autoriser progressivement le « suffisamment bien ». C’est l’une des indications où les TCC ont des données encourageantes.
Découper les tâches, fixer des temps courts, désamorcer la peur de mal faire, réapprendre à travailler pour un enfant ou un adolescent qui n’en a jamais eu besoin.
Comprendre le cercle de l’anxiété, s’exposer progressivement aux situations redoutées, réguler les ruminations. Voir le dossier anxiété.
Des règles claires, moins de négociations, des encouragements centrés sur l’effort : la guidance parentale inspirée des TCC aide à apaiser le quotidien.
Pour en savoir plus sur cette approche, voir les thérapies cognitives et comportementales.
Quand la question du haut potentiel concerne un enfant, elle concerne toujours aussi ses parents, et souvent ses frères et sœurs. Les parents arrivent parfois épuisés par des négociations sans fin, inquiets d’un enfant qui décroche, ou bousculés par ce que le bilan de leur enfant leur a fait découvrir sur eux-mêmes. Il arrive aussi que les deux parents ne partagent pas la même lecture de la situation : l’un voit un enfant qui s’ennuie, l’autre un enfant qui ne fait pas d’efforts.
Nous proposons, selon les situations, des entretiens avec les parents seuls, pour réfléchir au cadre, aux règles et aux attentes ; des consultations familiales, quand les tensions touchent toute la maison ou quand la place de chaque enfant pose question ; et un soutien aux parents eux-mêmes, quand ce qui se rejoue dans la relation avec l’enfant renvoie à leur propre histoire scolaire ou familiale. Le psychothérapeute du cabinet est formé à la thérapie de couple et à la thérapie familiale, et l’EMDR peut s’intégrer à ce travail. La vidéo d’une consultation familiale montre comment les deux praticiens peuvent recevoir ensemble un enfant et ses parents.
C’est fréquent, et ce n’est jamais anodin. Certains parents sont émus, d’autres en colère, d’autres encore préfèrent ne pas s’y attarder. Nous laissons à chacun le temps et la liberté d’en faire quelque chose : quelques entretiens pour soi, un bilan si une question précise se pose, ou simplement un regard nouveau sur sa propre histoire. Voir parents, couple et famille.
Il faut commencer par une évidence : puisque le haut potentiel n’est pas un trouble, aucune étude ne mesure l’efficacité d’une thérapie « du HPI », et aucune approche ne prétend le faire. Les données portent sur les difficultés que l’on rencontre parfois : anxiété, perfectionnisme, dépression, traumatismes, troubles associés. Voici, pour chaque approche, sa place dans notre pratique et l’état des connaissances, sans promesse de résultat.
| Approche | Sa place au cabinet | État des connaissances |
|---|---|---|
| Bilan neuropsychologique | Au premier plan pour décrire le profil et repérer une double exceptionnalité | Les échelles de Wechsler sont des outils étalonnés et très étudiés ; leur interprétation demande de tenir compte de la marge d’erreur et de la clinique. |
| EMDR | Axe principal de la psychothérapie : souvenirs, croyances sur soi, déclencheurs, situations futures | Recommandé par l’OMS et la HAS pour le trouble de stress post-traumatique. Pour d’autres indications, comme l’anxiété ou les souvenirs d’humiliation, des recherches existent et se poursuivent, avec des données moins nombreuses. |
| Écoute analytique | Axe principal de la psychothérapie : histoire, identité, relations, répétitions | Les thérapies psychodynamiques ont fait l’objet d’études, surtout pour la dépression et certains troubles anxieux, avec des données moins nombreuses que pour les TCC. |
| Outils des TCC | En complément : perfectionnisme, procrastination, anxiété, guidance parentale | Ce sont les approches qui ont le plus de données pour les troubles anxieux ; les études sur les TCC du perfectionnisme sont encourageantes. |
| Remédiation cognitive | Seulement si un trouble associé fragilise une fonction précise | Les effets sont meilleurs quand l’entraînement est ciblé et relié au quotidien ; le transfert d’exercices isolés reste limité. |
Pour l’EMDR, la page l’EMDR reconnue par la HAS, l’OMS et l’Inserm détaille l’état des connaissances, et la page indications et limites précise ce que l’EMDR ne fait pas. Dans tous les cas, nous parlons de bénéfices possibles : chaque parcours est singulier.
Ces situations sont inventées pour ce dossier, à partir de configurations fréquentes. Elles montrent ce que chaque regard aurait vu seul, et ce que leur croisement permet.
Exemple fictif : Malo, 8 ans
« Il s’ennuie, il est HPI »
Seul, le bilan aurait confirmé un QI très élevé. Seule, la psychothérapie aurait entendu un enfant qui se dit « nul ». Ensemble, on remarque une attention qui décroche aussi dans les jeux qu’il aime, et une mémoire de travail en retrait. Une évaluation du TDAH est menée ; l’école adapte les consignes, et quelques séances d’EMDR apaisent le souvenir d’une punition devant la classe.
