Ce test en quinze questions vous aide à faire le point sur la façon dont vous vivez votre corps et votre apparence en ce moment : le temps que vous y passez en pensées, les vérifications, le camouflage, ce que vous évitez, le besoin d’être rassuré, les comparaisons, la peur du regard, l’intimité, la honte, et ce qui passe par l’alimentation. À la fin, vous obtenez un profil, pas une note : il montre quelles dimensions pèsent le plus et vous indique la page du dossier par laquelle continuer.
C’est un quiz pédagogique, écrit par nos cliniciens pour vous aider à mettre des mots sur ce que vous vivez. En bilan, au cabinet, nous utilisons d’autres outils : un entretien approfondi et, quand c’est utile, des questionnaires validés et étalonnés. Comptez trois à quatre minutes, et répondez en pensant au dernier mois.
Un test sur le rapport au corps a ceci de particulier qu’on y répond souvent avec la voix du juge intérieur, celle qui minimise (« je ne vais pas me plaindre pour si peu ») ou celle qui accable (« de toute façon, tout est horrible »). Essayez de répondre comme si vous décriviez la vie d’une amie qui vous ressemble : honnêtement, sans exagérer et sans vous censurer. Il n’y a pas de bonne réponse, et personne d’autre que vous ne verra vos réponses : rien n’est enregistré ni envoyé.
Pensez au dernier mois, pas à votre pire période ni à vos vacances idéales. Si une question ne vous concerne pas du tout (par exemple l’intimité, si vous n’avez pas de partenaire en ce moment), choisissez la réponse qui décrit le mieux ce que vous faites ou feriez aujourd’hui. Et si une question vous remue plus que les autres, notez-la quelque part : c’est souvent elle qui mérite le plus d’attention.
Ce test ne porte pas sur l’apparence elle-même. Il ne vous demande pas si vous êtes mince, beau, grand ou ridé : ces questions n’ont pas de sens en psychothérapie. Il porte sur ce que votre rapport à votre corps vous prend en temps, en liberté et en tranquillité. C’est cela, et non la taille d’un défaut, qui fait la différence entre un complexe que l’on porte et un complexe qui porte votre vie à votre place, comme l’explique la page qu’est-ce qu’un complexe ?
Le test en quinze questions
Choisissez une réponse par question ; le questionnaire passe tout seul à la suivante. Vous pouvez revenir en arrière à tout moment.
Si vos réponses vous inquiètent
Si vous avez des idées de vous faire du mal, si vous ne mangez presque plus ou si vous pensez que la vie ne vaut pas la peine à cause de votre apparence, n’attendez pas. En cas de danger immédiat, faites le 15 (SAMU). Prenez un rendez-vous au cabinet en téléconsultation le plus rapidement possible. Si Doctolib ne permet pas un rendez-vous immédiat, envoyez des textos WhatsApp ou/et SMS aux cliniciens du cabinet.
Comment lire votre profil : les dix dimensions expliquées
Votre résultat se présente sous forme de barres, de la dimension la plus lourde à la plus légère. Le pourcentage indique la part de cette dimension que vos réponses ont « remplie ». Ce qui compte le plus, c’est l’ordre et la forme : une seule barre très haute ne raconte pas la même histoire que dix barres moyennes. Voici ce que recouvre chaque dimension, telle que nous la rencontrons en consultation.
Pensées envahissantes. Le temps mental que prend l’apparence. Une personne peut ne rien éviter et pourtant penser à son ventre à chaque réunion, à chaque repas, à chaque reflet. Quand cette barre est haute, la fatigue est souvent au rendez-vous : penser à son corps toute la journée épuise autant qu’un travail. Voir penser à son apparence toute la journée.
Vérifications ou miroir fui. Nous avons regroupé ici deux comportements opposés, parce qu’ils répondent à la même peur. Celui qui vérifie sans cesse cherche une certitude qui ne vient jamais ; celui qui ne se regarde plus se protège d’une confrontation qu’il imagine insupportable. Dans les deux cas, le regard sur soi n’est plus libre.
