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À Nuremberg, en 1910, il propose de réunir les analystes dans une association internationale. Trois ans plus tard, il fonde la Société hongroise, qui accueillera notamment Sándor Radó, Imre Hermann et Géza Róheim.
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Il fut l’un des plus proches de Freud, son compagnon de voyage et son correspondant le plus assidu, et il a fini par poser à la psychanalyse la question qu’elle avait le plus de mal à entendre : et si, quand un patient n’avance pas, une part du problème se jouait dans la façon de l’écouter ? Médecin hongrois né en 1873, Sándor Ferenczi a proposé des mots (l’introjection), inventé des manières de travailler (la technique active, l’élasticité, la relaxation) et écrit un texte, la « confusion de langue » entre les adultes et l’enfant, que la clinique du trauma n’a jamais cessé de relire. Voici sa vie, ses essais, son Journal clinique, et ce que ses héritiers en ont fait.
Dans l’histoire de la psychanalyse, il y a les auteurs que l’on cite et ceux que l’on relit. Sándor Ferenczi est de ceux qu’on relit : en cachette, longtemps, puis ouvertement. Il a posé la question que la profession aimait le moins entendre : quand une cure s’enlise, la résistance est-elle toujours celle du patient, ou bien notre façon d’écouter y est-elle pour quelque chose ?
Cette question l’a conduit à essayer des choses, sans filet. Il a demandé à des patients de faire, ou de ne pas faire, un geste pendant la séance, puis il a reconnu les limites de cette « technique active ». Il a cherché la souplesse, puis une forme de chaleur, dont il a lui-même mesuré les risques. Et il a décrit, à la fin de sa vie, la scène que tant de patients racontent sans la nommer : l’enfant qui vient chercher de la tendresse, et à qui l’adulte répond par autre chose.
On le lit comme on lit un praticien : pour les questions qu’il laisse à celui qui écoute, plus que pour des recettes. Il croyait à la guérison avec une obstination presque joyeuse, et il a laissé, dans son Journal, la trace de ses échecs, ce qui est rare et précieux.
Nous écoutons chaque personne dans son histoire, qu’elle ait cinq ans, quinze ans ou soixante ans. Le premier rendez-vous est sans engagement, au cabinet ou en téléconsultation, et l’écoute analytique s’associe, selon la personne, à l’EMDR et aux outils de la TCC. Pourquoi un cabinet intégratif
Un médecin de Budapest devenu l’un des grands inventeurs de la clinique analytique, et que l’histoire officielle a longtemps tenu à distance.

On résume parfois Ferenczi à ses audaces cliniques, et l’on oublie qu’il fut aussi un organisateur infatigable. Entre 1910 et 1919, il pose les trois pierres de la psychanalyse hongroise.
À Nuremberg, en 1910, il propose de réunir les analystes dans une association internationale. Trois ans plus tard, il fonde la Société hongroise, qui accueillera notamment Sándor Radó, Imre Hermann et Géza Róheim.
Médecin militaire pendant la guerre, à Pápa puis à l’hôpital Maria-Valéria de Budapest, il traite des soldats atteints de ce qu’on appelait les névroses de guerre. Le congrès de septembre 1918, à Budapest, comprend un symposium sur les névroses de guerre, auquel il participe.
En 1919, la République des conseils lui confie une chaire de psychanalyse à l’université, souvent présentée comme la première au monde. Elle ne dure que quelques mois : le régime tombe à l’été.
Autour de lui se forme ce qu’on appellera l’école de Budapest. Ernest Jones, venu de Londres, y fait son analyse didactique en 1913. Melanie Klein, installée à Budapest, entre en analyse avec lui dès 1914 selon la plupart de ses biographes, et c’est avec son encouragement qu’elle s’oriente vers l’analyse des enfants : elle dira plus tard tout ce qu’elle lui doit. Michael et Alice Balint, Géza Róheim, Imre Hermann, Sándor Radó : la liste des noms qui sortent de cette capitale de taille moyenne étonne encore.
Quand on lit Ferenczi, il ne faut donc pas oublier le décor. Ce clinicien qui ose changer de technique a d’abord été, pendant des années, un homme de réseau et d’institution : il écrit, organise, enseigne, soigne dans des hôpitaux. Ses audaces tardives sont celles d’un homme qui connaît très bien les règles qu’il met à l’épreuve.
