Jung et la psychanalyse : archétypes, ombre, individuation
L’ami, le dauphin, puis le grand rival de Freud. Carl Gustav Jung a cherché dans les rêves et les mythes ce que l’humanité porte en commun, et il a donné à la langue courante des mots que tout le monde emploie : introverti, extraverti, complexe, ombre, archétype. Cette page le raconte avec affection et sans encens : ses intuitions précieuses, ses zones d’ombre, dont les années 1930, et ce qu’il apporte encore à notre écoute.
Mis à jour le 22 octobre 2026 · Lecture : 17 minutes
13 heuresde conversation à la première rencontre avec Freud
8 typespsychologiques, décrits en 1921
2009publication du Livre rouge
Pourquoi on l’aime au cabinet
On aime Jung pour une idée simple et vertigineuse : ce que nous rejetons de nous-mêmes ne disparaît pas, il nous attend. Il l’a appelé l’ombre. La colère que l’on ne s’autorise jamais, l’ambition qu’on trouve vulgaire chez les autres, la tendresse qu’on cache sous l’ironie : tout cela vit à côté de nous, et revient par la bande, dans nos rêves, nos agacements, nos coups de foudre. Jung ne propose pas de le supprimer, ni de le « positiver ». Il propose de faire connaissance.
On l’aime aussi parce qu’il a pris au sérieux la seconde moitié de la vie. Freud regardait surtout l’enfance ; Jung s’est penché sur ces personnes de quarante ou cinquante ans qui ont « tout réussi » et qui, un matin, ne savent plus pourquoi elles se lèvent. Il y voyait non une panne, mais un appel à devenir plus entièrement soi : l’individuation.
Et puis il y a sa manière de traiter le rêve. Pour Freud, le rêve déguise un désir ; pour Jung, il compense aussi ce que la vie consciente néglige. Une personne trop sage qui rêve de fêtes débridées ne trahit pas seulement un secret : son rêve propose un rééquilibrage.
Au cabinet
Nous ne sommes pas une école jungienne. Mais trois choses de Jung nous accompagnent chaque jour : l’attention à l’ombre plutôt que le culte du « penser positif », le rêve lu comme message autant que comme déguisement, et la thérapie comme rencontre qui transforme les deux partenaires. Pourquoi un cabinet intégratif
Jung en douze dates
Psychiatre, explorateur de ses abîmes, vieux sage de Bollingen : plusieurs vies en une.
1875Naissance le 26 juillet à Kesswil, au bord du lac de Constance, en Suisse. Fils de pasteur, enfant solitaire, il se sent habité par deux personnalités, l’écolier ordinaire et un vieil homme d’un autre siècle.
1900Il entre au Burghölzli, à Zurich, chez Eugen Bleuler, l’inventeur du mot « schizophrénie », et lit L’Interprétation du rêve.
1904Marié depuis 1903 à Emma Rauschenbach, il mène avec Franz Riklin des expériences d’association de mots chronométrées : les hésitations révèlent des nœuds affectifs, les « complexes ».
1906Il envoie ses travaux à Freud : début d’une correspondance d’environ trois cent soixante lettres.
1907Première rencontre à Vienne, au 19 Berggasse, le 3 mars selon l’édition de référence de la correspondance. Ils parlent, selon le souvenir de Jung, treize heures presque sans interruption.
1909Voyage aux États-Unis avec Freud et Ferenczi, pour les conférences de la Clark University. L’exercice d’analyse mutuelle des rêves, pendant la traversée, tourne mal.
1910Premier président de l’Association psychanalytique internationale, voulue par Freud.
1912Métamorphoses et symboles de la libido : la libido y devient une énergie psychique générale, et non plus seulement sexuelle. Jung dira que ce livre lui a coûté l’amitié de Freud.
1913Rupture personnelle en janvier, par lettres. Suivent des années de crise intérieure, sa « confrontation avec l’inconscient ».
1921Types psychologiques : le livre le plus lu de Jung, et le plus mal compris.
1933Présidence de la Société médicale générale de psychothérapie, jusqu’en 1940, alors que les nazis viennent de prendre le pouvoir : l’épisode le plus discuté de sa vie (voir les critiques).
1961Mort le 6 juin à Küsnacht. Ses souvenirs, recueillis par Aniela Jaffé, paraissent après sa mort (Ma vie, en français en 1966) ; le Livre rouge attendra 2009.