Camouflage. Tout ce que l’on fait pour que le détail ne se voie pas : vêtements amples, manches longues, maquillage couvrant, frange, barbe, casquette, posture de profil, main devant la bouche. Le camouflage n’est pas un problème en soi ; il le devient quand on ne peut plus sortir sans lui. Voir cacher son corps.
Évitements. Ce que l’on a cessé de faire. C’est souvent la dimension qui pèse le plus sur la qualité de vie, et celle qui se voit le moins, parce qu’on finit par se dire qu’on n’aime pas la plage, le sport ou les mariages. Voir plage, piscine, vestiaires.
Besoin d’être rassuré. Les questions posées aux proches, les compliments guettés, les avis demandés en ligne. La réassurance fonctionne comme un médicament à effet court : elle soulage, puis il en faut davantage. Voir avoir besoin de compliments.
Comparaisons. Avec les gens croisés, avec les amis, avec les images des écrans. La comparaison se fait presque toujours vers le haut et sur le seul détail que l’on n’aime pas chez soi. Deux pages en parlent : se comparer sans arrêt, et réseaux sociaux et filtres pour les écrans.
Peur du regard, blessures. Cette dimension mêle la peur d’être jugé et le souvenir de jugements réels. Quand elle est haute, nous cherchons toujours s’il y a eu des moqueries, un harcèlement, des remarques familiales ou des discriminations : la souffrance n’est pas alors une simple erreur de perception, elle a une histoire. Voir moqueries et harcèlement.
Honte et détresse. Le poids émotionnel de l’ensemble. Une barre haute ici signale qu’il ne s’agit plus seulement d’un détail qui déplaît, mais d’un sentiment d’être indigne d’être vu ou aimé. Voir la honte de son corps.
Alimentation et sport. Quand le rapport au corps passe par les repas ou l’exercice. Une barre haute ne signifie pas forcément un trouble des conduites alimentaires, mais la question mérite d’être posée, sans tarder si vous vous restreignez beaucoup ou si vous vous faites vomir. Pour faire le tri, lisez complexe, dysmorphophobie, TCA, puis, si besoin, le dossier troubles alimentaires.
Les signes de la semaine : un thermomètre à cocher
Le test regarde le dernier mois. Ce thermomètre, lui, regarde la semaine qui vient de passer, de façon très concrète. Cochez ce qui vous est arrivé au moins une fois ces sept derniers jours. Vous pouvez le refaire d’une semaine à l’autre : c’est une bonne façon de voir si les choses bougent.
Les quatre cases ne se valent pas. Les signes de la case « Dans le corps » (se restreindre, compenser par le sport, triturer sa peau) méritent une attention particulière, même s’ils sont peu nombreux, parce qu’ils peuvent s’installer et abîmer le corps lui-même. Le triturage de la peau, par exemple, accompagne souvent une dysmorphophobie centrée sur le visage ; voir dysmorphophobie et acné et maladies de peau.
Ce qui fragilise votre rapport au corps, ce qui le protège
Un rapport au corps ne dépend pas seulement de ce que l’on voit dans le miroir. Il dépend aussi de ce qui l’entoure : l’histoire, les relations, le rythme de vie, la façon dont on parle du corps autour de soi. Cochez, à gauche comme à droite, ce qui est vrai pour vous aujourd’hui : le fléau se déplace à chaque case.
Ce qui fragilise
Ce qui protège
Ce qui frappe souvent, quand on fait cet exercice en séance, c’est que la colonne de gauche contient plus d’histoire que de miroir. La remarque d’un oncle à quatorze ans, la période de harcèlement au collège, la dépression qui a suivi une séparation pèsent autant que le détail lui-même. Les pages les remarques sur le corps en famille et moqueries et harcèlement partent de là.
Exemple fictif : Maëlys, 16 ans, et son profil
Une situation inventée pour cette page.