Pour comprendre Ferenczi, il faut le voir à côté de Freud plus qu’en face de lui. Les deux hommes se sont écrit plus de 1 200 lettres, ont voyagé ensemble, se sont parlé de leurs patients, de leurs rêves, de leurs maladies. Choisissez un moment de cette histoire.
Le 2 février 1908, Ferenczi rend visite à Freud pour la première fois, à Vienne. En 1909, ils embarquent tous les trois pour les États-Unis ; en 1910, Freud et Ferenczi voyagent ensemble en Italie. Ferenczi fait ensuite partie du petit « Comité » de fidèles que Freud réunit autour de lui à partir de 1912. Il écrit des textes courts et brillants.
En 1914, puis en 1916, entre deux affectations militaires, Ferenczi va à Vienne et s’allonge sur le divan de Freud, quelques semaines à chaque fois. Ce sera sa seule analyse, brève, interrompue par la guerre. Les historiens de leur relation la décrivent comme une analyse interrompue plutôt que menée à son terme, et la question de ce qui n’a pas pu s’y dire reviendra dans la suite de leurs échanges.
Dans les années 1920, les deux hommes divergent, surtout sur la technique. Freud, qui reste attaché à Ferenczi, s’inquiète de voir son élève s’éloigner de la règle d’abstinence. En 1932, il lui demande de ne pas publier avant un an son texte de Wiesbaden ; Ferenczi le présente tout de même, le 4 septembre. Il meurt moins de neuf mois plus tard. Leur correspondance, publiée en français en trois volumes (1992, 1996 et 2000), reste l’un des documents les plus riches de l’histoire de la psychanalyse.
Ce qu’il faut retenir, c’est que le désaccord n’a pas été une rupture. Il a été un débat à voix de plus en plus basse sur une question de métier : jusqu’où l’écoute peut-elle s’adapter à celui qui parle sans cesser d’être de la psychanalyse ? Cette question est toujours la nôtre.
Pendant treize ans, de 1919 à 1932, Ferenczi se conduit comme un chercheur de paillasse : il essaie, observe, corrige, et publie ses corrections. Faites glisser le curseur d’un essai à l’autre.
Ces essais se chevauchent dans la vie de Ferenczi ; les dates sont celles des textes.
Le fil qui les relie n’est pas la douceur, comme on le croit parfois, mais une idée plus exigeante : l’attitude de l’analyste est une variable de la cure, et il faut l’étudier comme on étudie le reste. Un même silence n’a pas le même effet selon qu’il est tenu avec froideur, avec chaleur ou avec hâte.
Le 4 septembre 1932, au douzième congrès international de psychanalyse, à Wiesbaden, Ferenczi, très malade, lit une communication qui portait à l’origine un titre plus long : « Les passions des adultes et leur influence sur le développement du caractère et de la sexualité de l’enfant ». Elle sera publiée sous celui qu’on lui connaît, Confusion de langue entre les adultes et l’enfant, avec ce sous-titre qui dit tout : le langage de la tendresse et de la passion.
L’idée a une simplicité qui fait mal. Ferenczi pense d’abord aux abus sexuels, puis étend sa réflexion aux autres violences et à la sévérité sans mesure. Elle se résume en trois temps.
Ferenczi ajoute que le plus dommageable n’est pas toujours la scène elle-même, mais ce qui suit : l’entourage qui dément, qui minimise, qui laisse entendre à l’enfant qu’il a rêvé. Il nomme cela, ailleurs, le désaveu. L’expression « identification à l’agresseur », elle, sera reprise en 1936 par Anna Freud dans Le Moi et les mécanismes de défense, avec un sens plus étroit.
Le texte a été reçu avec froideur. Freud l’a désapprouvé, la version allemande paraît en 1933 et la traduction anglaise n’arrive qu’en 1949. Lacan reprendra à sa manière la notion de confusion de langue, ce qui rappelle que Ferenczi a été relu dans des courants très différents, à mesure que la clinique du trauma redevenait centrale. Ce que ces idées éclairent aujourd’hui, nous le détaillons sur la page Ferenczi et Winnicott face à la violence ; ici, nous restons du côté de l’auteur.