Exemple fictif : Inès, 15 ans
Excellente élève, crises d’angoisse
Le bilan n’apporte rien de nouveau : son efficience était connue. L’écoute analytique fait apparaître une place de « fille parfaite » qui ne lui laisse aucun droit à l’erreur. Les outils des TCC travaillent le perfectionnisme ; l’EMDR cible un oral raté en quatrième et prépare le prochain avec un scénario du futur.
Exemple fictif : Thomas, 38 ans
« Je veux savoir si je suis HPI »
Le bilan montre une efficience élevée, mais l’entretien et des épreuves complémentaires mettent en évidence un fonctionnement autistique jamais repéré. En psychothérapie, Thomas relit son histoire de « garçon bizarre » avec un autre regard, et apprend à respecter ses besoins plutôt qu’à les cacher.
Exemple fictif : la famille M.
Un enfant, puis une mère
Pendant la restitution du bilan de sa fille, la mère se reconnaît et s’effondre. Quelques entretiens lui permettent de parler de sa propre scolarité. Des consultations familiales aident ensuite à apaiser les comparaisons entre les deux enfants, dont un seul a été évalué.
Les consultations ont lieu à Colombes, aux Pavillons-sous-Bois, en Ardèche ou en téléconsultation. Les entretiens et une partie de l’accompagnement peuvent se faire à distance ; les tests d’efficience se passent en présence de la neuropsychologue. Voir l’EMDR en téléconsultation et la page du cabinet.
Un bilan décrit un profil, avec ses nuances. Il n’a pas vocation à confirmer une identité ni à servir d’argument dans un conflit.
Nous parlons de bénéfices possibles. Chaque personne avance à son rythme, et certaines difficultés demandent du temps.
Nous ne ramenons pas toutes les difficultés au haut potentiel. C’est même l’une de nos vigilances principales.
Nous travaillons volontiers avec les autres professionnels qui accompagnent la personne : médecin, orthophoniste, psychomotricien, enseignants, psychologue de l’Éducation nationale. Chacun apporte un regard utile.
Quiz pédagogique, ce n’est ni un test validé ni un diagnostic. Cinq questions pour repérer l’approche qui pourrait être la plus utile pour commencer. La décision se prend ensuite avec nous, lors d’un premier rendez-vous.
Non, car le haut potentiel n’est pas un trouble. Nous accompagnons les difficultés que vivent certaines personnes à haut potentiel : anxiété, perfectionnisme, décalage, souvenirs douloureux, troubles associés, tensions familiales. L’accompagnement associe, selon les besoins, le bilan, l’écoute analytique, l’EMDR et des outils des TCC.
Non. Un bilan est utile quand une question précise se pose, notamment la recherche d’un trouble associé ou une décision scolaire. On peut commencer une psychothérapie sans bilan, et en faire un plus tard si le besoin apparaît.
Parce que certaines souffrent de souvenirs qui pèsent encore : humiliations, rejets, harcèlement, échecs vécus comme une honte. L’EMDR peut aider à les apaiser, à transformer les croyances négatives sur soi et à préparer des situations redoutées. Il est recommandé pour le stress post-traumatique ; pour ces autres indications, les recherches se poursuivent.
La neuropsychologue du cabinet, psychologue clinicienne spécialisée en neuropsychologie. Elle évalue l’efficience intellectuelle et, si nécessaire, l’attention, la mémoire, les fonctions exécutives ou le langage, et recherche une éventuelle double exceptionnalité.
Oui, pour les entretiens, la psychothérapie et une partie de l’accompagnement, y compris l’EMDR dans certaines conditions. Les tests d’efficience, eux, se passent en présence de la neuropsychologue, à Colombes, aux Pavillons-sous-Bois ou en Ardèche.
Un premier rendez-vous permet d’entendre votre demande et de choisir ensemble par où commencer : un bilan, une psychothérapie, des séances d’EMDR, un accompagnement familial, ou une combinaison. Au cabinet ou en téléconsultation.
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La « loi de l’instrument », formulée par Abraham Kaplan en 1964 puis reprise par Abraham Maslow dans The Psychology of Science: A Reconnaissance (1966), rappelle qu’« il est tentant, si le seul outil dont on dispose est un marteau, de traiter tout comme si c’était un clou ».
En psychologie, une méthode ne peut pas répondre à toutes les situations. Forts de plusieurs décennies de pratique et de formations complémentaires, nous mobilisons de nombreux outils, choisis avec discernement, afin d’identifier rapidement les leviers les plus efficaces. Nous proposons ainsi un accompagnement aussi bref qu’efficace, tout en sachant accompagner aussi bien les suivis prolongés que le besoin d’un espace de parole régulier.