Situation
Maëlys fait le test un soir dans sa chambre. Ses barres les plus hautes : « Comparaisons », « Évitements » et « Alimentation et sport ». Elle passe plusieurs heures par jour sur des vidéos de « corps parfaits », a arrêté la natation qu’elle adorait, saute le petit déjeuner et le déjeuner depuis la rentrée et court tous les soirs « pour éliminer ». Elle n’en a parlé à personne et pense que « tout le monde fait ça ».
Quelle est la suite la plus utile ?
L’histoire de Maëlys rappelle deux choses. D’abord, un profil se lit en regardant les dimensions ensemble : la comparaison seule est fréquente à seize ans, mais associée à des repas sautés et à un sport compensatoire, elle change de sens. Ensuite, un adolescent qui va mal pense souvent que son comportement est banal, parce qu’il le voit partout autour de lui. Pour les parents, la page aider un enfant ou un proche complexé donne des repères, et la page adolescence et puberté parle de cet âge.
Vrai ou faux : idées courantes sur le rapport au corps
Affirmation 1
« Se peser tous les jours aide à se sentir mieux dans son corps. »
Faux, pour beaucoup de personnes complexées. La pesée quotidienne devient une vérification comme une autre : le chiffre décide de l’humeur de la journée, et quelques centaines de grammes suffisent à tout assombrir.
Affirmation 2
« On peut avoir un rapport difficile à son corps sans rien éviter. »
Vrai. Certaines personnes continuent de tout faire, mais au prix d’heures de préparation, de vérifications et d’une tension permanente. L’absence d’évitement ne veut pas dire absence de souffrance.
Affirmation 3
« Le sport améliore toujours l’image du corps. »
C’est plus nuancé. Bouger pour le plaisir, sentir ce que son corps permet, améliore souvent la façon dont on le vit. Faire du sport pour compenser, punir ou corriger son corps peut au contraire entretenir la préoccupation. Voir ne jamais se trouver assez musclé.
Affirmation 4
« Si mes proches me trouvent bien, c’est que je n’ai pas de problème. »
Faux. Le problème n’est pas dans ce que voient les autres, mais dans ce que votre rapport au corps vous coûte. Le regard bienveillant des proches est précieux, mais il ne suffit pas à apaiser une honte ancienne.
Affirmation 5
« Refaire le test dans quelques semaines peut être utile. »
Vrai. Le rapport au corps varie avec l’humeur, la fatigue, les événements. Comparer deux profils à quelques semaines d’écart aide à voir ce qui bouge, et ce qui reste figé.
Et maintenant ? Ce que vous pouvez faire de votre résultat
Si votre profil est plutôt léger, gardez simplement en tête la dimension la plus haute : c’est elle qui, en cas de période difficile, risque de prendre de l’ampleur. Les pages du dossier qui lui correspondent vous donneront des repères pour la garder à sa place.
Si une ou deux dimensions ressortent nettement, commencez par la page indiquée dans votre résultat. Chacune explique le mécanisme, propose un exercice à faire sur place et indique ce qui aide. Vous pouvez aussi refaire le test dans un mois, pour voir si la forme de votre profil change.
Si plusieurs dimensions sont hautes, si la honte domine, ou si l’alimentation est concernée, un rendez-vous est la suite logique. Au cabinet, nous commençons par un entretien pour comprendre votre histoire et ce que votre corps vous fait vivre. Notre psychothérapeute peut proposer un bilan psychologique, qui s’appuie sur l’entretien et, quand c’est utile, sur des questionnaires validés que les cliniciens utilisent en bilan ; il donne lieu à un compte rendu écrit. Le travail associe ensuite, selon les personnes, une écoute analytique nourrie de plusieurs grands repères de la psychanalyse, l’EMDR pour les souvenirs blessants, et les outils de la TCC pour les vérifications et les évitements. Tout peut se faire en téléconsultation. Voir notre façon d’accompagner et la page bilans.
Si votre rapport au corps s’accompagne d’une anxiété importante en public, le dossier anxiété sociale peut aussi vous éclairer ; si c’est la valeur que vous vous accordez qui vacille, le dossier estime de soi est un bon complément.
Questions fréquentes
Comment savoir si j’ai une mauvaise image de mon corps ?