Dates
1875-1961
Œuvres clés
Types psychologiques (1921), Dialectique du Moi et de l’inconscient (1928), Psychologie et alchimie (1944), Ma vie et le Livre rouge (posthumes)
il a donné une dignité à la part de nous que nous préférons ne pas voir
Freud et Jung : l’amitié, puis la rupture
C’est l’une des grandes histoires d’amitié et de brouille du XXe siècle, avec ses lettres enflammées, ses malentendus, ses évanouissements et ses portes claquées. Les deux hommes avaient besoin l’un de l’autre, et c’est peut-être pour cela qu’ils ne pouvaient pas rester ensemble. Choisissez un chapitre.
Treize heures de conversation
En 1906, Freud est un médecin viennois controversé, entouré d’élèves presque tous juifs et viennois. Jung, jeune psychiatre suisse et protestant de la clinique la plus prestigieuse d’Europe, confirme chronomètre en main ce que Freud dit du refoulement. En mars 1907, il vient à Vienne : selon son souvenir, ils parlent treize heures d’affilée. Freud voit en lui l’allié qui ouvrira la psychanalyse à la psychiatrie universitaire.
« Mon fils aîné, mon successeur »
Dans une lettre de 1909, Freud appelle Jung son fils aîné, son successeur, son « prince héritier ». En 1910, il impose sa candidature à la présidence de l’Association internationale, au grand dépit des Viennois : il espère qu’un Suisse non juif évitera à la psychanalyse d’être traitée d’« affaire nationale juive », comme il l’écrit à Karl Abraham. Jung accepte la couronne, mais il n’a jamais voulu être un fils.
Le sexe, le sacré et l’occulte
Trois désaccords grandissent. La libido : sexuelle pour Freud, énergie psychique générale pour Jung. La religion : une illusion pour l’un, une fonction essentielle de la psyché pour l’autre. La parapsychologie enfin, qui passionne Jung depuis sa thèse sur une jeune médium, et contre laquelle Freud voulait, selon le souvenir de Jung, dresser un rempart face au « flot noir » de l’occultisme. Jung a raconté que Freud lui demandait de faire de la théorie sexuelle un « dogme ». C’est sa version ; elle dit au moins ce qu’il ressentait : on lui demandait de croire, il voulait chercher.
Un évanouissement et deux lettres
En 1912, Métamorphoses et symboles de la libido rend le désaccord public. En novembre, à Munich, Freud s’évanouit au cours d’une discussion avec Jung, qui le porte jusqu’à un divan ; il avait déjà perdu connaissance devant lui à Brême, en 1909. Le 3 janvier 1913, Freud propose de mettre fin à leurs relations personnelles ; Jung accepte quelques jours plus tard. Ils se croisent une dernière fois au congrès de Munich, en septembre. En avril 1914, Jung quitte la présidence de l’Association ; il appelle désormais sa démarche « psychologie analytique ».
La rupture n’était pas qu’une affaire d’ego : elle portait sur une question toujours ouverte. L’inconscient est-il fait de notre histoire refoulée, ou aussi de quelque chose de plus large et de plus ancien que nous ? La plupart des cliniciens gardent un peu des deux réponses.
En 1909, sur le paquebot vers l’Amérique, Jung demande à Freud des détails personnels pour interpréter l’un de ses rêves. Freud refuse : il ne peut pas risquer son autorité. Jung en conclut qu’il venait précisément de la perdre. Moralité : on ne s’analyse pas entre amis sur un paquebot.
La psyché jungienne, à explorer
Une image pédagogique, pas une carte du cerveau : au centre de la conscience, le Moi ; autour, l’inconscient personnel et ses complexes ; plus profond, l’inconscient collectif ; le tout enveloppé par le Soi. Cliquez sur une zone.
Les grands concepts, en clair
Jung a écrit une vingtaine de volumes, touffus, pleins d’alchimie, de gnose et de religions orientales. Voici ses idées maîtresses, ramenées à la vie de tous les jours.
L’inconscient collectif
Sous notre histoire personnelle, une couche commune à tous les humains, qui donne aux mythes de tous les continents des airs de famille : une manière partagée de mettre en forme les grandes expériences, naître, aimer, perdre, mourir.
Les archétypes
Des formes vides que chaque culture remplit : la mère, l’enfant, le héros, le vieux sage, le farceur qui renverse les règles. Au cabinet, on les reconnaît quand une figure de rêve prend une intensité qui dépasse la personne réelle.
