Consulter seul pour parler de son enfant, de son ado ou de son parent âgé
Oui, vous pouvez prendre rendez-vous seul pour parler d’un enfant qui ne s’endort plus sans vous, d’un adolescent qui ne quitte plus sa chambre, d’une fille de vingt-quatre ans qui a tout arrêté ou d’un père de quatre-vingt-trois ans qui refuse qu’on l’aide. Ce n’est ni un détour ni un pis-aller. Pour beaucoup de familles, c’est même la porte d’entrée la plus naturelle, parce que celui qui s’inquiète est rarement celui qui demande de l’aide.
Nous recevons souvent des parents, et des enfants devenus adultes, qui commencent par s’excuser : « Il faudrait que ce soit lui qui vienne. » Cette page explique ce qui se passe quand on vient sans lui, ce que cela peut déjà changer, quand cela suffit, et à quel moment il peut être utile qu’il vienne à son tour.
Oui, et sans avoir à le justifier. Ceux qui poussent seuls la porte d’un cabinet pour quelqu’un d’autre forment une foule très variée. Une mère dont le garçon de trois ans mord ses camarades de crèche, et qui ne sait plus s’il faut s’en inquiéter. Un père convoqué par le collège, qui n’ose pas en reparler à la maison. Deux mamans qui ne sont plus d’accord sur la façon de gérer les matins. Une grand-mère qui élève son petit-fils depuis la mort de sa fille. Un beau-père qui ne trouve pas sa place. Un homme de cinquante-deux ans dont la mère, veuve depuis peu, ne décroche plus le téléphone. Tous ont un point commun : ils s’inquiètent pour quelqu’un qui, lui, ne demande rien, ou refuse.
L’idée qu’on puisse aider un enfant en parlant de lui avec ses parents n’a rien de nouveau. À partir de 1976, sur France Inter, la psychanalyste Françoise Dolto répondait, dans l’émission Lorsque l’enfant paraît, aux lettres de parents, de mères surtout, qui racontaient les pleurs, les peurs, les jalousies ou les refus d’un enfant absent du studio. Elle ne le voyait jamais. Elle aidait les parents à mettre des mots sur ce qu’il exprimait avec son corps et ses colères, et à lui parler vrai. Ces émissions, reprises ensuite en livres, ont marqué bien des familles : un enfant entend ce qu’on lui dit, et aussi ce qu’on lui tait.
Dans ce dossier, le mot « parent » a deux sens. On peut s’inquiéter pour son enfant, du bébé au jeune adulte. On peut aussi s’inquiéter pour ses propres parents qui vieillissent, et découvrir à cinquante ans qu’on est devenu, sans l’avoir choisi, celui qui veille. Dans les deux cas, la personne qui consulte est celle qui porte le souci, et c’est souvent par elle que les choses commencent à bouger.
Pourquoi venir seul peut déjà changer les choses
Un enfant ne vit pas seul avec ses difficultés : il vit au milieu des réponses des adultes. Quand il a peur le soir, quelqu’un reste à côté de lui, ou non. Quand il explose au moment des devoirs, quelqu’un hausse le ton, cède, ou sort de la pièce. Ces réponses sont presque toujours pleines de bonne volonté, et elles finissent parfois, sans que personne l’ait voulu, par entretenir ce qu’elles devaient apaiser. Quand les adultes comprennent autrement ce qui se passe, ils répondent autrement, et l’enfant change souvent avec eux. Il ne s’agit pas de chercher une faute, mais de retrouver de la marge.
La recherche a mesuré ce mouvement. En 2020, l’équipe d’Eli Lebowitz, à l’université Yale, a publié un essai portant sur 124 enfants de 7 à 14 ans qui souffraient d’un trouble anxieux. Pour une moitié d’entre eux, seuls les parents rencontraient le thérapeute, sans aucune séance avec l’enfant : ils apprenaient à réduire peu à peu les « accommodements » (rassurer sans fin, faire à sa place, éviter avec lui ce qui lui fait peur), tout en lui exprimant leur confiance. Les autres enfants suivaient une thérapie cognitive et comportementale, sans leurs parents. À la fin, les deux groupes avaient autant progressé : dans l’un comme dans l’autre, environ six enfants sur dix ne présentaient plus de trouble anxieux.