Ce que décrit ce texte peut se passer aujourd’hui, pour un enfant comme pour un adulte. En cas de danger immédiat, faites le 15 (SAMU). Prenez un rendez-vous au cabinet en téléconsultation le plus rapidement possible. Si Doctolib ne permet pas un rendez-vous immédiat, envoyez des textos WhatsApp ou/et SMS aux cliniciens du cabinet.
De janvier à octobre 1932, dans les derniers mois de sa vie active, Ferenczi tient un journal qui n’est pas destiné à la publication : des notes de travail, séance après séance, sur ses patients, ses doutes, ses échecs, ses idées du moment. Michael Balint, qui reçoit ses papiers, emporte le manuscrit en Angleterre en 1939. Il faudra attendre les années 1980 pour que le texte paraisse : en français chez Payot en 1985, en allemand et en anglais en 1988.
On y lit un praticien au travail, qui se reproche, se corrige et recommence. Balint avait choisi pour l’édition allemande un titre qui sonne comme une devise : Ohne Sympathie keine Heilung, sans sympathie, pas de guérison.
On y trouve aussi l’expérience la plus risquée de sa vie clinique, l’analyse mutuelle, où patient et analyste, tour à tour, s’analysent. Ferenczi voulait ainsi déjouer les angles morts de l’analyste. L’essai a été bref, et il y renonce ; mais la question qui le motivait reste vivante : comment un analyste se garde-t-il de ses propres points aveugles ? Aujourd’hui, on répond par la supervision, par le travail du contre-transfert et par une certaine humilité : des réponses plus prudentes à la même inquiétude.
Il y a quelque chose de réjouissant à découvrir qu’un grand maître de la psychanalyse se reprochait ses erreurs dans son carnet. C’est une raison de plus de lire les maîtres : ils se trompaient aussi, et ils le notaient.
Ferenczi n’était pas un spécialiste des enfants au sens où le seront Klein ou Winnicott, mais l’enfance traverse tout son travail. Six idées, parmi les plus citées.
Le mot est de lui. Il désigne le mouvement par lequel on fait entrer en soi des personnes, des intérêts, des manières d’être du monde extérieur. Klein, entre autres, s’en servira.
Un essai audacieux sur la génitalité, où la naissance est pensée comme une catastrophe et la sexualité comme une nostalgie du retour à la mer. Plus cité qu’appliqué, mais Balint s’en inspirera pour son « amour primaire ».
L’enfant qui, devant un adulte défaillant, devient très tôt capable de comprendre, de deviner, de soigner : une sorte de psychiatre de ses parents. Une précocité qui se paie.
Il suggère qu’un enfant accueilli sans chaleur peut manquer d’élan pour vivre, et parle à ce propos de pulsion de mort. L’accueil, avant tout, est une affaire de ton.
Dans « Analyse d’enfants avec des adultes », il montre ce que l’analyse des enfants apprend pour travailler avec les adultes : en séance, l’adulte retrouve parfois l’enfant qu’il fut.
Le plus grave, dans un traumatisme, n’est pas toujours l’événement : c’est qu’ensuite l’entourage dise à l’enfant que rien ne s’est passé. Une idée toujours actuelle.
Pour un autre regard, plus contemporain, sur l’art de parler aux tout-petits avec les mains et avec les mots, voyez la page consacrée à Catherine Dolto, qui part de l’haptonomie, un tout autre point de départ, mais s’intéresse elle aussi à ce que le contact affectif apporte à un enfant.
En 1924, Ferenczi et Otto Rank publient ensemble Perspectives de la psychanalyse. Le livre insiste sur ce qui se vit dans la séance, ici et maintenant, plus que sur la reconstruction du passé. Freud n’est pas convaincu, et Rank s’éloigne bientôt du cercle viennois. Ferenczi, lui, y reste, tout en gardant sa liberté de ton.
Médecin allemand, directeur d’un sanatorium à Baden-Baden, auteur du Livre du Ça (1923), dont Freud a repris le mot « ça ». Ferenczi le rencontre en 1921 et y passe des vacances. Leur correspondance de 1921 à 1933 a paru chez Payot en 1982.
Ces deux amitiés disent quelque chose de Ferenczi : il cherchait des interlocuteurs qui pensent librement, et qui prennent la séance comme un événement vivant plutôt que comme une procédure.
Un auteur qui n’a pas fondé d’école laisse des héritiers un peu partout. Ferenczi en a eu dans plusieurs pays.