Les complexes
C’est Jung qui a popularisé le mot, et Freud l’a adopté pour son « complexe d’Œdipe ». Le « complexe d’infériorité », lui, vient d’Adler : les psys ont toujours aimé se prêter des mots.
L’individuation
Devenir ce que l’on est, unique et entier, en intégrant peu à peu son ombre et ses parts étrangères. Pas un programme de développement personnel : un chemin de toute une vie, souvent ouvert par une crise du milieu de la vie.
La synchronicité
Une coïncidence qui fait sens : un événement extérieur répond, sans lien de cause, à un état intérieur. Théorisée en 1952 avec le physicien Wolfgang Pauli, elle a beaucoup fait pour sa réputation de mystique.
Le Livre rouge
Un grand volume de cuir rouge, calligraphié et peint par Jung entre 1914 et 1930 environ : ses visions et ses dialogues avec des figures intérieures, Philémon, Salomé, Élie. Resté dans un coffre jusqu’en 2009, il montre la naissance de sa méthode d’« imagination active ».
Le scarabée d’or
C’est l’anecdote la plus célèbre de Jung, qu’il raconte dans son essai de 1952. Une patiente très rationnelle résiste à tout ce qui ressemble à de l’irrationnel, et la thérapie piétine. Un jour, elle raconte un rêve : on lui offrait un bijou en forme de scarabée doré. Jung entend un bruit contre la vitre, ouvre la fenêtre et attrape au vol une cétoine dorée, proche cousine européenne du scarabée égyptien. Il la lui tend : « Voici votre scarabée. » Selon lui, quelque chose céda alors en elle.
Jung n’a jamais su expliquer la synchronicité, et ses tentatives de preuve n’ont rien démontré. Mais l’anecdote dit une chose juste : un hasard ouvre parfois une porte que des mois de raisonnement n’avaient pas entrouverte. Le scarabée n’a pas guéri la patiente. Il l’a autorisée à être surprise.
À retenir
Pour Freud, l’inconscient est surtout fait de ce que nous avons refoulé ; pour Jung, il contient aussi une couche collective et une force qui pousse vers l’unité.
L’ombre n’est pas le mal : c’est ce que nous n’avons pas voulu être, ressources comprises.
L’individuation n’est pas la perfection mais la complétude : devenir « un être réellement individuel », selon la Dialectique du Moi et de l’inconscient.
Attention : « ce à quoi tu résistes persiste », comme bien des phrases attribuées à Jung sur les réseaux, ne se trouve pas dans son œuvre.
Introversion, extraversion, et ce que le MBTI en a fait
Les mots « introverti » et « extraverti » ont été popularisés par Jung en 1921. Ils ne voulaient pas dire timide et bavard, mais désignaient deux orientations de l’énergie psychique : vers le monde intérieur (idées, impressions, souvenirs) ou vers le monde extérieur (personnes, objets, action). Un introverti peut être sociable : il se ressource seul.
Jung ajoute quatre fonctions. Deux servent à percevoir : la sensation (ce qui est là, concret) et l’intuition (les possibles, le sens caché). Deux servent à juger : la pensée (est-ce logique ?) et le sentiment (est-ce que cela a de la valeur pour moi ?). Chacun en privilégie une, la fonction dominante ; l’opposée, dite inférieure, reste proche de l’inconscient et surgit parfois brutalement, comme les larmes « absurdes » d’une personne très rationnelle. Deux attitudes fois quatre fonctions : huit types.
Le MBTI : un héritier très libre
Dans les années 1940, Katharine Cook Briggs et sa fille Isabel Briggs Myers construisent à partir de Types psychologiques un questionnaire, le Myers-Briggs Type Indicator. Elles ajoutent un axe absent chez Jung, jugement ou perception, et obtiennent seize types en quatre lettres (INFJ, ESTP…). Le test triomphe dans les entreprises et le coaching. Jung ne l’a pas conçu, et il n’aurait sans doute pas aimé qu’on enferme quelqu’un dans quatre lettres : il présentait ses types comme une boussole clinique, pour comprendre pourquoi deux personnes vivent la même scène si différemment. Freud et Adler, disait-il, se disputaient peut-être parce qu’ils n’avaient pas le même type.