Du côté des adultes qui refusent toute aide, une étude américaine publiée en 1999 par William Miller, Robert Meyers et Scott Tonigan a comparé trois façons d’accompagner uniquement les proches de personnes qui buvaient trop et refusaient de se soigner. Avec l’approche appelée CRAFT, qui aide l’entourage à modifier ses réactions et à choisir le bon moment pour proposer de l’aide, près de deux personnes sur trois ont fini par accepter de commencer un soin, nettement plus qu’avec les deux autres méthodes. Et chez les aidants de personnes âgées, une vaste synthèse de 78 études, publiée en 2002, retrouvait des bénéfices réels pour les aidants eux-mêmes, surtout sur le sentiment de savoir faire face, plus modestes sur le fardeau et l’humeur ; les accompagnements psychothérapeutiques et psychoéducatifs étaient ceux dont les effets à court terme étaient les plus réguliers.
Ces travaux rejoignent ce que nous constatons souvent : la personne qui consulte n’est pas « à côté » du problème. Elle en est fréquemment le meilleur levier.
À retenir
On peut consulter seul pour un enfant, un adolescent, un enfant adulte ou un parent âgé, sans avoir à se justifier.
Venir seul n’est pas un aveu de faute : les adultes qui entourent une difficulté en sont souvent le meilleur levier.
Parfois cela suffit ; parfois l’enfant vient ensuite, avec vous, seul, ou les deux.
Au cabinet, le premier rendez-vous est sans engagement, il peut se faire en téléconsultation, et vous pouvez venir accompagné.
Comment se passe une séance de psy sans l’enfant ?
Vous commencez par ce qui vous amène, avec vos mots, même s’ils sont confus. Puis nous vous aidons à rendre la situation plus précise. Il nous arrive de vous demander de déplier une scène récente, presque minute par minute : mardi soir, 19 h 40, la tablette qu’il faut éteindre, le premier « non », votre voix qui monte, la porte qui claque, ce que vous avez ressenti juste avant de crier, ce qui s’est passé ensuite. Ce détail n’est pas de la curiosité. C’est dans l’enchaînement des secondes que l’on repère les moments où quelque chose pourrait se passer autrement.
Nous nous intéressons aussi à l’enfant lui-même, à travers vous : comment il joue, ce qui le fait rire, comment il dort, ses amis, l’école, ce qui a changé récemment autour de lui. Nous demandons ce que vous avez déjà essayé, ce qui a marché un temps, ce qu’en pense l’autre parent s’il y en a un, ce qu’en disent les grands-parents. Et nous vous demandons ce que vous, vous éprouvez : la colère, la peur, la honte parfois, l’épuisement souvent. Ces émotions ne sont pas un à-côté. Elles font partie de la scène.
Une séance sans l’enfant n’est pas un tribunal : vous n’y êtes pas jugé, et l’enfant n’y est pas dénoncé. Personne ne vous rendra de verdict sur ce qu’il « a ». Nous construisons avec vous une compréhension qui s’affine au fil des rencontres, et quelques pistes à essayer entre deux séances. Régulièrement, nous faisons ensemble le point sur ce qui bouge et sur ce qui résiste.
Si vous le souhaitez, voici une façon simple de préparer ce premier rendez-vous.
Noter deux ou trois scènesPas forcément les pires : une scène difficile, une scène ordinaire, et si possible un moment où tout s’est bien passé. On apprend souvent beaucoup de ce qui marche.
Situer le débutDepuis quand ? Qu’est-ce qui a changé autour à ce moment-là : une naissance, un déménagement, une séparation, un décès, une nouvelle école, une maladie ?
Lister ce que vous avez essayéLes punitions, les récompenses, les discussions, les lectures, les conseils reçus : rien de cela n’est un échec, tout est une information.
Écrire vos questionsMême celles qui vous paraissent naïves ou honteuses. Ce sont souvent les plus importantes.
Choisir avec qui venirSeul, avec l’autre parent, ou accompagné d’un proche qui vous rassure : c’est possible dès le premier rendez-vous.
Venir seul, selon l’âge de celui qui vous inquiète
La démarche ne se pose pas de la même façon pour un bébé de huit mois et pour une mère de quatre-vingt-cinq ans. Choisissez l’onglet qui vous concerne.