Une image du corps devient problématique quand elle vous coûte : beaucoup de temps passé à penser à votre apparence, des vérifications ou au contraire un miroir fui, du camouflage, des situations évitées, une honte qui s’invite dans l’intimité ou en public. Le test de cette page passe ces dimensions en revue et vous montre lesquelles pèsent le plus. Ce n’est pas la beauté ou la minceur qui comptent, mais la liberté que vous laisse votre rapport au corps. La page image corporelle explique la notion plus en détail.
Existe-t-il un test de dysmorphophobie en ligne ?
Des questionnaires existent, mais une dysmorphophobie ne se repère pas avec un quiz : elle se reconnaît au cours d’un entretien clinique, qui explore le temps passé à la préoccupation, les rituels, la détresse, le retentissement et la conviction. En bilan, les cliniciens utilisent pour cela des questionnaires validés, en complément de l’entretien. Si votre profil montre des pensées envahissantes, des vérifications et une honte très élevées, la page dysmorphophobie vous donnera des repères, et un rendez-vous permettra de faire le point.
Pourquoi mon résultat change-t-il d’un jour à l’autre ?
Parce que le rapport au corps varie réellement avec l’humeur, la fatigue, les événements de la journée, les comparaisons récentes. Un même test, fait un soir de dispute et un matin de vacances, peut donner deux profils différents. C’est justement pour cela que nous vous demandons de répondre en pensant au dernier mois. Si vos résultats varient beaucoup, notez ce qui s’est passé avant les mauvais jours : c’est souvent instructif, et la page image corporelle explique ces variations.
Ce test convient-il aux adolescents ?
Oui, il a été écrit pour pouvoir être fait dès l’adolescence. Les questions sur l’intimité peuvent ne pas concerner tout le monde : il suffit alors de répondre selon ce que l’on ferait aujourd’hui. Si un adolescent obtient un profil chargé, surtout dans la dimension « alimentation et sport » ou « honte », il est important qu’il en parle à un adulte de confiance. Au cabinet, les adolescents sont reçus seuls par notre psychothérapeute, également pédopsychothérapeute, et leurs parents à d’autres moments.
Mon profil est élevé : dois-je consulter ?
Un profil élevé signale que votre rapport au corps vous coûte beaucoup en ce moment. C’est une bonne raison de ne pas rester seul avec cela. Un premier rendez-vous permet de comprendre ce qui se joue, de repérer s’il s’agit d’un complexe envahissant, d’une dysmorphophobie, d’un trouble des conduites alimentaires ou d’autre chose, et de choisir ensemble par où commencer. Il est sans engagement, au cabinet ou en téléconsultation, et vous pouvez venir accompagné.
Mes réponses sont-elles enregistrées ?
Non. Le test fonctionne entièrement dans votre navigateur : vos réponses ne sont ni envoyées, ni conservées, ni visibles par le cabinet. Quand vous quittez la page ou que vous cliquez sur « Refaire le questionnaire », elles disparaissent. Si vous souhaitez en parler en consultation, vous pouvez noter votre profil ou faire une capture d’écran, et l’apporter au premier rendez-vous.
Si vous voulez en parler, apportez votre résultat au premier rendez-vous : il nous aidera à comprendre ce qui pèse le plus. Au cabinet ou en téléconsultation, sans engagement.
La « loi de l’instrument », formulée par Abraham Kaplan en 1964 puis reprise par Abraham Maslow dans The Psychology of Science: A Reconnaissance (1966), rappelle qu’« il est tentant, si le seul outil dont on dispose est un marteau, de traiter tout comme si c’était un clou ».
En psychologie, une méthode ne peut pas répondre à toutes les situations. Forts de plusieurs décennies de pratique et de formations complémentaires, nous mobilisons de nombreux outils, choisis avec discernement, afin d’identifier rapidement les leviers les plus efficaces. Nous proposons ainsi un accompagnement aussi bref qu’efficace, tout en sachant accompagner aussi bien les suivis prolongés que le besoin d’un espace de parole régulier.