Ce que dit la recherche sur le MBTI
Sa fidélité est faible : selon une revue de David Pittenger (2005), jusqu’à la moitié des personnes obtiennent un type différent en refaisant le test quelques semaines plus tard. Il coupe en deux des dimensions continues, alors que la plupart d’entre nous sont au milieu. Il prédit mal la réussite professionnelle. Certaines échelles recoupent en partie le modèle validé en cinq facteurs, mais l’outil ne doit pas servir à des décisions importantes, recrutement compris : un point de départ pour réfléchir, jamais un verdict.
Jeu : votre attitude et votre fonction dominante
Huit questions pour jouer avec les catégories de Jung. Répondez spontanément, en pensant à votre façon d’être habituelle, pas à celle que vous aimeriez avoir.
Un jeu, pas un test
Écrit pour cette page, ce questionnaire n’est pas validé scientifiquement et ce n’est pas le MBTI. Pour une évaluation sérieuse, les bilans psychologiques utilisent des outils étalonnés.
Les critiques, dont les années 1930
Aimer Jung oblige à regarder en face ce qui, dans sa pensée et dans sa vie, pose problème. Certaines critiques portent sur la science, d’autres sur la morale ; elles ne se valent pas.
« Ce n’est plus de la psychanalyse, c’est de la mystique »
Le reproche date de 1913 : Karl Abraham parlait d’une dilution de l’inconscient, et Lacan refusera plus tard l’idée d’un symbolisme universel, l’inconscient étant toujours attaché aux mots d’un sujet. Jung glisse en effet volontiers de la clinique à la métaphysique, et la synchronicité n’a jamais reçu de confirmation expérimentale. Lui se disait empiriste, à la manière de William James. Sa vision des peuples non européens, jugés « plus proches de l’inconscient », et sa répartition figée du féminin et du masculin sont aujourd’hui largement critiquées, y compris par les jungiens. Au cabinet, nous retenons de lui des outils d’écoute, pas une cosmologie.
Les années 1930 : ce qui s’est passé
Le 21 juin 1933, quelques mois après l’arrivée d’Hitler au pouvoir, Jung accepte la présidence de la Société médicale générale de psychothérapie, société internationale dont la section allemande, dirigée par Matthias Göring, cousin du dignitaire nazi, exclut les médecins juifs. En décembre 1933, la revue de la société, dont il est le rédacteur en chef, publie une déclaration de soutien au régime ; il affirme qu’elle a été insérée sans son accord.
Surtout, Jung écrit lui-même. En 1934, il oppose une psychologie « germanique » et une psychologie « juive », et affirme que l’inconscient aryen aurait un potentiel plus élevé que l’inconscient juif. En 1936, dans Wotan, il décrit Hitler comme un homme possédé qui a contaminé une nation entière, texte que les uns lisent comme une critique, les autres comme une fascination.
À décharge, il explique avoir voulu mettre une science jeune à l’abri pendant un tremblement de terre ; il fait modifier les statuts pour que les médecins juifs exclus de la section allemande puissent adhérer à titre individuel ; il aide des collègues juifs, dont Roland Cahen, futur traducteur français de son œuvre, à se réfugier en Suisse ; il démissionne en 1940 et transmet pendant la guerre des analyses de la psychologie des dirigeants nazis aux services américains. En 1949, il déclare n’avoir jamais été ni nazi ni antisémite. Un témoignage indirect, invérifiable, lui attribue un aveu au rabbin Leo Baeck : il aurait reconnu avoir « glissé ».
Ce qu’on en pense. Les historiens restent divisés, et même un analyste jungien comme Andrew Samuels juge que cet antisémitisme touche la structure de sa pensée des « inconscients nationaux ». Notre position est simple : les textes de 1933-1934 sont indéfendables, et l’aide apportée à des réfugiés ne les rend pas moins graves. On peut garder la notion d’ombre et refuser la psychologie des races. C’est même une leçon jungienne : Jung a projeté sur d’autres une ombre qu’il n’a pas assez regardée en lui.
Les relations avec ses patientes
Jung a eu une relation passionnelle, dont la nature exacte reste discutée, avec Sabina Spielrein, d’abord sa patiente, devenue ensuite psychanalyste et pionnière ; puis une longue liaison avec Toni Wolff, ancienne patiente devenue collaboratrice. Aujourd’hui, de telles relations sont une faute déontologique grave, sans discussion : c’est pour protéger les patients que la psychanalyse a construit ses règles de cadre et de supervision. Ce que vous êtes en droit d’attendre du cadre
Ce qu’il apporte au clinicien
On peut ne pas être jungien et lui devoir ces quatre gestes.