Avant trois ans, ce sont les parents qui portent la demande. Un bébé qui pleure beaucoup, un tout-petit qui ne supporte aucune séparation, des colères qui vous déroutent : venir seul, ou à deux, permet de comprendre ce que l’enfant exprime et ce que la situation réveille chez vous. Parfois, c’est surtout votre propre état qui inquiète, l’épuisement, la tristesse, un lien qui tarde à venir, et il mérite d’être entendu pour lui-même (voir les premiers mois avec bébé et la dépression périnatale). Si un regard sur l’enfant paraît utile, notre psychothérapeute peut réaliser un bilan psychologique dès la petite enfance, et le recevoir avec vous.
Entre trois et onze ans, tout est possible. L’enfant peut être reçu avec ses parents, seul, ou les deux selon les moments ; avec les plus jeunes, notre pédopsychothérapeute passe beaucoup par le jeu, le dessin et les histoires. Mais si l’enfant refuse de venir, ou si vous préférez d’abord comprendre, vous pouvez commencer seul : les parents sont reçus seuls quand l’enfant ne veut pas venir. Si l’école est concernée, le cabinet peut participer à une réunion avec l’équipe, et une séance peut être prévue avant une rentrée qui s’annonce difficile.
À l’adolescence, chacun son espace. Un adolescent a ses propres séances, seul, et ses parents viennent à d’autres moments. Ce qu’il dit en séance reste confidentiel, sauf danger grave : c’est la condition pour qu’il parle librement, et cette limite lui est annoncée clairement. Vous pouvez donc continuer à venir pour vous, même s’il vient de son côté. S’il ne sort presque plus, une première rencontre en téléconsultation est souvent plus facile qu’un trajet. S’il refuse tout, la page mon ado refuse de voir un psy détaille comment lui en parler.
Après dix-huit ans, c’est lui qui décide. Vous ne pouvez plus prendre rendez-vous à sa place, et c’est souvent là que l’impuissance est la plus forte : il va mal, il ne fait plus rien, il boit trop ou ne mange plus, et il refuse d’en parler. Venir seul permet de faire la part entre ce qui dépend de vous et ce qui ne dépend plus de vous, de garder le lien sans tout porter, et de choisir le moment où lui proposer de l’aide. S’il accepte un jour, un bilan ou une psychothérapie pourront lui être proposés. Voir mon enfant adulte va mal et mon enfant adulte ne fait rien.
Votre parent reste un adulte. Un suivi pour lui suppose son accord ; vous, vous pouvez venir parler de ce que vous remarquez (des oublis, un repli, une tristesse, un refus d’aide) et de ce que cela vous coûte. Si sa mémoire inquiète et qu’il l’accepte, notre neuropsychologue réalise au cabinet des évaluations cognitives après 60 ans. Quand plusieurs frères et sœurs sont concernés, une séance de famille peut se tenir à distance pour réunir ceux qui vivent loin. Voir l’aidant à bout, mon parent âgé refuse toute aide et la mémoire de mon parent m’inquiète.
Quand venir seul suffit-il, et quand l’enfant viendra-t-il ?
Il n’y a pas de règle fixe, mais quelques repères. Venir seul suffit souvent quand la difficulté se joue surtout dans les interactions du quotidien (le coucher, les devoirs, les écrans, l’opposition), quand elle accompagne un passage que traverse toute la famille (une naissance, un déménagement, une séparation), quand une peur de l’enfant est entretenue par tout ce que l’on fait pour l’en protéger, ou quand les adultes ne sont plus d’accord entre eux. Dans ces situations, changer quelques réponses autour de l’enfant produit parfois des effets surprenants.
L’enfant a besoin de venir lui-même, à un moment ou à un autre, quand c’est lui qui souffre : une tristesse qui dure, des peurs qui l’empêchent de vivre, un isolement, des pensées qui le tourmentent. Également quand quelque chose lui est arrivé, un accident, une agression, une humiliation, un deuil : un travail en EMDR adapté à son âge, avec des dessins et des histoires chez les plus jeunes, se fait avec lui. Ou encore quand des questions d’apprentissage, d’attention ou de développement demandent un bilan, qui se fait évidemment en sa présence. Bien souvent, ce n’est pas l’un ou l’autre : les parents viennent d’abord, l’enfant ensuite, puis tout le monde ensemble pour une séance de famille.
Cinq questions pour repérer la première étape qui ressemble le plus à votre situation.