Cette dispersion est peut-être ce qui rend Ferenczi si vivant : on le retrouve dans la clinique du trauma, dans la psychanalyse de l’enfant, dans la relation médecin-malade, dans la discussion actuelle sur la place de l’analyste dans la séance. Pour compléter l’ensemble, l’histoire de la psychanalyse replace chacun à son époque.
Touchez une carte pour la retourner.
Quelle que soit l’école d’où l’on vient, la lecture de Ferenczi laisse quelques déplacements, que l’on peut garder en tête dans n’importe quelle rencontre clinique.
Un homme de quarante ans raconte avec un grand calme une enfance « sans histoire ». Chaque fois qu’il s’approche d’un souvenir, il change de sujet avec politesse, et propose lui-même une excuse à la personne qui l’a blessé. Plutôt que d’interpréter, son interlocutrice ralentit, laisse un silence, demande ce qu’il aurait voulu entendre à l’époque. Rien d’un souvenir ne revient, mais une colère, nette, apparaît. Dans la pièce, les deux ont le sentiment que quelque chose vient de changer de place.
Nous recevons chacun à son rythme : un premier rendez-vous sans engagement permet de faire connaissance, au cabinet ou en téléconsultation. Selon la personne, l’écoute analytique s’associe à l’EMDR et aux outils de la TCC. Pourquoi un cabinet intégratif
Sept questions, une réponse expliquée à chaque fois. Rien n’est enregistré ni envoyé.
Surtout à cause de la technique. Freud tenait à la règle d’abstinence et s’inquiétait des essais de son élève ; Ferenczi, lui, cherchait pourquoi certains patients n’avançaient pas. Leur affection a duré : ils se sont écrit jusqu’en 1933, et Freud a rendu hommage à Ferenczi à sa mort.
Pour Ferenczi, l’enfant s’exprime dans le langage de la tendresse, et l’adulte peut lui répondre dans celui de la passion. Les deux langages se superposent, et l’enfant, qui ne peut ni fuir ni comprendre, se soumet et se divise. Ferenczi a présenté cette idée à Wiesbaden, le 4 septembre 1932.
Il en a décrit le mécanisme en 1932. L’expression a été reprise en 1936 par Anna Freud, dans Le Moi et les mécanismes de défense, avec un sens plus étroit. Notre page Ferenczi et Winnicott face à la violence en tire les conséquences pour aujourd’hui.
Par « Confusion de langue entre les adultes et l’enfant », court et dense, disponible en poche chez Payot. Le Journal clinique, ensuite, se lit comme un carnet de travail. Pour une première biographie, le livre de Benoît Peeters, Sandor Ferenczi, l’enfant terrible de la psychanalyse (Flammarion, 2020), est accessible à tous.
Chez Payot, qui a publié ses textes en quatre volumes intitulés Psychanalyse, le Journal clinique (1985) et la correspondance avec Georg Groddeck (1982). La correspondance avec Freud a paru en trois volumes, entre 1992 et 2000.
Ernest Jones l’a laissé entendre dans sa biographie de Freud. Ce récit a été contesté par le médecin de Ferenczi et par ses proches, puis par les historiens qui ont lu la correspondance et le Journal. Ferenczi est mort à Budapest le 22 mai 1933, d’une anémie pernicieuse.
Une cure qui ne bouge pas, une enfance dont on parle sans la nommer, un souvenir qui revient trop fort : un premier rendez-vous permet de faire le point, à votre rythme et sans jugement. Nous recevons au cabinet, ou en téléconsultation.
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La « loi de l’instrument », formulée par Abraham Kaplan en 1964 puis reprise par Abraham Maslow dans The Psychology of Science: A Reconnaissance (1966), rappelle qu’« il est tentant, si le seul outil dont on dispose est un marteau, de traiter tout comme si c’était un clou ».
En psychologie, une méthode ne peut pas répondre à toutes les situations. Forts de plusieurs décennies de pratique et de formations complémentaires, nous mobilisons de nombreux outils, choisis avec discernement, afin d’identifier rapidement les leviers les plus efficaces. Nous proposons ainsi un accompagnement aussi bref qu’efficace, tout en sachant accompagner aussi bien les suivis prolongés que le besoin d’un espace de parole régulier.