Accueillir l’ombre au lieu de la combattreQuand une personne dit « ce n’est pas moi, ça », à propos d’une colère ou d’une jalousie, nous l’invitons à regarder plutôt qu’à se juger. Ce qui est nié revient, souvent projeté sur un collègue, un conjoint, un enfant.
Écouter le rêve comme une compensationAprès les associations du rêveur, une question jungienne : que montre ce rêve que vous ne regardez pas dans la journée ? Rêves, lapsus et actes manqués
Penser la crise du milieu de la vie comme un passagePerdre le goût de ce qu’on a construit n’est pas forcément une dépression, même si cela peut en devenir une. Nous prenons le temps de distinguer les deux ; si une dépression s’installe, un médecin est associé au suivi, le traitement venant en complément.
Accepter d’être transformé par la rencontreLe thérapeute n’est pas un technicien neutre : Jung fut l’un des premiers à exiger que les analystes soient eux-mêmes analysés. La supervision régulière prolonge cette exigence.
Une vignette clinique
Un homme de cinquante ans vient « parce que tout va bien et que rien ne va ». Il rêve plusieurs fois d’une maison familière où il découvre une pièce inconnue, poussiéreuse, pleine d’instruments de musique. Il avait joué du violoncelle jusqu’à dix-huit ans, puis arrêté « pour les choses sérieuses ». Le travail ne s’est pas résumé à reprendre l’instrument : la pièce oubliée est devenue le lieu où parler de tout ce qu’il avait mis de côté pour devenir celui qu’on attendait.
Quiz : connaissez-vous Jung ?
Six questions, une réponse expliquée à chaque fois. Rien n’est enregistré ni envoyé.
Questions fréquentes
Jung est-il un psychanalyste ?
Il l’a été de 1906 à 1913, et il a présidé la première association internationale. Après la rupture, il a appelé sa démarche « psychologie analytique ». On parle aujourd’hui d’analystes jungiens ; en France, la Société française de psychologie analytique est la principale association.
Quelle différence entre Freud et Jung, en une phrase ?
Pour Freud, l’inconscient est surtout fait de ce que nous avons refoulé, et la sexualité y tient la première place ; pour Jung, il contient aussi une couche commune à l’humanité et une tendance à l’unité, et l’énergie psychique n’est pas seulement sexuelle. Les deux pages se répondent : Freud.
Le MBTI est-il un test fiable ?
Non, pas pour prendre des décisions. Sa fidélité test-retest est faible et il découpe en catégories des dimensions continues. Il peut servir de support à une réflexion personnelle. Pour une évaluation sérieuse de la personnalité, un bilan psychologique utilise des outils validés.
Jung était-il nazi ?
Il n’a jamais adhéré au parti nazi, mais il a présidé de 1933 à 1940 une société dont la section allemande était alignée sur le régime, et il a écrit en 1934 des textes antisémites. Il a aussi aidé des collègues juifs à fuir. Ces textes restent, de notre point de vue, indéfendables.
Par quel livre de Jung commencer ?
Ma vie, ses souvenirs recueillis par Aniela Jaffé, se lit comme un roman. L’Homme et ses symboles, ouvrage illustré qu’il a dirigé pour le grand public à la fin de sa vie, est une excellente porte d’entrée.
Une crise du milieu de la vie, des rêves qui insistent, l’impression de vivre à côté de soi : un premier rendez-vous permet de poser la question et de choisir ensemble le cadre qui convient. Les adultes, les adolescents et les enfants sont reçus au cabinet, à Colombes, aux Pavillons-sous-Bois et en Ardèche, ou en téléconsultation.
La « loi de l’instrument », formulée par en 1964 puis reprise par dans The Psychology of Science: A Reconnaissance (1966), rappelle qu’« il est tentant, si le seul outil dont on dispose est un marteau, de traiter tout comme si c’était un clou ».
En psychologie, une méthode ne peut pas répondre à toutes les situations. Forts de plusieurs décennies de pratique et de formations complémentaires, nous mobilisons de nombreux outils, choisis avec discernement, afin d’identifier rapidement les leviers les plus efficaces. Nous proposons ainsi un accompagnement aussi bref qu’efficace, tout en sachant accompagner aussi bien les suivis prolongés que le besoin d’un espace de parole régulier.