Si vous craignez pour sa sécurité
Si votre enfant, votre adolescent ou votre parent parle de mourir, se fait du mal, ou si vous craignez pour sa vie ou pour la vôtre, n’attendez pas qu’il accepte de venir. En cas de danger immédiat, faites le 15 (SAMU). Prenez un rendez-vous au cabinet en téléconsultation le plus rapidement possible. Si Doctolib ne permet pas un rendez-vous immédiat, envoyez des textos WhatsApp ou/et SMS aux cliniciens du cabinet.
Faut-il dire à son enfant qu’on consulte pour lui ?
Le plus souvent, oui. Les enfants perçoivent très bien qu’il se passe quelque chose : un parent qui s’absente un soir, une conversation qui s’interrompt quand ils entrent dans la cuisine. Un secret, même bienveillant, laisse le champ libre aux scénarios les plus inquiétants, alors qu’une phrase simple, ajustée à l’âge, rassure. À un enfant de cinq ans : « Je vais voir quelqu’un dont le métier est d’aider les parents à comprendre les enfants. Je vais lui parler de nos soirées difficiles, pour qu’on trouve ensemble comment faire mieux. » À un adolescent : « Je vais voir quelqu’un pour moi, pour savoir comment t’aider sans t’étouffer. Tu n’es pas obligé de venir. » À un parent âgé : « Je me fais aider pour tenir le coup, et pour mieux comprendre ce que tu traverses. »
Ce qui compte, c’est de ne présenter la démarche ni comme une punition (« puisque tu ne veux rien entendre, je vais voir un psy ») ni comme un verdict (« je vais enfin savoir ce que tu as »). La scène ci-dessous, inventée mais très proche de ce que racontent beaucoup de parents, vous permet d’essayer plusieurs réponses et de voir ce que chacune produit souvent.
Et si la consultation parlait aussi de vous ?
C’est une surprise fréquente : on vient pour son enfant, et l’on se met à parler de soi. Les colères d’un fils de huit ans réveillent celles qu’on n’avait pas le droit d’exprimer au même âge. La timidité d’une fille rappelle la sienne, et la honte qui allait avec. La dépendance d’une mère âgée remet en scène une relation très ancienne, où l’on était déjà celle qui s’occupait de tout. Ce n’est pas un hors-sujet, et ce n’est pas un aveu de culpabilité. C’est souvent l’endroit exact où quelque chose peut se dénouer.
À ce moment-là, deux chemins sont possibles, et c’est vous qui choisissez. Vous pouvez continuer à travailler sur la situation de l’enfant, en gardant ce fil en tête. Vous pouvez aussi ouvrir un travail pour vous-même : l’EMDR permet de retraiter des souvenirs d’enfance restés à vif ; l’écoute analytique, nourrie de plusieurs grands repères de la psychanalyse, aide à comprendre ce qui se répète d’une génération à l’autre ; les outils des thérapies cognitives et comportementales donnent des moyens concrets face à la colère ou à l’anxiété. Les pages peur de reproduire ce que j’ai vécu, la culpabilité des parents et souffrir encore de ses parents à l’âge adulte explorent ces liens.
Exemple fictif : Claire et Nadia, les deux mamans de Sacha, 9 ans
Une situation inventée, faite de traits que nous rencontrons souvent.
Situation
Depuis la rentrée, Sacha a mal au ventre tous les matins avant l’école. Certains jours, il pleure dans la voiture ; deux fois, il est resté à la maison. Il refuse d’entendre parler d’un « docteur des émotions ». Ses deux mères ne sont plus d’accord : Nadia pense qu’il faut le pousser, Claire qu’il faut le protéger tant qu’il a mal. Le ton monte entre elles, devant lui. Le médecin qui suit Sacha n’a rien trouvé d’inquiétant sur le plan physique.
Vrai ou faux : six idées sur le fait de consulter seul
Affirmation 1
« Consulter seul, c’est reconnaître que tout est de ma faute. »
Un parent qui consulte est une ressource, pas un coupable. Venir montrer une difficulté, c’est déjà commencer à la traiter, et c’est souvent ce que l’enfant aurait demandé s’il avait su le faire.
Affirmation 2
« Sans voir l’enfant, un psy ne peut rien faire. »
Un essai publié en 2020 a montré que, pour des enfants anxieux de 7 à 14 ans, travailler seulement avec les parents était aussi efficace qu’une thérapie menée avec l’enfant. L’enfant viendra parfois ensuite, mais beaucoup de choses peuvent commencer sans lui.
Affirmation 3
« Ce que mon adolescent dira en séance me sera répété. »
Ce que dit un adolescent reste confidentiel, sauf danger grave. C’est ce qui lui permet de parler. Les parents ont leurs propres moments, où ils peuvent dire leurs inquiétudes et être aidés.
Affirmation 4
« Je peux venir accompagné au premier rendez-vous. »
L’autre parent, une sœur, un ami : venir avec quelqu’un qui vous rassure est possible dès la première rencontre.
Affirmation 5
« Pour mon père âgé, qui refuse d’en entendre parler, je peux consulter sans lui. »
Vous venez alors pour vous : ce que vous voyez, ce que cela vous coûte, les décisions qui approchent. Votre père reste libre de ses choix ; réfléchir à la façon de lui proposer de l’aide fait souvent partie du travail.
Affirmation 6
« Un premier rendez-vous engage à un long suivi. »
Le premier rendez-vous est sans engagement. Il sert à poser la situation et à décider de la suite, qui peut être quelques séances, une rencontre avec l’enfant, un bilan, ou rien de plus pour le moment.
Ce que le cabinet propose quand vous venez seul
Le premier rendez-vous ne vous engage à rien. Il sert à poser la situation et à décider avec vous de la suite : quelques séances pour vous, une rencontre avec l’enfant, une séance en famille, un bilan, ou rien de plus pour le moment. Vous pouvez venir seul, à deux, ou accompagné d’un proche. Tout peut se faire en téléconsultation, ce qui aide beaucoup quand on jongle entre un travail, des enfants et un parent âgé ; le cabinet reçoit aussi à Colombes, à Pavillons-sous-Bois et en Ardèche.
Notre psychothérapeute, qui est aussi pédopsychothérapeute, reçoit les parents, les enfants et les adolescents, ainsi que les enfants adultes inquiets pour leurs parents. Quand une question d’attention, d’apprentissage ou de développement se pose, notre neuropsychologue peut réaliser un bilan de l’enfant, notamment un bilan TDAH ou TSA. Notre psychothérapeute n’intervient pas dans le bilan TDAH, mais il peut vous recevoir avant, seul, pour vous aider à y voir clair. Tout bilan commence par un rendez-vous préliminaire et se conclut par un compte rendu écrit, qu’une séance permet de vous expliquer.
Les séances de famille, comme celles de couple, durent 80 minutes. Avec votre accord, nous échangeons avec l’école, le médecin ou les autres professionnels qui connaissent votre enfant, et il arrive que le cabinet participe à une réunion avec l’école. Le rythme des rendez-vous s’adapte à votre vie. La page notre façon d’accompagner les parents présente l’ensemble, et la page pédopsychologie détaille le travail avec les enfants et les adolescents.
Questions fréquentes sur le fait de consulter seul
Peut-on aller voir un psy sans son enfant ?
Oui. Vous pouvez prendre rendez-vous seul, ou à deux, pour parler d’un bébé, d’un enfant, d’un adolescent ou d’un enfant devenu adulte. La séance sert à comprendre ce qui se passe, à partir de scènes précises, et à trouver d’autres façons de réagir. C’est parfois suffisant ; parfois, l’enfant vient ensuite, avec vous ou seul. Au cabinet, les parents sont reçus seuls quand l’enfant refuse de venir, et le premier rendez-vous est sans engagement.
Faut-il venir à deux parents ?
Ce n’est pas obligatoire. Venir ensemble aide quand vous n’êtes pas d’accord sur la façon de faire, parce que l’enfant reçoit alors deux messages différents. Mais un parent peut tout à fait venir seul, que l’autre soit réticent, absent, ou que vous éleviez votre enfant seul. Vous pouvez aussi venir accompagné d’un proche au premier rendez-vous. Et tout peut se faire en téléconsultation, ce qui simplifie les choses quand les emplois du temps ne coïncident pas.
Mon ado refuse de voir un psy : peut-on m’aider quand même ?
Oui. Vous pouvez venir pour vous : comprendre ce que son refus protège, ajuster vos réponses, retrouver un peu de calme à la maison. Ce travail change souvent l’atmosphère, et il arrive que l’adolescent finisse par demander à venir. S’il accepte, il sera reçu seul, dans la confidentialité sauf danger grave, et vous à d’autres moments. Une première rencontre en téléconsultation est souvent plus facile pour un adolescent qui ne sort plus. Voir mon ado refuse de voir un psy.
Que dire à mon enfant si je consulte sans lui ?
La vérité, simplement, avec des mots de son âge, et sans en faire une punition. Par exemple : « Je vais voir quelqu’un qui aide les parents à comprendre les enfants, pour qu’on trouve comment mieux faire ensemble. » À un adolescent, précisez que vous y allez pour vous et qu’il n’est pas obligé de venir. Évitez de nier (« ça n’a rien à voir avec toi ») comme d’annoncer un verdict (« je vais savoir ce que tu as ») : les deux nourrissent la méfiance.
Mon enfant adulte va mal mais refuse toute aide : à quoi bon consulter moi-même ?
À ne plus rester seul avec l’inquiétude, d’abord. Puis à faire la part entre ce qui dépend de vous et ce qui n’en dépend plus, à garder le lien sans tout porter, et à choisir le moment où lui proposer de l’aide. Des travaux menés auprès des proches de personnes qui refusaient de se soigner ont montré qu’en accompagnant seulement l’entourage, une majorité de ces personnes finissaient par accepter un soin. Voir mon enfant adulte va mal.
Puis-je consulter pour mon père ou ma mère âgés sans qu’ils viennent ?
Oui. Vous venez alors pour vous : décrire ce que vous remarquez, dire ce que cela vous coûte, préparer une conversation difficile ou une décision. Votre parent reste libre de ses choix, et un suivi pour lui suppose son accord ; réfléchir à la façon de le lui proposer fait souvent partie du travail. Si plusieurs frères et sœurs sont concernés, une séance de famille de 80 minutes peut les réunir, y compris à distance.
Peut-on faire cette consultation en téléconsultation ?
Oui. Le premier rendez-vous, les séances pour les parents, les séances de famille et le bilan psychologique peuvent se faire à distance ; les bilans neuropsychologiques, eux, se font au cabinet, à Colombes, à Pavillons-sous-Bois ou en Ardèche. Pour beaucoup de parents qui jonglent entre le travail, les enfants et parfois un parent âgé, c’est ce qui rend la démarche possible.
Références
Les travaux et ouvrages cités sur cette page.
Françoise Dolto, Lorsque l’enfant paraît, Paris, Seuil, trois tomes, 1977-1979 (d’après les émissions de France Inter).
Eli R. Lebowitz, Carla Marin, Alyssa Martino, Yaara Shimshoni, Wendy K. Silverman, « Parent-Based Treatment as Efficacious as Cognitive-Behavioral Therapy for Childhood Anxiety: A Randomized Noninferiority Study of Supportive Parenting for Anxious Childhood Emotions », Journal of the American Academy of Child and Adolescent Psychiatry, 59(3), 2020, p. 362-372. doi.org/10.1016/j.jaac.2019.02.014
William R. Miller, Robert J. Meyers, J. Scott Tonigan, « Engaging the unmotivated in treatment for alcohol problems: A comparison of three strategies for intervention through family members », Journal of Consulting and Clinical Psychology, 67(5), 1999, p. 688-697. doi.org/10.1037/0022-006X.67.5.688
Silvia Sörensen, Martin Pinquart, Paul Duberstein, « How effective are interventions with caregivers? An updated meta-analysis », The Gerontologist, 42(3), 2002, p. 356-372. doi.org/10.1093/geront/42.3.356
Vous n’avez pas besoin d’attendre qu’il soit d’accord, ni que la situation soit « assez grave ». Un premier rendez-vous sans engagement, au cabinet ou en téléconsultation, permet de déposer ce que vous portez et de décider ensemble de la suite. Seul, à deux, ou accompagné.
La « loi de l’instrument », formulée par Abraham Kaplan en 1964 puis reprise par Abraham Maslow dans The Psychology of Science: A Reconnaissance (1966), rappelle qu’« il est tentant, si le seul outil dont on dispose est un marteau, de traiter tout comme si c’était un clou ».
En psychologie, une méthode ne peut pas répondre à toutes les situations. Forts de plusieurs décennies de pratique et de formations complémentaires, nous mobilisons de nombreux outils, choisis avec discernement, afin d’identifier rapidement les leviers les plus efficaces. Nous proposons ainsi un accompagnement aussi bref qu’efficace, tout en sachant accompagner aussi bien les suivis prolongés que le besoin d’un espace de parole régulier.